‹ Nouveaux éléments d'histoire générale rédigés sur un plan méthodique entièrement neufChapitre 104 sur 166 · ARABES D'ORIENT · texte numérisé non relu

ARABES D'ORIENT

Aï-îSS&sssoam (813), fils d'Aroun-al-Raschid, fut surnommé Y Auguste des Arabes. Il sut recueillir et augmenter le dépôt des connaissances humaines qui, quelques siècles après, devaient se répandre dans toute l'Europe. La cour de ce kalife étfait le séjour des poètes, des philosophes, des médecins, des savants de tous les genres ; il était lui-môme très instruit dantles mathématiques et dans l'astronomie. Il fit élever de toutes parts des collèges, des académies, et Bagdad devint le centre des sciences. L'Italie, l'Espagne surtout, où les Arabes avaient étendu leurs conquêtes, se ressentirent de l'heureuse influence de ces établissements, et fondèrent des écoles à l'instar de celles de Koufa et de Bassora, créées par le généreux kalife, qui faisait traduire en arabe les meilleurs ouvrages grecs. Les relations commerciales des Arabes avec les Indes à cette époque leur ouvrirent de nouvelles sources d'instruction ; ils en rapportèrent les chiffres qui depuis ont pris leur nom, et les littératures grecque et indienne, s' étant mêlées, se fécondèrent et produisirent la littérature arabe proprement dite. Al-Mamoun ne s'était pas moins distingué dans les armes que dans les lettres; il avait étendu sa gloire militaire à la fois dans l'empire de Constantinople, en Afrique, en Italie, et une flotte partie sous ses auspices va jeter l'effroi dans le Vatican, fait la conquête de la Sicile et de l'île de Crète, qui prend dès-lors le nom de Candie, de la ville que les Musulmans y bâtirent. Son frère Motassem (833) et son neveu Wotek (842) marchent sur ses traces; mais sous le cruel et débauché Mciîavak, les révoltes multipliées et les guerres civiles déchirent les différentes provinces du vaste empire des kalifes. On voit bientôt se former trois États immenses : le kalifat de Bagdad, celui du Caire et celui de l'Afrique occidentale.

EMPIRE D'ORIENT

A l'impératrice Irène avait succédé Nicéphore (802), qui mourut en combattant les Bulgares ; Staurace (811), fils de Nicéphore, fut contraint de se retirer dans un monastère ; Michel Curopalale (811), vaincu par les Bulgares, fut remplacé par Léon l'Arménien, dont le règne est peu remarquable (813-820).

Usée ptarygiesirae en Oçiei&t. — Michel le Bègue (820), né en Phrygie, plut à l'empereur Léon l'Arménien, qui lui donna de l'avancement. Des envieux, jaloux de sa faveur, l'accusèrent auprès de l'empereur ; il fut condamné à mort : l'exécution fut retardée à cause de la fête de Noël, à la prière de l'impératrice. La môme nuit, Léon fut assassiné par les partisans de Michel qui fut proclamé empereur. Ce prince, faible et vicieux, laissa démembrer son empire par les Sarrasins, et mourut en 829.

ANGLETERRE

Fia «le l'iïeptas'Ciiâe. — (827). Les Anglo-Saxons avaient fondé Vllepiarchie ; mais Egbert le Grand, élevé à la cour de Charlemagne et

9e SIECLE. 851

qui avait longtemps combattu à ses côtés, étant monté sur le trône de Wessex, montre qu'il avait profité des exemples et des leçons du grand homme et du vaillant capitaine, soumet les sept royaumes à sa domination, est proclamé roi de la Grande-Bretagne par l'assemblée de Winchester, fait prendre à tous ses sujets le nom d'Anglais et à son royaume celui d'Angleterre, bat les Danois réunis aux Bretons de Cornouaille , s'occupe à rendre les peuples heureux par de bonnes lois et une sage administration, et commence, en 827, la famille royale saxonne, dont le principal souverain fut :

Alfpcd-Ic-Gpamd, qui monta sur le trône en 871, et mourut en 901. Il n'exista peut-être jamais un homme plus digne des respects de la postérité. L'histoire, qui ne lui reproche ni défaut ni faiblesse, le met au premier rang des héros utiles au genre humain. Vaincu par les Danois, il fut d'abord obligé de se cacher sous les vêtements d'un pâtre ; mais, devenu paisible possesseur de son royaume, il rendit ses sujets heureux. Il leur donna des lois sages, régla la discipline militaire, créa la marine anglaise, établit le çomm°rcesur des bases solides, fonda l'université d'Oxford et sa bibliothèque. Alfred fut, tour à tour, cultivateur, géomètre, législateur, architecte, poète, suivant que l'exigeait le bonheur de ses peuples. Il voulait que tous pussent jouir du bienfait de l'instruction, et punissait les parents qui négligeaient d'envoyer leurs enfants aux écoles publiques.

La division de l'Angleterre en comtés (shires), ses institutions judiciaires (le jury), la création des shérifs par comté, la sévérité de ses lois de police, et les encouragements qu'il donna à la marine, à l'instruction publique et à l'industrie, attestent les vues d'Alfred et l'étendue de son génie. Il est hors de doute aujourd'hui que beaucoup d'établissements, attribués communément à Alfred, remontent à l'époque des premiers rois anglo-saxons. Telle est, par exemple, la division de la nation en centaines (hundreds), en dizaines (tithings), et la juridiction qui se rapportait à cette division.

Alfred le Grand convoquait régulièrement les États (le Wittenagemou) deux fois par an à Londres; mais on n'est pas d'accord sur les éléments qui formaient cette assemblée. On suppose qu'elle était composée de t lianes royaux, de thanes ordinaires, de ceorls ou fermiers, et du clergé.

Leciore : Thierry, Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Nov mands. — Esquisses littéraires de l'auteur.

RUSSIE

Monarchie russe ffosîelée par ï&tirik. — (862). Les Normands s'emparent des côtes de la mer Baltique et y fondent l'empire russe, sous le nom de Warcgues ; leur chef, Rurick, en est le premier grand prince. Lui et ses successeurs étendirent leurs conquêtes depuis la mer Baltique et la mer Blanche jusqu'au Pont-Eitxin, et firent trembler sur leur trône les empereurs d'Orient, pendant le cours du 10e siècle. Deux

3 52 9e SIECLE.

frères Orkhold et Dir, qui avaient abandonné Rurik après sa trahison envers les Nowogorodiens qui l'avaient appelé à leur secours, et fondé la république de Kiev, s'avancèrent en conquérants jusque sous les murs de Constantinople, se firent chrétiens après avoir obtenu de l'empereur Léon VI une paix honorable, et emmenèrent des missionnaires qui prêchèrent l'Évangile aux Russes. Oleg, tuteur d'Igor, fils de Rurik, embrassa le christianisme ; après avoir fait massacrer dans une embuscade Orkhold et Dir, il réunit à Nowogorod, Kiev, où il transporta le siège de l'empire russe, et menaça lui-même l'empire de Constantinople.

POLOGNE

Piast en Pologne. — (842). Dans le sixième siècle, Léchas, chef d'une troupe de Sarmates, vint s'établir dans la Pologne, et fit construire, sur les bords de la Vistule, quelques forts et quelques châteaux. Il fonda même la ville de Gnesne, et ses descendants prirent le titre de ducs de Pologne. Ils subsistèrent pendant cent cinquante ans. A l'extinction de cette famille, on donna le gouvernement de ce duché à Cracus, qui fonda la ville de Cracovie, dont il fit la capitale de ses États; et enfin à la mort de Popiel II, l'un des ducs de Pologne, on éleva au rang de duc un nommé Piast, en 842. Il rétablit la tranquillité dans la Pologne, qu'avait ensanglantée un interrègne anarchique de douze ans. Ziemovit, son fils, lui succéda, introduisit dans son armée la discipline et la science militaire, et sa postérité occupa le trône de Pologne jusqu'à l'avènement des Jagellons. C'est à cette époque que furent créées les dignités de magnat, de palatin et de vayvode ; mais ce ne fut que dans le sixième siècle que la Pologne fut érigée en royaume. Boleslas I en fut le premier roi. Il conquit toute la Bohême, la Moravie, vainquit les Prussiens et les Russes, accrut beaucoup ses royaumes ; mais ses successeurs perdirent le fruit de ses conquêtes.

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