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GUERRES D'ANGLETERRE

* au ses. — Ces causes sont au nombre de trois : 1° L'avènement de Guillaume-le-Conquérant au trône d'Angleterre; 2° Le mariage d'Éléonore de Guyenne avec Henri II ; 3° Les prétentions d'Edouard III à la couronne de France.

1° Élévation du duc de Normandie au trône d'Angleterre (1006).

Guillaume, duc de Normandie et vassal du roi de France, était fils naturel de Robert, duc de Normandie. Il prétendit avoir été institué héritier de la couronne d'Angleterre par Edouard le Confesseur, en reconnaissance des services que lui avait rendus Robert, son père; Guillaume passa en Angl onquit la couronne en la disputant à

Harold. fils du comte Godwin, reconnu roi par la nation. Guillaume défit son compétiteur à lîastings, en 1066. Harold fut tué dans le combat, et le duc de Normandie reçut avec le titre de roi celui de conquérant.

Cette fortune inattendue d'un vassal puissant et courageux commença a rivalité des deux pays.

2° Mariage d'Éléonore de Guyenne avec Henri II (1152).

Louis VII, en répudiant Éléonore de Guyenne, ajoute à cette rivalité ants motifs. Mécontent de son épouse, il oublie qu'en la renvoyant il doit restituer sa dot ; et la princesse, soit par goût, soit par politique, la porte deux mois aprè» à un des puissante vassaux du roi de France, à Henri Plantage net, duc d'Anjou et de Normandie, fils de Geoffroy Plantagenet, et de Mathilde, fille de Henri I, roi d'Angleterre.

Deux ans après ce mariage, Henri Plantagenet est appelé à succéder au trône par Etienne, comte de Boulogne, fils d'Adèle, sœur de Henri I.

3° Prétentions d'Edouard III au trône de France (1328).

Les prétentions d'Edouard III à la couronne de France ont été cause des plus sanglants démêlés entre les deux nations. A la mort de Charlesle-Bcl, Edouard III voulait faire valoir ses droits comme fils d'Isabelle, sœur de Charlcs-lc-Bcl ; mais le jugement des pairs ayant maintenu la loi salique, en l'éloignant du trône pour y placer Philippe de Valois, petit-fils de Philippe le Hardi, le monarque anglais ne respira plus que vengeance; il vint fondre sur le pays, en prenant pour prétexte l'asile qu'avait accordé Philippe de Valois à, David Bruce, roi d'Ecosse, détrôné par ses armes, en 1331 a Halidon-IIill.

Ces prétentions d'Edouard III, passant à ses successeurs, bouleversèrent la France, qui, pendant près de quatre cents ans, se vit pour ainsi dire sans interruption, ensanglantée par mille combats et déebirée par la guerre civile ; c'est ce qu'on appelle la guerre de cent ans parce qu'elle dura de 1328 à 1428.

Chronologie des principaux événements des guerres d'Angleterre.

aîous Louis VI. — 1119. Défaite de Brenneville.—Le roi s'y distingue.

Sous Philippe U. — 1214. Victoire de Bouvfncs. — Le roi s'y distingue, ainsi que Henri Clément, marécbal, Guérin, évoque dcSenlis, Galon de Moutigny, Guillaume Desbarres, Eudes III, duc de Bourgogne, Philippe de Dreux, évoque de Beauvais. — Du côté des ennemis, Othon IV et Ferrand, comte de Flandre, fait prisonnier avec les comtes de Boulogne et de Hollande.

Sous saint Louis. — 1242. Victoires de Taillebourg et de Saintes. — Français : saint Louis. — Du côté dos Anglais : Henri III — Hugues de Lusignan, comte de la Marche.

Sous Philippe VI. — 1346. Défaite de Crécy. — • 1347. Siège de Calais. Français : Montpezat — Jean de Hainaut — Gaucher de Châtillôn, connétable—le roi de Bohême— Raoul, duc de Lorraine — Eustache de Saint- Pierre. — Du côté des Anglais : Edouard III — le prince de Galles — Artcweld de Gand — Robert d'Artois. — 1348- Trêve.

Sous Jean II, le Bon. — 1356. Défaite de Poitiers. — Guerriers français : Louis de Blois — Pierre de Bourbon. — Du côté des Anglais : le prince Noir. — 1360. Traité de Bréligny.

Sous Charles V. — 1364. Auray. — Français : Duguesclin. — Anglais : le Captai de Buch — Chandos— Talbot. — 1365. Traité de Guérande.

— 1372. Victoire navale de La Rochelle,

Sous Charles VI. — 1415. Défaite d'Azincourt. — 1420. Traité de Troyes. Français : Le duc de Bourgogne. — Anglais : Henri V.

Sous Chartes VII. — 1424. Défaite de Vcrncuil. — 1429. Siège d'Orléans. — 1429. Patay. — 1430. Victoire de Formigny. — 1431. Compicgne.

— français : Jean Stuart , comte de Douglas —Jeanne d'Arc — Dunois

— Richemond. — Anglais: Bedford — Wavwick — Suffblk. — \Uhh. Trêve do Tours — 1^53. Prise définitive de Bordeaux.

Travull : Tableau synoptique avec des développements sur chaque ville et sur tes personnages remarquables. Justifier la pensée précédente par les événements et par les personnages.

Lecture : Histoire de France, par Michelet. — Histoire de France de l'auteur.

Conséquences. — Les guerres d'Angleterre, d'abord si funestes à la France, se terminèrent à son avantage : 1° Elle reconquit toutes les provinces que les Anglais avaient soumises; 2° l'autorité de ses rois s'accrut considérablement, et la puissance des grands vassaux diminua par conséquent de plus en plus ; 3° la politique fit de grands progrès, l'administration intérieure acquit plus de régularité, le gouvernement fut mieux assis;. U° la rivalité des deux peuples, qui n'a jamais cessé depuis, servit du moins à donner à l'intelligence plus d'activité, et la langue des deux nations fut mieux étudiée réciproquement.

« Pendant cette guerre, dit M. Las-Cases, les deux peuples ne se » trouvèrent jamais dans une position égale ; un hasard singulier lit » constamment correspondre dans les deux nations un grand prince à » un roi incapable, un état prospère à un état anarchique. Le sort de » la guerre suivit cette marche des circonstances. »

ALLEMAGNE

Franconie. — Siippknbourg. Sonafoe.

Henri IF avait été fait prisonnier ; il s'enfuit à Spire, où il ne pumème obtenir un emploi de chanoine ou de diantre. Il mourut bientôt après, à Liège, laissant un exemple des vicissitudes humaines. POur comble de persécution, son corps fut déterré par les ordres de son fils et du pape, parce que, disaient-ils., il était mort excommunié. Le régne de Henri V ne fut qu'une lutte continuelle entre le pouvoir temporel ot l'i'^lise ; celle-ci, profitant d'uni; guerre entre le chef de l'Empire et ses grands vassaux, obtint enfin, au concile do U'ornis, que l'investiture, par l'anneau et la çro^e fut laissée aux papes, tandis que les rois dvÀ)Iémagnë auraient la prérogative d'investir les princes ecclésiastiques par le sceptre, en les assimilant ainsi, pour le service féodal, aux vassaux laïques. Avec Henri V (1125) s'éteignit la maison de Francouie, qui échoua dans son projet de détruire les fiefs héréditaires et de soumettre l'Église. Pendant qu'il règn'aii, parut pour (à première fois la noblesse, considérée pomme ordre séparé ddns l'Était. — Un empereur, d'uni; maison particulière, séparé la dernière période de la période de Souabe. C'est Lolhàifc II, duc de Saxe et do Supplenbourg; la maison de Hohenstaufen s'opposa à sou élection; on combattit de part et d'autre avec acharnement. La mort de Lothaire (1137) termina la guerre civile.

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Maison de Souafoe : Conrad; les Guelfes et les Glweïîns. — Conrad II de Sonabe Hohenstaufen (1138) est élu empereur d'Allemagne et fait mettre au ban de l'empire Henri-le-Superbe, duc de Bavière et de Saxe, qui refusait de le reconnaître. A la mort de ce dernier les États de Saxe, soulevés en faveur de son fils Henri, surnommé depuis le Lion, chassent Albert, margrave de Brandeboug, qui avait été investi de la Saxe, tandis que Welf, tuteur du jeune prince, expulsait de la Bavière Léopold d'Autriche. Conrad III prend les armes et livre la bataille de Weinsberg au duc Welf, qui est défait (1252). C'est à cette bataille qu'on entendit pour la première fois les cris de Welf et Wibligen, tirés des fiefs que possédaient les concurrents, et qui, devenus Guelfes et Gibelins, servirent dans la suite à désigner chacun des deux partis. Par Gibelins, on signalait le parti impérial ; par Guelfes, le parti opposé. En Italie, on donnait plus spécialement le nom de guelfe au parti républicain, qui fut toujours en lutte contre les empereurs de la maison de Souabe, tantôt protégés, tantôt combattus par les papes.

Henri VI et Constance. — Frédéric Barberousse avait succédé à Conrad III, son oncle (1152). Ce prince fit élire son fils Henri, roi des Romains, et, en lui faisant épouser Constance, fille de Roger II, il lui assura la couronne des Deux-Siciles. Après la mort de son père, dans la troisième croisade, Henri lui succéda, et fut empoisonné en 1197.

Le règne de Henri VI est d'une célébrité malheureuse. Ce prince s'empara de la Pouille et de la Sicile et fit crever les yeux à Guillaume III, encore fort jeune, pour se venger de ce que Tancrède, frère du jeune prince, lui avait été préféré (1189) par les Napolitains. Il ordonna d'exhumer le corps de son rival pour exercer sa fureur sur son cadavre.

Ce fut Henri VI qui retint quinze mois prisonnier Richard Cœur-de- Lion, par les conseils perfides de Léopold, duc d'Autriche, dont le roi d'Angleterre avait blessé l'amour-propre au siège d'Acre. Henri était monté sur le trône en 1190. Innocent III fit élire à sa mort le guelfe Othon IV, fils de Henri-le-Lion et compétiteur de Philippe de Souabe ; mais le nouvel empereur, infidèle au Saint-Siège , fut excommunié et se vit remplacé à la diète d'Egra par Frédéric II, petit-fils de Frédéric I et héritier, du chef de sa mère, du royaume des Deux-Siciles (1212).

SUÈDE

Éric en Suède — Les commencements de l'histoire de Suède sont très obscurs. Ce pays, qui faisait autrefois partie de la Scandinavie, ne commence à être connu que dans le 8e siècle, par les invasions des Normands et des Danois; mais son histoire particulière ne date que du règne d'Eric, dit le Saint. Ce prince, élu par les Goths et les siens, succéda à Surcher. Ce fut lui qui introduisit en Suède le christianisme, et qui força ies Finlandais à se faire baptiser. Il régna avec sagesse , et réunit les

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lois des Suédois en un seul code, auquel il donna son nom. Il fit cesser le brigandage des peuples, fit élever des églises et établit des écoles : toutes ces améliorations lui attirèrent la haine de ses ennemis , qui firent entrer Maxjmo, roi de Norwége, dans une ligue formée contre lui. Ils marchèrent contre ce prince et le joignirent dans les plaines d'C//?sal : Eric fut vaincu et eut la tête tranchée. Ce monarque fut bientôt vengé. Charles, fils de Surcher, se met à la tête des nombreux partisans d'Eric, marche contre ses ennemis, les bat, fait élever une église dans l'endroit même où il les avait vaincus, et, pour ajouter le mépris à la vengeance, lui donne, suivant la coutume du pays, le nom de Danoise.

EMPIRE D'ORIENT

Manuel Comnene suit le plan de ses aïeux : il se fait haïr des croisés par ses artifices, et chérir des Grecs par sa libéralité. Il penche pour la doctrine de Mahomet , meurt en 1180 , et Alexis II, gendre de Louis VII, est à peine sur le trône, qu'il est massacré par son oncle Andronic (1183), livré lui-même à la fureur de la populace par Isaac l'Ange , qu'il destinait au supplice (1185). A la mort du dernier des Comnene, la décadence de l'empire grec est de plus en plus sensible ; les Serbes et les Bulgares deviennent indépendants , et la quatrième croisade se détourne de Jérusalem sur Constantinople qui est prise (1204).

Invasion dos limonades. — Les Almohades ou Unitaires succédèrent en Afrique à la puissance des Almoravides. Abd-el-Moumen, leur second kalife, passa en Espagne, s'empara de presque toute la partie musulmane, et fit bâtir la ville de Gibraltar pour être maître du détroit. Ce fut à cette époque que les rois chrétiens, pour opposer au fanatisme des nouveaux conquérants l'exaltation chevaleresque, créèrent les ordres religieux et militaires d' Alcantara , de Calatrava, de Saint-Jacques et d'Avis, qui devaient noblement atteindre le but de leur institution.

PORTUGAL

Fondation du royaume de Portugal. — (1139). Dans le 5e -m oie, les Suèves s'étaient emparés sur les Romains de la province es- ; o gn oie appelée Lusitanie. Les Goths la conquirent sur les Suèves , et l.t conservèrent jusqu'au 8e siècle, que les Maures s'en emparèrent.

Alphonse VI, roi de Léon et de Castille, demanda à Philippe I, roi de France, des secours contre les Maures, qui envahissaient ses États.

Henri de Bourgogne , arrière-petit-fils de Robert I , et Raijmond de Bourgogne offrirent leurs secours à ce roi d'Espagne, qui donna au premier sa fille naturelle, Thérèse, avec tous les États qu'il pourrait

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conquérir sur les Maures, depuis Porto jusqVà la Gnadiana, et sa fille TJraque au second (c'est-à-dire à Raymond). Henri défit les Sarrasins en dix-sept batailles , et donna au pays qu'il avait conquis le nom de Portugal (petit port, Portocale) ; mais son fils, devenu plus célèbre que lui, est regardé comme le premier roi de Portugal.

Alphonse Henriquez vainquit , dans les plaines d'Ourique (Alentejo) , cinq princes maures auxquels il enleva leurs cinq étendards. Ce fut après cette victoire qu'Alphonse, qui n'avait été jusque-là que comte , prit le titre de roi de Portugal, titre confirmé par les Cortès de Lamego, qui donnèrent au royaume une loi fondamentale et fixèrent l'ordre de succession au trône.

ITALIE

renaissance du droit puMic en Séaïïe , et coup-d'œiE

sur la jiîs*isps,eieSence et les sciences h cette époque. ■ — Un Allemand , nommé Imer ou Werner, retrouve à Amalfi , dans le royaume de Naples, les Pandectes de Justinien. Irner, chancelier de Lothaire II, empereur d'Allemagne, professe publiquement à Bologne l'étude du droit romain, et engage ce prince à ordonner que ce droit reprendra son autorité dans les tribunaux, et que le code de Justinien et le recueil nommé Digeste seront enseignés dans les écoles publique s Cet ordre et cet exemple firent naître une foule de jurisconsultes. Ceux. qui contribuèrent le plus à perfectionner la jurisprudence furent Durand, Barthole et Cvjas. Les Romains avaient mis en vigueur, chez les Gaulois, le Code Théodosien, publié en 635. Il perdit son autorité vers la fin de la deuxième race; celui de Justinien, publié en 529, n'avait jamais été promulgué en France : il devint alors le droit écrit. Les papes, craignant pour leur pouvoir, essayèrent d'opposer au droit romain, sous le nom de Décrétâtes, le droit canonique, propre aussi à détruire la jurisprudence féodale. Ces améliorations furent accompagnées de la rédaction de statuts locaux, sous le nom de Coutumes, et contribuèrent à l'abolition du combat judiciaire. La renaissance du droit romain servit aussi à étendre l'autorité des rois , et nous voyons , sous Frédéric Barberousse, quatre jurisconsultes bolonais, disciples d'Irner, consultés sur les prérogatives royales , déclarer que la volonté de l'empereur fait la loi, et que tout fief immédiat, tout droit, toute juridiction, émanent de son autorité.

Dans les Coutumes du 13e siècle , on voit publier successivement les Établissements de saint Louis en France , les Miroirs de Saxe et de Souabe en Allemagne; en Angleterre, la Grande Charte et celle des forêts ; en Castille, le code de Las Partidas. Les cours de justice , désertées par la noblesse, se remplissent de clercs et de légistes. Ainsi naît la magistrature, qui va devenir un ordre consacré dans la société européenne. Bientôt les écoles de théologie et de philosophie rivalisent avec les écoles de jurisprudence ; mais une ténébreuse dialectique dégénère

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en vaines subtilités connues sous le nom de Scolaslique. Cependant l'impulsion est donnée ; l'entendement humain se développe , et les sciences mathématiques et naturelles sont aussi en progrès, grâce aux études sérieuses des Grecs, des Arabes et des Juifs. Le moine Roger Bacon figure àla tête des savants qui s'occupèrent, à cette époque, de chimie et d'optique.

Fondations du royaume de Sicile par Koger H. — 1130.

A la mort de Robert Guiscard, son second fils lui avait succédé, mais n'avait hérité ni des talents ni de la valeur de son père. Guillaume vint après lui, et sa mort livra au fils de François I, comte de Sicile, l'héritage de Robert Guiscard. Alors Roger II prit le titre de roi, se rendit maître de Naples, et devint ainsi le fondateur du royaume des Deux- Siciles.

Venise, 1173. ■— Vital Micheli il ayant rapporté la peste d'une expédition contre les îles de l'empire d'Orient, le peuple, irrité des ravages que faisait le fléau, se souleva et massacra le doge. Les grands profitèrent du trouble et de l'effroi général pour changer la constitution à leur avantage, et au détriment du dogat et de la démocratie. Douze électeurs tirés des six quartiers do la ville choisirent quatre cent soixante et dix conseillers pour prononcer sur les affaires qu'on avait portées jusque là aux assemblées générales du peuple. Telle fut l'origine du Grand-Conseil, d'où devait sortir plus tard le tribunal des Dix. Les électeurs du doge ne durent plus être tirés que d'un nombre limité de citoyens; et le doge ne put plus rien entreprendre que de l'avis de six conseillers nommés tous les ans par le grand-conseil.

ASIE

I^es K.howaresraiîcïag en Perse. — 1193. Les Seldjoucides avaient été jusqu'à cette époque les maîtres de la Perse et d'une partie de l'Asie. Ils avaient permis à des colonies de Turcomans de s'établir dans une des provinces de leur empire, c'est-à-dire à l'est et à l'ouest de VOxus. Ce pays fut appelé Klwwaresmie, parce que les Seldjoucides y avaient remporté des victoires faciles. On compte neuf princes de la dynastie des Kowaresmiens. Le premier resta fidèle aux engagements qu'il avait pris envers les vainqueurs; mais les autres se révoltèrent et s'emparèrent successivement de tout le pays des peuples qui leur avaient donné l'hospitalité. Les K kowaresmiens mirent fin à la dynastie des Seldjoucides : leurs États étaient immenses; ils s'étendaient de la Syrie au lac Aral ; mais l'éclat qu'ils jetèrent ne fut pas de longue durée : Gengis-Khan renversa leur empire en 1199.

SLes Ayounites en Egypte. — Après leurs malheureuses expéditions dans la Palestine, les princes d'Occident s'affaiblissent de jour en jour par leurs prétentions réciproques. Un tremblement de terre vint répandre l'effroi dans tout l'Orient, et les conquêtes d'une nouvelle famille turcomane jetèrent les croisés dans le découragement ; cette fa-

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mille était celle des Atjoubittî, ainsi nommée parce que Ayoub ou Job était son fondateur.

Saladin, fils d'Ayoub, s'empara avec une rapidité inconcevable de la Mésopotamie, de la Syrie et de l'Egypte, sur les Fatimites. Chaque jour ses conquêtes augmentaient. Il tourna ses armes contre Jérusalem, après avoir fait prisonnier le roi de cette ville, Guy de Lusignan, auquel il laissa la vie. Jérusalem fut assiégée et prise en 1187.

Saladin fit grâce aux habitants en faveur des femmes, qui étaient venues se jeter à ses pieds en implorant le pardon de leurs familles.

Les temples des chrétiens furent lavés à l'eau de rose pour être purifiés. Ils servirent de mosquées aux soldats du vainqueur.

^e Vieux de la Montagne, ou prince des Ismaéliens. — On a écrit beaucoup de fables et de romans sur ce personnage de l'Orient, si terrible par sa puissance invisible, et si célèbre par un mélange d'actions à la fois héroïques et barbares, principalement à la mémorable époque des croisades. Le fait est qu'on nommait ainsi le prince ou sultan de Vlrack Persique. Les Musulmans l'appelaient schismatique, et ses sujets se dévouaient pour assassiner ceux que leur prince désignait comme impies.

Les Assassins ne sont qu'une branche des Ismaéliens, secte qui a pris naissance au sein même de Yislamisme, et qui ne descend pas, comme le disent certains auteurs, d'Ismaël, fils d'Agar, mais de l'imam Ismaël, fils de Djafer.

L'ordre des Assassins formait un Etat au sein des États, et demandait à ses membres une soumission que n'avaient pas encore exigée de leurs sujets les despotes de l'Orient; cette association de fourbes et de dupes, sous le prétexte d'améliorer les mœurs et d'épurer les croyances, ne faisait que saper les bases de toute morale et de toute religion. Cet ordre tenait toujours suspendu le poignard sur la tête des princes. Pendant deux siècles entiers, ils furent tout-puissants, parce qu'ils étaient partout redoutés. Enfin, cette tourbe d'Assassins fut exterminée, et disparut sous les débris du kalifat, dont elle avait juré la ruine, parce qu'il était le centre de toute autorité spirituelle et séculière.

Toutefois on ne peut nier que quelques-unes des institutions des Assassins ne fussent réellement dignes d'éloges; elles n'avaient d'autre but que la propagation des connaissances et la protection réciproque des initiés. La maison des sciences du Kaire était le temple des sciences et le modèle de toutes les académies. C'était en proclamant partout les lumières de leurs âmes, leur bienfaisance et leur philantropie, qu'ils réduisaient la multitude et parvenaient à leur but.

Le prince, ou le Vieux de la Montagne, se nommait Hassan-ben-SabbahHomaïri, il était fils d'Ali qui, environ l'an 1039 de notre ère, fonda la seconde branche des Ismaéliens de Perse, que nos historiens ont appelés Assassins, sans doute à cause d'une préparation dont ils s'enivraient, et connue sous le nom de haschisch.

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Ce haschisch, dont le chanvre et la jusquiame formaient la base, se prenait, soit en pastilles, soit en fumigations, et l'ivresse qu'il causait jetait ou l'extase ou dans le délire. Hassan s'était fixé à Damaghan, et plus tard dans la forteresse d'Alamout. C'est de là qu'il dictait ses lois. Il établit sur des bases solides son système politique et religieux, dont la maxime fondamentale était : Rien n'est vrai ni défendu; tout est perm is .

Conrad, marquis de Montferrat, fut assassiné en 1190, au moment où il se promenait sur la place publique de Tyr. Le prince de Torone et Richard, roi d'Angleterre, étant accusés de ce crime, le Vieux delà Montagne écrivit une lettre pour les disculper, déclarant, qu'offensé par le marquis de Montferrat, il lui avait demandé satisfaction; mais que ce seigneur ayant négligé cet avertissement, il avait envoyé un de ses sujets qui, en ôtant la vie à Conrad, s'était rendu digne de récompense. On peut juger par ce trait de la puissance et de labarbarie du Vieux de la Montagne, comme on jugera de sa magnificence et de sa politesse par les présents qu'il fit à saint Louis, lorsque ce roi était dans S.-Jeand'Acre, et par les égards qu'il lui témoigna dans le temps de sa captivité.

Après un règne de trente-cinq ans, Hassan mourut à l'âge de 70 ans en 1124. Sous ses successeurs, l'ordre des Assassins prit de l'accroissement ; mais, après une existence de 172 ans il fut écrasé par la grande invasion mongole. Le dernier prince fut Rockneddin. On dit que quelque descendants des Assassins existent encore sous le nom de Nosaïris, mais les anciennes doctrines de l'ordre sont entièrement perdues.

On a remarqué des analogies entre l'ordre des Assassins et l'ordre des Templiers; à part les cruelles exécutions, les statuts occultes, l'accroissement de domination par la conquête des citadelles et des châteaux-forts paraissent avoir été les mômes. Les Assassins portaient des habits blancs et des bandelettes rouges ; les Templiers, un manteau blanc et une croix rouge ; c'est un point de ressemblance très remarquable. La procédure des tribunaux secrets de plusieurs ordres d'Allemagne offrait aussi quelque ressemblance avec celle de l'ordre des Assassins.

Lecture : Détails sur le pouvoir des Assassins, dans notre Histoire de France. — Histoire de l'Ordre des Assassins, par Hammer.

Fondation tics ordres militaires à Jérusalem. — Plusieurs

ordres religieux et militaires se formèrent à Jérusalem en différents temps: 1° les Hospitaliers (ordre de Malte), fondés par Gérard de Martigues en 1113, et dont Raymond du Puy fut le premier maître; 2° les Templiers^ qui eurent pour fondateur Hugues des Payent, en 1118; 3° Y Ordre Teutonique, établi plus tard par Henri Waldpott, en 1191. Les membres de ces associations se dévouaient au service des pèlerins et à la défense de la Terre Sainte ; h° Y Ordre de Saint-Lazare, destiné particulièrement

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à soigner les lépreux, émana cïos Hospitaliers, et ne devint militaire qu'à l'époque do la croisade de Louis IX.

Ordres BisotBasilcfiies. — Le rôle important que les religieux ontjoué dans le monde depuis leur origine, l'influence qu'ils exercent encore dans certaines contrés du midi de l'Europe, et, par dessus tout, le grand nombre de savants et d'hommes d'éiat qu'ils ont fournis au monde chrétien depuis le moyen-àge jusqu'à nos jours, ne permettent pas de les passer entièrement sous silence, même dans un ouvrage aussi élémentaire que ce traité.

L'horreur qu'il), piraient naturellement aux âmes vertueuses lés crimes du paganisme expirant, la mélancolie profonde causée par les désastres du monde en dissolution, enfin le désir d'approcher sans trouble de la perfection chrétienne, engagèrent un grand nombre de pieux personnages à fuir dans les déserts de laThébaïde pour y vivre dans la solitude.

Saint Paul, premier ermite, vécut quatre-vingt dix ans sans communication avec les hommes.

Telle fut l'origine du mot moine, dérivé du grec monos seul-

Le véritable instituteur des congrégations religieuses est saint Pacôme (292) i, qui le premier réunit les religieux sous un même chef et une même règle, après qu'ils eurent renoncé à vivre isolément, pour mener la vie commune dans des maisons nommées originairement cœ?wbium, puis monas-, tères (habitations des cénobites ou moines), et plus tard; dans le moyen-âge, couvents (réunions), et cloîtres (maisons, fermées). j

Saint Basile organisa des moines dans tout l'Orient ; sa règle est encore en vigueur dans l'Église grecque. Les moines grecs portent le nom de caloyers.

Au commencement du moyen-âge, le dégoût du monde, causé par les fléaux inouïs déchaînés sur cette malheureuse époque, multiplia les moines dans les contrées de l'Occident ; des princes appelés au trône par leur naissance préférèrent le cloître ; saint Cloud, l'un des mérovingiens, en est un exemple mémorable.

Saint Benoît fut alors le grand instituteur et organisateur des moines en Occident comme saint Basile l'avait été pour l'Orient deux siècles plus tôt.

On doit aux moines de l'ordre de saint Benoît la conserva -

tion de quelques lueurs de science dans les temps les plus barbares, et d'immenses travaux d'érudition dans des temps plus paisibles et moins éloignés de notre époque.

Après l'invasion des barbares, les moines de tous les ordres ont puissamment contribué au défrichement des terres laissées incultes par la destruction des populations européennes, réduites à rien dans les plus belles contrées de la Gaule et de l'Italie.

Les Carmes devraient être regardés comme les plus anciens des ordres religieux, puisqu'ils remontent jusqu'au prophète Élie, qui les aurait institués sur le mont Carmel.

Dans le moyen-âge ils furent reconstitués par le bienheureux Albert, en 1204.

Les Augusiins prennent le nom de saint Augustin, évêqu« d'Hippone; leur organisation est l'ouvrage du pape Alexandre IV, en 1256.

Les frères de la Merci et les Trinitaires, institués pour la rédemption des captifs retenus en esclavage dans les pays musulmans, portaient aussi, en France, le nom de Mathurins, du nom de leur fondateur, saint Jean de Math a.

Les Dominicains de Paris, ayant eu leur premier couvent rue Saint- Jacques, étaient désignés en France sous le nom de Jacobins et sous celui des frères Prêcheurs, à cause delà prédication à laquelle ils se livraient as idûment.

Les Capucins, les Cordeliers, les Récollets, étaient tous des Franciscains, reconnaissant pour chef saint François d'Assise, dont ils suivaient les règles avec de légères modifications.

Les Minimes étaient aussi désignés sous le nom de Bonshommes, du surnom donné par le peuple à saint François de Paide, leur fondateur.

Les Jésuites eurent pour chef Ignace de Loyola, espagnol, en 4540. Ils eurent pour mission d'instruire la jeunesse ; ils furent bannis de France, par un arrêt du parlement en 1596 ; rappelés en 1603, bannis en 1764 et en 4 767, et supprimés par un bref de Clément XIV {M juillet 1773).

L'abbé de Rancé-, instituteur des Trappistes, l'un des ordres les plus récents, n'a reçu de l'Église ni ie titre de saint, ni celui de bienheureux.

Lecture : Histoire des Ordres monastiques, par Hélyot. — Vie de Ranci par Chateaubriand. '

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