‹ Nouveaux éléments d'histoire générale rédigés sur un plan méthodique entièrement neufChapitre 106 sur 166 · BOHEME · texte numérisé non relu

BOHEME

Borziwog en Bohême. — (894). Sous le règne d'Auguste, les Marcomans chassèrent les Boïens du milieu de la Germanie, où ils s'étaient fixés près de dix siècles avant J.-C. Ces derniers furent à leur tour dispersés dans le 15e siècle par les deux frères Trichus et Léchus, h la tête d'une colonie de Sarmates (Slaves), Léchus alla fonder la Polo-

9e SIECLE. 3 53

gne, et Trichus la Bohême. Borziwog fut le premier duc chrétien. Dans le 12e siècle, la Bohême fat érigée en royaume.

TïatlOBBS «5ï3 fturd. — Les nations du nord, fractionnées, comme celles de la Germanie, en un grand nombre de tribus, étaient soumises originairement à des chefs de guerre, élus par les hommes libres, et souvent qualifiés de rois. Ces rois subalternes reconnaissaient quelquefois l'autorité d'un roi supérieur, et formaient entr'eux des confédérations guerrières. Les réunions successives de plusieurs peuples sous un seul chef constituèrent les trois royaumes de Danemark, de Suède et de N(rwége.

ÉGLISE

Schisme d'Orient. — Controverse swr le ffiiioagrae. — Pho-

tïus. — Les Pères de l'église d'Orient étaient d'accord avec ceux d'Occident. Ils se servaient plus volontiers de l'expression : le Saint-Esprit ■procède du père par le fils, au lieu de : le Saint-Esprit procède du père. — Dans le 5e siècle on introduisit en Occident, et surtout en Espagne, contre les Wisigoths Ariens, l'expression Filioque dans le symbole ; de sorte qu'on professait : le Saint-Esprit procède du père et du fils. Au 8e siècle on adopta également en France cette expression. Les Grecs, d'ailleurs, mal disposés, crurent voir dans cette formule une erreur de foi, malgré l'unanimité de l'Occident. — De là le schisme suscité par un laïque nommé Photius (858), parent de l'empereur Michel IL — Voici l'origine de ce schisme. Saint Ignace, patriarche de Constantinople, ayant encouru la haine de Bardas, oncle et tuteur de l'empereur Michel, parce qu'il l'avait excommunié à cause de ses mœurs scandaleuses, est renfermé dans une étroite prison ; le siège de Constantinople est donné à Photius, laïque, qui écrit à Nicolas I, pour surprendre son consentement. Mais le pape, ayant appris par quelle voie il y était parvenu, le dépose et l'excommunie. Michel meurt, et Bazile, qui lui succède, rétablit saint Ignace, et convoque le huitième concile œcuménique, dans lequel Photius est condamné (863). A la mort d'Ignace,'.P/j0?ms est reconnu pour patriarche par l'empereur Bazile et le pape Jean VIII. Mais, l'an 886, il est chassé de nouveau par l'empereur Léon, et transporté à Cordi en Arménie, où il meurt (891). Photius, par ses accusations contre l'Église romaine, avait semé des germes de division qui se développèrent plus tard, et produisirent le schisme que consomma, an 11° siècle, Michel Cérulaire (1043), patriarche de Constantinople. On ne peut contester à Photius son mérite comme écrivain ; il joignait à une vaste érudition, un esprit fin et pénétrant et beaucoup d'habileté; mais l'on ne saurait trop regretter l'usage qu'il fit de son intelligence supérieure. Sa bibliothèque des livres qu'il avait lus pendant son ambassade en Syrie est un des monuments les plus précieux de la littérature ancienne.

Lectere : Histoire ecclésiastique , de Fleury, — Histoire universelle d$ l'Eglise par Jean Alzog.

354 10e SIÈCLE.

f He Siècle.

(D)T1(DH M (B1M3D), Ou ÏMvp\ï§ à' Occident pàsSoift aux K.\\em<màs (936),

CÂEliLCTÈItE SU SIECLE.

Gfoiïe e* décadence du Kalifat d'Espagne. —Nationalité de l'Allemagne.

— Nationalité française. — Fm tfes invasions.

SOMMAIRE

Frnnce. — 912 Etablissement des Normands sons Charles Ht, !e Simple. — 937. Hug'iiës-Capët, premier roi de la race capétienne.

©rient. —908. Dynastie des Fatimites. — 997. Dynastie des Gaznevidesdans l'Inde. — 932. Bouïdes en Perse.

Allemagne. — 911. Conrad 1. roi de la maison de Francouie. — 919-936. Maison de Saxe : Henri l'Oiseleur. — 962 Conquête de l'Italie par Othon-le-Grand- — 984. Création du margraviat d'Autriche et du comté de Hollande.

ilnssie. — 980. Wladimir, grand-duc de Kussie.

Hongrie. — 1000. Fondation du royaume de Hongrie. Etienne I.

Venise. — Î001. Agrandis- ement de Venise.

Espagne. — 912. AbtléramelII, ouïes Maures à Cordoue.

ï>écô«Verlesl — G33. Invention de l'Impiimerie par les Chinois. — 992. Horloges à balancier.

FRANCE

ILesKiOE'Bss&sKls âatss SaKcnsÉliîe(9i2)J — LesScandhiàvës, peuples du nord de l'Europe, se sont fait c^nnaitredans leurs incursions sous le nom de Danois ou de Normands. Depuis le règne de Charlemegne, le beau pays de France les avait tentés, et l'embouchure de la Seine et celle de la Loire, feup offrant une entrée facile, ils s'étaient plus d'une ibis montrés dans cette contrée.

Charlemagne, qui prévoyait leurs dévastations, avaient fait construire des forts pour s'opposer à leurs ravages ; mais, à la mort de ce prince, ils redoublèrent d'audace. Sous les règnes de Louis le Débonnaire et de Charles le Chauve, Rouen, Pontoise,ï*aris, les virenlporiër dons leurs murs le fer et la flamme. Enfin, sous Charles le Simple, liollon, leur chef, qui s'était exilé de la Norwége pour ne pas plier sous le joug tyrannique

10e SIECLE. 3 55

tfHarold, roi de ce pays, rassemble dans la Scanie ses parents, ses amis, fait un appel aux Danois (des Orcades et des Hébrides) et vient en France taire tant de ravages, que le faible roi Charles le Simple se voit obligé de lui céder, a condition qu'il embrasserait le christianisme, celte partie de la Neuslrie qui, depuis, fut appelée Normandie. Rollon accepta ce traité ainsi que la main de Gizèle, fille du roi de France; mais il ne voulut pas s'humilier à rendre à Charles les hommages exigés : il fut convenu qu'un de ses officiers le remplacerait; ce dernier le fit avec une insolence qui aurait sans doute été punie, si la France eût été moins faible : il leva si haut la jambe de Charles, dont il devait baiser le pied, que ce prince tomba et fut la risée des Normands présents à cette scène.

Rollon fut un grand homme : il donna à ses peuples, pour qui le carnage était une vertu, des institutions sages qui firent leur bonheur. Une ancienne tradition nous dit qu'il sut tellement imposer à ses sujets , que les maisons restaient ouvertes sans crainie des voleurs, et qu'on était à l'abri dus vexations et des violences encore lontemps après sa mort, seulement en invoquant son nom : Ahï Roll, d'où Ah! Ro, et par corruption Haro. Guillaume le Conquérant, qui, en 1066, s'empara du trône d'Angleterre, était le sixième descendant de Rollon, de la manière suivante :

4° Raoul ou Rollon, qui épousa Gizèle, fille de Charles le Simple (885); 2° Guillaume Longue-Épée (927); 3° Richard sans peur, gendre de Hugues le Grand (996:; 4" Richard II, le bon; 5° Richard III (1027); 6° Robert le Diable, mort en pèlerinage (1028); 7° Guil-laume le Conquérant, fondateur de la monarchie normande en Angleterre (1066).

Observations sur le caractère des incursions ncrmasdc-s.

Les incursions Scandinaves étaient forts (ïifférgntgi des grandes migrations germaniques qui avaient eu lieu du £e au G? siècle. Les Barbares de cette première époque, qui occupèrent la rive gauche du Rhin ou qui s'établirent en Angleterre, y ont laissé leur langue. La petite colonie saxonne de Bayeux a gardé la sienne au moins cinq cents ans; au contraire, les Morinànns des 9e et 10e siècles ont adopté la langue des peuples chez lesquels ils s'établirent; ce qui prouverait que les pirates scandii:; t des exilés, des bannis qui se liront rois de la mer,

parce que la terre leur manquait : lis abordèrent sur les côtes seuls et

3 5tS ÎOe SÏECCE.

sans famille ; et lorsqu'à force de venir annuellement piller, ils se furent fait une patrie de la terre qu'ils ravageaient, il fallut des Sabines à ces nouveaux Romains : ils prirent femmes, et les enfants, comme il arrive nécessairement, parlèrent la langue de leur mère.

On pourrait comparer les Normands et les Sarrasins : les premiers désolèrent le Nord, tandis que les Arabes infestaient le Midi ; on pourrait distinguer trois périodes principales dans les incursions de ces peuples : 1° celle des incursions proprement dites ; 2° celle des stations ; 3° celle des établissements fixes. Les stations des Normands étaient généralement dans les îles à l'embouchure de l'Escaut, de la Seine et de la Loire ; celle des Sarrasins, à Fraxinet (la Garde-Fresnet) en Provence et à Saint-Maurice en Valais ; telle était l'audace de ces pirates qu'ils avaient osé s'écarter ainsi de la mer, et s'établir au sein môme des Alpes, aux défilés où se croisent les principales routes de l'Europe.

Les Sarrasins n'eurent d'établissement important qu'en Sicile. Les Normands, plus disciplinables, finirent par adopter le christianisme, et s'établirent sur plusieurs points de la France, particulièrement dans le pays appelé de leur nom Normandie.

lîargwegàCapetj premiea* v&l capétien.— (987) La faiblesse des successeurs de Charlemagne et la puissance des grands vassaux amenèrent la décadence de la maison carlovingienne. Déjà Eudes, fils de Robert le Fort, tué dans un combat contre les Normands, et qui avait lui-même si vaillamment défendu Paris avec l'évêque Gozlin contre les barbares, avait été élu roi des Français à la place de Charles le Gros, et aux dépens de Charles le Simple, qui n'avait recouvré ses états qu'après sa mort. Charles avait été encore détrôné par les seigneurs mécontents, qui avaient mis à sa place Robert, frère du dernier roi. Robert ayant été tué dans un combat de la main même de son rival , Hugues le Grand, duc de France, et le plus puissant des vassaux, fit donner à Raoul, son beau-frère, une couronne qu'il aurait pu prendre pour lui-même. C'était la politique de Pépin d'Hérisial, A la mort de Raoul, il rappela Louis, fils de Charles le Simple, qui s'était retiré en Angleterre. Hugues-Capet, son fils, qui avait hérité de ses talents et de sa puissance, se contenta d'être longtemps le vassal redoutable de Lothaire, puis de Louis Y7 qu'il voulait bien souffrir sur le trône. Mais, à la mort de Louis V, il se fit proclamer roi par l'assemblée de Noyon , au préjudice de Charles de Lorraine, oncle du roi et le dernier descendant de Charlemagne, prince qui s'était attiré la haine et le mépris de la nation en se reconnaissant le vassal de l'empereur Othon IL 11 fit de vains efforts pour faire

10e SIECLE. 3 57

valoir ses droits; Hugues le vainquit et le fit prisonnier. Charles, étant mort peu de temps après, laissa Hugues tranquille possesseur du diadème.

Getteépoque est remarquable dans notre histoire par la substitution d'une royauté nationale au gouvernement de la conquête.

Lecture ; Histoire de France de l'auteur.

Page 1