‹ Nouveaux éléments d'histoire générale rédigés sur un plan méthodique entièrement neufChapitre 109 sur 166 · VENISE · texte numérisé non relu

VENISE

La navigation et le commerce continuent à faire fleurir la république de Venise, qui dans le 7e siècle, s'était donné pour -doge Paul Anafesto

(^97-717). Ses flottes pénètrent partout et amènent l'afcondance. Les victoires des Vénitiens sur les Hongrois qui osent les attaquer montrent combien cette république est déjà puissante. C'est à cette époque que les Daimates, par une délibération libre et générale (1001), se soumettent à Venise, qui figure dès-lors parmi les premières puissances. Maîtresse ainsi de Y Adriatique, cette république fit prendre à son doge, Pierre Orseolo II (997), le titre de duc de Dalmatie.

Le 11e et le 12e siècle surtout furent très favorables à Venise. Ses navires, rivaux de ceux de IHse et de Gènes, transportaient les marchandises, les pèlerins, les croisés, et souvent elle se faisait donner en paiement des villes conquises sur les infidèles. Guelfe, puis Gibeline, bien que ne prenant qu'un intérêt secondaire à la guerre du sacerdoce et de l'empire, elle nuisit beaucoup à Frédéric Barberousse, battit la flotte impériale au cap Melloria et contribua à la paix de Venise (1177) qui fut le prélude de celle de Constance.

Lecture : Histoire de Venise, par Daru.

ESPAGNE

ifodérame II@, ou les Maures de €orel®ue. — Depuis la fondation du kâlifat de Cordoue (756), les princes maures s'entourèrent d'une grande magnificence et ouvrirent aux sciences et aux arts, des écoles fréquentées par les chrétiens et les musulmans. Le quatrième ka-» life, Âbdérame II, attira à sa cour les poètes de l'orient (822-852). Le règne de son fils Abdérame III, huitième kalife (912), est célèbre, parca que, sous lui, l'empire des Maures acquit une prospérité extraordinaire. Tout ce que l'imagination peut se figurer d'opulence dans les villes, de splendeur dans les palais, tout ce que le développement de la civilisation moderne a introduit d'élégance et d'urbanité dans nos usages est le spectacle attrayant et singulier que les Maures d'Espagne ont donné au milieu des ténèbres de la barbarie qui couvraient alors le reste de l'Europe.

Cependant Abdérame III fut souvent vaincu par les rois chrétiens de l'Espagne septentrionale, et particulièrement par Ramire II, roi de Léon, à la bataille de Simancas, le 6 août 938. Le roi des Maures mourut à l'âge de 73 ans (960), après avoir porté le sceptre pendant un demi-siècle avec plus de gloire que de bonheur ; car il disait lui-même qu'il n'avait été heureux que quatorze jours de sa longue vie. Lecïure : De l'Espagne, par Vianlot.

"' 10e SIÈCLE.

LE MONDE

Page 1