Agrippa ; 3.. Tibère
TiBSaïUS NSRO, de J.-C. 37, ép. 1. Vlpsania ; 2. Julia.
HBBO GLACVIOS MDSVS,
ép. Antonla mloor.
c. CÉSAR, L. CÉSAR, A6RIPPINB, JULIA, AGRIPPA POSTHOMIOS,
J.-C. 4. J.-G.2. J.-C.35,ép.Crermanicus. J.-c. 30. J.-C. 14,
DRCSU8 CÉSAR, GBRMANICUS, CLAUDICS, de J.-C 54,
de J.-c. 25. de J.-c. 19, ép. Agrippine. ép. 1. Wessaline ; 2. Agripplnc»
NBRO., DRUsns, CAIUS CALIGULA, .AGRIPPINB,
J.-C. 39. J.-C. 35. J.-C. 41. ép. 1- Cn. Domitius; 2. claOTIM.
BBITANNICU8, OCTAVIB,
J.-C. 56. ép. llero, J.-C. 50.
D0HITIU8 IIERO, J.-C. 68.
ép. I. Ootayle ; 2. Ppppsa Sablna.
1^' SIÈCLE» tt»
La mort de N^ron exdu une réYolation dans TEtat. L'élection passa aox légions et la constitution devint militaire ; jusque-là la dignité impériale s*était maintenue dans la famille d'Auguste par une espèce de succession. Une fois l'élection usurpée par b légion, l'empire fut plongé dans de nouveaux malheurs. Dans l'espace d*un an, les différentes armées élurent trois empereurs qui périrent bientôt tons dans les guerres civiles : Othon, Galha et Ft(eZ(tu«. Les deux premiers étaient pleins de courage : Ton avait dit aux légions qui sollicitaient une gratification nouvelle : c Je choisis des soldats et %e les achète fos; » Tautre, se voyant perdu , se coucha , dormit bien , se perça , à son réveil, de son poignard et mourut. Le dernier rappelait Calfata, dont il avaî| été le favori. Un seul mot le fera connaître; en contemplant le champ de Bédriae où avait été vaincu Othon» il dit en voyant les cadavres : ç Le corps d*un ennemi mort sent toujours bon (69). i On l'assassina après l'avoir trouvé le long de la voie Sacrée fuyant avec son boulanger et son cuisinier* c fitellius, dit M. de Chateaubriand, s'assit à l'empire qu'il avait f pris pour un banquet ; ses convives le forcèrent d'achever le c festin aux gémonies, t
L*empire qui, par ses troubles, se précipitait vers sa ruine, en fat garanti par l'empereur Vespasiên , sage , économe » magnanime et vaillant. Avec ce prince monta sur le trône une nouvelle famille qui donna à Rome trois empereurs ; ce fut celle des Fbvieas (69-79). Il commença par restaurer les finances entièrenent épuisées, soit en rétablissant comme provinces des pays que NéroD avait affranchis, soit en remettant sur pied les douanes dont il haussa les droits ou en créa de nouveaux ; sans cela il eût été impossible de rétablir la discipline dans l'armée : sa libéralité qui se montra dans les monuments qu'il fit élever untà Rome que dans d'autres villes, et les soins qu'il donna à riastroction de la jeunesse , en établissant des mattres payés aux frais de TEtat, suffirent pour le justifier du reproche d'avarice. Et quoiqu'il ait chassé de Rome, à cause de leurs opinions séditieuses, les stoïciens qui y étaient devenus nombreux depuis Néron, l'abolition des accusations de lèse-majesté, et la consécration qu'il rendit au sénat prouvent assez combien il fut éloigiié du despotisme.
Les pays qu'il remit sur le pied de provinces éuient Rhodes,
SSa I*' SIÈCLE.
Samos, la Lycie, VJchaïe, la Thraee, la Cilicieet la Comagène, Les guerres extérieures sous ce prince furent :
lo Celle contre les Juifs qui finit par la destruction de Jérusalem (70) ;
^ La guerre contre les Bataves et leurs alliés sons la con^ duite de Civilis;
Z^ L'expédition d'^gricola dans la Bretagne ( 70-85 ) . Ce général soumit, non-seulement TÂngleterre, et y établit la domînation romaine, mais encore il attaqua TEcosse et en fit le tour par mer. On reproche à Vespasien le supplice de Sabitius et d'Eponine.
Titus, son fils (79-81), le vainqueur de Jérusalem, rendil également le peuple heureux pendant son règne dfe deux ans. l\ fut appelé, à cause de sa rare bonté et de sa bienveillance , les délices du genre humain. Jamais prince n'exprima mieux les devoirs d'un roi que Titus, en disant que le jour où il n'avait fait de bien à personne était perdu pour lui (81). Tiius eut pour successeur son frère Domitien (81-96), qu'on surnomma ZV^rof» chauve, rapace par besoin et cruel par peur; mais ce tyran , qui avait fait mourir un grand nombre de Romains, ayant été massacré à son tour, l'empire eut une suite de bons empereurs.
Nërva , pendant son règne de deux ans (de 96 à 98 ) , commença cette heureuse époque par la diminution des impôts . par la faveur qu'il accorda à l'industrie, par l'abolition de Tactionde lèse-majesté y par la tolérance envers les nouveaux juifs ou chrétiens, et par le rappel des exilés. Ce bon vieillard de 70 ans paya sa dette à son pays en adoptant Trajan,. alors âgé de 40 ans passés.
Première éruption du Vésuve. -— Situé à environ trois lieaes en ligne droite de la ville de Naples, et dans une vaste plaine où la nature semble avoir pris plaisir à se montrer prodigue de ses dons les plus précieux , le Vésuve s'élève comme une tle , à trois mille six cent quatre-vingt-quatorze pieds au-dessus du niveau de la mer. L'ensemble de la montagne a vingt«quatre milles de contour dans sa base.
Ce fut la première année du règne de Titus , et la soixantedix-neuvième de l'ère chrétienne, qu*Herculanum, Stable, Pinn^ péia furent englouties. Pline V Ancien perdit la vie dans le
désastre affreax que causa cette éruption du volcao , une des plus terribles dont il soit fait mention dans Thistoire. Église.
Mo&T Bs j^sus-GBKzsT.— Jésus-Christ naquit à Bethléem, dans b nuit du 25 décembre. C'est en vain qu* H érode voulut Tenvelopper dans le massacre des innocents ; il mourut lui-même , et l'enfant ■iraculeux fut élevé à Nazareth ,où, pendant 30 ans, obscur artisan, I fit des charrues et des jougs. Bientôt, sous le règne de Tibère , il prêcha dans toutes les contrées de la Judée, «t confirma par la plus laiate vie sa mission divine. 11 fonda une religion qui régénéra le ■onde ; sa morale ne respira que douceur, tolérance , charité. II prêchai» haut des maisons; sa parole fut puissante, son ton celui de rinspiralioo. il se mit à la portée de tous les esprits; cependant ii Alt persécuté par les Juifs trop ignorants pour penser que le ■onde avait^sdin d'une révélation nouvelle. Les Pharisiens y secte «ibitieuse,«xcilèrent ce peuple à /a /'ureur, et Jésus-Christ, « livré à « ses ennemis par Judas, abandonné de ses disciples, renié par Céphas
< (Pierre), se laissa interroger comme un criminel par les grands « prêtres Anne ei Caïphe, conduire devant le tribunal de Ponce Pilate
• qui, le reconnaissant pour juste, n'osa le délivrer, et devant celui
< d^Hérode II , qui le traita avec dérision. Enfin il fut condamné ; « il endura avec une patience divine les plus cruels outrages , et le
• supplice de la croix réservé aux esclaves. Il accomplit ainsi sur le « mont Golgotha (Calvaire) , selon les prophéties , la rédemption du
• genre humain. Il mourut Pan 33, le 5 avril , à trois heures après t midi. » Il était âgé de trente-trois ans trois mois et neuf jours. Cette année concourt avec la quatrième de la 302" olympiade, à laquelle on rapporte précisément une grande éclipse de soleil.
VA^BicATioir Ds l'év AHOiLi!. — La religiou de Jésus-Christ fut bientôt répandue par ses disciples, et particulièrement par les douze Jpôtres,k la tète desquels se montrent P«erre et c^ean. Ils prêchèrent dans tout Tempire romain la doctrine de leur Maître ; ils eurent beaucoup de succès, et fondèrent dauf. les trois parties du monde une iDule d*^]ises dont les membres furent appelés Chrétiens, Conforméneot aux ordres de Jésus-Christ ils baptisaient dans Teau courante ecQx qui croyaient à la révélation ; enfin , pour que la nouvelle religion ne fût pas altérée par la tradition , ils la consignèrent dans des écrits qui subsistent encore.
Les apôtres saint Mathieu , saint Jean , saint Marc et saint Luc écrivirent la vie de Jésus- Christ sous le nom A'^èvangélistes \ saint Paul, saint Pierre et saint Léon adressèrent des épitres à des églises et i des particuliers. C'est ainsi que la foi se soutint, et que la conduite aastère et pure des premiers chrétiens la propagea en tous lieux.
niBMiÀaiB FBKsÉGUTioi*. — Cependant les chrétiens eurent à souffrir beaucoup des Juifs et des païens , et Tempereur Néron fut le premier qui employa contre eux la souveraine autorité. Ce prince «niel, irrité de ce que plusieurs personnes de son palais abandonnaient
tSt 1*' SiftCLI.
le aille que lui-même rendait aux idoles, publia un édiUMV dêfea*«, sous peiue de mort, d'embrasser la religion dirétienoe' Instieinfin temps, un incendie qui arriva à Rome» et doolonaccu6iracbrètiell^ devint le signal de la premier» parsécsdlon. Les piinàpiwivictim» furent saint Pierre et saint Paul.
Saint Pierre hit cruciaé la tête en bas ; et saint Paul,eD qimil dtoyen romain , eut la tête tranchée.
BsuxiÀMB ysRsiicuTioM.— Après lamortdeNéroDileidiittîm jouirent , pendant vingt-neuf ans , d'un peu de relàdie, et iUconl^ nuêrent àse multiplier considérableoient. Mais rempereurDsimii^ aussi ombrageux et aussi cruel que Néron, résolut de délroireat religion nouvelle qui lui portait ombrage, et il commeoça coouel chrétiens la deuxième persécution de Tan 95.
Le plus célèbre martyr de cette persécution fut rapôtreiais<<^ On le plongea dans une chaudière d'eau bouillante; vu il ^ ressentit aucun mal. Domitien le fit reléguer à PalAmoi où il ècrid son Jpocalxp^O' Ce ne fut qu'après la mort du tyran quenistio revint à Ephèse où il mourut à l'âge de cent ans.
TKoisiiiMa WKKëtcuTiom.-^ Après saint Pierre, réglise de IP fut gouvernée par des prêtres ou papes. C'est sous l'un d'euXiMS ^varî^le, que l^empereur Trafan^ dont l'histoire d'ailleurs vnltl clémence , ordonna que les lots sanguinaires portées cosue i chrétiens par ses prédécesseurs fussent exécutées dans les difféiti'' provinces de l'empire ; et malgré l^éloge que Pline fit à Trajan V nouveaux religionnaires , l'empereur persista à commencer cfl# eux la troisième persécution , l'an 106.
Un des premiers qui souffrirent alors le martyre fat saifU Si90^ proche parent de Jésus-Christ , et évêque de Jérusalem. Quoi(itt4 de cent vingt ans , ce saint vieillard supporta le supplice de Udi avec le plus sublime courage.
Parmi beaucoup d'autres martyrs, nous remarquons saint 10 évèque d'Antioche, qui fut interrogé par Trajan lui-même; ■' condamné et couduH à Rome pour y être exposé aux bêtes férocdi servir de spectacle au peuple. L'histoire de son martyre , cosso^ l'an 107, est admirable.
Le sang des martyrs rendait PEgUse féconde , et le nombre* enfants augmentait chaque Jour.
QUATRsiiMB vBiisÉcuTioir. — L'empcrcur Maro-àurèlc, pHj par les calomnies dont on noircissait les chrétiens , se montra à leur égard, et devint Pauteur de la quatrième persécaUos^ eurent à souffrir.
Elle commença à Smyrne, Tan 166, et fjt très-violente «i" juge par le grand nombre de ceux qui souffî u ent alore le martr
Les principaux furent saint Polycar,'9, évèque de SmyraM quatre*vingt-stx ans, qui fut condamné à être brûlé vif; P flammes n'ayant point attaqué son corps, ses bourreauxie P^ d'un coup d*épée: — Pothin, premier évoque de Lyon, âge aejj vingt-dix ans ;-»Bteficfiii9; jeune esclave àlaqjoélle onneputnf'
r' SIECLE. SS3
les tortures, que ces admirables paroles : Je $\éU chrétienne, se commet point de crimes parmi nous, leudant la fureur de la perséculion se ralentit à Toccasion d*uii rs miraculeux que les prières d*une légion chrétienne avaient à l'armée romaine, dans une expédition contre les Marcomans. la tranquillité que la politique força Marc-Aurèie d*accorder aux ' ms ne dura pas longtemps : la persécution se ralluma trois ans et éclata surtout dans les Gaules.
CTBQviifeHE pBRB^cnTioif . — L' empereur Sévère parnt d'abord able aux chrétiens; mais la première année de son règne, il a contre eux de sanglants édits (199).
Idi persécution commença en tgypie, l'an 202 ; elle y ftit très-vlo- Meei s^étendit ensuite dans les Gaules et à €arthage. Parmi les martyrs qui, dans cette persécution, répandirent leur sang la foi, l'on distingue : en Egypte, Léonide, père d'Origène, qui, [ué à la question, confessa courageusement sa foi ; dans les , saint irènée, disciple de saint Polycarpe, et successeur de saint [bin. On voit encore à Lyon une ancienne inscription qui indique fK , sans compter les femmes et les enfants, le nombre des martyrs ^^Étera à dix-neuf mille.
C'est à l'époque de cette persécution qu'on remarque entre autres, 4 Carlhage , le martyre héroïque de sainte Félicité et de sainte ! -ferpétue.
' aizsÉMB VB&sécuTiov. — > Lcs cmpcrcurs qui succédèrent à Sévère ne persécutèrent point les chrétiens ; ceux-ci furent tranquille)» pendant vingt-quatre ans ; Alexandre leur fut même favorable.
Mais l'empereur Maximin les tyrannisa de nouveau. Cette nouvelle persécution commença Tan 255 , dura trois ans et tomba principalenent sur les évêqueset les prêtres : on condamna au dernier supplice tous ceux dont on put se saisir.
SBrrt^aiB VBRsiMniTiov. — Dès le commencement de son règne, rcmpereur Décius publia contre les chrétiens un édit sanglant, qu'il eBToya à tous les gouverneurs de province ; l'exécution s'en fit avec une extrême rigueur, et commença l'an 250.
Le pape saint Fabien , sd^ivA Alexandre, évèque de Jérusalem, saint BabylaSf évèque d'Antioche, et surtout saint Pione , furent les plus illustres martyrs.
Origène, alors âgé de soixante ans, fut encore appliqué à la torture, mais il en réchappa.
HViTiÈBiB PB&sécvTiON. -^ L'cmpcrcur Galérien excita contre les chrétiens la huitième persécution. Elle commença l'an 258.
Parmi les martyrs, nous distinguerons le diacre saint Laurent^ qui fut mis sur un gril et rôti à petit feu ; le pape saint Etienne, saint Cfprien , évèque de Carthage; et à Césarée , en Gappadoce, un jeune enfant nommé CyrUle , qui montra un courage extraordmaire pour cetige.
BBVTiàaiB FBBSÉcuTioif . — Vempercur Aurétlen ne s'était pas d'abord montré contraire aux chrétiens ; mais il changea tout à
iS4 . i*'' SIÈCLE*
coup de conduite à leur égard (275). Il était sur le point de signer uk édit contre eux, lorsqu^il fut arrêté par la foudre qui tomba à set pieds. Cependant , sur la fin de son règne , il publia de saog^iants rescrits dont sa mort , arrivée peu après, empêcha Texécution.
On rapporte à cette persécution le martyre de saint Denis, premier évèque de Paris , qui eut la tête tranchée sur une montagne près de cette ville, nommée , peut-élre pour ce sujet , mont des Marixrs et vulgairement Montmartre.
Nous trouvons aussi dans quelques auteurs que, du temps du paganisme, on y avait élevé un temple à Mars.
BiziÊuB PERsÉcvTion. — L'cmpire romain qui , depuis trois siècles, faisait de continuels mais inutiles e£Forts pour détruire le christianisme, en fit un dernier pour essayer de rabattre. DiodéUen régnait alors en Orient, et Maximien en Occident. Ces deux princes s'accordèrent parfaitement pour persécuter les chrétiens, et la persécution générale commença Tan 505. On rappelle ère des Martyr*.
Maximien fut particulièrement secondé par Bictu* Varus, son préfet dans les Gaules. Saint Quentin à Amiens, saint Victor à Marseille, saint Vincent à Saragosse, et bien d'autres souffrirent courageusement le martyre, pour soutenir la foi qu'ils avaient embrassée, et qu'ils avaient vu établir par beaucoup de miracles.
Mais ce qui doit surtout fixer notre attention sur les martyrs de cette persécution , c'est le dévouement admirable d'une légion tout entière , composée de chrétiens , qui se laissa égorger plutôt que de renoncer à sa religion, et cela sans murmure et sans aucune résistance. On l'appelle la légion fulminante.
A FAIRE : Tableau dee persécutions.
Judée.
muivB SB JÉAUSALBM.— Les Juifs, fatigués du joug des Romains, tentèreni de s'en délivrer; mais leur révolte fUt cause de leur ruine. Les chrétiens, prévoyant le danger, se retirèrent dans la petite ville de Palla. En effet, les Romains attaquèrent les rebelles, qui eurent d*abord quelques succès; mais Vespasien, général expérimenté, ayant été appelé au commandement de l'armée, reprit bientôt l'avantage, et bloqua Jérusalem; la division se mit alors parmi les Juifs; les vivres manquèrent, et cette ville se vit réduite à la plus horrible famine. Fespasien , ayant été nommé empereur, laissa le commandement à son fils Titus, qui réduisit Jérusalem à la dernière extrémité ; enfin, il parvint à s'en emparer. Les soldats romains mirent tout à feu et à sang. Les Juifs furent anéantis ou dispersés. En mémoire de cet événement, on fit frapper une médaille qui représentait une femme enveloppée d^un manteau, assise au pied d*un palmier, la tête appuyée sur sa main , avec cette inscription : La Judé^ captive. Ainsi fut accomplie la prédiction de Jésus-Christ; ainsi tomba ce peuple grand, original, voué tout entier à la mission d'une idée, de Tunité morale de Dieu ; mais celte idée juive se transforme tn idée chrétienne, et cette conséquence merveilleuse d'événements et de faits était nécessaire à l'histoire morale du monde.
Lecture. — Récit du siège de Jérusalem par Josèphe.
1*' SIÈCLE. tSS
B<ri«xiofiB sn& I.S cbristiavismb.
Le christianisme sépare Thistoire du genre humain en deux portions distinctes. Depuis ia naissance du monde jusqu'à Jésus-Christ, c'e«/to tocmlédes esclaves avec Vinégalilé des hommes entre eux, VinégeUlè de l'homme et de la femme f depuis Jésus-Christ jusqu'à nous, c'est la société avec V égalité des hommes entre eux ; l'égalité de l'homme et de îa femme; c'est la société sans esclaves, ou du moins tans le principe de l'esclavage.
Après avoir prêché i*£vangile, Jésus-Christ laisse sa croix sur la terre; c'est le monument de la civilisation moderne. Du pied de cette croix, plantée à Jérusalem, partent douze législateurs, pauvres, nus, on bftton à la main, pour enseigner les nations, changer et renouveler la lice de la terre.
En proscrivant la sensualité , Tamour des richesses , les passions ignobles; en annonçant au delà de la tombe une vie plus importante pour sa durée éternelle que toutes les félicités de la terre, le christianisme se conciliait tous ceux qui avaient conservé le sentiment de la dignité humaine.
En proclamant une révélation immédiate, une communication directe avec la Divinité, et une succession d'inspirations obtenues par la loi et la prière et accompagnées de forces surnaturelles, elle plaisait à «jon que la soif du merveilleux et le nouveau platonisme avaient accoutumés à désirer un commerce habituel avec les natures surhumaines. Co substituant des cérémonies simples, modestes et en petit nombre, à des r/les les uns révoltants, les autres décrédités, elle satisfaisait la raison. Elle présentait aux pauvres les secours , aux opprimés la justice, aux esclaves la liberté. Enfin , et ce ne fut pas à cette époque un de ses moindres avantages , elle interdisait toutes les recherches philosophiques et métaphysiques , recherches frappées de discrédit par les souvenirs, toutes les questions sur la nature et la substance de Mea, toutes les hypothèses sur les lois et sur les forces de ta nature et sur Paction du monde invisible , toutes les discussions sur la Destiner en opposition avec la Providence. Elle ne disait qu'un fait et D'offrail qu'une espérance; or, l'homme avait besoin d'une pierrepour reposer sa tète. Iliui fallait un fait, un fait miraculeux pour que délivré du tourment du doute, il pût respirer, reprendre ses forces et reeoaraencer ensuite te grand travail intellectuel .
Lectvbb. — Etudes historiquêêû»U, de Chateaubriand.— Histoire de VEglise, par Fieury.