‹ Nouveaux éléments d'histoire générale rédigés sur un plan méthodique entièrement neufChapitre 107 sur 166 · ORIENT · texte numérisé non relu

ORIENT

©yraastso «les s^atimites. — (909). Les maux qui accablèrent l'empiré de France depuis lamort de Charleinagne se firent aussi sentir dans les vastes conquêtes des Arabes, en Asie et en Afrique. La faiblesse des kalifes et l'ambition des émirs excitèrent des réyoltes et des guerres civiles, qui amenèrent la décadence et le démembrement du kalifat de Bagdad. L'imprudente création d'une garde d'esclaves turcs par le kalife Motassem (833-842) mit la souveraineté de ces princes à la merci du caprice des étrangers, qui disposaient du trône, tandis que les premiers ministres ou émirs al-omrah (depuis 935 sous le kalife Al- Rbadi) réunissaient l'autorité civile et militaire. Les kalifes ne conservèrent plus que le pouvoir ecclésiastique ; et les gouverneurs des provinces profitèrent de cette anarchie pour s'y rendre indépendants (936).

iBoaïdcs cm I»es*se. — Boitija, pêcheur de la province de Dilem, prétendait descendre des Sassanides. Ses fils firent des conquêtes remarquables, et finirent par se rendre indépendants des kalifes auxquels ils ne laissèrent que le pouvoir spirituel en 932. Les Bouïdes furent chassés de la Perse et de l'Irak parles Gaznevides et par lesSeldjoucides (1055).

Déjà (en 868) l'Egypte s'était ainsi détachée du centre de. l'empire sous Obéid-Allah, qui se disait descendant de Fatime, et qui y fonda le kalifat des Fatimites (908). Il étendit sa domination sur une grande partie de l'Afrique septentrionale. Moëz-Allah, arrière-petit-fils de Manadi, en prenant le titre de kalife et d'émir des croyants, établit définitivement sa résidence au Kaire (958). Les kalifes Fatimites descendant de Fatime, fille de Mahomet et femme d'Ali, s'emparèrent, malgré les Turcs Seldjoucides, de la Syrie, de la Palestine et de l'Arabie septentrionale.

C'est à la fin du 11e siècle que le kalifiat atteignit son plus haut degré de puissance ; le commencement du 12e siècle fut l'époque de sou déclin.

asyuastie des Gazuevïdes cI&ms l'Inde. — Un prince mahométan, appelé Mahmoud (997), gouvernait à l'est de la Perse le petit État dont Gazna se trouvait être la capitale. Il était estimé pour ses talents militaires et pour son zèle envers sa religion : aussi le kalife lui avait-il accordé ie titre de amod ad doualet, c'est-à-dire soutien de la foi. Ce petit souverain fit des conquêtes sur les parties occidentales de

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l'Indostan et devint le chef d'une dynastie connue sous le nom de Gaznevidex3 qui régna 214 ans sur la Perse et l'indoustan.

ALLEMAGNE

Depuis îa déposition de Charle-le-Gros (8S7), l'Allemagne et l'Italie étaient livrées aux guerres intestines et aux invasions des étrangers. A l'époque de la dissolution de l'empire des Francs, les Allemands étaient partagés en cinq grandes peuplades gouvernées par des ducs: 1" les Francs ou Franconiens, entre le Rhin etleMein; 2° les Bavarois, dans le Tyrol, la Bavière actuelle, l'évêché de Bamberg, le Salzbourg, laCarinthie et la Carniole; 3° les Souabes ou Allemands, dans la Souabe proprement dite, le pays des Grisons et la Suisse septentrionale ; k" lesThuringiens, dans la Hesse électorale, les districts de Marsebourg, de Fulde et d'Erfurt; 5" les Saxons, dans les pays situés entre l'Elbe, leWeser et le Bas-Rhin ; on peut encore y ajouter les Frisons, répartis dans les cantons, en partie sous la dépendance de la Lorraine et de la Saxe, en partie indépendants. La rivalité qui existait entre ces peuples, régis par des coutumes différentes, la diversité de leurs dialectes et les progrès delà féodalité, furent un obstacle puissant à la force politique des Allemands.

La valeur du roi Arnoul, fils naturel de Carloman (887-000), qui avait obtenu la couronne impériale, promettait de mettre un terme aux progrès des Normands et des Esclavons. Mais sous le règne de Louis IV, dit Y Enfant (900-911), dernier des Carlovingiens en Allemagne, ce pays fut livré de nouveau aux ravages des guerres féodales et aux dévastations des Hongrois, fixés en Pannonie depuis 899. A la mort de ce roi, et au refus (Yothon, duc de Saxe, d'accepter la couronne, les États la déférèrent à Conrad d&Franconie (911), l'un des quatre ducs qui exerçaient alors le plus d'autorité sur les peuples d'Allemagne. Ce prince eut à combattre à la fois le duc Henri de Saxe, son plus redoutable ennemi, et les Hongrois, auxquels il paya tribut. Conrad, en mourant, désigna lui-même le duc de Saxe aux suffrages des seigneurs (919).

Henri l l'Oiseleur (919-936), premier roi delà maison de Saxe, força les ducs d'Allemagne à reconnaître son autorité. Il réunit la Lorraine à l'Allemagne (925), fonda et fortifia les villes, obligea une partie de la noblesse et des habitants libres delà campagne à s'y établir, en leur accordant de grands privilèges, et, après avoir aguerri et discipliné les Allemands dans des combats contre les Esclavons, il refusa le tribut aux Hongrois et les défît à la bataille de Marsebourg (933).

Son fils Othon I le Grand (936-973), aussi courageux que Henri, le surpassa en lumières et en habileté. Il étouffa les rébellions des vassaux, combattit avec succès le roi de France, Louis IV d Outremer, les Danois, le duc de Bohême et les princes esclavons, qu'il rendit tributaires, et

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remporta une éclatante victoire sur les Hongrois, près du Leck (940). Appelé au secours d'Adélaïde, veuve de Lothaire II, roi d'Italie , que Béranger II, marquis d'Ivrëe, usurpateur du trône de son époux, voulait contraindre de donner sa main à Adalbert son fils, Othon passa les Alpes, vainquit Béranger et se fit couronner roi d'Italie (952), c devenant l'époux de la reine Adélaïde.

Othon le Grand ne négligea rien pour abattre la puissance des grands et des papes; il y réussit en partie, et fonda plusieurs écoles qui contribuèrent à propager les lumières et la civilisation dans la Germanie

L'union à? Othon II avec la princesse Théophanie, fille de l'empereur grec Romain II (972), n'eut ni pour l'Allemagne, ni pour l'autorité impériale, les avantages qu'Qthon le Grand en avait espérés. Pendant les régnes d'Othon II (973-983) et d'Othon III (983-1002), l'Allemagne et l'Italie furent en proie aux troubles les plus graves ; les factions se disputaient le souverain pouvoir à Rome en l'absence des empereurs, . et se jouaient de l'autorité pontificale avilie. Othon II fut malheureux dans sa tentative de soumettre la Pouille et la Galabre (981), qu'il re- \cndiquait comme dot de sa femme. Othon III, son fils, l'élève du célèbre Gerbert, depuis le pape Sylvestre II, se vit obligé de prendre d'assaut la ville de Rome (988), où l'usurpateur Crescence, après avoir chassé le pape nommé par l'empereur, avait disposé de la papauté et renversé la domination des Allemands.

L'horrible vengeance, qu'exerça le vainqueur, ne servit qu'à exciter la haine des Italiens contre les étrangers, et à accroître les difficultés d'une réunion complète de l'Italie et de l'Allemagne.

Lcciure : Histoire d'Allemagne, par Lebas ou par Pfister.

RUSSIE

^TSffl€giMMlr? grand-drae de îs.ws«îe (980). — A Rurik avaient succédé plusieurs princes dont les règnes ne présentent aucun intérêt général, sinon que tous avaient attaqué avec acharnement l'empire d'Orient, et plusieurs assiégé Gonstantinople. Les Russes semblent avoir eu de tout temps l'instinct de la domination sur les rives de Bosphore. Dans le 10e siècle, Wladimir, après s'être emparé des États de ses deux frères et en avoir massacré un, porte la guerre en Orient ; mais ensuite il se réconcilie avec l'empereur Bazile, qui lui donne la main de sa sœur Anne. Il se fait chrétien, et embrasse le rite grec : toute la nation suivit son exemple. C'est alors que furent brisées les idoles les plus révérées de la nation russe, entre autres celles de Péroun, dieu de la guerre . Wladimir, mis au nombre des saints dans le calendrier russe, mourut en 1015.

F©Eîdats«>M un emnté de g-Hollande et d«a margraviat d'An-

rce&ïe. — En 9S&, le comté do Hollande fut établi en faveur de Thierry,

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comte des Frisons. A la même époque, le margraviat d'Autriche fut créé et donné par Othon II au petit-fils d'Albert, comte de Bamberg. Ce margraviat iïOstriche (d'où Autriche) ou Marche orientale, renfermé jusque-là dans le duché de Bavière, ne comprend que les pays situés sur VEms, auxquels on a donné le nom de Haute-Autriche. Léopold s'empara de la Basse-Autriche qui était aux Hongrois, et rétablit vers cette partie du Danube, les anciennes frontières germaniques qu'avait posées Charlemagne. Il posséda ce margraviat, appelé aussi Marche orientale et pannonienne, non comme un fief, mais comme un francalleu libre de toute rede vance et vassalité.

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