BSERTATI0N5 SUR LA LIGUE DES ACHÉENS
A la mort d'Alexandre, les républiques grecques, entraînées moitié par amour de la liberté, moitié par les menées des Intrigants , essayèrent d'enlever à la Macédoine la suprématie dont elle Jouissait. Elles se jetèrent dans la guerre lamiaque, contre Tavis de Phocion , et furent vaincues à Cranon, Alors, les rois de Macédoine leur imposèrent dis gouverneurs et des garnisons, et substituèrent ainsi une domination au commandement des généraux de Philippe et d'Alexandre. Leur autorité fut reconnue par vingt-cinq ou vingt- huit Etats helléniques. Trois peuples seulement, les Spartiates, les £tolien« et une partie des Arcadiens, échappèrent à celte domination , et conservèrent en Grèce le dépôt de la liberté.
Les républiques grecques profitèrent des querelles interminables des différents compétiteurs au trône de Macédoine , et de l'embarras où les jeta Pinvasion des Gaulois (279). Non-seulement elles s^afTranchireni; mais en entrant dans la ligue achéenne, elles adoptèrent le gouvernement le plus parfait qu'ait connu ranliquité. En effet , la ligue des Achéens donnait aux peuples qui en faisaient partie , une sage démocratie pour gouvernement intérieur ; à tous les mêmes lois, les mêmes magistrats, les mêmes poids, les mêmes mesures. Un grand
eoBteil OD diète, cemposé des députés des villes , s*àssemMâit pour le gomreraement général , sous la direction d^un président , qui était chargé de contraindre les Etats d'acquiescer aux délibérations de rassemblée. Il n*y avait qu*un pas à faire, il n'y avait plus que trois pnples à fçagner, les Spartiates , les Béotiens , les Phocidiens , pour que le sjr^ième achéen régit la Grèce entière et tout le Pèloponèse. Cette réyolution achevée, les Grecs , libres et unis , capables de se défeidreà ^extérieur contre toutes les attaques des princes macédoniens, leur proposaient de combiner ensemble leurs forces respectives contre Tétranger, contre les Romains surtout, qui alors même s'ouvraient l'entrée de la Macédoine et de la Grèce par leurs conquêtes en Illyrie.
la&vPTiov Dxss GAULOTS en Illyrie , en Grèce et en Macédoine. — Lei Gaulùif, qui, dans le 6« siècle, s'étaient établis en Pannonie, menaçaient, par différentes excursions, de dévaster non-seulement la Maêèdoine, mais même toute la Grèce. Trois expéditions successives caractérisent leur invasion dans le troisième siècle.
La première , dirigée par Capnbaules , ne pénétra que ju8qu*eB Tbrace, parce qu'elle ne se trouva pas assez forte*
La êeconde était partagée en trois corps : l'un sous Cèrélrius , dirigé conlre la Thrace ; Tautre, contre la Pèonîe, sous Brennus II et Achicoriuftf et le dernier, contre V Illyrie et la Macédoine , sous les ordres de Belgius, Ptolémée-Géranus fut vaincu et tué ; mais un noble macédonien, nommé Sosihènes, prit le commandement et aflraDchit la Macédoine,
La troisième se dirigea conlre la Grèce , ayant à sa tête Bren^ nuê II, qui défit et tua Sosthènes. Les Gaulois pénétrèrent , malgré tons les obstacles, dans le cœur de la Grèce : ils assiégèrent Delphes , le bot de leor expédition ; mais une terreur panique s'empara d'eux , et ils périrent presque tous par la faim , le froid et le fer.
Une autre partie des Gaulois, composée de hordes de TectosageM, de ToUstoboïens et de Trocfnes,s'enfonça dans PAsie {au 2* siècle)^ aida Nicomède à monter sur le trône de Bilbynie , et obtint de ce roi,^ur récompense, une contrée qui de leur nom fut appela Galotie.
LicmiE. — Précis de l'histoire des successeurs d'Alexandre, par MM, Poirsonet Cayx, Histoire de France de l'auteur.
Macédoine.
ATAT BB la MACéDOIHE OfiPUISLA BATAII.LB S^IPSUS. —
L'issue de la bataille d'7psuj,en 301, avait donné la Macédoine pro* pranent dite à Cassandre , l'un des généraux d'Alexandre le Grand. Les événements se compliquèrent tellement depuis qu'on a peine à en suivre le fil ; nous remarquerons seulement que DèmétriusPolior' cHes, après avoir envahi la Macédoine, en fut chassé par Pyrrhus et Lxnmaque , et, déguisé sous l'habit d'un pâtre, alla se réfugier en Asie, oà il mourut misérablement (284).
Lysimaque s*empara de la Macédoine : il fut vaincu et tué par Se* leutms, qui s*assit sur le trône d* Alexandre, et périt vicUme de son
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ambition (381). Son BMSi'm^ Ptolémée-Céraunuê ou h ^o«mOw» fils de Ptolémée-Lagus, usurpe à son tour la couronne , el la souille de ses crimes : sous lui, Belgius et Brennus, chefs des Gaulois , ravagent la Macédoine. Pyrrhus, revenu d*Ualie , se rend aussi maître de ce pays; mais ce grand capitaine , ayant été tué au siège d'Ar^os ^ Anttgone'Gonatas, fils de Démélrius-Poliorcètes , put alors monf er cur le trône (278), que ses successeurs conservèrent jusqtt*à la con* qhétedes Romains.
H y avait sept ans que Philippe III, son petit-fils par IXémôlrins, régntiit, lorsque ce prince, qui avait été sous la tutelle d^Anti^pone- Dosoa, prit le parti d'Annibal contre les Romains. Comme le père d*Âlexan4^re, dont W portait le nom, il avait formé le projet d^asservir la Grèce, et voyait avec jalousie les Romains contrarier ses desseins. Il envoya une armée contre eux ; mais il fut vaincu à Jpollonte par Vs consul /^v/fMM.Cate défaite fut suivie d*une paix peu durable.
L'affront qu*il avait e«suyé aigrit le caractère de Philippe : il avait d'abord favorisé les conquêtes é^Aratus; mais, ennuyé des conseils auctàres de ce vertueu^i citoyen, il eut la cruauté de le faire empoi-
SOnKtT,'
vTOV^MÉi: PHitADCLPai:. — Piolémée-Lagus, surnommé ensuite ^otor ou Sauveur, le chef des Lagtdes, était ami des lettres; il avait établi à A^xandrie un Musée; où il avait réuni des savants, chargés de faire d^'^ recherches dans toutes les sciences. On lui doit la fondation de celti fameuse bibliothèque, qui mérita à Alexandrie le sornom de Mère des livres, et le fanal de Tile de Pharos, tour construite en marbre blanc, où Ton entretenait continuellement du feu pour éclairer les navigateurs. Il laissa le trône à son fils Philadelphe, Ce surnom n'était qu'une ironie ; car il avait fait périr deux de ses frères. Ptolémée fut le digne successeur de son père; il 8*occupa pendant tout son règne à faire fleurir les arts et le commerce; il s'entoura de savants, tels qu^Euclide, Lycophron, Callimaque, Théocrile. Nous avons dit qu"*!! fit traduire en grec moderne les livres sacrés des Hébreux par soixante et dix rabbins: c'est ce qu'on appelle la version des Septante / il fonda, sur les côtes ocndenlales de la mer Rouge, la ville de Bérénice, en rhonneur de sa mère. Toutes les richesses de VInde, de Vjérabie et de la Perse venaient y aborder, par le moyen d'un canal qu'il fit creuser ; ce canal partait du ISil, allait se rendre à Af^os- Hormos, et joignait ainsi le Nil à la mer Rouge.
VTOLÉMÉs évERGÈTs, SOU fiis, mouta sur le trône après lui et se fit chérir des Egyptiens, qui lui donnèrent le surnom d'Evergète ou le Bienfaisant, 11 se rendit maître de la Syrie sur Aniiochus^ Théos, et de la Judée, qui refusait de lui payer le tribut accoutumé. Les Achéens le nommèrent chef suprême de leur liguer c'est à sa cour que C/éoméne trouva un refuge. On «il qu'il fut emiioisonné par son fils Philopator, prince cruel et débauché, que Dieu punit de son impiété quand il voulut visiter le temple de Jérusalem. Evergète avait épousé sa sœur Bérénice, qui fit vœu, pendant une expédition du roi, decon-
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lacrerta cbeyelure à Vénus, s'il reyenait vaihquèiir : elle tînt sa pro* nesse. Quelque temps après, la chevelure ayant disparu du temple de Venu, l*aslronome Conon, courtisan adroit, publia que Jupiter hnii enlevée pour la placer parmi les astres. On fit semblant de le croire, et le nom de Chevelure de Bérénice, qu*il donna à sept éloiies prtsde la queue du Lion, reste encore aujourd'hui à celte constella- (iOD. Bérénice fut mise à mort par son fils Philopator, Il serait aussi pénible que difficile de retracer les crimes et les débauches de Piolé- ! Jé^ Philopator, Livré aux caprices de ses deux infâmes ministres, Jgathocle et Sosibe, il fit oublier par ses cruautés le succès de ses annes. Ce monstre couronné mourut en 204. Le règne de son fils Epiphane ou rillostre, ne fut pas moins signalé par le vice et la corruption; ce prince mit à mort Arislhomène, fidèle ministre qui, pendant ta minorité, avait gouverné PEgyple avec sagesse et digniti;. Ses ministres le firent empoisonner.
Tabluu. — Dynastie d'Egypte : Les Ptolémées. Voy e* d la fin de IHiftoire ancienne.
Parthie.
povBATiofli OU AOTAUME DES p ARTBss. — Les Porthes étaient un peuple de TAsie, originairement banni du pays de$ Scj^làes ; ih restèrent inconnus pendant que les Assyriens et les Mèdes furent ■slires de l* Asie. Ils ne furent pas plus connus des Perses, lorsque ceux-ci eurent détruit Pempire des Assyriens \ mais ils se soumirent i Alexandre, comme tous les autres peuples voisins. Après la mort de ee conquérant, un certain Arsace se fil nommer roi, et commença la nonarcbie des Parlhes, qui, dans la suite, subjugua toute TAsie* Aruee, en soutenant la guerre contre les généraux d*Antiochus , fut blessé dans une action, et mourut après trois ans de règne. Orode, l'un des successeurs d'Arsace, déclara la guerre aux Bomams, et défit entièrement une de leurs armées dans la bataille où Crassus, qui la commandait, fut tué avec son fils. Les Parlhes prirent le parti de Pompée contre César; et après la mort de ce dernier, iU envoyèrent des troupes à Cassius et à Bruius, ses assassins. Depuis ce temps, ils coatiouèrent contre les Romains de grandes guerres dans lesquei'es ils Mirent souvent Tavantage ; mais à la fin ils succombèrent sous ceite puissance, et la monarchie des -Parlhes fut enlièrement délruue, ap^ avoir duré plus d*: quatre cent soixante ans. Ces peuples étaient 1res habiles a lancer les flèches, surtout en fuyant ; ce qui les rendait redoutables à leurs ennemis. Us déféraient les honneurs divins à leuî's rott, dont ils n*approGhaient qu'avec crainte et le visage prosterné coQlre terre*
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DESTRUCTION DE GARTHAGE.
ÉVÉNEMENTS
ROMc. — 190. Défaite et soumission d^Ântiochus le Grand, roi de Syrie.— 149. Guerre contre Firialhe en Espagne.— 147. Soumission de la Macédoine. — 146. Soumission de la Grèce. — 146. Troisième guerre punique; prise et destruction de Carthage.— 145-154. Guerre numantine, et soumission d'une partie de TEspagne. —133- 121. Troubles intérieurs excités par les Gracques. 125. — Première invasion dans les Gaules. — 113. Guerre contre Jugurtha, roi de Numidie. — 115. Guerre cimbrique ; victoire de Marias.— De 180 à 88, règne des Ptoiémée.
JUDÉE. — 166. Victoire de Judas Macchabée. — 107. Règne d'Arislobule.
9ÉCOUVSRTE8. — 190. Pompc par Héron d'Alexandrie. — 142. Précession des équinoxes, latitude et longitude^ trigonotnélrie sphénquCy par Hipparque de Nicée. — Une étoile nouvelle parait au ciel. — 158. Broderie en or par Mtale, roi de Pergame.— ISO. Sphère artilicielle, par Possidonie.
DÉVELOPPEMENT
. Rome.
Défaite et scomission d'ântiochus le Grand. — La prise de Carthage commença à jeter des craintes dans TOrient ; des coalitions se formèrent contre Rome , et les rois de Syrie , dont Tempire s'étendait depuis les limites du royaume de Perse jusqu'aux limites de ceux de Pergame et de Bithynie, les plus puissants successeurs d*Alexandre le Grand , s'étaient mis à la tète de la coalition ; mais ils n'étaient plus autant à craindre que du temps de Séleucus; le luxe et la mollesse régnaient partout: telle était la situation de la Syrie , lorsque Ântiochus le Grand monta sur le trône , Tan 222. Pendant vingt ans ce prince fit la guerre avec succès ; il envahit TÉgypte , sous la minorité de Ptoiémée Ejipkane ; il conquit une grande partie des provinces occidentales de l'Asie-Mineure ; voulant régner sur la Grèce , il passa en Europe et s'empara de la Chersonèse de Thrace;ii
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allait mettre son vaste projet à éxecution lorsque Ânnibal fogitif tint à sa cour.
Le royaume de Syrie s'étendait alors depuis les extrémités orientales de la Perse et de TArménie jusqu'aux limites des États des rois de Pergame et de Bitbynie , comme nous Tavons dit.
C'en était peut-être fait de Rome , si Antiochus eût suivi le conseil du hérosde Carlhage (1 95) , qui voulait porter une seconde fois la guerre en Italie, tandis que le roi de Syrie s'emparerait de la Grèce; mais Antiochus se laissa guider par les avis de TJums j préteur des Éloliens et ennemi d'Annibal ; i\ ne voulut pas même faire cause commune avec Philippe de Macédoine. Tboas sut s'emparer ainsi de l'esprit d'Antiochus , sur lequel il avait un grand ascendant , et l'on vit, à la honte des rois, un chef presque inconnu , d'une région à demi barbare , l'emporter sur un des grands hommes de l'antiquité. Les RomainSy-profitant de ces fautes, chassèrent Antiochus de la Grèce, passèrent VHellespont sous la conduite de Lucius Scipion et attaquèrent Antiochus au pied du mont Sipyle, près de Magnésie (190). La victoire la plus complète couronna leur courage. Antiochus, qui s'était enfui jusqu'au delà du mont Taurus, conclut un traité honteux avec Lucius Scipion, surnommé :k\orsV asiatique : il livrait tous ses éléphants, payait aux Romains et à Eumène, roi de Pergame, une somme considérable , et abandonnait toute l'Asie-Mineure jusqu'au mont Taurus ; il s'engageait à livrer Annibal et Thoas.
Antiochus ne survécut que trois ans à son déshonneur : il fut assassiné (186). Le royaume de Syrie ne fit plus que décroître, et tomba au pouvoir des Romains, qui , évitant de se flatter de leurs succès, voulurent paraître n'avoir combattu que pour la liberté des Grecs et de leurs alliés. Ils partagèrent l'Asie- Mineure entre Ëumène et les Rhodiens , assignèrent au premier la Mysie, les deux Phrygie , la Lydie , l'Ionie, et aux Rhodiens la Carie et la Lycie. Il suffit pour faire connaître Tascendant que Rome avait pris sur les rois de Syrie, de citer le trait suivant : Antiochus Epiphane, ou V Illustre ^ était entré en Egypte, et s'était emparé de Memphis , pendant la minorité de Piolémèe Philométorf qu'il avait même fait prisonnier. Les tuteurs du roi demaodèrentdu secours aux Romains. Popilius Laenas, sénateur, ordonna à Antiochus, de la part du sénat, de quitter TEgypte , ety n'obtenant que des réponses évasives, il traça sur le sable,
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avec sa bagoeue, un cercle autour du roi« et lui dit : Avant de sortir de ce cercle, rendez-moi la réponse que je dois rapporter au sénat, Aniiochns, étonué, répondit humblement : «Je ferai tout ce que le sénat commande. »
Rome n^avait plus que l'Egypte à soumettre pour être la inattresse du monde.
Soumission de la Macédoine. — Quelque temps après la victoire d'Apollonie, les Romains parvinrent à détacher de Talliance de Philippe les Étoliens etÂttale, roi de Pergame, qui leur légoa son royaume. Fier de quelques succès sur Pyrrhias , général des Étoliens, le roi de Macédoine avait déclaré la guerre aux Athéniens, attaqué Rhodes et menacé l'Egypte.
Le consul Q. Flaminîus, assuré des principaux États de la Grèce , et renforcé par leurs troupes, marcha contre Philippe, le rencontre près des Cynocéphales (collines de Thessalie), ei le bat complètement , grâce à la cavalerie étolienne. Cette défaîte força Philippe à demander la paix. On la lui accorda à condition qu*il se renfermerait dans les limites de la Macédoine ; quMI évacuerait toutes les villes grecques où il avait garnison ; quUl livrerait tous ses vaisseaux et payerait mille talents eu dix années. Cette guerre dura trois ans; elle donna la liberté à toutes les villes grecques d'Europe et d*Âsie , à Tcxception de celles que les Romains jugèrent à propos de se réserver. Elle rendit ceuxci les arbitres de FAsie.
Persée, fils de Philippe , entra dans les vues de son père » et voulut secouer le joug des Romains. D'abord il fut heureux , et gagna sur le consul Licinius Crassus la bataille de Péluse sur le Pénée ; mais Paul-Emile, le fils de celui qui avait été tué à la bataille de Cannes , avait été porté au consulat par le peuple et le sénat. Las de ne point voir finir la guerre de Macédoine ; ce général, après avoir rétabli la discipline dans Tarmée, prit en flanc la redoutable phalange macédonienne , la rompit et gagna la bataille de Pydna; la victoire fut complète et le carnage horrible. Persée prit la fuite , se retira dans Pydna, et de là à Pella, où bientôt il se mit à la discrétion du consul avec sa femme et ses enfants. Paul Emile, après avoir soumis la Macédoine, lui avoir donné des lois , pacifié la Grèce entière et réglé les affaires d*une foule de petits peuples , repassa en Italie âiargé de gloire et de butin. Toute rilaliefut en mouvement, le vain*
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qoear remonta le Tîbreau milieu des acclamations de la maltiindequi coayraitles deox rives. Les deux rois, Penée et Gentwa, ^4 leurs enfants, furent remis au pouvoir du sénat avec une foule de captifs ei des trésors immenses ; les honneurs du triomphe furent décernés à Paul-Emile. Persée suivit le char triomphal ; mais quel exemple de la fragilité humaine ! le vainqueur, dit Tiie-LivCt fut aussi digne de pitié que le vaincu. De deux fits qti lui restaient pour perpétuer son nom , le plus jeune , âgé de douze ao8, était mort cinq jours avant son triomphe , et Tatné , âgé de quatorze ans , mourut trois jours après ! Persée mourut misérablement en prison. Le seul fils qui lui survécut se fit meooisier, et plus tard il regarda comme un bonheur d'être grefiier dans le voisinage de Rome. Peu de temps après, un aventurier, nommé Ândriscus, Mysien de naissance, se présenta comme fils de Persée , et parvint à se faire un parti considérable. Quelques victoires lui donnèrent de laudace ; mais les Romains, ayant envoyé contre lui Métellus, l'usurpateur fut vaincu et conduit à Rome chargé de chaînes. La Macédoine fut alors réduite en ffwince romaine.
UcTDBi. — Fragmenté de la guerre contre Persée , par Tite- Live.
Tablsau. — Dynastie de Macédoine,
Soumission de la Grèce. — Les Grecs s'aperçurent trop tard qu'ils s'étaient donné des maîtres en appelant les Romains pour les défendre. La ligue des Achéens, déjà affaiblie par le retranchement de quelques provinces, osa prendre les armes contre ces redoutables ennemis. Le consul Métellus les défit près de Scarphée. Après cette victoire, voulant avoir l'honneur de finir cette guerre, cet habile proconsul envoya à Corinthe des députés, afin de proposer aux Achéens un accommodement. Ges ambassadeurs. Grecs eux-mêmes, furent saisis, déclarés traîtres âU ptrie et condamnés h mort. G'en était fait de la liberté de la Grèce. Le consul Mummius marcha contre les Âchéens dans les plaines de Leuco-Pétra , et en fit une si horrible boucherie , |oe les historiens disent que les deux merSf qui étaient sépafées par l'isthme , furent teintes de sang. La riche et superbe Corinthe tomba au pouvoir du vainqueur. Mummius l'abandonna au pillage ; les statues et les tableaux furent enlevés, (armi les tabl«aux abaudonnés aux soldats comme des objets
iU t« SIBCLE.
sans valeur, se trouva le Baechus d'Jmtide, qae le roi AttaU racheta 75,000 fr. de notre monnaid* Mummius, étonné qae ce tableau eût été porté à un prix si élevé, et soupçonnant qu'il avait quelque vertu particulière, le reprit -à ÀUah pour Venvoyet à Rome, où il fut placé dans le temple de Cérès, avec lequel il a péri. Au reste , Mummius était tellement étranger aux arts, qn*ayant chargé un vaisseau de chefs-d'œuvre, il menaça }e pilote de Tobliger à remplacer les objets s'il les laissait dété* riorer. Après avoir ainsi dépouillé la ville , on la réduisit o cendres : l'incendie dura plusieurs jours. On dit que les métaui qui s'y trouvèrent renfermés se mélangèrent dans leur fusion , et que le métal nouveau qui en résulta fut appelé airain de Corinthe.
Les Romains rompirent les liens de la confédération , abolirent le pouvoir républicain et réduisirent la Grèce en province romaine, sous le nom d'Àchaîe.
Déjà la république romaine commençait à se livrer au désordre et à la corruption. Rome était sur le point d'être renversée, elle qui, par sa politique arrogante, se rendait l'arbitre des monar* cbies égyptienne et syrienne, elle qui allait réunir à son territoire et Carthage et la Macédoine, et la Grèce, et l' Asie-Mineure ; Rome connaîtra la crainte dans la guerre des esclaves.
ÉTAT DE KOMQ
jusqu'à la guerre d'antiochus et le pillage de corikthb.
Les Romains conservèrent toujours, avec la fermeté des principes, un peu de la férocité de leurs ancêtres.
En suivant Tordre chronologique, on voit s'introduire à Rome deux genres de spectacles bien différents , les combats sanguinaires des gladiateur» , pendant la première guerre punique (264), et les repré« senlâiions théâtrales, dans Tannée qui la suivit (240). Les Romaibs durent les uns aux Brutus , à Toccasion des funérailles de leur père; les autres à Livius Andronicus, qui en puisa le génie en Sicile. L*an 220, parait â Rome le premier médecin de profession , c'était U grec Archayate, La seconde guerre punique (309-201 ) ne permil point aux Romains de se livrer aux plaisirs d*un luxe naissant ; maia ia guerre d'Antiochus leur devint funeste; les mœurs austères et sim- V>Ie8 se corrompirent par tous les vices qu'entraînent les richesses. En vain Gaton , selon l*énergique expression de Tile-Live , aboyaii contre la corruption; elle fut plus forte que la voix de la vertu même. Fabius Pictor avait , depuis longtemps , écrit sur Thistoire de Rome (voyez les Esquisses littéraires). A Tépoque de Scipion l'Africain , Ennius ti Nœvius célébrèrent , en poésie cadeucée, quelques ué-
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riodet historiques. Plauie écrivait ses comédies pleines de yenre, et Térenee devait bientôt écrire ses pièces élégantes, auxquelles Scipiou" Emilien ne fut pas , dit-on , étranger. Un trait caraciérisUque des Sapions, c*est qu^ils possédaient un mérite encore fort rare dans leur psirie, l*uiiion des qualités héroïques au goût des lettres et de i*ur-> baitt(é.
Troisième guerre Punique. — Les Carthaginois avaient pris les armes contre Massinîssa , roi de Nur^idie (Afrique) , qui s'était emparé de leurs terres. Un traita, tout à son avantage» arait été réglé selon les intérêts de ceue république , par Sci- ^ioD, après la victoire de Zama (200); il fut violé dès 499. Rome courut défendre son allié, et commença la troisième guerre punique. Les Carthaginois, vaincus, rendirent leurs armes ; mais P^me avait à cœur PanéaCiissement de cette ville rivale. Cartkage esssaya d« se défendre; Emilien, fils adoptif de Seipion, vint prendre le commandement de Farmée, et Car^» ihage tomba au pouvoir des Romains, qui la détruisirent • Cette troisième guerre avait duré quatre ans*
GusRRE NuMANTiME. — L'Espaguc , par ses mines dV et d'argent, attirait sans cesse les Romains, qui trouvaient une Doble résistance dans les Celtibériens et les Lusitaniens. Plusieurs de leurs généraux avaient porté partout le fer et la flamme ; mais un berger devenu brigand, Plriathe, s'était mis à la tète des Lusitaniens , et les Romains avaient été vaincus , d*abord près de Tribola, sous le préteur Ventidius, et ensuite dans une etr.buscade où il attira C. Plautius. Maximus Servi- Uanus lui-même, défait, au combat ô'Jluque, dans la Bétique, fot réduit à traiter d'égal à égal avec Virialhe. Ils conclurent •ne paix aussi glorieuse pour le Lusitanien que honteuse pour Rome. Une des clauses était que Viriathe conserverait ce qu'il avait conquis ; et il avait établi sa domination sur le pays qui forme aujourd'hui TEstramadure et s'étend jusqu'aux frontières de l'Aragon. Ce traité eut lieu l'an 141 avant J.-C, l'an 613 de Rome. Un lâche assassinat débarrassa Rome de ce terrible ennemi, qui avait lutté contre elle pendant onze ans (141). La Lnsitanie fut soumise; mais Numance, la seconde terreur des Momains, résista avec un courage incroyable. Mancinus est ninco; c'est alors que le vainqueur de Carthage fut promu une seconde fois au consulat. Il assiégea Numance, réduisit les habitants à la famine, et les oblige, dans leur désespoir, à se donner
la mon. La gaerre numaniine dura près de buît ans. La rilic fut rasée de fond en comble, Jugurtha ex Uarius se signaléreol au siège de Numance (135).
Les Gaacquks. — Rome, au milieu de ses victoires , ëtail agitée au dedans par des troubles continuels entre les patriciens et les pauvres plébéiens. Deux frères, Tifférius et Caïus, illustres par leurs talents et fils de Cornélie, fille de Scipion TAfricain , et de Tibérius Sempronius Gracchus, renommé pai sa gravité et son éloquence, se déclarèrent successivement poai le peuple, entreprirent de renouveler Tancienne loi Licinia, qui contraignait les plus riches Romains à ne pas acquérir plus de cinq cents arpents de terre ; ils voulaient aussi qu'on fit le partage des trésors légués aux Romains par Attale , roi de Pergame. Cette réforme devint une lutte contre Vari$tocratie qui possédait presque exclusivement les terres de l*Etat. Les Gracques périrent victimes de leurs projets. Tibériu$ , Tatoë, fut assommé à coups de bâton par le parti aristocratique qsa dirigeait Scipion Aasica , cousin des Gracques.
Caïus^ le plus jeune et le plus éloquent, vécut pendant asseï longtemps dans une profonde retraite ; mais il reparut à la trihune avec bien plus de passion , d'emportement et de violence que ne Tavait fait son frère. Il poursuivit , avec acbarneraent» les meurtriers de Tibérius , et réclama aussi la loi agraire. Il étendit tellement le plan de son frère, qu'il le rendit très-dangereux, non-seulement pour V aristocratie y mais aussi pour TËtat. 11 fit établir des distributions régulières de blé au pauvre peuple; il forma des chevaliers (ordre équeslre) un corps politique capable de contre-baiancer le sénat, en leur conférant le droit de rendre la justice qu'il enlève au sénat ; il établit des colonies, non-seulement dans la Campanie , mais au«si hors de Tllalie, à Carlhage; enfin, chose bien plus importante, il fit [participer les Latins et les Italiens aux droits de citoyen^ romains et particulièrement à celui de suffrages. Son éloquence impétueuse et sa voix éclatante avaient besoin d'être tempérées par un joueur de flûte placé derrière lui. En retraçant les honteuses dilapidations des gouverneurs de provinces, les actes révoltants de la cruauté et de la lyrannie des patriciens, il devait succomber. Forcé de fuir par le consul Opimius, il se .fit percer de son épée par un esclave fidèle , douzn ans après la fin r^albeureuse de son frère*
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L*on de ses plus zélés partisans, nommé Septimuléius , s'empare de sa léie , et pour la rendre plus pesante , en ôte toute la cer* Telle, la remplit de plomh, et la porte au consul, qui lui compte dix-sepl livres pesant d'or (122). On accusa Caîus d*avoir assassiné Scîpion TAfricain H, qui fut trouvé mort dans son lit.
La victoire du parti aristocratique fut celle fois plus complète : la loi agraire fut abolie ; mais les semences jetées par les Gracques germèrent parmi les plébéiens et les alliés de Rome. Tout présageait une révolution; les deux partis n'attendaient q«*iin chef audacieux et habile pour commencer une lutte décisive. Les mœurs s'en ressentirent; elles dégénérèrent, et b source de cette corruption doit être attribuée autant à Tarnbition des noblèê qu'à la licence du peuple.
Lectcbe. — Conjuration disGracquon. — Montesquieu. — Histoire de la révolution des Gracques, par M. Ueeren.
OBSERVATIONS
Les historiens anciens et modernes ont jug^é divorseraenl les Gracques. Les uns les ont représentés comme des ambitieux. les autres comme de vrais républicains. On semble aujourd'hui rendre justice à leurs bonnes intentions , à leur éloquence, à leur courage ; mais on leur reproche de s'être laissé entraîner au delà des limites qu'ils voulaieot atteindre, et surtout de ne s'être pas renfermés dans les bornes de la loi. Demander le partage des terres injustement envahies, c'était }tts(iee; mais vouloir perpétuer leur charge contre tous les usages, €*était une faute grave qu'ils expièrent chèrement.
Pbemière invasion dans les Gaules. — Marseille avait agrandi son territoire et fondé des colonies. Àntibes et Nice foreiii attaqués par les Salluviens et les Liguriens, penpies voisins, jaloux de la prospérité de ces villes. Les Marseillais implo* rèrenl, à litre d'anciens alliés, le secours des Romains. Le sénat se bâta d'envoyer dans la Gaule méridionale le consul Opimius avec une armée. En une seule campagne , il délivra les villes assiégées t défit les Salluviens, enleva leurs armes, donna aux Marseillais une partie de leur territoire, et retourna en Italie.
Plusieurs années après (125 ans avant J. -G.), les Salluviens le rassemblenl pour revendiquer leur héritage; Marseille, inqviète et menacée, sollicite de nouveau l'assistance de Rome; le consul Fulvius accourt avec ses légions, repousse les Gaulois, et sauve la république phocéenne ; mais depuis ce moment , les Uomains ne quittent plus le sol de la Gaule. L*année suivante,
lOd i* SIÈCLE.
le consul Sextius remporte sur les Salluvicns une éclatante victoire. 11 s*empare, au nom de Rome , du terrain sur lequel il a combaxtu. 11 y existait une source d'eaux thermales ; il y fonde pendant Thiver une colonie qui porte son nom : Aquœ sextia (Àix en Provence). Ce fut la première ville que les Romains possédèrent dans la Gaule. Elle devint dès lors leur place d*armeset le centre de leurs opérations militaires dans ces con-> trées.
Les dissensions intestines qui agitaient perpétuellement la Gaule, et le caractère inquiet, indocile et léger des Gaulois, favorisèrent sans doute les Romains dans cette entreprise.
Guerre INumidiqoe contre Jogurtha. — (4 iSans av. J.- C). — Causes. — La Numidie ne fut connue des Romains que vers la seconde guerre punique : à cette époque , ce royaume se trouvait réuni sous un seul chef nommé Massinissa, qui embrassa le parti de la république. Son fils, Micipsa, lui succéda et légua en mourant sa couronne à Jugurtha, son neveu , et à ses fils Hiempsal et Àdherbal, Juguriha avait déployé au siège de Mumance (133) un courage qui lui avait concilié l'estime de Scipion lui-même. Monté sur le trône, il dépouilla d'abord ses deux jeunes parents. Rome intervint, et envoya trois fdis des com* missaires pour juger le dfflérend. Trois fois Jugurtha acheta leurs voix au poids de Tor et finit par faire assassiner successivement Àdherbal et Hiempsal,
A cette nouvelle il n'y eut à Rome qu'un cri d'indignation contre la triple prévarication des commissaires, et le sénat dé« clara la guerre au roi de Numidie.
Développement, — Juguriha fut mandé d'abord à Rome ; il vint; mais ses intrigues et ses largesses le sauvèrent encore. C'est alors qu'il s'écria : Fille vénale, iu périrais bientôt s'il st trouvait quelqu'un d'assez riche pour Cacheter I 11 retourna eu Afrique où il fit d'immenses préparatifs de guerre* — En effet, les Romains envoyèrent une armée contre lui; mais soit négli^ gence, soit séduction ou incapacité , Calpurnius Bestia , PoS' thumius et Âulus échouèrent dans cette entreprise. — Enfin (de 109 à 107) Q. Cécilius Métellus, homme incorruptible et de talenl, rétablit la lortune des armées romaines, surprit Jugurtha dans Thala , s'empara d'une grande partie de ses Etats, et l'obligea de solliciter les secours de ses voisins. Ce général mérita
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lenrnom de Numidique,Ce fut Marias, soldat de fortune, qui termioa celte guerre. Il 8*empara de Capsa , ville opulente et forte, de Mulucha, place plus forte encore, qu'il dut d un heureux hasard, et de Cirtha qu'il ne prit qu'après un combat de trois jours et des fatigues inouïes. Bocehus , roi de Mauritanie , qui s'était rendu redoutable aux Romains au siège de cette ville, à la tête d'une excellente cavalerie , découragé des revers qo'il avait essuyés, livra à Sylla, alors questeur deMarius, le mallieureax Jugurtha , son beau -père.
Jagurtba assista, couvert de chaînes, au triomphe de Marins; 00 le jeta ensuite daftsun cachot plein de fange. Cn y entrant, le prisonnier, qu'on avait dépouillé de ses vêtements , ouvrit la bouebe comme un homme qui veut rire, et s'écria tout interdit, et semblable à un fou : « Grand Dieu ! que votre bain est froid ! » 11 mourut de faim (i06 ans avant J.-G. ).
Conséquencei. — Si cette guerre, qui avait duré cinq ans, n'aagmenu pas la puissance de Rome , elle prouva combien les oœors y étaient dépravées, et à quelles prévarications l'avidité desricbesses portait ses magistrats. La chute de Jugurtha au^" oeota encore la gloire militaire des Romains. Mais ce ne fut que soQs Jules-César que la Numidie fut réduite en province romaine, soas son dernâer roi Juba (45).
iiCTURB. — Sailuste. — Florus. — Plutarque.
GiiCEBB GiMBRiQUE. — Romo , à cette époque , commandait à tous les passages importants des jélpes; une province romaine s'étendait à travers les Gaules jusqu'à l'extrémité des Pyrénées; les i/(o6ro^es (en Savoie) et les Arverniens (en Auvergne) étaient humiliés; la république, victorieuse partout, n'avait aveon enoemi à crainire ; tout à coup on vit paraître sur les frontières d'Italie des essaims de barbares dont l'origine est à peine connoe. Les CitYhbres ou Gimmériens, et les Teutons, peul^es de race germanique qui s'étaient dirigés de TOrient à TOc* cident, le long des bords du Danube du nord , menaçaient d'envahir la Gaule et ritalie* Rome tenta vainement de les repousser, et plusieurs consuls furent successivement battus. Dès l'aniéeil5, ils défirent, près de Noreia, en Styrie, le consul PapinûiCarbon; à mesure qu'ils s'avançaient vers l'Occident, ils se firent suivre par les peuples germains, gaulois, helvétiques; ouïs leur grande et mémorable victoire est cellei remportée sur
les Romains, dans la Gaule (105), à cause (fe la méstntetFîgence des généraux , le consul Ch. Manlius et Q. Servilius Gœpion. L'effroi fut ici à Rome qu'on déclara le tumuUus galiictÂS ( terreur gauloise), qui faisail cesser toute exemption pour les enrôlements. Un ioldat, le vainqueur de Juguriha, fut élevé au consulat, et Celte élévation ^iballil la puissance aristocratique. Le peuple le choisit pour marcher conlid Iss Barbares» dont les excursions s'élendai^ot jusqu'aux Pyrénées.
Dans Tannée 102, ils tentèrent de pénétrer dans l'Italie, les Teutons par la Provence , et les Cimbres par le Tyrol. Marins détruisit les premiers à Mx, et les seconds à Verceil, près du Pô. Cette dernière victoire fut la plus célèbre ; elle eut lieu le 50 juillet 101. La guerre cimbrique dura cinq ans. Marins revint tout-puissant à Rome où le parti populaire le nomma son sauveur, et le troisième fondateur de Rome ( Romulus» Camille , Marins).
La conquête de la Numidie , l'extermination des Cimbres et des Teutons contribuèrent plus à la ruine de la liberté de Rome qu'à sa puissance , en donnant trop de pouvoir à Tambitieux capitaine dont la tactique militaire et le crédit populaire délivrèrent Rome d'eimemis aussi redoutables que rÀfricain Juguriha et les Barbares du nord.
Egypte.
Ce siècle vit sur le trône il*E[;yple quatre Ptotémée» et leurs règnes furent ensanglantés par des guerres inlerminables avec la Syrie. Phltométor et son frère Evergèle se disputent longtemps U couronne et se partagent Terapire : le premier règne sur VEgypte et Vile 6e Càxpre, le second sur la LiA^-ô et la C/rénaïque (i60). Evergèle il succède à son frère. Son corps était aussi difforme que son âme, et l'intempérance avait rendu son ventre si gros ({uHl ne pouvait pas marcher à pied : aussi Pavait-on surnommé Pkyscon (ventru^ On rapporte que pour se venger de sa femme Cléopâtre, qu*il avait répudiée, il fit tuer Memphitis, son fils et le sien, jeune prince de grande espérance : il lit couper son corps en morceaux et envoya ce fatal présent à Cléopâtre, au milieu d'une fête, le jour même de Tanniversaire de sa naissance. L*horreur dont furent saisis la reine et les assistants est Inexprimable. E vergeté mourut exécré (117). Ptolénaée Lathxre fut chassé du trône, et, quand il le recouvra, il se vengea cruellement; ce fut lui qui vainquit, près du Jourdain , Alexandre Jannée (102). Alexandre, son frère, fit mourir Cléopâtre, sa fille; il fut chassé d'Alexandrie et mourut peu après (83). Le royaume d'Egypte s'aftaiblilsucc^sivement, les Romains y établirent leur dommation et finirent par le réduire en province romaine.
2^ 8IÈCLE. VVI
jrodée.
JV0A8 MAccHAséfi. — A la mort d'Alexandre, la Judée était tom. bée eo partage à Laomédon, un de ses lieutenants. Depuis, elle fut gouvernée successivement par les rois d*Egyple et par AnCigone, sous lequel le grand prêtre Simon (392-284) embellit Jérusalem et Venloura de mir-"Mes. Parmi ces princes, nous distinguerons Ptolémée
' Pkiladelphe, qui demanda au pontife Eléazar soixante-douze Juifs
^ hellénistes pour traduire en grec la Sainte -Ecriture^ cette version est connue sous le nom de version des Septante (275 ^
Après la bataille d'lpsu9, presque toute la Judée est soumise à SélBUcuM Nicanor, ou le vainqueur. A la mort de ce prince, elle passe aux Lagides jusqu*au règne d'Ântiochus le Grand (205). Ce roi de Syrie persécute les Juifs. Son fils, ^nliochus Smphane, contraint par les Romains de renoncer à la conquête de l'Egypte, se venge de cet affront sur la Judée, mais d'une manière indirecte ; il abandonne son autorité à Ptolémée-Philopator qui, vainqueur à Jérusalem, veut pénétrer dans le sanctuaire dont il est repoussé. Dans son indignation il exerce contre les Juif^ les plus horribles persécutions. Plus lard
' (188), Jérusalem est la proie des flammes ; des milliers de Juifs sont emmenés en captivité. L'idolâtrie est prescrite à la Judée entière, et ceux qui observent encore la loi de Moïse sont livrés aux supplices les plus cruels. Le pieux Eléazar et les sept frères Macchabées périssent dans les tourments, martyrs de leur fidélité à la religion de leurs pères ; mais Dieu trouve encore de z>j)és défenseurs, malgré la tyrannie d*Antiocbus.
ASMovésirs. Maialhias,' prêtre de la famille de Joanb, encourage ses compatriotes opprimés, les rallie, et, à la tête d'une petite armée, conimence à délivrer sa patrie du joug des Syrieis ; ses cinq enfants terminent noblement cette lâctie. L'un d'eux, /i«c/as Macchabée, le héros de sa nation, bat plusieurs fois les armées syriennes, défait les ^ntmomtes et les Idutnéens; mais , après des prodiges de valeur, il est tué par derrière dans un combat. Sa mort jette la Judée dans la consternation ; ses frères veulent le venger ; Jonathas, son frère, bat les Syriens. Simon forli^eJoppé, réduit par la famine Parmée syrienne, maîtresse de Jérusalem. La reconnaissance des Juifs se manifeste par un décret solennel, déposé dans les archives du temple,
^ qui rend héréditaire, dans la famille de Simon, la double autorité de grand sacrificateur et de chef de la nation. Cette révolution politique arriva en 141.
AsiHow, qui avait été égorgé dans un festin par la perfidie de Ptolémée, son gendre, gouverneur de Jéricho, succéda Jean Uircanl*^, ton fils. L'assassin est puni après avoir vu assiéger Jérusalem parle roi de Syrie. Le nouveau chef alTranchit son pays, subjuipie les Idiêinéens, détruit le temple de Garazim, et s'empare de Sainarie»
ir.
tôt t" SifcCLE.
ROYAUTÉ POFTTIFIGALE DES ASlUOnÉENS