‹ Nouveaux éléments d'histoire générale rédigés sur un plan méthodique entièrement neufChapitre 133 sur 166 · PAYS-BAS · texte numérisé non relu

PAYS-BAS

1 Mort des c'onites d'Egraont et de iSorn (1568). — A la mort \îe Charles-le-Téméraire, une partie des Pays-Bas passa à la maison d'Autriche, parle mariage deJVIarie de Bourgogne avec Maximilien, et sous Charles-Quint les dix-sept provinces belges furent compètement réunies à la monarchie espagnole. Cependant chacun conserva ses États et sa constitution ; et le gouverneur envoyé par le souverain adminis-

16e SIÈCLE. 505

trait avec le concours des trois conseils d'état, de justice et de finances ; un tribunal général formait le grand conseil et résidait à Malines. Philippe II, despote par nature, se trouvait gêné de cette liberté, et la réformation s'étant introduite dans les Pays-Bas, ce fut une occasion pour lui de la détruire. La nomination de Marguerite de Parme au gouvernement sous la direction du cardinal de Granvelle, acheva d'indisposer les esprits, et la conduite des nouveaux gouverneurs fit craindre l'anéantissement de la constitution par État et l'établissement de l'inquisition. Les provinces s'associèrent et signèrent le compromis de Bruxelles, premier acte d'hostilité contre le gouvernement espagnol.

Alors Philippe envoya dans les Pays-Bas le duc d'Albe, qui gouverna par la terreur et ne fit qu'envenimer les haines et exaspérer les esprits. Sous le nom de conseil des troubles, il créa un tribunal qui fut le comité de salut public de l'époque. Les comtes à/Egmont et de Horn furent au nombre des victimes, tout le pays fut déclaré en état d'insurrection, et, pour ainsi dire, mis en état de siège, et il ne resta plus aux malheureux habitants qu'à fuir leur patrie pour éviter la cruauté du despote. Cependant la révolte devint bientôt ouverte ; Guillaume d'Orange se mit à la tête, et, après la prise de Briel, qui donna plus de force à l'insurrection, il reçut le titre et les fonctions de gouverneur royal. La retraite du duc d'Albe, les secours de la reine Elisabeth et le traité de Gand entre cinq provinces bataves et six provinces belges, purent faire espérer une prochaine délivrance, malgré la défaite et la mort du comte Louis et de son frère Henri de Nassau, à la bataille de Moeker. Après la mort de Requesens, qui avait succédé au duc d'Albe, don Juan feignit de reconnaître le traité de Gand; mais Guillaume sut éviter les pièges qu'on lui tendait, et voyant- la nécessité de fortifier l'union des provinces du Nord pour le triomphe de l'indépendance, il organisa la confédération d'Utrecht, qui devait servir de base à la nouvelle république (1579).

Guillaume, gtalhouder. — Cette ligue comprenait les États de Hollande, de Zélande, d'Utrecht, de Zutphen, de Gueldres, d'Over-Yssel, de Friesland, de Groningue, des villes de Gand, d'Anvers, de Bruges et de Bruxelles. Ces provinces rejetèrent formellement la domination espagnole, et Guillaume d'Orange fut proclamé stathouder.

A la mort de Requesens, don Juan, qui prend le gouvernement des Pays-Bas, fait rentrer sous la domination de l'Espagne les provinces wallones et reprend les villes qui s'étaient déclarées indépendantes ; cependant il ne peut arrêter la marche de la révolution qui s'opère ; après l'assassinat de Guillaume, son fils Maurice est reconnu son successeur par les États de Hollande et de Zélande ; il déjoue, avec Olden Barneveld, les projets ambitieux de l'Angleterre qui, tout en secondant la révolution hollandaise, voulait la confisquer à son profit. La république, reconnue par l'Angleterre et parla France, eut encore longtemps

506 16e SIÈCLE.

à lutter contre son ancienne suzeraine, et ce ne fut qu'en 1609 que l'Espagne fatiguée, mais ne voulant pas renoncer formellement à ses titres de propriété, consentit à une trêve de douze ans.

Page 1