‹ Nouveaux éléments d'histoire générale rédigés sur un plan méthodique entièrement neufChapitre 117 sur 166 · SUISSE · texte numérisé non relu

SUISSE

Confédération nelvétîqïie. 1308. — Guillaume Tell. — De

tous les pays de l'Europe, celui qui avait conservé le plus la simplicité et la pauvreté des premiers âges, était la Suisse. Si elle n'était pas devenue libre, elle n'aurait pas de place dans l'histoire du monde. Un ciel triste, un terrain pierreux et ingrat, c'est là tout ce que la nature a fait pour les trois-quarts de cette contrée. Cependant on se disputait la souveraineté de ces rochers avec la môme fureur qui portait à s'égorger pour avoir le royaume de Naples et l'Asie-Mineure.

Albert, archiduc d'Autriche, étant parvenu à l'empire et voulant composer une principauté pour un de ses fils , sollicitait les trois cantons d'Uri, de Schwitz et d'Unterwalden , de reconnaître la souveraineté de sa maison. Ces pays, qui jouissaient, sous la protection de l'Empire, d'une heureuse liberté, refusèrent de livrer leur indépendance. Alors des gouverneurs sévères y furent envoyés, et abusèrent de leur pouvoir.

Un bailli d'Uri, nommé Gessler, s'avisa d'un genre de tyrannie ridicule et horrible. Il fit mettre , dit-on , un de ses bonnets au haut d'une perche sur la place publique , et ordonna qu'on saluât le bonnet sous peine de la vie. Un paysan , nommé Guillaume Tell, ne salua point le bonnet ; le gouverneur le condamna à être pendu , et ne lui donna sa grâce qu'à condition que le coupable, qui passait pour un archer très adroit, abattrait d'un coup de flèche une pomme placée sur la tête de son fils : le père , tremblant , tira , et fut assez heureux pour abattre la pomme. Gessler, apercevant une seconde flèche sous l'habit de Tell, lui demanda ce qu'il en prétendait faire : Elle était destinée pour toi, dit le Suisse, si j'avais blessé mon fils.

Les Suisses, indignés, prirent la résolution de secouer un joug si tyrannique. Trois paysans des trois cantons opprimés formèrent la conjuration de Grutli, et le 1er janvier 1308 fut témoin du courage des Suisses et vit naître leur indépendance. Me le ht liai , Stau fâcher et Walter Furst furent les premiers fondateurs de la liberté helvétique. Les trois cantons se liguèrent d'abord pour dix ans, et soutinrent leur indépendance les armes à la main. La victoire de Morgarten (1315) fut suivie de la ligue de Brunnen conclue à perpétuité, et qui est la base du système fédératif de la Suisse. La bataille de Sempach , illustrée par la mort héroïque d'Arnold de Winkelried , ainsi que l'appui des maisons de Luxembourg et de Bavière , cimentèrent l'union des Suisses et augmentèrent le nombre des cantons. Lucerne adhéra à la ligue en 1332 et conserva son gouvernement démocratique ; Zurich, en 1351 ; Glaris, Zug, Berne, de 1350 à 1353. La longue trêve de Zurich, conclue avec l'Autriche en 1389:

ÛÛO lûe SIECLE.

garantit les droits respectifs de la confédération et de la maison de Hapsbourg. La ligue de Brunnen fut renouvelée en 1393.

Observations.

La tentative républicaine, faite vainement dans le midi de la France par les Albigeois, réussit mieux dans les montagnes de la Suisse. Là, le théâtre était fort étroit ; il n'y avait à lutter que contre un souverain étranger. La lutte fut soutenue avec courage. La noblesse féodale suisse S*allia en grande partie avec les villes, puissant secours qui altéra cependant la nature de la révolution qu'il soutint , et lui imprima un caractère plus aristocratique et plus immobile qu'elle ne semblait devoir le porter.

Lecture : Guillaume Tell {Cours de littérature)* — Quelques passages de la tragédie de Schiller.

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