‹ Nouveaux éléments d'histoire générale rédigés sur un plan méthodique entièrement neufChapitre 153 sur 166 · DANEMARK · texte numérisé non relu

DANEMARK

Bombardement ele Copenhague. — L'Angleterre avait fait d£ vains efforts pour détacher le ministre danois Bernsdorf de ses engage-

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ments avec la France ; et, ne pouvant l'entrai ner dans la coalition, elle résolut de punir le Danemark d'une fidélité aussi rare. Le 16 août 1807, une flotte anglaise parut devant la rade de Copenhague, et, sans aucune déclaration de guerre, les amiraux Parker et Nelson, après avoir battu la flotte danoise, bombardèrent impitoyablement la ville (2-3-4 septembre). Le 13 mars 1808, Frédéric VI succède à son père Christian VII, et déclare la guerre à la Suède. Cette guerre se termine, le 11 décembre 1809, par l'abandon par la Suède de l'alliance anglaise, le 22 mars 1813. Frédéric refuse de faire partie de la coalition, et le 17 avril de la môme année, il traite avec l'Angleterre, du consentement de la France, pour s'assurer l'intégrité du territoire du Danemark fmais le 25 du moine mois, il s'oppose à la réunion de la Norwége à la Suède. Frédéric déclare la guerre à la Russie, à la Suède et à la France, et le 14 juillet 1814 il est contraint de signer le traité du Kieî, et, dans la coalition contre la France, reçoit la Poméranie en échange de la Norwége ; après avoir échappé au poignard d'un assassin et avoir étouffé plusieurs insurrections, notamment celle du docteur Dampe, que l'on regarda comme fou, il meurt en 1839, laissant le trône à Christian VIII.

ANGLETERRE

Au sortir de la grande lutte avec la France, l'Angleterre victorieuse fut épuisée et malheureuse. Un roi en démence (Georges III), un régent sans mœurs, la princesse de Galles, Caroline de Brunswick, errant à l'étranger comme une aventurière, l'Irlande pauvre, accablée et toujours prête à se soulever, le commerce et le peuple en souffrance, les principes démagogiques poussés à l'extrême, telle était la situation de l'Angleterre en 1816. Dès cette époque, les assemblées populaires dirigées par Henri Ilunt et les Waîson firent couler le sang en plusieurs lieux ; une expédition assez brillante de lord Exmouth contre Alger ne fut qu'une courte diversion aux maux domestiques (août 1816). Peu de temps après, le régent fut insulté dans sa v6iture par les vociférations et les pierres d'une populace affamée. Vainement il fit l'abandon d'une partie de ses revenus (50,000 1. de rente), et les ministres du dixième de leurs appointements : le peuple ne fut pas satisfait. Il se forma dans Londres et dans toutes les villes manufacturières des sociétés révolutionnaires : les clubs de Hampden, la philanthropie, les amis de la réforme parlementaire. Hunt les dirige sous main avec adresse; ils ne se proposaient rien moins que le renversement de l'État, le pillage des maisons et le partage des moissons. Le mal gagna la chambre des communes. L'opposition régulière était dirigée par Tierney, le parti de la réforme par Brougham, et, au-dessus de lui, par lord Cochrane, chef d'hommes politiques qui demandaient le suffrage universel et le renouvellement annuel du parlement. Georges III mourut le 29 janvier 1820. Au milieu de ces troubles politiques, le régent, son fils, monta sur le trône sous le nom de Georges IV. — Les révoltes et les émeutes continuèrent, et le procès de la reine Caroline, condamnée comme ayant

trahi ses devoirs d'épouse et de reine, malgré les efforts et l'éloquent de Brougham (6 novembre), fut un des épisodes scandaleux de ce règne agité. La reine mourut le 7 août 1821. — L'émeute grondait donc sur les états de l'Europe. L'Angleterre était trop occupée chez elle pour aller repousser au dehors des soulèvements qu'elle avait peine. a c nienir dans son sein. —Le ministre lord Castlereagh venait de terminer sa vie par un suicide (1822). Canning, depuis deux ans, était au ministère lorsque l'Irlande fit ses derniers efforts pour échapper à la ruine*. On vit s'y former une association catholique fomentée pa.rDatiielO'CO/1tiellj avocat distingué du pays. Toutes les paroisses catholiques en trèrent dans l'association ; en 1825, Goulbum, ami du ministère, pro posa aux communes un bill tendant à amender les actes relatifs auà associations illégales d'Irlande. — Ce bill passa dans les deux chambres, malgré les efforts de l'opposition, et l'association irlandaise fut obligée de se dissoudre; mais elle se releva bientôt sous un autre nom, sous celui d'Association de Charité. Peu de temps après, sir Francis Burdett demanda la révocation de toutes les incapacités qui pesaient sur les catholiques ; cette motion triompha aux communes, mais l'influence du duc d'York la fit encore rejeter à la chambre haute, et l'Irlande retomba dans son ilotisme. Les troubles politiques continuèrent sous les différents hommes d'État, tels que Canning, qui meurt le 8 août 1827, Dudley, Robert Peel (mort en 1850), Wellington, John Russell. L'opposition, représentée par O'Connell, fit passer l'émancipation catholique (30 mars 1829), mais avec des restrictions. La réforme du système électoral agita l'Angleterre jusqu'en 1830. La révolution de juillet donna gain de cause aux radicaux. Georges IV ne vit pas la fin de cette dernière lutte. Il était mort le 26 juin 1830. Il eut pour successeur le duc de Clarence, son frère, qui régna jusqu'au 20 juin 1837, sous le nom de Guillaume IV. — Après lui, Victoria, fille du duc de Kent, monta sur le trône, et le royaume de Hanovre, réuni depuis plus d'un siècle à l'Angleterre, s'en détacha par l'avènement de cette princesse, en faveur d'Ernest, duc de Cumberland, cinquième fils de Georges III.

RUSSIE

Mort d'Alexandre à Taganrok. — Alexandre, abandonnant les routes battues par ses ancêtres, qui ne régnaient que par la terreur, eut l'ambition de ne régner que par des bienfaits qui lui acquirent l'amour de ses sujets. Il encouragea et protégea le commerce, améliora sensiblement l'administration de sa patrie, se déclara le protecteur des arts et des sciences, et combla de bienfaits, non-seulement les savants de son empire, mais encore ceux dont s'honoraient les diverses parties de l'Europe. Il donna une constitution à la Pologne, affranchit un grand nombre de serfs, et fonda de nombreuses colonies militaires. Aux congrès de Leybach (1820) et de Vérone (1822), il travailla, de concert avec les autres princes signataires du traité de la Sainte-Alliance, à réprimer les mouvements qui se manifestaient en Piémont, à Napler.

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et en Espagne. Il était occupé à visiter les gouvernements de ses vastes états, lorsqu'il mourut subitement (décembre 1825) à Taganrok, sur la mer d'Azof. Son frère Nicolas lui a succédé.

Ce prince signala le commencement de son règne par de sages ordonnances; mais à peine sortait-il des pompes de son couronnement, qu'il lui fallut repousser les agressions de la Perse (1826), qui venait réclamer, les armes à la main, l'exécution du trairté du 12 octobre 1813, et la délimitation des deux empires. Deux ans de succès terminèrent la querelle en faveur de la Russie. Les vaincus, outre une indemnité de vingt millions, durent céder au vainqueur les khannates d'Erivan et deNakhischewan; à ces conditions la paix fut signée au village de Tcuck' mant-Chœf, le 10 (22) février 1828.

Tandis qu'on le croyait absorbé par les guerres de Perse, Nicolas songeait à soutenir l'indépendance de la Grèce ; un traité était signé à Londres, le 6 juillet 1827, entre la France, l'Angleterre et la Russie, et le 20 octobre, le canon de Navarin proclamait la délivrance du Péloponèse. La Perse saisit cette occasion de donner carrière à sa haine contre la Russie.

TURQUIE

Guerre des Russes et des Turcs. — Une nouvelle guerre, la plus terrible, la plus menaçante peut-être pour l'empire turc, éclata. Les Russes marchaient à grands pas vers Constantinople, et semblaient près de réaliser les espérances de Catherine II.

La Russie reprochait à la Turquie, entre autres griefs :

1° De n'avoir pas exécuté les traités de Buckarest et d'Ackermann ;

2° D'avoir anéanti les privilèges des deux provinces de Valachie et de Moldavie;

3° D'avoir saisi les cargaisons des bâtiments russes;

4° D'avoir enfin excité contre elle la cour de Perse.

N'ayant reçu aucune satisfaction de la Porte, l'empereur Nicolasfait marcher contre le sultan une armée imposante. Les Russes s'avancent à travers une population en fuite et des hordes indisciplinées en déroute.

Les premiers avantages sont pour la Russie, qui a pour elle le nombre, la valeur et la discipline ; mais les Turcs, de leur côté, montrent une admirable résistance ; ils sont pleins de bravoure, d'énergie et du mépris de la mort.

Eraïlow, qui n'était considérée que comme une place de troisième ordre, tomba, le 20 juin 1828, au pouvoir des Russes, après une résistance si opiniâtre, que les Turcs tuèrent à leur ennemi plus de cinq mille hommes.

De grandes difficultés restaient encore aux Russes. Le premier boulevard (le Danube) était franchi; mais le second (le Balkan) est le plus redoutable, et c'était là vraisemblablement que se serait décidé le sort de l'empire turc, qui comptait déjà en Europe trois cent soixante et quinze ans d'existence, si la paix n'eût été rendue aux deux empires

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par un nouveau traité, entre Mahmoud et Nicolas, signé à Andrinople. Ce traité peut avoir une si grande influence sur les événements à venir, que nous devons en faire connaître les principales clauses.

Traité d'Andrinoplc (14 septembre 1829). — L'empereur Nicolas s'engage à rendre à la Sublime-Porte les principautés de Moldavie et de Valachie et toutes les places que ses troupes ont occupées dans la Roumélie ; mais désormais les hospodars, nommés à vie dans les deux principautés, régleront librement les affaires intérieures de leurs provinces, en consultant leurs divans respectifs.

L'empereur restitue, en outre, à la Turquie les places occupées par fces troupes dans la Turquie Asiatique, à l'exception des places d'Anapa, de Poti;d\ickhaltzick, d'Atzhour, d' Ackfialkalaki , places que l'empereur se réserve pour la sûreté de ses frontières, et comme à-compte des indemnités qui doivent lui être payées en argent par la Porte.

La Porte exécutera celles des clauses de la convention d'Ackermann, qui regardent la tranquillité et le bien-être de la Servie. La Porte déclare libres et ouverts, de l'un à l'autre bord, aux bâtiments marchands, nonseulement de la Russie, mais encore de toutes les puissances en paix avec la Turquie, le passage du canal de Constantinople et le détroit des Dardanelles (art. 7). Enfin la Porte s'engage à payer à la Russie, pour les irais de la guerre, une somme de 137,195,000 fr.

Telles sont les clauses de ce traité fameux qui assure à la Russie, du côté de la Perse et de la Turquie, des frontières d'autant plus respectables qu'elles rendent ces puissances tributaires l'une de l'autre, et qui accorde un immense bienfait au commerce russe par la liberté rendue à la navigation sur la mer Noire. Ce bienfait s'étend à tous les bâtiments marchands de tous les pays, mais non aux vaisseaux de guerre étrangers; ce sont là les principes du Droit des gens, qui établissent le droit de la propriété d'État; ainsi rentrent dans ce droit, sous la portée du canon, le canal de Bristol, celui de Saint-Georges, le détroit des Dardanelles, le Bosphore de Constantinople.

Nicolas paraissait croire la paix assurée, quand éclata un mouvement inattendu qui faillit renverser tout l'édifice de la Sainte-Alliance. La révolution de 1830 fut pour la Pologne le signal de la plus sanglante des insurrections.

POLOGNE

Sn$nri*cotioii polonaise. — Depuis le premier partage de la Pologne entre ses trois voisins, et la réunion définitive du duché de Varsovie à l'empire russe par le congrès de Vienne , les malheureux habitants de ce pays avaient toujours rêvé l'indépendance de leur patrie. La révolution de juillet vint donner la force et l'espoir à leurs cœurs. Un mouvement insurrectionnel éclate à Varsovie le 29 novembre 1830. Cinq à six cents jeunes gens de l'École militaire courent aux armes, attaquent le grand-duc Constantin dans son palais, et le forcent à se retirer avec sa garde. Les troupes polonaises embrassent vivement la cause de la liberté et achèvent l'ouvrage des jeunes porte-enseignes.

Tandis que les Russes se retirent, le général Klopicky est élevé à la dictature, et prend le commandement de l'armée polonaise. La diète ou assemblée nationale déclare la famille des Romanofs déchue du trône de Pologne.

Bataille d'<9s&i»oIcnka , capitiBlaiioBi tic Varsovie. — La

Pologne luttait depuis neuf mois, avec ses faibles ressources, contre toutes les forces de l'empire de Russie, et avait remporté des succès signalés à Grochow, Iganie, Dembé et ïikosin. Ces succès étaient dus à l'héroïsme des troupes polonaises autant qu'à la valeur et aux talents de leurs chefs Skrinccki, Ulminski, Dwernicki. Mais, écrasée par le nombre à la bataille d'Ostrolenka, l'armée polonaise se retire sous les murs de Varsovie, après avoir laissé 10,000 hommes sur le champ de bataille. Le 3 septembre 1831, cette ville, investie par le général Paskewitch, tombe au pouvoir des Russes après un siège meurtrier. Les Polonais rentrent encore une fois sous la domination de la Russie.

SUÈDE

près la déposition de Gustave- Adolphe et la mort dm prince d'vfwgustenbourg, héritier de la couronne, le 29 mai 1810, la diète suédoise fixa son choix sur un maréchal français, allié à Napoléon, et dont la belle conduite avait laissé dans le Nord des souvenirs de modération et de justice, Bernadette, adopté par le duc de Sudermanie, devenu roi de Suède sous le nom de Charles XIII. Le nouveau prince embrassa le luthéranisme. Oubliant peut-être les bienfaits de Napoléon, Rernadotte signe un traité d'alliance offensive et défensive avec la Russie, le 24 mai 1812. Il prit dès-lovs le parti de la coalition contre la France, et fut, selon l'expression de Napoléon lui-môme, la plus grande cause des malheurs des Français de 1812 à 1814. Il marcha, la môme année, contre les Danois, qu'il écrasa, et avec lesquels il signa, à Kiel, le 14 janvier 1814, un traité stipulant la cession de laNorwége à la Suède. La justice veut que nous disions qu'en 1815 il refusa de se joindre à la seconde coalition. Après la mort de Charles XIII, arrivée le 5 février 1818, il monta sans obstacle sur le trône de Suède et prit le nom de Charles XIV. Il est mort en 1834 ; son fils Oscar I règne. ITALIE.

Les guerres de la révolution française, et surtout de l'Empire, changent pour quelque temps la face de l'Italie. En 1801, la Savoie et le Piémont sont réunis à laFrance ; le Milanais, enlevé à l'Autriche, forme la république cisalpine ; l'Autriche est indemnisée par la cession de Venise et de ses états en Terre-ferme ; un prince d'Espagne reçoit le royaume d'Étrurie. En 1805, après la bataille d'Austerlitz, et par suite du traité de Vienne, Venise et la Terre-Ferme sont réunies à la république cisalpine, qui porte le nom de royaume d'Italie ; Gênes est incorporée à l'Empire français.

Le royaume de Naples, conquis par les armées françaises, échappe au roi Ferdinand IV, qui ne garde que la Sicile ; Joseph, frère de Bo-

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ri aparté, en est nommé roi (1806) ; Murât, beau-frère de l'empereur, lui succède (1808) ; après l'abdication de Louis II, roi d'Étruirie (1807), la Toscane augmente l'Empire français ; en même temps une partie de l'État romain vient accroître le royaume d'Italie qui s'enrichit encore du Tyrol méridional, tandis que Rome môme et tout ce qui reste de l'État romain entre dans l'Empire français.

Ainsi, hormis la Sicile que conservait les Bourbons de Naples, et la Sardaigne qui reste à la maison de Savoie, toute l'Italie obéit à Napoléon à quatre titres différents :

1° Tout le nord-ouest jusqu'au Garignalo (moins la principauté de Lucques et de Piombino qu'il a donnée à sa sœur aînée Élisa) est censé Empire français.

2° Tout l'est et les Légations forment son royaume d'Italie, administré pour lui par Eugène de Beauharnais,son beau-fils, en qualité de vice-roi.

3° Le royaume de Naples est gouverné par son beau-frère Murât.

4° Les États de l'Église sont convertis en départements français.

Mais, en 1814, un article du congrès de Vienne, (qui dura du 1er novembre 1814 au 25 mai 1815) rend au pape tous ses États (Pie VII, Pie VIII, Grégoire XVI , Pie IX 1850) ; à la maison de Savoie, la Savoie, le Piémont, Nice, Gênes. Charles-Emmanuel IV (16 octobre 1796) faisait d'inutiles efforts pour comprimer dans son royaume les ferments de révolutions ; forcé de céder à la république française ses états continentaux, il abdiqua, en 1802, en faveur de son frère Victor-Emmanuel, et se retira à Rome, où il mourut en 1849. Victor-Emmanuel V ne revint dans l'île de Sardaigne qu'en 1808, et s'y maintint au moyen des subsides de l'Angleterre jusqu'en 1814, où ses états lui furent rendus. En 1821, un mécontentement général s'éleva dans son royaume : il ne voulait pas céder aux vœux de son peuple ; il abdiqua en faveur iu duc de Generari, Charles-Félix, son frère ; ce dernier mourut en 1831, sans avoir rien fait de remarquable, laissant la couronne au prince de Carignan, Charles-Albert, dont le règne a été agité par les dernières révolutions ; il est mort en 1849 ; il avait abdiqué en faveur de son fils Victor-Emmanuel II.

La Grèce, depuis la conquête de la Russie, n'avait cessé d'être remuée de toutes parts pendant le 18e siècle. Les Monténégrins (Épirotes), soutenus par la Russie, essayèrent un soulèvement (1766) ; après eux, les habitants de la Morée (1769-1779);, Les Souliotes (Albanais), plus heureux, firent un instant reconnaître leur indépendance (1772); mais, en 1804, ils furent exterminés par le fameux Ali-Pacha de Janina. Enfin, un soulèvement général 'éclata en 1821. La guerre dura neuf années, pendant lesquelles nous signalerons les héroïques défenses de Missolonghi, d'Athènes, de Nauplie (1825-1826), et la victoire navale de Navarin, remportée par les flottes combinées de France, d'Angle^

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terre et de Russie (20 octobre 1827). L'année suivante (1828), les armées combinées, après un blocus de neuf mois, entrèrent une seconde fois dans la rade de Navarin. Un mois après, une armée, commandée par le général Maison, débarqua dans le golfe de Calamata. Grâce à cette intervention, l'armée turco-égyptienne d'Ibrahim-Pacha évacua le territoire de la Grèce, et l'indépendance de ce pays célèbre fut proclamée le 3 février 1830. La couronne fut alors offerte au prince Léopold de Saxe-Cobourg (depuis roi des Belges) ; sur le refus de ce prince (7 mars 1832), les grandes puissances placèrent sur le trône de la Grèce le prince Othon, deuxième fils du roi de Bavière, qui règne encore aujourd'hui sous le nom d'Othon I.

ASIE

Chine. — Kia-King, empereur, 1796-1820, eut plusieurs révoltes à comprimer pendant son règne. On conspira contre sa vie, et il promit de mieux mériter l'amitié de ses sujets. « C'est leur indifférence qui » m'afflige, disait-il, et non le poignard d'un assassin. » Deux parents de l'empereur furent exécutés en 1813 pour avoir conspiré contre lui. Des associations secrètes se formèrent : leur but était de détruire la domination des Tartares. Ces sociétés portèrent successivement le nom de Pe-lian-Kiao, ou secte de Nénuphar, de Thian-li (raison céleste), société de la Triade. Les supplices se multipliaient avec les révoltés. En 1816, il y avait dans les différentes provinces de la Chine dix mille deux cent soixante et dix criminels convaincus de crimes capitaux. Le règne de Kia-King semble avoir été une suite continuelle de calamités et de révoltes ; il mourut le 2 décembre 1820. Taa-Kouang (1821) lui succéda ; il se montra aussi hostile à la prédication de l'Evangile que son père. De nouvelles révoltes eurent lieu ; la dernière (1832) fut la plus terrible. Tout prouve que la dynastie tartare mantchoue a plus que jamais besoin de fermeté pour se maintenir sur le vieux trône impérial de la Chine.

Perse. — A partir du 17e siècle, tout change en Perse, et une multitude d'usurpations, parmi lesquelles celle du fameux Nadir déchirent la Perse, qui finit par être démembrée (1777), jusqu'à ce qu'enfin la main plus forte du prince Kadjar-Feth-Ali-Chah reconstruisît dans l'orient de l'ancienne Perse, l'empire d'Iran ; mais les guerres de ce prince avec la Russie (1827) ont encore enlevé à la Perse la partie de l'Arménie où se trouve Erivan. C'est un petit-fils de Feth-Ali-Chah qui était sur le trône en 183/j.

Isisles. — Les 18e et 19e siècles voient l'agrandissement des Anglais dans les Indes. Ils reprirent , sous Clive et Warren Hastings , le rôle que déserta Louis XV ; ils fondent la devonnie du Bengale, font du nabab d'Aoude leur vassal , obtiennent Benarès et beaucoup d'autres villes importantes par surprise et par ruse. Après des guerres heureuses contre les Français, contre les deux rois du Maïssour (Mysor), Haïder- Ali et Tippoo-Saëb, contre les Mahrattes, contre tous les indigènes,

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ils finissent, en 1S17, par se rendre maîtres de la presque totalité de l'Indostan, qu'ils possèdent, comme fiefs sous leur protection ; et malgré la lutte immense qu'ils soutiennent encore actuellement sur divers points de cette vaste contrée, tout fait présager que les Anglais de- Tiendront un jour maîtres absolus de l'Inde entière (1850).

AFRIQUE

Egypte. — Depuis 1806, l'Egypte a été gouvernée par un vice-roi, Méhémet-Ali, l'un des souverains les plus politiques de cette époque ; il avait réuni, par ses conquêtes, à ses États, la plus grande partie de la Nubie et quelques autres pays de l'Afrique, une partie de l'Arabie, de la Syrie, Chypre et Candie ; mais il s'était vu, par suite des derniers événements, réduit à ses États d'Afrique (1840-1841). Méhémet-Ali a fait pour la civilisation des Orientaux des tentatives qui ont. déjà, en grande partie, produit d'heureux effets. Son petit-fils, Abbas-Pacha est aujourd'hui vice-foi.

Alger. — L'Algérie fut pendant quelque temps régie par un pacha et un dey, mais ces deux chefs étaient sans cesse en querelle, et en 1710, le dey Baba-Ali expulsa le pacha, et réunit en sa personne tous les pouvoirs. A dater de ce moment, l'autorité de la Porte ne fut plus que nominale. La milice turque devint maîtresse absolue : elle fit et défit les deys selon son caprice, et alla jusqu'à en nommer six dans un jour. Néanmoins, ce gouvernement subsista jusqu'à l'invasion des Français et la prise d'Alger en 1830. Depuis cette époque, l'Algérie est sous l'autorité de la France, qui l'a fait régir d'abord par des généraux en chef, puis par des gouverneurs. Ceux qui ont commandé en chef sont : les généraux Bourmont, Clauzel, Berthezène, Savary, Voirol (1830-1834). Les gouverneurs sont : les généraux d'Erlon, Clauzel, Danrémont, Valée, Bugeaud (1834-1844). Les principaux faits de la conquête, sont : l'occupation d'Oran (1830), de Bone (1832), d'Arzew, de Mostaganem et de Bougie (1833) ; la malheureuse expédition de la Macta (1835) ; la prise de Mascara, de Tlemcen (1835) ; la victoire de la Sikkak, remportée par le général Bugeaud (1835) ; le traité de \& Tafna, conclu en 1S37 avec Abd-el-Kader, par lequel on obtenait la paix dans l'Ouest, en abandonnant aux Arabes une grande partie de a Régence ; la prise de Constantine par le général Danrémont, qui y périt (13 octobre 1S37) ; le passage des Portes-de-Fer (octobre 1839) ; la reprise des hostilités avec Abd-el-Kader à la fin de 1839 ; le passage du col de Mouzaïa (mai 1840), la prise de Takedemp (1S41) ; l'héroïque défense de Mazagran, l'occupation de Cherchell, de Médéàb, de Milianah (1841), de Biscara (1844) ; enfin, la soumission de tout le pays.

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