EMPIRE OTTOMAN
frise de isiiodes par Soliman SI. (1522.) — L'île de Rhodes appartenait encore aux chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. Soliman II forma le projet de s'en emparer, et l'assiégea en 1522. Des espions lui donnèrent des renseignements utiles ; mais la trahison du chevalier André d'Amaval facilita cette conquête. Ce portugais, pour se venger d'une injustice qu'il prétendait avoir éprouvée, favorisa les Turcs. Le siège de Rhodes dura six mois ; Soliman y fit son entrée triomphante, et les chevaliers vaincus se retirèrent à Candie. En 1530, Charles-Quint leur donna l'île de Malte à titre de fief; ils étaient tenus de combattre les infidèles.
Invasion de Soliman dans la Hongrie. — Soliman II fondit sur la Hongrie (1525), qui avait pour roi Louis IL Ce prince, retranché dans la plaine de Mohatz, attendait un renfort de Ferdinand, son beaufrère. Les Hongrois impatients livrèrent bataille et furent défaits par les Turcs (1526). Leur roi, en fuyant, s'était noyé dans un marais. Ferdinand d'Autriche fut nommé roi de Bohême. Soliman, après cette victoire, prit sous sa protection le fils de Zapolia, rival de Ferdinand, s'empara de plusieurs places importantes, et de Bude elle-même, capitale du royaume. Sa flotte, pendant ce temps, ravageait les côtes de l'Italie. Il mourut en 1566. Ses successeurs n'eurent ni son génie ni son désir de faire des conquêtes ; aussi de sa mort date le déclin de la prépondérance des Turcs sur terre et sur mer.
ASIE
Empire des Mongols dans VI nûe. — Les Mahométans avaient, porté leurs armes dans les Indes ; Gengis-Khan s'était emparé des provinces septentrionales, etTamerlan laissa le pays dans l'anarchie quand il marcha contre Bajazet, en 1375. Baboùr, arrière petit-fils de Tamer- Jan, ayant été dépouillé à Samarkande par les Usbecks, se retira dans le Caboulistan, dont le gouverneur lui donna la facilité de faire des conquêtes en lui fournissant des troupes. Il traversa pour la première fois l'Indus, en 1518, et lit cinq autres expéditions ; à la dernière, il défit l'empereur de Delhy et mit fin à la dynastie régnante. Son empire comprit tout le pays situé entre l'Inde et le Gange, et la presqu'île audelà du Gange ; cet empire fut dans sa plus haute puissance depuis le
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règD.e û'Attbar, qui consolida la dynastie mongole dans l'Indostan, jusqu'à la mort ù'Aureng-Zeb, après lequel il se démembra et fut presque complètement dissous par la conquête de Nadir-Schah et la politique des Européens.
f$cSia!i-&M»as en Perse — Schah-Ahbas-le-Grand (1590), septième roi de Perse de la race des Sofls, est un des plus illustres de cette famille. Il conquit sur les Turcs et les Tartares plusieurs provinces qu'ils avaient enlevées à son père. Il reprit aux Portugais l'île et la ville d'Ormuz dont ils s'étaient emparés. Il détruisit les janissaires et donna de sages lois à ses peuples. Mais ce prince se livra à sa cruauté naturelle. L'empire des Sons fut renversé par les Afghans (1722), et, après le meurtre de Nadir-Schah, dont le règne tyrannique suivit cette invasion, il tomba dans l'anarchie.
AFRIQUE
Conquête de l'Egypte par Sélim I (1517). — Après la mort de Mahomet II, ses deux fils Bajazet et Sélim se disputèrent le trône : Bajazet l'emporta. Il abdiqua dans la suite en faveur de Sélim I. Celuici fit mourir son père et ses deux frères, afin de régner plus tranquillement. Il s'empara de la Syrie et de l'Egypte sur les Mamelouks, qui avaient succédé aux Ayoubites. Depuis cet événement, l'Egypte a toujours été regardée comme une province de l'empire ottoman, qui la fait gouverner par un pacha.
Barberousse en Afrique (1516). — Vers le commencement du 16e siècle, trois frères, natifs de Lesbos, avaient fixe l'attention générale par leurs succès dans la piraterie. Hariadan l'aîné, depuis surnommé Barberousse à cause de la couleur de sa barbe, devint le plus célèbre. Les victoires qu'il avait remportées, la réputation dont il jouissait, engagèrent les Algériens à le supplier de les délivrer des Espagnols établis sur leurs côtes; aussitôt Barberousse, à la tète d'une armée navale formidable, se rendit à Alger; son arrogance indisposa les Algériens, qui s'apprêtaient à le chasser, lorsque le corsaire fit étrangler leur prince Sélim Eulémi, et se fit proclamer par ses troupes. Sa conduite répondit depuis à cette cruauté : il ne régna que despotiquement ; mais Abou-Hamou, roi détrôné de Tunis, demanda du secours à Charles- Quint, qui envoya contre ce corsaire le général Martin-Aryate. Barberousse combattit avec fureur ; il céda enfin au nombre et périt avec tous les siens. Il était âgé de quarante-quatre ans; il y avait quatre ans qu'il régnait sur Djidjcli, deux qu'il commandait dans Alger, un enfin qu'il occupait Tlemcen.
Sa tête, plantée au bout d'une pique, fut portée en triomphe dans cette ville, et le jeune Abou-Hamou, en remontant sur le trône, fit hommage de sa couronne à Charles-Quint.
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Expédition do eharlcs-fSiiïwt. — En 1547, Hassan-Ayat avait
été placé sur le trône d'Alger par Sélim I ; c'était un renégat sarde qui désolait les côtes hispaniques et italiques. Le pape Paul III sollicita Charles-Quint de prendre contre ces pirates la défense de la chrétienté. L'empereur se rendit à ses désirs et se prépara à tirer vengeance des déprédations des corsaires barbaresques.
Cette expédition, à laquelle présida quelque chose de l'esprit à la fois poétique, chevaleresque et religieux des Croisades, est un des épisodes les plus curieux de l'histoire algérienne. 26,500 hommes partirent pour l'Afrique. Cette campagne fut malheureuse pour les Espagnols, dont la tempête brisa les vaisseaux, et Charles-Quint se vit obligé de rentrer dans ses États.
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