‹ Nouveaux éléments d'histoire générale rédigés sur un plan méthodique entièrement neufChapitre 110 sur 166 · ÉPOQUE D'OTHOS LE GRAND · texte numérisé non relu

ÉPOQUE D'OTHOS LE GRAND

Empire frree. — A la fin du 8e siècle, nous avons vu dominer, sur nôtre hémisphère, l'empire d'Occident, l'empire d'Orient et l'empire des kalifes d'Asie. De ces trois grandes puissances, une seule subsistait à la fin du 10e siècie : c'était V empire d'Orient, situé entre les Français et les Sarrasins, mais plus petit, plus faible, obligé d'implorer les premiers, et souvent forcé de payer tribut aux seconds. Miné au dedans par mille principes de destruction, attaqué au dehors par des ennemis bien supérieurs, toujours sur le penchant de sa ruine, il se soutient cependant encore avec tous ses vices et tous ses malheurs.

L'empire des Kalifes, si triomphant un siècle auparavant, démembré aujourd'hui en une foule d'États, ne laisse voir des traces de son existence que dans la pompe qui entoure le kalife, et dans les hommages que rendent à ce roi-pontife les vainqueurs qui le dépouillent.

I/empsre français, l'effroi des peuples d'Occident, ne parait plus que dans cent souverainetés différentes qui se sont élevées sur ses ruines. Il forme maintenant les royaumes de France et de Germanie : ces deux États semblent, au premier coup-d'œil, présenter une égalité de forces; cependant, en les examinant de plus près, ils font voir des disparités essentielles.

&e royaume de braisée est un grand corps épuisé par Y anarchie et la tyrannie : chaque province a un souverain indépendant sous le nom de duc ou de comte, et môme un de ces seigneurs a osé prendre le titre de roi : c'est Hugues-Capet. Ainsi on voit un duc de Bourgogne, un duc de Paris ou de France, un duc d'Aquitaine, un duc de Normandie, un duc de Bretagne; des comtes de Champagne, de Flandre, de Toulouse, d'An» jou, de Maurienne, qui tous régnent en souverains indépendants sur les provinces qu'ils ont envahies. J^e peuuie est esclave sous cette multitude

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de maîtres qui se haïssent réciproquement, et qui se font une guerre perpétuelle. Us reconnaissent une espèce de chef héréditaire qu'ils décorent du titre de m; mais ce chef, borné à la possession d'un petit nombre de villes, se voit sans pouvoir, sans armées, sans finances, obligé souvent de rendre compte de ses actions à ses vassaux, et près, tous les jours, d'être déposé par leurs caprices.

Le savant Gerbert, qui devint pape sous le nom de Sylvestre Iï, introduisit en france les chiffres arabes et inventa l'horloge à balancier vers la fin de ce siècle.

te royaume <8e Germanie n'a pas plus d'étendue que la France ; le nombre des princes n'y est pas moins considérable ; le chef y est môme électif; il semble par conséquent qu'il doive être moins fort : cependant il est bien plus puissant. C'est que les grands, en se réservant l'honneur de choisir leurs maîtres, ont eu le bon sens de comprendre que leur propre intérêt leur ordonnait de se dépouiller d'une partie de leur liberté, pour donner plus de force au souverain commun. Le roi de Germanie a des fiefs dont il dispose, des officiers qui lui obéissent et des armées nombreuses qui marchent à ses ordres. Pour comble de bonheur, un sage s'est assis le premier sur le trône. Othon, qui règne à présent, est le héros de son âge, l'homme de l'Europe et de la Chrétienté.

Eoyanme d'Espagne. L'Espagne continue d'offrir la même

forme qu'elle nous présentait à la fin du 8e siècle. Le nord, occupé par les Chrétiens, se bat sans cesse contre les Maures, maîtres du midi. Chez les uns et les autres, les États sont multipliés et faibles. Les premiers ont cependant gagné beaucoup de terrain ; Les Maures ne sont pas moins vaillants et sont plus éclairés; mais leurs divisions intestines font présager leur perte.

BoysMinc d'Angleterre. — L'Angleterre est entièrement changée. Les sept peiils royaumes- qui la partageaient ne composent plus qu'une seule monarchie : elle serait redoutable si les divisions des Danois et des Saxons n'empêchaient ces insulaires de porter leurs regards sur leurs voisins. Les disputes de ces deux peuples continuent défaire de cette île un théâtre de révolutions et de carnage.

Eêalîe. — L'Italie présente toujours le spectacle de toutes les villes bouleversées, opprimées par les tyrans ou déchirées par l'anarchie. Venise seule, séparée de toutes les autres moins encore par sa situation que par sa politique, jouit d'un calme et d'une prospérité qu'elle doit à la prudence de son administration.

Rome. — Le royaume de Germanie est donc à présent la puissance dominante de l'Occident; il ne paraît pas même qu'il y en ait aucune .qui l'approche. Cependant Rome en renferme une mieux affermie, ou du moins une qui rivalise avec elle. Le pape ne possède qu'un territoire très borné : mais aucun prince n'a un pouvoir plus réel et plus étendu; il règne sur les consciences, et consolide le grand ouvrage de la monarchie spirituelle.

Gouvernement. — Alors la plus grande autorité était entre les mains d'un certain nombre de principaux usurpateurs, qui avaient ; sous eux d'autres tyrans subalternes ; l'esclavage devint général ; 11 ne resta plus d'idées patriotiques; trôné , autel, lois, vérité , devoirs, religion, tout s'abîme dans le gouffre de l'anarchie. L'Europe entière n'offre que le spectacle de guerres sanglantes qui bouleversent tout ; on ne songe qu'à attaquer ou à se défendre , et l'administration est dans l'a plus horrible confusion. En vain chercherait-on une forme certaine dans l'empire grec; le droit de donner la couronne est alternativement usurpé parles soldats , par le peuple, par le sénat , et les crimes les plus noirs sont les titres les plus ordinaires pour l'obtenir.

Législation. — Les faibles lumières que Charlemagne et Alfred le Grand ranimèrent s'éteignirent bientôt après leur mort ; les ténèbres recouvrirent la fac3 de l'Europe, et les Capitulaires de l'un et les sages règlements de l'autre n'eurent que des effets passagers.

Mœssrs. — Que pouvaient être les mœurs dans ce siècle de fer? Désordres, troubles, scandales, intrigues, trahisons, dans une partie du clergé ; injustices, usurpation, tyrannie, débauche dans la noblesse; et dans le peuple, férocité et crainte, vices toujours réunis dans l'âme des esclaves. La justice, l'humanité, au contraire, semblent s'être reléguées à Bagdad; du moins ces vertus s'y soutiennent plus longtemps.

Religion. — L'idolâtrie disparaît peu à peu du nord de l'Europe. Le mahométisme reste à peu près le même. Quelques sectes fanatiques s'élèvent dans la Perse et ébranlent le trône des kalifes. Le christianisme reconnaît deux chefs. Le patriarche de, Constantinople gouverne les chrétiens de l'Orient, et le pontife de Rome ceux de l'Occident. La religion gémit des excès que l'on commet au nom d'un Dieu de paix et de pardon.

Usages. — Les coutumes les plus bizarres s'introduisent dans les États modernes : partout l'épreuve du feu, du fer brûlant, de l'eau bouillante, règle lajustice.

Sciences. — Les sciences sont obscurcies; le clergé lui-même néglige de s'instruire; l'Occident chrétien est, en quelque sorte, plongé dans les ténèbres; à Bagdad et à Gordoue, on continue seulement è cultiver l'astronomie, la médecine, la chimie et les mathématiques.

Travail à faire : Explications dans les colonnes latérales; Carte de Van tien continent au milieu. — Justification de tous les événements énoncés. - Tableau général de la littérature religieuse et profane depuis le 5» jusqu'il. île siècle.— Littérateurs.— Siècle.— Années. — Genres. — Ouvrages - Caractère.

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f Ie Siècle.

CARACTERE DU SIÈCLE

Réaction de l'Occident contre l'Orient. — Commencement de la civilisation européenne.

SOMMAIRE

Frassce. — 1095. Première croisade sous le pape Urbain II. — 1099. Prise de Jérusalem. — Précis des croisades. — Fondation de l'Ordre des Hospitaliers et de l'Ordre des Templiers.

Angleterre. — 1066. Les Normands en Angleterre. — Guillaume le Conquérant. — Bataille de Ilastings.

Empire d'Orâent. — 1081. Règne d'Alexis Comnène.

Aileiaagne.— 1084. Maison de Franconie-Salique. — Conrad II. — 1056. Henri IV.

Espagne. — DelOlO à 1030-1031. Démembrement du kalifat de Cordoue. — 1035. Partage des Etats de Sanche-le-Gfand, — 1086. Les Almoravirles envahissent l'Espagne. — De 1135 à 1479, oùPAragon est réuni à la Castille, ce royaume est considéré comme étranger, et ce n'est qu'en 1477 qu'on le reconnaît espagnol.

Italie. — 1043. Les Normands à Naples.

Eglise. — 1053. Schisme de l'Eglise grecque. —1073. Pontificat de Grégoire VII. — La comtesse Mathilde. — 1074. Guerre des Investitures. — Fondation de l'Ordre de Saint-Antoine et de l'Ordre de Cîteaux.

Asie — 1037. Fondation de l'empire des Turcs Seldjo-ucides.

Découvertes. — 1026. Six premières notes de musique, par Guy d'Arezzo.

L'avènement de Hugues Capet (981), fondateur de la race nationale, demeura sans influence immédiate sur l'agrandissement de l'autorité royale. La royauté, confondue avec le principal fief (le duché de France), ne fut qu'une suzeraineté à laquelle se rattachait le nom de roi. Le royaume de France continue à offrir l'image d'une agglomération d'États, dont les chefs , souvent en guerre entre eux ou avec le suzerain, exerçaient chacun en particulier les prérogatives royales. Hugues- Capet, aussi courageux qu'habile, sut maintenir son autorité, et eut la prudence de faire sacrer de son vivant son fils Robert (996), dont le règne, ainsi que celui de son fils Henri I (1031), ne présente d'autre intérêt que les progrès du pouvoir temporel du pape.

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L'Église cependant faisait des efforts pour mettre une di .rue aux guerres privées et aux brigandages que commettaient les nobles, puisqu'elle fit publier en 4 041 la paix ou la trêve de Dieu.

Philippe I eut un long règne (1060-1108), mais ce fut un prince faible et débauché; son règne a* été témoin cependant d'événements féconds en résultais : telles sont les graves querelles entre les empereurs et la cour de Home, la naissance de la chevalerie, la conquête de l'Angleterre par les Normands, et le commencement des Croisades, dont nous allons donner le tableau général.

Croisades. — Causes. Les cruautés des infidèles contre les chrétiens de l'Orient ne furent que l'occasion des croisades ; la délivrance des lieux saints n'en fut que le prétexte. La vraie cause, il faut la chercher dans la crainte qu'inspiraient les progrès de la puissance musulmane, déjà maîtresse de tout l'Orient. Ne rencontrant plus d'obstacle de ce côté, elle était près de tourner ses forces contre l'Occident, et menaçait Constantinople qu'elle convoitait depuis longtemps, pour de là se ruer de nouveau sur l'Europe, et n'en faire qu'une province des vastes États du Prophète. Dès lors, on conçoit, par l'intérêt qu'ils avaient à son triomphe, l'ardeur avec laquelle tous ies monarques prirent et défendirentla croix; la constance, et pour ainsi dire l'opiniâtreté, avec laquelle les papes, dont la double puissance se trouvait compromise, employèrent la haute influence qu'ils avaient à cet e époque, et sur les rois et sur les peuples, pour soulever les uns et les autres, et les armer contre les infidèles. Aussi voit-on qu'ils furent les premiers et les principaux promoteurs des croisades, et Sylvestre II, ain^ique Grégoire Vil, en avait déjà conçu le dessein bien avant que Pierre l'Ermite vint donner l'alarme, et qu'Urbain lï prêchât la guerre sainte à Clerrnont. Leur but était de conquérir la Palestine et d'en former un royaume chrétien pour tenir les Turcs en échec, et mettre l'Europe à l'abri de leurs attaques.

L'enthousiasme de la noblesse et des masses pour ces guerres saintes s'explique par les motifs religieux qu'on fit valoir» auprès d'elles, et qui pouvaient tant alors su- un peuple ignorant et superstitieux; par une vieille haine pom le nom musulman, souvenir des anciennes invasions, et qu'entretenaient les sermons des prêtres et les récits exagérés des pèlerins ; en-

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fin par cet esprit aventureux et guerrier que la chevalerie avait introduit en Europe, et qui portait vers tout ce qui était extraordinaire et nouveau. Ces trois considérations, si Ton y joint le désir que les rois avaient d'occuper leurs grands vassaux, toujours remuants, et de s\n débarrasser, nous expliqueront pourquoi la France, qui semblait n'avoir aux croisades qu'un intérêt fort secondaire, y a cependant pris la plus grande part et joué le principal rôle.

Fa'eaasiès»© croisade.-— 1095-H 00. La première croisade est prêchée par Pierre V Ermite et par Urbain II, venu au concile de Clermont pour excommunier Philippe 1. Une première armée, sous les ordres de Pierre l'Ermite, exerce d'affreux brigandages dans les pays qu'elle traverse, et périt tout entière par le 1er, la faim et la misère, avant d'être arrivée en Asie. Une autre, composée de plus de trois cent mille hommes, se met en marche, conduite par Godefroy de Bouillon, ainsi que par plusieurs autres seigneurs marquants, arrive à Constanîinople, après s'être grossie presque du double dans son trajet, s'ouvre l'Asie par de brillantes victoires, se dirige vers la Palestine, arrive sous Jérusalem, réduite à moins de cent mille combattants, et, s'en étant rendue maîtresse, déshonore sa victoire par le massacre des juifs et des musulmans. Godefroy est élu roi par les principaux chefs, et les Assises de Jérusalem, qu'il établit avec je consentement de ses barons, introduisent en Asie le gouvernement féodal.

Ce fut dans l'intervalle de la première à la seconde croisade que furent fondés les deux ordres religieux et militaires, 1°des Hospitaliers (ordre de Malte), par Gérard de Martigues, et dont Raymond du Puy lut le premier grand-maitre ; 2° des Templiers, par Hugues des Payens.

pciixtèaïae croisa©!©. -—1147 -11 49. Les brillants succès de Noureddin, prince de Mossoul et le plus puissant des Mabeks, mettant en danger le trône de Baudouin III, troisième successeur de Godefroy, une nouvelle croisade devient nécessaire. Saint Bernard, abbé de Clair vaux, la prêche en France, et la provoqne en Allemagne. Louis le Jeune, qui, après avoir battu le comte de Champagne révolté, et brûlé Vitry avec la plus grande cruauté, avait fait le vœu de prendre la croix, se met en marche pour la Terre Sainte, et laisse la régence à l'abbé Suger, qui lui représente en vain les inconvénients de son entreprise. Conrad III7 empereur d'Allemagne,

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qui avait aussi recula croix des mains de saint Bernard, l'avait précédé. Les deux armées sont détruites, l'une après l'autre, dans l'Asie-Mineure; leurs débris se réunissent dans la Palestine, où ils essaient en vain de prendre Damas, et les deux princes rentrent dans leurs états, sans armée et sans gloire.

Troisième croisade. — 1189-1193. Saladin (Salah- Eddin), fondateur de la dynastie des sultans Ay oublies, avait livré à Guy de Lusignan la bataille de Tibériade, où le roi de Jérusalem fut fait prisonnier, et Conrad de Montferrat avait rallié à Tyr les débris de l'armée chrétienne. La dîme saladine est décrétée à la prière de Guillaume de Tyr, qui était venu implorer le secours de l'Occident ; une troisième croisade est décidée ; l'empereur d'Allemagne et les rois de France et d'Angleterre prennent la croix. Frédéric Barberous.se part le premier, est battu dans l'Asie-Mineure, et périt entraîné par son cheval dans le Cydnus, où avait failli se noyer jadis Alexandre le Grand. Son fils, Frédéric de Souabe, ayant rassemblé les restes de son armée, trouve la mort devant Saint- Jean-d'Acre, Philippe-Auguste et Richard Cœur -de-Lion, après avoir passé l'hiver en Sicile, arrivent dans la Palestine, et l'humeur rivale de ces deux princes borne leurs conquêtes à la seule prise de Saint- Jean-d'Acre. Le politique Philippe repasse en France, où il enlève à Richard la Normandie. Après des prodiges de valeur, le roi d'Angleterre fait une trêve avec Saladin, retourne en Europe, et est arrêté en Allemagne par l'empereur Henri VI, qui le retient prisonnier.

Ce fut pendant la troisième croisade que fut établi, par Henri de Faldpoit, Y Ordre Teutonique, dont les membres se dévouaient au service des pauvres pèlerins et à la défense de la Terre Sainte.

Quatrième croisade. —1202-1204. Saladin meurt, aimé des Chrétiens et pleuré des Musulmans. Malek-Adhel réunit ses vastes États, qui avaient été partagés entre les membres de sa famille, et commence la dynastie ayoubiie des sultans d'Egypte. Innocent III publie une nouvelle croisade, à laquelle les rois, fatigués de ces guerres lointaines, refusent de prendre part ; mais les seigneurs français ayant résolu l'expédition, Foulques de Neuilly prêche la guerre sainte. L'armée croisée se met en marche sous le commandement de Baudouin, comte de Flandre, traverse la Vénétie, et Henri Dandolo, doge de Venise, s'associe à cette entreprise. Mais l'expédition n'ar-

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rive pas en Palestine; après s'être emparée de Zara pour les Vénitiens, elle cingle vers Constantinople, où rappelle Alexis V.-mgs contre un usurpateur, assiège et prend deux fois la ville impériale. Baudouin, porté sur le trône des Césars d'Orient, fonde dans Byzance, en 1204, un empire latin qui doit durer 57 ans. Le marquis de Montferrat est proclamé roi de Thessalonique. et les Vénitiens obliennent de riches possessions maritimes. Lo dynastie déchue fonde, à Nicée, un fantôme d'empire, jusqu'à ce que Michel Paléoîogue détruise l'empire latin (12(31), et reporte à Constantinople le siège de l'empire grec.

(Cinquième cfi«©fgs&de. — 1217-1221. Les Chrétiens, réduits à la possession de quelques places, et se défendant a à peine contre la puissance des sultans d'Egypte, invoquaient l'appui de TOccident. Mais l'enthousiasme était éteint. Une croisade d'enfants eut lieu en 1212, puis suivit l'expédition de Jean deBrienne, qui prit le nom de cinquième croisade, et qui fut entreprise plutôt par ambition que par piété. Frédéric II, empereur d'Allemagne, ayant refusé le commandement, malgré la promesse qu'il avait faite à Innocent III, mort depuis peu, Honorius III désigna à sa place André II, roi de Hongrie, qui fut bientôt obligé de revenir contre les magnats révoltés. Jean de Brienne, roi titulaire de Palestine, passe en Egypte, prend Damiette, et aurait obtenu la restitution de Jérusalem, sans l'obstination du légat du pape, qui refusa de traiter avec les infidèles. Il fut obligé de repasser en Europe après de grands revers,- et donna sa fille à Frédéric II, qui devint ainsi roi de Jérusalem.

Sixième €is®is§acl©. — 1248-1254. Nous ne regarderons pas comme une croisade le voyage de Frédéric II en Palestine, pour se faire sacrer roi à Jérusalem, que le sultan Mciédin lui avait cédée sans combat. Comme il était excommunié, aucun évêque n'osa lui donner l'onction royale, et il fut obligé d'accourir défendre sa couronne impériale, que le pape Grégoire IX avait posée sur la tête de Henri, landgrave de Hesse.

Un vœu formé par Louis IX, pendant une maladie, l'oblige à prendre la croix, et une nouvelle croisade est prêchée par le cardinal Eudes dcChàteauroux. Le roi de France s'embarque à Aiguës-Mortes avec ses trois frères.et, après un séjour dans l'île de Chypre, se décide à attaquer l'Egypte. Il prend Damiette, ^ mais bientôt il est battu au combat désastreux de la Massoure,

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où le comte <TArtois, son frère, est tué, et lui-même fait prisonnier. Peu de temps après, Almohadan, dernier sultan ayoubite, est massacré par les Mamelouks, qui mettent Ibegh à sa place. Saint Louis, qui avait refusé d'être sultan, recouvre la liberté en rendant Damiette pour sa rançon, et donne cent mille marcs d'argent pour celle de ses soldats. Il passe en Palestine, où il reste quatre ans, se contentant de réparer les fortifications des villes chrétiennes, parce qu'il avait juré de ne rien entreprendre contre Jérusalem. Il revint enfin en France, où le rappelait la mort de sa mère, la reine Blanche, à qui il avait confié la régence du royaume, désolé par les Pastoureaux.

Septième et dea*Bïîere €i9©isiide. — 1270. Saint Louis entreprend une nouvelle croisade, sollicité par le roi d'Arménie et le khan des Mongols, avec lequel, dans sa précédente expédition, il avait établi des relations d'amitié. Elle est prêehée dans toute l'Europe : des Anglais, des Ecossais, des Catalans, des Portugais et des Castillans se joignent aux Français; l'armée débarque à Tunis, dont le roi avait promis de se l'aire chrétien. Mais bientôt la peste se met dans le camp français, et détruit l'armée en peu de temps; le roi lui-même est attaqué de ce fléau, et meurt âgé de cinquante-cinq ans. Charles d'Anjou, son frère, et Philippe -lé-Hardi^ après avoir dicté des conditions de paix, ramènent en France l'armée, que de. nouveaux desastres affligent pendant son retour.

Flia et© la âfflimluatÂoia ©IsréÉicusae ee SyieSe» — Tripoli et Saint-Jean d'Acre, les dernières colonies chrétiennes d'Orient, tombèrent successivement au pouvoir du sultan d'Egypte en 1291. Les Ordres religieux et militaires, derniers défenseurs de la Terre Sainte, et qui avaient été créés à l'époque de la première et de la troisième croisade, se retirèrent d'abord dans i'ile de Chypre. Bientôt les Templiers furent abolis; les Hospitaliers s'établirent à Rhodes, puis à Malte, après que M akomet II les eut chassés de la première de ces deux îles, cl les Teutons transportèrent, en 1300, le siège de leur ordre en Allemagne, où ils fondèrent une domination qui fut longtemps puissante.

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