MOYEN AGE
ÉTAT HE L'EIJnOPE
âO COHMENCEllENT PO MOYEN KGE ET DE L4 SOCIÉTÉ EN GÉNÉRAL CHEZ LES BARBARES,
A répoqne de Tinvasion , tout est bouleversé , confondu ; le Aoc de la barbarie contre elle-même a tout ébranlé, tout renversé* Les anciennes insiiiulions sont tombées , sans que et nouvelles aient pu s'élablir et les remplacer. 11 n*y a plus 4e société, mais seulement un mélange d'éléments hétérogènes ^vi répugnent à s'unir , d'une barbarie vigoureuse et pleine j*énei^ie avec une civilisation énervée et caduque; Fempire d'Orient seul conserve une existence qui , quoique chancelante d souvent compromise par la présence et les succès de nouveaux Barbares, se révèle pourtant de temps à autre par quelques efibrts , et représente l'ancien monde romain dont il ne leste plus de trace en Occident.
! LEurape occidentale offre, en effet, le tableau le plus déplonble; Vltaiie^ en proie successivement aux Alaric, au)k ÂttiU « Genséric et Odoacre , est couverte de ruines et de débris.
La Gaule , ensanglantée par le passage des Suèves et des Vaodales, est mise en lambeaux par les Goths, les Francs et les Bourguignons qui l'occupent à la fois, et dont les rivalités enfuitent des guerres terribles.
LEspagne, encore fumante du sang de ses valeureux enfants qai ont voulu défendre leur indépendance contre le lurrent barbare que n^ont pas arrêté les Pyrénées, devient le théâtre de la luue entre Hermanric et Aslolphe , et éprouve à la fois les horreurs de la guerre , de la famine et de la peste.
La Bretagne, abattue après une résistance héroïque et malgré la valeur d'Arthur, gémit esclave sous les Saxons qu'elle avait UVI. 92
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appelés comme alliés, et que la perfidie et la force ont fu SCS maîtres.
G*est pourtant de ce chaos que doit sortir un monde non veau ; c*est là que sont renfermés les germes que nous allon voir se développer, et qui doivent produire le moyen âge.
 l'époque où nous sommes arrivés» les conquêtes sont ache vées, les rivalités sont éteintes « et dans chaque contrée domiii une puissance qui a soumis et vaincu toutes les autres. Les Bar bares, une fois maîtres du pays qu'ils convoitaient» arrétea leurs courses désastreuses et cessent de sillonner FEuropi dans tous les sens et de la bouleverser. Ils s'établissent daai leurs possessions; ieur domination s'y affermit; une sociél commence , qui va succéder à l'ancienne et la remplacer, e nous voyons alors se fonder les monarchies et se former lesËtal modernes.
Trois éléments entrent dans la constitution de la société nouvelle, l'élément barbare, l'élément chrétien et l'élémen romain.
Four connaître la proportion de chaque élément, il nous faot jeter un coup d'œil sur la société en général chez les Barbares, et dire un mot de l'esprit du christianisme. La civilisatioi romaine nous est connue, et il serait inutile d'y revenir.
Il est très-difficile de se faire une idée de la société chez lec barbares : brutalité , matérialisnfe , égoîsme , voilà ce qu'on } trouve ; mais aussi on remarque, dans son indépendance indivis duelle, un sentiment noble, qui tire sa puissance de la nature morale de l'homme ; c'est le plaisir de se sentir homme ! Ce sen timent était nouveau dans la vieille Europe, il était inconnu dam le monde romain , inconnu même à la naissante Eglise chré« tienne. C'est par les Barbares qu'il a été importé, déposé dam Je berceau de la civilisation moderne. Ce sentiment , ce goût di l'indépendance personnelle, qui a produit de si beaux résultats est un des principaux éléments de l'organisation des Etals mo dernes.
Un second élément de civilisation dû aux Barbares, c*est l patronage militaire : ce lien s'établissait entre les individus, le guerriers, et sans détruire la liberté et en quelque sorte i'éga lité, fondait cependant une subordination hiérarchique , com mençait cette organisation aristocratique oui est devenue pla
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iBMrd^a féodalité. Ainsi, dans la civilisation ancienne» on trouve la liberté politique; Phomme est dévoué à une assoeiaiion, il te sacrifie pour une association. Dans l'Eglise chrétienne, c'est encore an grand attachement , une obéissance aveugle à la corporation chrétienne, à ses lois , à ses exigences ; c'est Tabnégatien de sa liberté, de sa volonté propre en faveur de la volonté deTEglise; dans la société barbare, au contraire, c'est la liberté personnelle. Nous trouvons donc , à la chute de l'empire fomain, presque tous les éléments qui se rencontrent dans le développement progressifde notre civilisation : l'élément romain iqoî nous donne la société municipale ; l'élément barbare , qui mante immédiatement la féodalité, et contient en germe la liberté politique; l'élément chrétien, qui sert à adoucir TélétMnt barbare dans sa férocité, et dont la nature nous fait déjà pressentir l'influence qu'il doil exercer un jour. LicTums. — Histoire de la civilisation de V Europe, par M. Gui-