COUP IVOBIL SUR L'ÉTAT GÉOGRAPHIQUE DE L*EMP1RE ROMAIN DEPUIS AUGUSTE
Do temps d*Âuguste à celui de Constantin , le monde romain conterra à peu près les mêmes frontières ; le dieu Terme, pas plus qu*au temps de la république, n'avait point appris ft reculer. Cette règle ne ioofirit qu'une seule grande exception. La Docte, conquête de Trajan, a nord du Danube, et en dehors des frontières naturelles de Tempire, fhit abandonnée après up siècle et demi de possession. Mais la soerre que les Romains du premier siècle faisaient toujours en dehors fleurs frontières était, au quatrième, presque toujours reportée par les Barbares dans l'enceinte romaine. Les empereurs ne pouvaient pins défendre des provinces qu'ils prétendaient toujours dominer, et iottfent ils voyaient sans regret de vaillants ennemis devenir leurs Ilotes et occuper k^ déserts de leur empire.
Cette fixité des limites de l'empire romain tenait surtout à ee que, àm les temps de sa plus grande puissance , il avait volontairement borné ses conquêtes au point où il avait trouvé la meilleure frontière nilitaiie ft défendre. Les grands fleuves, qui n'arrêtent guère les années des peuples civilisés , forment en général une barrière suffi-
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santé contre les Incursions des Barbares, et de grands fleufeS|4aaer« des montagnes et des déserts donnaient en efifet des fk*ontiârés naturelles à cet immense empire.
Par un calcut assez vague , on a estimé que Fempire romain avait six cents lieues d'étendue du nord au midi , plus de mille du levant au couchant, et qu'il couvrait cent quatre-vingt raille lieues carrées de superficie. Mais ces derniers nombres ne donuent qu'une idée abstraite et difficile à saisir.
Nous comprendrons mieux ce que représente celte immense étendue, au centre des pays les plus riches et les plus fertiles de la terre, en suivant la ligne des frontières romaines.
Au nord , Tempire était borné par le mur des Calédoniens , M Rhin, le Danube et la mer Noire, Le mur des Calédoniens, qulHîoîi- |)ait V Ecosse dans sa partie la plus étroite , laissait aux Romain»4ei plaines de ce royaume et toute 1* Angleterre. L^Khin et le Danube, dont les sources sont rapprochées et qui coulent, l^un au couchant* Tautre au levant, séparaient PEurope barbare de PEurope civilisée, le Rhin couvrait la Gaule qui comprenait alors r/Ze/ré^te et [^Belgique. Le Danube couvrait les deux grandes presqu'îles italique et illyrieone; il partageait des pays dont les uns sont aujourd'hui regardés comme allemands, d'autres comme slaves.
Les Romains possédaient sur sa rive droite la Rhétie, le Norique, la Pannonie et la Mœsie^ qui répondent à peu près à la Souabe, la Bavière, partie de PAutriche et de la Hongrie, et la Bulgarie, ht court espace entre les sources du Danube et le Rhin, au-dessus de Râle, était fermé par une chaîne de fortifications; la mer Noire venait ensuite et couvrait TAsie Mineure.
Sur ses bords septentrionaux et orientaux quelques colonies grecques conservaient une indépendance douteuse sous la protection d« Tempire. Un prince grec régnait à Gaifa sur le Rosphore Gimmérieo; des colonies grecques dans le pays des Lases et la Co/cAûfa éuient tour à tour sujettes ou tributaires. Les Romains possédaient tout le rivage méridional de la mer Noire, des bouches du Danube à Trébizonde.
Au levant^ l'empire était borné par les montagnes de l'Arménie, une partie du cours de PEuphrate et les déserts de V Arabie. Uoedes plus hautes chaînes de montagnes du globe, le Caucase, qui règne ds la mer Noire à la mer Caspienne , et qui , d'une part , communique aa Thibet. et de l'autre aux montagnes du centre de l'Asie Mineure, se* paraît les Scythes de la H^ute-Asie d'avec les Persans et les Romains. La partie la plus sauvage de ces montagnes appartenait aux lllyriens^ qui maintinrent leur indépendance; la plus susceptible de culture était habitée par les Arméniens, qui subirent tour à tour le joug des Romains, des Parlhes et des Perses , mais qui demeurèrent toujours tri* butaires des uns ou desauires, et jamais sujets.
Le Tigre et PEuphrate qui sortent des montagnes d*Arménie pour se jeter dans le golfe Persique traversaient les plaines de la Mésopotamie. Sur toute cette partie de la ligne orientale , jusqu'aux déserts de sable qui, plus au midi, séparent les rives de PEuphrate des riches
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coninesdela Syrie, la frontière de Tempire n'avait poinl é(e tracée des mains de la nature : aussi les deux grandes monarchies des Romains et des Parthes, ou des Persans leurs successeurs , s*enlevèrenlelles tour à tour plusieurs provinces de PArménie et de la Mésopotamie. Les déserts arabes couvraient la Syrie sur une étendue de deux cenii lieues, et la mer Rouge couvrait TEgypte.
Au midi, les déserts de la Libye et du Sahara.
A% couchant^ l'océan Atlantique servait en même temps de bornes ) l'empire romain et au monde habitable.
Après avoir fait le tour des frontières , nous donnerons encore un ■ornent d^attention à l'énumération des provinces dont Tempire était composé.
Vers Pan 292, Dioclélien l'avait divisé en quatre préfectures préloriales, dans Tintention de pourvoir mieux à sa défense , en lui donnaoten même temps quatre chefs. Ces préfectures étaient les Gaules^ VlUyrie, VJtalie et VOrient
le préfet des Gaules établissait sa résidence à Trêves; il avait Mas ses ordres les trois vicaires des Gaules, d*Espagne et de Bretagne. Dans les Gaules on distinguait, d'après l'ancien langage des habitants : la Narbonnaise, VjiquHaine, la Celtique ^ la Belgique; V Espagne se partageait en trois provinces : la Lusîtanie, la Bétique et la Tarragonaise; la Bretagne, enfin , comprenait toute l'île jusqu'au) Friths de JDumbarton et d'Edimbourg.
La préfecture illyrienne se formait de cet immense triangle dont le Jkmube est la base, et dont les deux côtés sont marqués par la mer Adriatique, la mer Egée et le Ponl-Euxin. Il comprend aujourd'hui à peu prà tout l'empire d'Autriche et toute la Turquie d'Europe. Il se partageait alors entre les provinces de Rhétie, Norique et Pannonle, Dalmatie, Mœsie, Thrace, Macédoine et Grèce. Le préfet résidait ou à Simium, non loin dé Belgrade et du Danube, ou à Tbessalonique.
La préfecture italique comprenait, outre cette province d'où ^ieat sortis les conquérants du monde , toute l'Afrique à partir des frontières occidentales de l'Egypte jusqu'à l'empire actuel de Maroc. Les provinces portaient les noms de Libye ^ Afrique, NumidiCy Uwriia$Ue Césarienne et Mauritanie Tingitane, Rome et Milan firent, tour à tour, la résidence du préfet d'Italie; mais Carthage ^it la capitale de toutes les provinces africaines ; elle égalait Rome (0 population comme en magnificence; et, dans le temps de sa pros- P^lé , les provinces africaines surpassaient trois fois la France en âcndue.
Lapréfècture d^Orient , bornée par la mer Noire , le royaume de» Pttsesel le désert, était encore la plus étendue, la plus riche et la plus peuplée : elle contenait les provinces d'^^ie Mineure, BHhynie f^Pont, Cilicie, Syrie ^ Phénicie et Palestine, VEgypie, enfin, avec ^partie de la Colchtde, de V Arménie, de la Mésopotamie et de l'imHe. La résidence du préfet était à Antioche ; mais plusieurs «lires capitales, et surtout Alexandrie d' Egypte p égalaient presque Mie TiUe en population et en richesse.
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L'imagination demeure coufondue par cette énomération des provinces romaines , par leur comparaison avec retendue des empires actuels, et Tétonnement redouble lorsqu'on songe aai grandes cités qui ornaient chacune des provinces. Ces ciiés, dont plusieurs égalaient , surpassaient même nos capitales ea population comme en richesses; ces cités, telles qu'Ântioebe, Alexandrie, Carihage , étaient si puissantes , qu'une nation tout entière semblait s'y être enfermée.
Dans la province seule des Gaules , on comptait cent quinze villes distinguées par le titre de cités ; les ruines de quelqaeâunes sont encore debout , et elles l'emportent en magnificence surtout ce que les villes modernes déploient de grandeur.
L'aspect de ces ruines nous inspire aujourd'hui un sentiment d'admiration, lors même que nous les rencontrons dans les pro- Tinces où aucun souvenir ne s'attache à elles. Nous allons vott à Nîmes , avec émotion , avec respect , la Maison Carrée , les Arènes, le pont du Gard. Nous visitons de même les monuments d'Arles, de Narbonne ; que trouvons-nous là cependant, excepté (fes modèles pour les arts? Aucun grand souvenir historique ne s'y attache : ces nobles bâtiments furent élevés dans un temps Aù Rome avait perdu , avec sa liberté , ses vertus et sa gloire. Quand on arrive à fixer l'époque de leur construction , on la trouve liée au règne de ces empereurs dont l'histoire a transmis les noms à l'exécration des siècles à venir.
LïCTORi. -- Tableau des révolutions de l'empire romain j pas Sismondi.
Tabliau. — Tableau géographique à faire.
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