ÉTATS DU NORD
Union de Calmar. 1397. — marguerite de Waldemar, surnommée la Sémiramis du Nord. — Cette princesse, descendant des rois de Danemark, épousa le roi Haqum de Norwége. Dans la suite, les sei-
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gneurs suédois, pour s'affranchir de la tyrannie d'Albert de Mecklembourg, offrirent la couronne de Suède à Marguerite; celle-ci vainquit Albert à la bataille de Falkœping et devint maîtresse des trois royaumes du Nord. Pour en consolider l'union, elle assembla à Calmar une diète générale, et fit jurer à tous les députés le maintien de la réunion des États du Nord (1397). Cet acte, approuvé par les États, en consacrant l'union des trois royaumes, réservait néanmoins à chacun sa constitution, son sénat et sa législation particulière. Il ne produisit pas les heureux effets qu'on devait en attendre, parce qu'il y avait trop d'éléments de discorde dans cette confédération, et qu'il n'y avait pas assez de force dans le pouvoir chargé de la maintenir. Aussi la verrons-nous se dissoudre dès le siècle suivant.
ASIE
Chevaliers de ®aint- Jean à Rhodes. — Ils s'emparèrent de l'île de Rhodes sur les Turcs ; leur grand-maître, Foulques de Villaret, s'y établit. L'ordre prit le nom de Rhodes, comme depuis, en 1530, il prit celui de Malte, lorsqu'il s'empara de cette île.
Tamcrlan dans l'Inde et dans la ^erse. -H- Tamerlan (1360), roi des Mongols, descendant de Gengis-Khan, soumet l'Inde, la Perse, l'Arménie, s'avance jusqu'en Russie; il va porter la guerre en Turquie, défait le sultan Bajazet à Ancyre (Asie-Mineure, aujourd'hui Angora), et s'empare de ses États (1402). Tamerlan meurt peu de temps après (1405); la puissance des Mongols s'éteint avec lui; une petite portion de ce vaste empire reste sous la domination du grand-mogol (dans les Indes) ; Babour, petit-fils de Tamerlan, l'avait fondé.
i,es Turcs en Europe. 1360. — Othman avait jeté sur les côtes de la mer Noire les fondements du second empire turc ; Orkhan, son fils, fondateur de la milice des janissaires, étendit ses conquêtes jusque sur la Chersonèse de Thrace. Amurat I, successeur d'Orkhan, disciplina la milice des janissaires, formée par son prédécesseur. Il tourna ensuite ses forces contre les chrétiens en Asie et en Europe; la soumission de l'Arménie lui coûta peu d'efforts. Il avait auparavant pénétré eu Europe et s'était emparé d'Andrinople, où il fixa le siège de son empire. Amurat ayant été tué à la bataille de Kossova, Bajazet I continua l'œuvre de son frère, remporta la victoire de Nicopolis sur Sigismond de Hongrie, soumit la Servie et la Bulgarie, assiégea Constantinople, et no fut arrêté dans ses triomphes que par Tamerlan, qui le fit prisonnier.
ÉGLISE
Grand schisme d'Occident. 1378. — Après la mort du pape Grégoire XI, qui avait transporté à Rome le siège pontifical, les cardinaux se trouvèrent forcés d'élire Urbain VI ; mais ensuite ils révoquèrent cette nomination et élurent de nouveau Clément VII, qui se fixa à Avignon ; dès lors l'Église fut divisés, et le grand schisme d'Occident
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prit naissance. Urbain VI, ce vieillard austère, avait sévi avec vigueur contre les abus qui s'étaient glissés dans le clergé. Les prélats mécontents avaient donc élu le cardinal Robert, dernier rejeton de l'ancienne famille des comtes genevois ; il prit Avignon pour sa résidence. L'Angleterre et l'Allemagne se déclarèrent pour Urbain, la Fran:e reconnut Clément. - — La fête du Saint-Sacrement fut instituée par le premier, à cause de onze mois de sécheresse.
1 EFussites, hérétiques de Bohème, ainsi nommés de Jean Huss, dis- I ciple de Wiclef et brûlé vif par ordonnance du concile de Constance de 1414 à 1418. — Les partisans de ce sectaire profitant de la faiblesse de l'empereur Wenceslas (1378) se fortifièrent dans le cercle de Béchin et y bâtirent la ville de Tabor, qui leur servit de forteresse ; ils vainquirent plusieurs fois les impériaux à Aussig (1426), à Mies (1427), à Taschau (1431), et commirent des excès inouïs. Enfin la victoire des catholiques à Bœhtïiischbrod (1434) terminala guerre. — Sans nier la présence réelle du corps et du sang de Jésus-Christ dans l'Eucharistie , les Hussites avaient les mômes opinions que les calvinistes sur le pape et les prêtres. Ils célébraient la fête du martyre de Jean Huss, le 8 juillet, et rejetaient la messe, que cet apôtre avait toujours dite. Pendant vingt ans, la guerre des Hiissites troubla l'Allemagne, et rendit célèbres les noms de Ziska, de Procope, de Nicolas de Hussinet, de Koribut, leurs chefs. Ils se mêlèrent ensuite dans les guerres des Luthériens. Ferai" nand II les chassa de Bohême (1626) : ils se réfugièrent en Pologne, et là ils s'unirent en 1750 dans le synode de Sandomir avec les Luthériens et les Zwingliens de Pologne, quoique leur confession fût différente.
Lecture : Histoire de l'Eglise, par Fleurjf»
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!H>e Siècle.
SMILIB BIS BMOTfBlTlES.
CARACTERE DU SIECLE
Partout la royauté domine et devient absolue; l'unité politique et administrative s'établit, et les lettres renaissent dans l'Occident.
SOMMAIRE
France. — 1420. Traité de ïroyes. — 1429 Jeanne d'Arc, à Orlt'ans. — 1438.
Pragmatique-Sanction, — 1461. Louis XI — 1467-1477. Chnrles-le-Téinéraire. Angleterre. — 1452. Guerre des Deux-Roses. — 14S5. Avènement des Tudors. Russie. — 1462. lwan Wasiliewitz Espagne. — 1474. Réunion des royaumes d'Aragon et de Castille. — 1481.
Etablissement de l'inquisition en Espagne. — 1492. Les Maures chassés. Italie. — 1421. iVfciison des Médicis, à Florence. — • 1494. Maison des Sforzes à
Milan. — 1494. Guerres d'Italie sous Charles VIII, Louis XII et François ï. Etat «le l'Eglise depuis Bohïface VI11. — Etat du mahométisme. Turquie. — 1400. Bataille d'Ancyre. — 1453. Prise de Constantînopie par
Mahomet IL Allemagne. — 1415. Les Hussites. — 1438. Règne d'Albert II, d'Autriche. Hongrie. — 1444. Bataille de Warna. — 1458. Mathias Corvin. Découvertes. — 1410. Peinture à l'huile.— 1435. Imprimerie à Paris. — 1460.
Grayure sur cuivre-— Première manufacture de soie. — 1474. Première opération de la pierre. — 1495. Usage de l'algèbre.—- 1414. Arquebuses.— 1409.
Carrosses. — 1449. Chapeaux de feutre. — 1462. Livres imprimés. — 1463.
Feux d'artifice. — 1486. Découverte du cap de Bonne-Espérance. — 1492.
Découverte de l'Amérique. — 1493. Bulle d'Alexandre VI. — 1498, Vasco de
Gama. — 1500. Alvarès Cabrai.
FRANGE
Traie é defro^s. — U20. Rien n'était plus affligeant qne la situation delà France sous le règne de Charles VL Durant la minorité du roi, les concussions du duc d'Anjou et la déprédation du Irésor royal firent éclater l'insurrection parisienne des Maillotins, qui ne fut réprimée que par les armes ; l'oppression s'étendit sur toute la France, et les États firent en
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vain quelques tentatives pour reprendre l'autorité qui leur échappait. La démence du roi, qui, devenu majeur, avait d'abord essayé de rétablir Tordre et la paix, plongea la France dans de nouveaux malheurs. Deux factions, celle des Ébufguignonset celle des Armagnacs (Orléanistes), qui se disputaient la régence, partageaient la cour, et mettaient le trouble dans le royaume. .îean-sans-Peur, oncle du roi, fit assassiner à Paris, Louis, duc d'Orléans, propre frère de Charles VI ; il fut assassiné lui-même sur le pont de Montereau, sous les yeux du Dauphin (depuis Charles VII). Les Anglais profitèrent deces divisions pour recommencer la guerre. Henri V, roi d'Angleterre, gagna* la fameuse bataille d'Azincourt, en 1415, à la suite de laquelle il fit la conquête de la Normandie. On vit alors un funeste changement : Isabeau de Bavière abandonna le parti d'Orléans et son fils le Dauphin, pour se jeter dans la faction des Bourguignons. Philippe-le-Bon, filsdeJean-sans-Peur, décidé à venger la mort de son père, dont il accusait le Dauphin, se ligua avec l'Angleterre, et Isabeau eut l'indignité de suivre son exemple. Par le traité de paix conclu àTroyes (14-20), il fut arrêté que Catherine de France, fille de Charles VI, épouserait Henri V, et qu'à la mort du roi, la couronne passerait au roi d'Angleterre et à ses entants, à Texclusion du Dauphin, qui fut déclaré déchu de ses droits au trône, et exclu du royaume. Henri V mourut, heureusement pour les Français, à la fleur de l'âge (1 42 -2), et sa mort fut suivie de près de celle de Charles VI. Alors Henri VI, fils de Henri V et de Catherine de France, fut proclamé roi d'Angleterre et de France : il établit sa résidence à Paris, et eut pour régents ses deux oncles, les ducs de Bedfort et de Glocesler ; de son côté, le Dau phin se fit proclamer roi, sous le nom de Charles VII; il ne possédait plus guère que le Berry.
Jeanne d'Arc. — Le comte de Dunois , fils naturel du duc d'Orléans, et le connétable de Richemond, aidèrent Charles Vil à conquérir son royaunie, et lui firent mériter le, surnom de Victorieux ; mais la célèbre Jeanne d'Arc fut le principal agent de cette conquête. Simple bergère, elle alla à Chinon annoncer au roi que le ciel la destinait à le faire sacrer à Reims; ce qu'elle exécuta en effet, après avoir complètement vaincu les Anglais à Orléans. Prise par eux au siège de Compiègne(Oise), elle fut brûlée 3. Rouen, comme sorcière, en 4434. Bientôt les Anglais furent entièrement expulsés du
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royaume par Charles VII. De toutes leurs conquêtes, il ne leur restait plus que la seule ville de Calais.
Pragmatique-Sanction. — 1438. La Pragmatique- Sanction de Bourges, en ratifiant les décrets du concile de Bàle, qui restreignaient la puissance papale, confirma les libertés de l'Église gallicane. Elle rétablit l'élection des évoques, et abolit les impôts levés au profit du Saint-Siège sur le clergé sous le nom (Vannâtes et de réserves. Elle arrêta l'abus des appels au siège de Rome, appels qui dataient des premiers siècles, dans les causes majeures ; ils avaient été presque toujours une garantie de la discipline canonique, de l'indépendance de l'Église et de la liberté du clergé dans l'ordre hiérarchique ; la Pragmatique multiplia les cas Rappels comme d'abus des tribunaux ecclésiastiques à la juridiction royale. Suspendue par Louis XI, qui voulait mettre le pape dans ses intérêts, elle fut entièrement abolie par le concordat de François I avec Léon X, en 1516.
Lecture : Détails sur Jeanne d'Arc. — Histoire de France^ de Michelet.— • Chronique, de Jean Chartier. — Histoire de Charles VU.
Observations sur le règne de Charles VIL
Il faut remarquer que le règne de Charles VII prépara et fit pressentir celui de Louis XL Tous les matériaux étaient prêts, Louis les mit en œuvre, et, par sa politique habile et profonde, fit tourner au profit de la royauté ce qu'aurait pu, sous un roi moins habile et plus faible, s'approprier la démocratie, déjà si forte et si entreprenante sous les trois successeurs de Philippe de Valois. L'établissement de la milice permanente et la levée d'une taille perpétuelle pour subvenir à l'entretien des troupes, sans l'intervention des États, frayait la voie à la monarchie absolue. Le parlement, qu'en l'absence de ces mêmes États le peuple regardait comme son protecteur, gagnait en considération et en puissance, et déjà prétendait, au droit d'examiner les ordonnances royales et de refuser l'enregistrement ; le procès du duc d'Alençon lui fournit le moyen de s'arroger les droits d'une cour des pairs. Mais Charles VII, qui voyait ses empiétements, l'éloigna de l'administration en créant le conseil d'État, qui depuis devint le conseil exécutif, lui fit perdre ainsi sa haute influence sur la direction des affaires, et le réduisit à quelques doléances dont la royauté puissante ne fit aucun cas. La féodalité, sous le nom de Praguerie, rébellion de quelques princes du sang et d'une partie de la noblesse, chercha à recouvrer quelquesuns de ces droits; mais, détruite dans les guerres précédentes, elle n'était pas assez forte, et fut réprimée avec énergie. Louis XI lui pur»
tera le dernier coup, et il ne restera plus en face que la royauté et le peuple.
MègiBe de Lonis XI. — 1 461 à 1483, Charles VII s'était laissé mourir de faim dans la crainte d'être empoisonné par son fils, qui lui succéda sous le nom de Louis XI. Fils et père; cruel et méfiant, mais ferme en ses desseins, Louis accrut [ considérablement le pouvoir royal, en diminuant l'autorité des possesseurs de grands fiefs, dont plusieurs périrent sur Pécha faud ; de sorte que le peuple, plus heureux quand il n'a qu'un seul maître, vit son sort amélioré sous ce règne si fatal aux grands. Rusé et cruel, Louis XI opéra de grandes choses avec de petites gens, et prit ses ministres et ses conseillers parmi les hommes du peuple, souvent de la plus basse extraction. Ce n'est pas qu'il ménageât beaucoup le peuple lui-même, car souvent il fit jeter à l'eau dans un sac la jeune liberté bourgeoise ; cependant, le peuple, tout en le méprisant, lui restait attaché, parce qu'en immolant l'aristocratie il flattait la passion démocratique, contre laquelle elle avait si longtemps lutté. La ruse et la corruption furent toujours ses armes, et obligé de combattre la féodalité qui voulait relever encore la tête sous le nom de Ligue de Bien Public, et qui cette fois (les temps étaient changés) croyait devoir se cacher sous un nom populaire, il ne voulut la vaincre qu'en semant la division entre les ligueurs, et en violant la foi des traités. Il promettait tout, et, quand le danger était passé, il ne tenait rien. Superstitieux autant que cruel, ce fut lui qui établit Y Angélus en commémoration de la mort de son frère, le duc de Guyenne, à qui il avait été obligé de céder la Guyenne pour le détacher de la ligue, et qu'il est soupçonné d'avoir empoisonné. Mais c'est dans ses longues querelles avec Charles-le-ïéméraire que se dévoile toute son astuce. Un jour elle manqua de lui être funeste ; il avait poussé la fourberie jusqu'à se mettre entre les: mains de son ennemi, et la toitr de Péronne faillit avoir un se-' cond Charles-le-Simple. Le duc de Bourgogne, après lui avoir rendu la liberté à de dures conditions, ravagea la Picardie pour se venger de la mauvaise foi de Louis, qui n'avait pas exécuté le traité, et vint mettre le siège devant Beauvais, héroïquement défendue par Jeanne Hachette et ses compagnes Menacé par Edouard IV d'Angleterre, allié de Charles, Louis acheta la paix par le.traité de Pecquigny-sur-Somme, qui prit le nom de Trêve marchande, et continua dans l'intérieur du royaume
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son système de guerre contre toutes, les libertés au profit du despotisme royal.
Sous son règne, l'Anjou et le Maine furent incorporés aux domaines delà couronne, qui fit encore l'acquisition de la Provence par la mort de Charles, neveu du roi René, et d'une partie de la Bourgogne par celle de Charles-le-Téméraire. C'est a lui qu'on doit l'établissement des postes et des courriers dont il se servit, dit un auteur, comme d'un moyen d'espionnage et de haute police.
Observations sur le règne de Louis XI.
Le règne de Louis XI mérite d'être étudié spécialement ; c'est une des époques les plus mémorables de notre histoire. Une nouvelle impulsion est donnée à la politique et à la société, et les vices comme les qualités de ce roi, au nom duquel on est fort embarrassé d'ajouter une épithète, contribuèrent à l'établissement du nouvel ordre de choses et à faire sortir la Fiance moderne de cette vieille France féodale qui, quoique abattue, luttait encore à terre et sur laquelle il posa un pied vainqueur ; de cette vieille France ignorante qui commençait , il est vrai, à s'éclairer un peu, mais qu'il lança d'un bras puissant dans la carrière de la civilisation et des lumières. On l'a appelé tyran, soit ; mais le fait est que sa tyrannie a été utile, et peut-être nécessaire, et qu'un prince du caractère de François I, par exemple, qui fût venu à cette époque, eût pu replonger la France dans les ténèbres et les désordres dont elle avait tant de peine à sortir.
Sous le point de vue politique, il acheva de détruire les éléments désordonnés de la féodalité et d'asseoir la monarchie triomphante sur les ruines de l'aristocratie. Son idée fixe, le travail constant de sa vie, fut en effet l'abaissement de la haute noblesse et la centralisation du pouvoir dans sa personne. Étudiez son règne ; tout ce qu'il fit en bien et en mal vientdecette préoccupation, tend vers ce but. Il visait, comme l'a dit l'histoire, à mettre les rois hors de page, et il y a réussi. Initié dans sa jeunesse, pendant qu'il était en révolte contre son père, aux secrets et aux intrigues des grands, il tourna contre eux leurs confidences quand il fut monté sur le trône, et s'en servit pour les déjouer ou les écraser. Il fut le créateur de la politique, qu'avant lui remplaçait la force, et il fit par les négociations ce qu'il n'aurait pu faire par les armes.
Sous le rapport social, il créa, l'administration, les manufactures, les grands chemins et les postes, rendit permanents les offices de la judicature, songea à établir l'uniformité des coutumes et l'égalité des poids et mesures, introduisit et protégea l'imprimerie, dont on voulait punir les inventeurs comme sorciers, et qui devint un des plus puissants agents de la liberté du monde ; enfin il sut fortifier le royaume
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à la fois par les armes et la politique, et mit la royauté en état de supporter les événements du siècle suivant et même d'en triompher, en l'élevant au-dessus de tout ce qui gênait sa marche ou interceptait son action. Ce fut lui qui, le premier, porta le titre de roi très chrétien. Lecture : Tragédie de Louis XI, par Casimir Delavigne. — Quentin Durwari, par Walter Scott.— Histoire de Loms XI, par Duclos. — Chroniques dePhiUppe de Comines. — Histoire de France, de Michelet.
CharlesaleaTéméraire à Granson. — U76. Charles-le-Témér aire, dernier duc de Bourgogne, irrité contre les Suisses, qui s'étaient réunis à la France et à l'Autriche pour lui déclarer la guerre, profita de ce qu'ils étaient abandonnés parleurs alliés, et entra dans leur pays. Bientôt il s'empara du château d'Yverdun, défendu par une faible garnison bernoise; le château de Granson résista plus longtemps, mais la trahison en ouvrit les portes au duc. Quoiqu'il eût accordé à la garnison une libre retraite par la convention conclue avec elle, il la fit toute périr dans de cruels supplices. Saisis d'horreur à cette nouvelle, les confédérés, au nombre de vingt mille hommes, marchèrent sans hésiter sur Granson, contre une armée trois fois aussi nombreuse. Au point du jour du 3 mars U76, les soldats de Lucerne, de Schwitz et de l'Oberland bernois se montrèrent comme avant-garde dans les vignobles situés entre le lac de Neufchâtel et la chaîne du Jura. Après avoir fait leur prière, ils commencèrent l'attaque ; les Fribourgeois et les Bernois avancèrent d'un pas ferme, conduits par un guerrier expérimenté, Jean de Hallwyl : cette avant-garde s'était déjà battue vaillamment pendant plusieurs heures, et beaucoup de sang avait coulé, lorsque le gros de l'armée confédérée parut sur les hauteurs à l'éclat du soleil de midi. Du haut des collines retentissent le son éclatant du cor d'Unterwalden et le sombre mugissement du taureau d'Uri ; on vit s'approcher les bannières flottantes de Zurich et de ëchaffhouse : « Quelles sont ces troupes ? demanda le duc. — Ce sont les hommes devant lesquels l'Autriche a lui, répondit Brandolf de Stein, qui était son prisonnier. — Malheur à nous ! s'écria le duc, une poignée de ces hommes nous a fatigués depuis le point du jour jusqu'à cetle heure, que deviendrons nous maintenant vis-à-vis de leur multitude? » La terreur s'empara bientôt de ses troupes; en vain Charles s'opposa aux fuyards; loin de pouvoir les arrêter, il fut entraîné par eux. Les Suisses, acharnés, les poursuivirent jusque fort avant dans la nuit; le butin qu'ils firent fut immense, car le camp du duc de Bour-
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gogne était presque un camp de plaisance et de luxe, 11 essuya une nouvelle défaite à Morat, et trouva la mort sous les murs de Nancy (UT7). Avec lui s'éteignit la seconde maison de Bourgogne, qui avait brillé d'urt vif éclat et fait trembler les rois de France ; le duché fut réuni à la couronne. Marie, son unique héritière, épousa Maximilien d'Autriche, et lui porta en dot la Flandre et la Franche-Comté, qui devaient être plus tard un long sujet de guerres entre les rois de France et les empereurs.
Lecture : Biographie de Charles-le-Tèmèraire. — Histoire des ducs de Bourgogne, par M. de Barante. — Chroniques de Philippe de domines.
ANGLETERRE
Guerre des ©eaix-Hoses. — 1 452 . Causes. La guerre civile des Deux-Roses est l'événement le plus remarquable de l'époque la plus désastreuse de la monarchie anglaise. Nous avons vu Richard II, le dernier des Plantagenets, détrôné et remplacé par Henri de Lancastre, son cousin, descendant du troisième fils d'Edouard III. Richard, représentant de celte maison sous Henri "VI, profita du mécontentement excité par l'incapacité du roi, et la vanité de la reine, Marguerite d'Anjou, pour faire valoir ses prétentions : telle fut l'origine de la guerre des Deux-Roses, Rose Rouge (maison de Lancastre), et Rose Blanche (maison d'York).
GÉNÉALOGIE DES SUCCESSEURS D'EDOUARD III. Droits des Lancastres et des Yorks.