‹ Nouveaux éléments d'histoire générale rédigés sur un plan méthodique entièrement neufChapitre 151 sur 166 · EMPIRE FRANÇAIS · texte numérisé non relu

EMPIRE FRANÇAIS

CnitMCN. — 1° Les excès de la liberté; 2° la faiblesse du Directoire, après d'horribles déchirements; 3° le besoin d'ordre et du repos; 4° l'amour de la gloire entretenu par les triomphes de la république.

L'emploi que Bonaparte sut faire de son pouvoir en lit oublier l'origine. Une constitution nouvelle (celle de l'an VIII), qui laissait au pouvoir central une action presque dictatoriale, porta la lumière et l'ordre dans toutes les parties de l'administration et des finances. « Ainsi, disait Napoléon lui-même à » Sainte Hélène, ainsi se trouva organisé le gouvernement le ». plus compacte de la centralisation la plus rapide et desef- » forts les plus nerveux qui eût jamais existé. La même im-

» pulsion se trouva donné»! à plus de uo, ooo,ooo d'hommes J

» et, à l'aide de ce centre d activité locale, c'est-à-dire l'orge-

» nisation des départements et des communes, le mouVë1- » ment était aussi rapide aux extrémités qu'au cœur même.»

BCingBHrc, IS mai 1804.— Bonaparte fut créé empereur sous lf; nom de Napoléon I. Le sénatus consulte, qui I institua, déclara la souveraineté héréditaire dans sa famille. Trois millions de vole:; recueillis dans les municipalités adhéreient à ce

grand changement.

A l'a sanction populaire, l'empereur voulut unir celle de la religion; Pie YII le sacra (2 décembre). A l'imitation de

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Charles XTI, il prit la couronne des mains du pape et se la posa sur la tête; il couronna ensuite Joséphine, qui, le jour précédent avait reçu la bénédiction nuptiale.

L'Angleterre, qui avait refusé de restituer Malte, rompit la paix, et, dès ce moment, il fallut s'attendre à une conflagration maritime qui devait se communiquer à toute l'Europe. Surpris par cette explosion inattendue, Napoléon pourvut à la défense de son nouvel empire avec son ardente activité, et reprit le projet de descente en Angleterre qu'il avait conçu avant la paix ; il répara sa marine, et concentra à Boulogne de formidables apprêts de débarquement. Dix-huit cents bâtiments attendaient ; cent vingt mille hommes étaient sur le rivage, quand une nouvelle coalition européenne se déclara.

Coalition européenne. — Bataille d'Justerlitz, 2 décembre 1805. — L'Autriche, la Russie, l'Angleterre, la Suède, Naples, faisaient partie de la coalition. Napoléon lança l'armée d'Angleterre sur l'Allemagne. Les sept corps franchirent le Rhin et se déployèrent sur un théâtre d'opérations nouveau pour l'empereur : maître de tous les mouvements de ces différents corps, comme chacun de ses maréchaux, Murât, Soult, Bernadotte, Lannes, Ney, Oudinot, Davoust, pensait l'être de sa division, il dirigea ses forces sur la Moravie, où les Russes et les Autrichiens s'étaient concentrés : c'est là qu'il livra à Austerlitz (2 décembre 1805) la plus décisive, la plus magnifique de ses batailles. Les Russes s'étant retirés, l'Autriche, abandonnée, n'eut de ressource que dans l'acceptation des conditions auxquelles la paix lui était offerte ; elle fut conclue à Presbourg, le 26 décembre.

Conséquences. — 1. La France consf./rve en Italie tous les pays qui lui sont déjà incorporés : le Piémont, Parme, Plaisance.

2. L'Autriche cède au royaume d'Italie tout ce qu'elle possède des états vénitiens (la Dalmatie), et reconnaît Napoléon pour roi.

3. L'électeur de Bavière et le duc de Wurtemberg obtiennent le titre de roi.

l\. L'Autriche abandonne à la Bavière le Tyrol et le Voralberg, avec les évôchés de Brixen et de Trente.

5. L'Autriche acquit Salzbourg et Berchtolsgaden, à titre de duché, et la grande maîtrise de l'Ordre Teutonique pour un de ses princes.

Les négociateurs à Presbourg furent Talleyrand et le prince de Lichtenstein avec le comte Giulay.

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Connftat ottaval de Trafalgar . — Tandis que Napoléon dicte des lois au continent, la marine française éprouve un échec irréparable au cap Trafalgar. L'amiral Villeneuve est pris, le contre-amiral Magon tué, et les deux amiraux espagnols qui combattent avec les Français sont blessés; l'amiral anglais, Nelson, frappé d'un coup de feu, ne survit point à sa victoire (21 octobre 1805). Le 6 février suivant, la France éprouve un nouvel échec dans la baie de Sanlo-Domingo, et cède aux Anglais l'empire de la mer. Pilt, auteur de la troisième coalition, meurt, et l'avènement de Fox au ministère fait naître quelques espérances de paix, que sa mort fait bientôt disparaître.

Campagne de Prusse et paix de Tilsitt. — L'empire d'Allemagne existait encore; une déclaration du 4" août 1806 renverse cet édifice politique, debout depuis tant de siècles. Ce boulevart détruit, et remplacé par la Confédération germanique, dont Napoléon fut proclamé le Protecteur, laissa la Prusse sans défense. Seule contre les Français, cette puissance perd les batailles d'Auerstœdt et d'iéna, et voit Napoléon triomphant entrer à Berlin. Les victoires d'Eylau et de Friedland achèvent l'anéantissement de la Prusse et portent des coups terribles à la Russie. La paix de Tilsitt (1807) couronne cette campagne prodigieuse. On voit en même temps surgir un royaume de Westphalie pour Jérôme, le plus jeune des frères de Napoléon,. et un duché de Varsovie, premier coup porté à la Russie; la Saxe fut aussi érigée en royaume, auquel fut réuni le grand-duché de Varsovie. MUrat s'asseoit sur le trône de Naples, et Joseph sur celui d'Espagne, déclaré vacant par l'abdication forcée de Charles VI (1808). La France commande partout, et partout en Europe les ports sont fermés à l'Angleterre par le système continental, qu'annonce à l'Europe le fameux décret de Berlin.

Bataille de Wagram. — Dès le mois de juin 1808, l'Autriche se préparait à la guerre. Après le congrès d'Erfurt et lorsque ses forces furent prêtes, elle commença les hostilités dans la Bavière et dans le Tyrol. Mais la bataille de Wagram ouvre, pour la seconde fois, les portes de Vienne à Napoléon. La paix, conclue dans cette capitale, enlève à l'Autriche tout le littoral du Rhin et de l'Adriatique, et ses meilleures barrières (1809). Dans le même temps, Napoléon réunissait les

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États dn pape à l'empire français, et, pour vaincre la résistance du pontife, il le faisait enlever de son palais et transporter à Savone, où il passa trois années sous une surveillance sévère.

Secosad mariage «I© Wap©Bc»Bi. — Napoléon, parvenu au comble de la gloire, n'avait pas d'héritier à qui la transmettre ; frappé de cet inconvénient, il fit rompre, du consentement de l'impératrice Joséphine, un mariage stérile, et bientôt après (2 août 1810) il épousa l'archiduchesse Marie-Louise, fille aînée de l'empereur d'Autriche. Il eut de ce mariage un fils qui prit le titre de roi de Rome, décerné deux ans auparavant par un sénatus-consulte à l'héritier futur de l'empire.

Gnewe d'Espaçne. — La chute de l'empire d'Allemagne et rabaissement de l'Autriche et de la Prusse ouvraient à Napoléon le chemin de la Russie. Mais, avant d'exécuter ce projet gigantesque, il avait encore l'Espagne à soumettre. Depuis 180S, la guerre s'y était poursuivie avec vigueur. Napoléon y dirige de nouveau toutes ses forces, commandées par Soult, Ney, Victor, Mortier, Gouvion-Saint-Cyr, Marmont, Maedonald, Augereau et Suchet, 1 élite des généraux français ; elles eurent à vaincre une résistance opiniâtre, signalée par les sièges de Tarragone, Sarragosse et Cadix, les batailles de Talavera et de Salamanque. Forcés par Wellington et Beresford d'évacuer le Portugal pour la troisième fois et de lever le siège de Cadix, les Français et le roi Joseph abandonnent Madrid qu'ils reprennent l'année suivante (1811).

Campagne de Russie»-» Le joug du système continental pesait à la Russie, et ses plaintes aussi bien que les usurpations de Napoléon ne tardent pas à amener une rupture. Le prince Kourakin quitte Paris (avril 181*2). De part et Vautre on se prépare à la lutte. Napoléon a pour lui l'Autriche, la Prusse et toute l'Europe centrale qui lui fournissent leurs contingents. La Russie s'allie à la Suède. Jamais on ne vit si formidable entreprise. C'en était fait de la Russie sans le désastreux hiver de 1812. L'armée française passe le Niémen, bat les Russes à Smolensk et à la Moskowa. Le 14 septembre elle fait son entrée triomphale à Moscou. Deux jours après cette antique capitale est réduite en cendres par le sauvage patriotisme d'un gouverneur russe. Il ne restait plus d'autre ressource que la retraite. On était au mois d'octobre. Poursuivis, harcelés par des ennemis sans nombre, les Français sont

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décimés par le triple fléau de la guerre, de la faim et âan froid terrible. Plus de chevaux, plus de magasins, plus d'abri; rien que le désespoir. Le passage delà Bérésina est le plus épouvantable épisode de cette campagne désastreuse qui moissonna une des plus belles armées qui aient jamais élé ' vues. Beauharnais, vice-roi d'Italie, et Murât rallient les débris de l'armée en Pologne, taudis que Napoléon vient à Paris donner la première nouvelle de sa défaite. L'astre de l'Empereur a pâli.

Lecture : Campagne de Russie, par M. de Ségur.

CraffSédération c!©s souverains de l'Europe. —

La Prusse, l'Autriche et la Hollande ne tardent pas à secouer leurs chaînes. L'Angleterre et la Suède se mettent de la partie, et, malgré les victoires de Lutzen et de Bautzen, la France est abandonnée de la fortune à la bataille de Leipsick. L'Allemagne est libre, et l'armée française fait sa retraite sur le Rhin.

Déchéance de Wap©îé®n, Rétablissement de»

Bourbons. — La France a perdu tous ses alliés , tandis qu'une coalition formidable la presse de toutes parts. Les souverains confédérés ont envahi le territoire français, et marchent avec un million d'hommes sur Paris. Napoléon déploie en vain toutes les ressources de son génie. Paris capitule, et le sénat prononce la déchéance de son maître, retiré à Fontainebleau. Le 4 avril 1814, celui qui avait commandé au monde abdique, et adresse à sa garde de touchants adieux. Il part pour Pile d'Elbe. Les Bourbons rentrent en France.

Lecture : Histoire de Napoléon, par M. de Norvins.

Observations sur l'Empire.

L'empire a été une réaction contre la liberté, et la substitution d'un gouvernement militaire au gouvernement populaire. Sous la république, tout se faisait par les délégués du peuple -, «ous l'empire, tout se faisait par la puissance d'un homme. Toutefois, jamais chez aucun peuple la gloire militaire n'atteignit un si haut degré de splendeur.

Conséquences. — 1. Invasion en Europe des idées révolutionnaires; — 2. Réaction des peuples contre le despotisme impérial; — 3. Retour de la France à ses frontières primitives ; — U- Despotisme administratif et centralisation du pouvoir.

fius&itïfliioiis. — Légion-d'Honneur. — - Les cinq Codes. — Lei

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Préfectures. — Le Sénat. — Édifices : Bourse ; — Arcs de Triomphe de l'Étoile et de la place du Carrousel ; — Colonne de la grande armée sur la place Vendôme.

Principaux hommes illustres.

guerriers. — Napoléon, Bernadotte, Augereau, Ney, Soult, Davoust , Marmont, Macdonald, Victor, Suchet, Lannes, Masséna, Eugène, Kellermann, Murât.

Ministres. — Talleyrand, Chaptal, Fouché, Savary, Fourcroy, Maret, Fontanes, Mole, Montalwet, Gaudin, Mollien, Clarke, etc.

Sénateurs. — Sièyes, Berthollet, Lanjuinais, Grégoire, Fouché, Rœderer, Chaptal, Barbé-Marbois, Boissy-d'Anglas , Garât, Monge, Barthélémy, le cardinal Fesch, etc.

Diplomates. — Bignon, Talleyrand.

jurisconsultes. — Cambacérès, Merlin de Douai , Boulay de la Meurthe, Portalis.

Littérateurs et Philosophes. — Chateaubriand, madame de Staël, Barante, Andrieux, Colin-d'Harleville, Duval, Volney, Fontanes, Cabanis, Destutt de Tracy, Royer-Collard, etc.

Etude : Esquisses littéraires de l'auteur.

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