‹ Nouveaux éléments d'histoire générale rédigés sur un plan méthodique entièrement neufChapitre 150 sur 166 · TROISIÈME PÉRIODE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PÉRIODE

1796. Bonaparte prend le commandement de l'armée d'Italie. — lx avril. Bataille de Montenotte. — 2 août. Bataille de Castiglione. — 15 novembre. Bataille d'Arcole. — 1797. Traité de uampo-Formio, entre ia France et l'Autriche. — 1798. Débarquement de l'armée française en Egypte. — 21 juillet. Bataille des Pyramides. — Prise du Caire. — •

1799. Révolution à Naples. —Érection de la république parthénopéenne. — Seconde coalition contre la France. — 9 novembre. Journée du 18 brumaire, qui donne le pouvoir à Bonaparte ; le 11 il est nommé consul (20 brumaire an vin).

Hommes célèbres.

Baîasisfo'es. — De Galonné. — De Brienne. — Necker. — Montmorin. -—.Garât. — Roland. — Monge. — Fouché. — Talleyrana.

orateurs. — Mirabeau. — Barnave. — Cazalès. — Maury. — Sieyès. — Vergniaud. — Brissot. — Condorcet. — Danton. — Robespierre.

Guerriers* — Custine. — Dumouriez. — Kellermann. — Hoche,

— Moreau. — Pichegru. — Kléber. — Jourdan. — Bonaparte. — Masséna. — Lafayette. — Joubert.

Comité de saïiat psiMie. — Marat. — Barrère. — Danton. — Robespierre. — Saint-Just. — Tallien. — Carnot. — Collot-d'Herbois,

— Billaud-Varennes. — Cambon.

©ïreeÉoire. — Laréveillère-Lepaux. — Rewbell. — Carnot. — Letourneur. — Barras. — Merlin de Douai.

ConsuEls. — Bonaparte, Sieyès, Ducos. — Bonaparte, Lebrun. Cambacérès.

Observations.

L'ancien gouvernement succombe par la force du temps et des choses. On eut à déplorer dans cet effroyable cataclysme politique bien des tyrannies, bien des crimes qui sont à peine rachetés par les vertus qui brillèrent d'un vif éclat dans ces temps d'orage.

La révolution française est le plus grand événement des temps modernes. Des trois éléments qui constituaient auparavant la société, deux, l'aristocratie et la royauté, ont succombé : le tiers-état, ou autrement le peuple, est seul resté debout. « Ainsi, dit Chateaubriand, » se sont succédé en France, dans un ordre régulier, l'aristocratie, la » monarchie et la république, le noble, le roi, le peuple; tous les trois » ayant abusé de la puissance, ont enfin consenti à vivre en paix dans » un gouvernement composé de leurs trois éléments. » C'est le gouver~ nement constitutionnel. Une ère nouvelle commence.

Lecture : Révolution française, par MM. Tiiiers, Mignet.— Considérations sur la révolution française, par Madame de Staël. A faire : Tableau synoptique avec des notices sur les grands hommes.

Révolution de Saint «Doming ne. — (1791). La colonie française établie à Saint-Domingue (Haïti) depuis le traité de Ryswiek (1697) s'était accrue considérablement ; mais les colons traitaient durement les esclaves, qui se révoltèrent

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en 1722. On réprima d'abord cette insurrection, et les traitements barbares continuèrent à causer de violents murmures. ïEn 179 1, l'Assemblée nationale, ayant, par décret du 28 mars 1790, appelé les hommes de couleur à partager les droits politiques des blancs, les noirs profitèrent des troubles qu'occasionna ce décret, se révoltèrent et, sons le co'm(MMftrterrierit de Boukman, commirent des atrocités. En 179.5, M'ayaca, chef noir, s'empara du Cap et en massacra tous les habitants libres sans distinction. En 1194, un autre chef noir, Toussaint Louverture, en lève les places fortes de la France, chasse les Anglais et s'empare de la partie espagnole d'Haïti (1798).

Lecture : Mémoires pour servir à l'histoire de la révolution de Saint- Domingue, par le général Pamphile-Lacroix. — Tragédie : Toussaint Louverlurc, par M. de Lamartine.

19a Siècle.

CARACTERE DU SIECLE

Puissance de la France. — Extension et tentative de l'esprit de liberté, — Immense développement de Cindustrie.

SOMMAIRE

Histoire de l'Europe en général. - 1800. Campagne d'Italie. — Bataillk DE Marengo. — 1801. Traité de Lunéville. — 1802. Guerre de Saint-Domingue. — 1804. Napoléon empereur.— 1805. Bataille dAusterlitz. —Victoire des Anglais à Trafalgar. — 1S06 Destruction de l'empire germanique.

— ( on fédération du Rhin. — 18U7. Paix de Tilsilt. — 1808. Détrônement de îa famille des Bourbons d'Espagne. — 1809. Guerre d'Allemagne — dévolution de Suède. — 1810. 2e Mariage de Napoléon. — 18H. Continuation de la guerre d'Espagne.— 1812 Campagne de Russie. — 1814. Confédération des souverains de l'Europe. — Erection des Pays-Bas en royaume.— Déchéance de Napoléon. — Première abdication. — Rétablissement des Bourbons. — Premier traité de Paris. — Chatte donnée aux Français. — Congrès de Vienne. — 1815. Retour de Napoléon. — Déclaration des alliés- — Confédération germanique. — Bataille de Waterloo. — Seconde invasion. — Seconde abdication de Napoléon. — Chute et mort de Murât. — 1816. Expédition de lord Exmnuth à Alger — 1820. Assassinat du duc de Berry. — 1821. Révolution de la Gièce.— 1823. Mort de Pie VU. — Nouvelle campagne d'Espagne.

— 1824. Mort de Louis XVIII. — 1826. Mort d'Alexandre — 1827 Victoire de Navarin. — 3828 Guerre entre les Turcs et les Busses. — Expédition française en Morée. — 1830 Expédition française à Alger. — Révolution de Paris.

— Révolution de Bruxelles. — Révolution de Pologne. — 1831. Léopold de Saxe-(obou!b, roi des Belges. — 1832. Mort à Schœnbrunn du duc de Reichstadt, fils de Napoléon.

Recouvertes et Etablissements. — 1801. Planète de Cérès. — 1802. Pla-

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nète de Pallas ou Olbert. — 1806. Planète de Vesta. — 1806. Colonne de la place Vendôme.— 1806. Pont d'Iéna.— 1806. Abattoirs. — Planète de Junon.

— 1806. Lithographie. —1806. Enseignement mutuel. — 1807. Bateaux à vapeur. — 1834. Navire aérien de Lennox. — 1834. Eoliennes, voitures à voiles.

— 1834. Pont Louis-Philippe. — 1834. Pont des Saints-Pères. — 1841. Invention du Daguerréotype, par Daguerre. — 1841. Télégraphie électrique, par Wheatetone. —1847. Planète Levetrier. — 1850. Téléphonie, parSudre.

Campagne d'Italie.

Bataille de Marengo (1 4 juin 1800). — Les puissances étrangères, qui s'étaient de nouveau coalisées contre la France, allaient se trouver en face d'un pays replacé en quelques mois sur un pied de résistance formidable.

L'Autriche avait recouvré l'Italie et menaçait à la fois la frontière de Provence et la ligne du Rhin; elle était faiblement soutenue par Naples et par une partie de l'Empire. Par malheur pour elle, le commandement avait été retiré à l'archiduc Charles.

Le premier consul franchit cette fois les Alpes, qu'il avait tournées dans sa première invasion, et passa le mont Saint- Bernard, dont le souvenir est si poétique; et une fois descendue dans les plaines de l'Italie (25 mai), par Aoste et Ivrée, l'armée de réserve eut bientôt occupé, de l'autre côté des Alpes, une ligne qui s'étendait deSuze à Bellinzona. Le général autrichien Mêlas attendait Bonaparte sur les Alpes de Savoie lorsqu'il tomba tout à coup au milieu de la Lombardie pour couper la retraite à l'ennemi. Cette combinaison audacieuse eut un plein succès. Mêlas, surpris et divisé par des marches rapides, fut écrasé dans une seule bataille. Il était temps ; l'armée de Bonaparte pliait devant les vétérans autrichiens, lorsque la colonne du général Desaix, glorieux débris de l'Egypte, survint tout à coup dans la plaine de Marengo, entre la Scrivla et la Bormida, et, se formant en carré, elle détermina la victoire en faveur des Français ; mais Desaix la paya de sa vie ( ! i juin 4800). Moreau n'était pas moins heureux en Allemagne, où il remportait la victoire de Hohenlinden (3 décembre), après avoir forcé le général Kray à capituler. L'Autriche, humiliée par les victoires de la campagne d'hiver, terminée en vingt jours, et l'une des plus mémorables de ces temps héroïques, demanda ia paix, et signa, le 9 février 4801, le traité de Lunéville, dont le protocole avait eu lieu le i" janvier.

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Traite de IiUnéville.— On y prit pour base le traité de Campo-Formio, 17 octobre 1797, et les conditions proposées depuis à l'empire dans les conférences de Radstadt; les principales clauses du nouveau traité sont :

1° Confirmation de la cession à la France de la Belgique et du Frick« tal, abandonné plus tard à la Suisse (août 1802).

2° Confirmation des cessions faites à l'Autriche dans les états vénitiens.

-3° Confirmation de la cession du Brisgau au duc de Modène.

4° Cession du grand-duché de Toscane en faveur de la maison de Parme, sans promettre d'indemnité à l'Allemagne.

5° Acquiescement de l'Empereur et de l'Empire à la cession de la rive gauche du Rhin ; le halweg formait la séparation.

6° Les princes héréditaires dépossédés devaient être dédommagés par l'Empire.

7° Reconnaissance des républiques batave, helvétique, cisalpine, ligurienne.

8° En échange, la Toscane, érigée en royaume d'Étrurie pour le duc de Parme, et la cession de ce duché à la, France, et pour l'Espagne, de la Louisiane (21 mars), qui depuis a été vendue aux États-Unis de l'Amérique. Armistice de Naples, signé à Foligno (18 février) ; conclusion de la paix à Florence, 20 mars 1801. — Conditions : 1° exclusion des vaisseaux anglais et des Turcs des ports des Deux-Siciles ; 2° cession des propriétés napolitaines en Toscane, de l'île d'Elbe, de Piombino ; 3° Otrante reste occupée par les troupes françaises.

Les plénipotentiaires à Lunéville sont : Joseph Bonaparte et le comte Louis de Cobentzel.

Paix d'Amiens en f 802 (25 mai) . — Cependant la guerre continua avec la Porte, la Russie et l'Angleterre. La flotte turco-russe s'empara des îles gréco-françaises, et alors fut érigée par la Turquie et la Russie la république des Sept-Iles. L'ile de Minorque tomba au pouvoir des Anglais. Toutefois l'évacuation de l'Egypte amena un rapprochement entre la France et l'Angleterre, et la paix définitive fut conclue par le traité d'Amiens (25 mai).

1° L'Angleterre restituait toutes ses conquêtes, excepté Ceylan et la Trinité ;

2° La Porte était maintenue dans son intégrité ;

3° La république des Sept-Iles était reconnue; Malte, Gozzo et Gumino devaient être rendues à l'ordre de Saint-Jean-de- Jérusalem dans le délai de trois mois.

Négociateurs: Joseph Bonaparte et lord Cornwallis. An temps fixé, l'Angleterre refusa de rendre Malte, et la guerre fut déclarée de nouveau.

{•'imwih1: iBc JéiiSBiid.»w«>BHiiBi!ÇHe.— -La France était moins

heureuse sur mer et dans ses colonies que sur le continent. Malte est prise par les Anglais, et les Nègres de Saint Domingue, traduisant en massacres les théories du conventionnel Santhonax, proclament leur indépendance après avoir exterminé les Blancs.

Le général Leclerc est envoyé en Amérique parle premier consul, en 1801, avec 20,000 hommes: il débarquée Saint- Domingue, il s'empare par surprise de Toussaint qu'il envoie en France; mais un nouveau général noir, Dessalines, refoule les Français jusqu'au Cap (i8Ô3), et le général français nochambeau l'ut obligé de se réfugier sur une flotte anglaise. Dessalines, maître souverain de Pile, pritle litre de Jacques I, empereur d'Hiiïli : il fui assassiné en isoti. Divisés d'intérêts, les chefs «les Nègres ne lardèrent pas a se hrouiiler et à se l'aire la guerre, Malin Boyer , l'un (Peux , demeura seul maître de l'île, qui prit le nom de république d'Haïti. Charles X reconnut son indépendance en 1825, à la condition cPune indemnité de cent cinquante millions pour les anciens colons et de quelques avantages commerciaux. L'indemnité n'a point encore été payée.

Apies la paix d'Amiens et la guerre de Saint-Domingue, Bonaparte put achever son œuvre à l'intérieur; cette époque est la plus belle et la plus féconde de l'histoire du plus grand

capitaine de w siècle, Le consulat offre à la l'ois des aeies militaires éclatants, de vastes travaux d administration , des négociations habiles et multipliées, et un code de législation hors de pair; mais, à travers tant de bienfaits et d'immenses

travaux, le premier consul taisait un pas de plus chaque jour

vers le pouvoir absolu. Les tonnes de la justice criminelle plièrent bientôt devant sa volonté despotique. L'attentat de lu Machine infernale dirigée contre lui servit de prétexte pour déporter cent cinquante individus. L'ambition le domina : sa haute magistrature, d'abord temporaire (pour dix ans), devint inamovible (4 août 1802) Bientôt, des actes d'un caractère frappant marquèrent le but auquel il voulait atteindre. Le rétablissement du culte catholique comme religion de l'Etat, la création d'un roi d Ktrurie, le rappel de tous les émigrés, la

substitution du mot sujets au mot cou citoyens dans un traité d'alliance;, l'institution de la Légion-d'Honn'eup, devaient clore la période du consulat et disposer la France à un régime nou*

Veau, Malheureusement, celte transition du consulat a lYinpirc

fut un coup d'état qui sera une éternelle tache à son règne.

Une CpnspiraljOIl contre le consul avait été découverte : on la

rattacha à celle do la machine infernale; Moreau, Pichegru, Gadoudal furent arrêtés; ftïoreay., le vainqueur de Bohenlinv dç nt fut condamné à deux ans do prison, quoique innocent; PiChegru l'ut trouvé étranglé d;uis sa prison ; Cadoudal fut exécuté avec douze autres. C'était la première fois, depuis la terreur, que Ton voyait tomber douze létcs en dix sept minutes! Bonaparte n'eu resta pas là, il lit surprendre Louis- Antoine, duc cTEnghien, dans le duché de Bade, au moment OÙ ce prince s'amusait à chasser : c'était violer le territoire étranger. On le transporta à Vinoenncs, où il fut jugé et mis à mort dans la même nuit (21 mars).

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