‹ Nouveaux éléments d'histoire générale rédigés sur un plan méthodique entièrement neufChapitre 152 sur 166 · RESTAURATION · texte numérisé non relu

RESTAURATION

Causes. — 1° L'excès des conquêtes de l'empire ; — 2. La réaction des peuples et- des souverains de l'Europe contre la tyrannie impériale; — 3. La lassitude et l'épuisement de la France.

Premier traité de Paris (30 mai 1814), qui termine la guerre entre la France et les puissances : 1° la Belgique est reunie aux Provinces-Unies ; le Hanovre reste à l'Angleterre, qui restitue à la France ses colonies excepté Tabago , Sainte-Lucie et l'Ile de France; T la Norwége est cédée à la Suède ; 3° l'Espagne reçoit son roi Ferdinand VII , qui casse les Cortès et rétablit l'Inquisition ; 4° les États de l'Église reçoivent sur le trône de Saint-Pierre le vertueux Pie Vil; 50 la Sardaigne, affranchie du joug des Génois, possède son roi Victor- Emmanuel ; 6° l'Autriche gagne Venise et une partie de l'Italie; 7° le royaume de Naples est laissé à Murât. La France recouvre la Guyane française, en s'engageait ù ne point fortifier ses places dans les Grandes-Indes, et à abolir, dans l'espace de cinq ans, le commerce des esclaves. Malte reste à l'Angleterre. — Le Portugal rend la Guyane française. —■Les deux tiers des vaisseaux de guerre et des approvisionnements de marine dans les ports abandonnés par la France

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leur sont attribués. Les alliés renoncent à toute repétition des sommes qu'ils pouvaient avoir à prétendre de la France pour marchés, fournitures avancées. — La France s'oblige à payer les créances de cette nature dues à des particuliers.

Les plénipotentiaires étaient : pour la France, Talleyrand ; pour l'Angleterre, lord Castlereagh ; pour la Russie, Rasumousky ; pour l'Allemagne, Metternich et Hardenberg.

Charte c©iîstitaatl©aass©lle9 donnée aux Français par Louis XVIII (4 juin). — Le premier article porte que tous les Français sont égaux devant la loi, quels que soient d'ailleurs leurs titres et leur rang.

£©asgi»ès de Viciasse. — L'ouverture en forme du congrès de Vienne eut lieu le 1er novembre 1814, et sa fermeture le 25 mai 1815. Tous les rois et tous les ambassadeurs s'y assemblèrent ; en voici les résultats : confirmation de l'alliance de Ghaumont pour l'indépendance de l'Europe contre Napoléon et ses adhérents ; le contingent de chaque grande puissance est fixé à cent quatre-vingt mille hommes ; toutes les puissances de l'Europe sont invitées à entrer dans cette coalition : toutes y accèdent, excepté la Suède.

Se trouvaient en personne : 1° les empereurs d'Autriche et de Russie ; 2° les rois de Pruftse , de Danemark, de Bavière, de Wurtemberg; 3° l'électeur de Hesse, le grand-duc de Bade, les ducs de Saxe-Weimar, de Brunswick, de Nassau., de Cobourg, et un grand nombre d'autres princes; 4° les principaux ministres et envoyés des états de l'Europe:

I»ape, le cardinal Consalvi.

Autriche, le prince de Metternich.

ES,aassSe, le prince de Rasumouski, les comtes de Stackelherg

et de Nesselrode.

Crusse, le prince de Hardenberg et M. de Humboldt. Frauce, le prince de Talteyrand et le duc de Dalberg. I^spagaie, les comtes de Palmella, de Lobo de Sylveira. Pays-Bas et x-asàau, MM. Spoën et de Gagera. ©auemark, le comte de Bernstorft".

Sarîlaiguej le marquis de Saint-Marsan.

BBavÊère, le marquis de Wrède et le comte de Rechberg, Wurteuafoea-g, le comte de Wintzingerode. Hanovre, le comte de Munster et le comte de Hardenberg. §axe, le comte de Set ulembourg, etc., etc.

KeÉ@sM8 de Napoléon — Pendant ce temps, Bonaparte avait quitté l'île d'Elbe et débarqué à Cannes (l9r mars

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4815). Il s'avance vers Paris sans obstacle, et renverse un trône encore mal affermi. Le roi se retire à Lille, puis à Gand; mais Napoléon, en reprenant son titre, ne recouvre pas sa puissance.

H&écl&pation de© alliés. — A la nouvelle du retour de Bonaparte, le congrès de Vienne n'était pas encore fermé ; on prit aussitôt les mesures convenables. Une alliance des plus étroites unit toutes les puissances ; Napoléon fut déclaré l'ennemi des peuples^ et mis hors la loi des nations.

Confédération* ©erBuaitlque. — Les princes souverains et les villes libres d'Allemagne, l'empereur d'Autriche et le roi de Prusse, pour leurs possessions qui ont anciennement appartenu à l'empire germanique, le roi de Danemark pour le duché de Holstein, et le roi des Pays-Bas pour le grand-duché de Luxembourg, établissent entre eux une confédération perpétuelle, qui prend le nom de Confédération germanique. Le but de celte confédération est le maintien de la sûreté extérieure et intérieure de l'Allemagne, de l'indépendance et de l'inviolabilité des Etats. Les membres de la confédération sont égaux en droits; ils s'engagent tons a maintenir l'acte qui constitue leur union, la diète siège à Francfort-surle-Mein ; elle s'occupe de la rédaction des lois fondamentales et des institutions organiques.

ISatallïe €Ïe WateasI©o (18 juin 1815). — Les alliés rassemblent aussitôt dans les Pays-Bas une armée anglo-hollandaise , commandée par Wellington, et une armée prussienne sous les ordres de Bliicher. Mais Napoléon, que ces deux généraux croyaient à Paris, tombe à Timproviste sur Bliicher, qu'il défait complètement à la bataille de Ligny (16 juin); il charge Groachy . commandant un tiers de l'armée, de poursuivre vivement les Prussiens, pour les empêcher de se rallier, tandis qu'il va tomber avec les deux autres iierssur ies Anglais, que Ney devait attaquer à mesure qu'ils se porteraient sur la position des Quatre-Bras, qui était leur point de ralliement. Cette savante manœuvre est très mal exécutée par Ney, dont l'esprit était troublé par ses défections de Fontainebleau et de Lons le-Sanlnier; cependant, le 18 juin, les Anglais, après avoir été décimés pendant six heures par noire artillerie et notre infanterie, très avantageusement pos tées, commençaient leur retraite, lorsque notre victoire fut

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tout à coup changée en une déroute complète par l'arrivée des Prussiens : c'était le corps d'armée de Bliïcher, qui avait pu se rallier tout à sou aise, n'étant pas poursuivi par Grouchy. Le maréchal aurait pu réparer sa faute en suivant le conseil que lui donna le général Gérard , de marcher sur le-champ à l'endroit où une épouvantable cannonade lui annonçait qu'il y avait des ennemis à combattre. Cette manœuvre nous aurait fait remporter une victoire complète sur les Anglais déjà vaincus ; la fortune en décida autrement : les Français furent mis en fuite, et leur chef revint lui-même en toute hâte à Paris.

Lecture : Histoire de Napoléon, par M. de Norvins. — Messèniennes, par Casimir Delavigne.

©euxièiia© ppi-ge de Fai»Is9 deuxième at>di« cats©sê de Napoléon. — La perte de la bai aille de Waterloo, et surtout la division que mit entre les Français la chambre des Représentants en se déclarant contre Napoléon, amena la seconde prise de Paris. L'Empereur alors abdiqua une seconde fois en faveur de son fils. On le força de s'éloigner; il prit la rouie de Rochefort, d'où il espérait passer en Amérique; mais une croisière-anglaise, qui stationnait devant le port, fit échouer ce projet. Napoléon alors prit le parti de se placer lui-même sous la sauvegarde des libertés britanniques; iï chercha asile sur un vaisseau anglais; mais les lois qu'il invoquait ne le protégèrent pas; il fut déclaré prisonnier et conduite Sainte-Hélène. Arrivé dans cette ile, le '17 octobre 1815, Napoléon occupa pendant cinq ans et demi l'habitation de Longwood. Accablé par les tortures d'une si longue captivité, il y mourut d'une maladie de foie, le 5 mai 182 S , au bout de quarante-neuf jours de souffrances, après avoir écrit un testament où respire son amour pour la France. Son corps fut embaumé et déposé dans un caveau, au fond d'une petite vallée. « Il avait désiré être enterré sur le bord de la Seine, au » milieu des Français qu'il avait tant aimés. » Ce vœu a été rempli : le 15 décembre 1840, Paris reçut ce précieux dépôt, qui doit rester aux Invalides.

Observations su:r Napoléon.

Napoléon, comme général, restera l'égal de César; ses batailles ont an éclat qui fascine plus que les victoires du conquérant des Gaules. L'homme des temps modernes a déjà plus de merveilles autour de son nom que le héros de l'antiquité. Tout semble s'arranger dans sa vie

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pour frapper l'imagination : sa brusque apparition, le type frappant de sa figure, le bruit inoui dont il remplit le monde le grandissent, plus encore que l'éclat de sa chute et l'étrange fin de sa vie, qui est allée s'éteindre dans les lointains de l'Océan.

L'empire, dans ses dix ans de durée, a répandu sur les pays conquis comme sur la France, plus de travaux, plus d'éléments de civilisation que les deux siècles qui avaient précédé. Sous l'empire comme sous le, consulat, Napoléon apporta à toutes les parties de l'administration une application énergique; son infatigable curiosité pénétrait jusqu'aux plus petits détails , et sa vaste mémoire retenait tout. Napoléon s'était fait un empire plus vaste que celui de Charlemagne. Pourtant il s'agitait dans ce cercle immense et l'élargissait toujours; il avait le tourment des grands ambitieux; il fut victime de son orgueil et de son organisation; la France en fut victime comme lui et plus que lui. On a dit avec raison : « Si c'est à la durée que se reconnaît la force de toute création, » Napoléon pourra rester plus grand pour la poésie que pour l'histoire. »

Lecture : Histoire de l'Empire, par M. Thiers. — Mémorial de Sainte- Hélène. — Histoire de Napoléon, par Bignon.

Travail : Tableau du régne de Napoléon.— Carte de l'Empire par départements.

Secoudc !fcC(9tîMM°atI©M? 28 juin. — Louis XVIII, qui s'était réfugié à Gaiid, et dont l'absence de cent jours fait époque (du 20 mars 18*5 au 28 juin), rentre en France et conserve le trône jusqu'à sa mort (1824). Son règne ne l'ut guère rempli que par des discussions parlementaires, qui ont eu pour effet d'asseoir en France le gouvernement constitutionnel. Le seul événement militaire qui ait eu lieu, estl'expédilion d'Espagne, dans le but de raffermir Ferdinand VII sur son trône. Louis XVIII était un prince spirituel et éclairé. Son frère, Charles X, lui succéda.

Lecture: Vie de Louis XVIII, par M. Alphonse Beauchamp.

Deuxième traité de Parfis.— Le 20 novembre 184 5, un second traité de Paris, imposé par les souverains alliés, fixa les nouvelles limites de la France, qui perdit, dans un nouveau partage de l'Europe, la Savoie et un grand nombre de places fortes. Une contribution de guerre de sept cents millions, payable en cinq ans, et l'entretien d'un corps étranger de cent cinquante mille hommes, telles sont les dures conditions qu'eut à subir la France jusqu'en 1818.

SaiiitcvÂllfance. — Les souverains alliés qui avaient! où leurs succès contre la France à leur étroite union, la resserrèrent encore davantage par un nouveau traité si&ué à;

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Paris, le 26 septembre 1815. Ce traité fut appelé la Sainte- Alliance. Les souverains s'y jurent une mutuelle assistance, et se garantissent leurs trônes contre toute espèce d'entreprises.

Conspiration «le Saumur et de la Rochelle*

— Déjà une opposition formidable se manifeste contre la Restauration et sa tendance anti-libérale. Cinq conspirations qui éclatent en France dans le cours de Tannée 1822 donnent lieu à des procès qui ont beaucoup de retentissement. Le complot de Saumur avait pour moteur le général Berton et le chirurgien-major Ca fie ; ils devaient donner le signal, et les principales villes de France devaient leur répondre par un soulèvement. Mais, au moment d'éclater, la conspiration est découverte, et ses principaux chefs sont condamnés à mort. Berton monte à l'échal'aud en criant: Vive la liberté! Caffé s'ouvre les veines dans sa prison, et quatre jeunes sous-officiers, Bories, Goubin, Raoul et Pommier, sont victimes de leur imprudente et folle tentative.

Campagne d'Espagne— (4823). Le congrès de Vérone avait décidé qu'en exécution du traité de la Sainte-Alliance une armée française irait délivrer Ferdinand VII, prisonnier des Cortès. Le duc d'Angoulême, neveu de Louis XVIIi, entre en Espagne à la tête de cent mille hommes ; Madrid, Séville, Cadix ouvrent successivement leurs portes, elle roi d'Espagne est délivré presque sans coup férir. Cette campagne est signalée par la modération du vainqueur, qui défend toute arrestation arbitraire, sans le concours des autorités françaises, par une ordonnance signée à Andujar. Dans cette nouvelle lutte, les Espagnols parurent avoir épuisé toute l'énergie qu'ils déployèrent contre Napoléon de 1808 à 1813.

¥ScteIfl»e de Navarin, remportée sur les Turcs par les trois puissances alliées, l'Angleterre, la France et la Russie, le 20 octobre 1827. — Les escadres combinées de France, de Russie et d'Angleterre, voulant tenter un dernier effort pour faire cesser les hostilités entre les Grecs et les Turcs, pour obtenir une prolongation de l'armistice violé par Ibrahim-Pacha, et s'assurer de sa stricte exécution, se présentent à la passe de Pylos, formée par la terre-ferme sur laquelle est bâtie Néocastro ou Navarin (l'ancienne Pylos), et l'île de Sphactérie. Leur dessein est de mouiller à l'entrée de cette

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passe afin de réduire les Turcs à remettre en mer, s'ils avaient l'intention d'appareiller. La flotte ottomane, forte de plus de cent voiles, se trouvait échelonnée de manière à former trois lignes de défense et à empêcher l'entrée du port. Le chàleau de Navarin et quelques batteries dressées sur l'île de Sphactérie complétaient le système de défense.

Deux parlementaires avaient été envoyés au kapitan ou chef avec des propositions de paix, mais le second ayant été reçu à coups de canon, l'amiral Codrington ordonna l'attaque. De Rigny, amiral fiançais, essuie les premiers feux aux cris répétés de vive le roi ! et bientôt Anglais et Français se trouvent aux prises avec les infidèles.

A neuf heures, on avait démonté les batteries de Navarin et de Sphactérie; cinq vaisseaux turcs étaient en fuite à dix heures; quarante-cinq transports furent embrasés. Enfin, à cinq heures du soir, la première ligne des Turcs était détruite, les vaisseaux et les frégates rasés, coulés, incendiés : le reste s'en allait à la côte, où ils se brûlaient d'eux-mêmes. De cet armement formidable il ne resta plus qu'une vingtaine de corvettes et de bricks, encore furent-ils abandonnés.

Ibrahim Pacha n'avait pas assisté au combat; il se trouvait dans les montagnes de Messénie, dévastant tout le pays par où il passait, crucifiant les prêtres, et faisant passer toute la population au fil de l'épée.

Prise de Navarin, de Bîodon et de Coron9 par

l'expédition française de Morée, les 6, 7 et 9 octobre 1828. — Le gouvernement avait décidé qu'une expédition aurait lieu pour protéger les Grecs contre les atrocités de la Porte. Cette résolution généreuse reçut l'approbation générale, et une foule de jeunes Français briguèrent l'honneur d'aller fouler le sol de l'héroïque Grèce, et d'y secourir les malheureux Hellènes. L'expédition partit de Toulon sous le commandement du lieutenant-général Maison, et arriva heureusement en Morée. On traita avec le pacha d'Egypte, qui prit la route d'Alexandrie. Après le départ d'Ibrahim, le lieutenant-général se disposa à attaquer les places de la Messénie, dans le cas où elles refuseraient de se rendre. Suivant ses ordres, le maré- | chal-de-camp Higonet prit position près de la citadelle de ■ Navarin, et entra en pourparlers avec le commandant turc, / pour la remise de la place ; il se rendit, ainsi que l'amiral de Rigny, auprès de ce commandant, qui se disait malade. Des

réponses évasives ayant été faites, l'ordre de marcher sur !a forteresse est donné et exécuté rapidement. Le général Higonet escalade une brèche que les sapeurs du colonel Audoy avaient rendue praticable, pénètre dans la ville, et de là dans la citadelle, sans trouver aucune résisiance (le 6) ; les pavillons des trois puissances (France, Angleterre, Russie), furent hissés sur une des tours de la citadelle. On trouva dans Navarin soixante bouches à feu, dont cinquante en batterie et chargées, des magasins de vivres pour plusieurs mois, huit cent mille cartouches et de l'eau pour quatre jours. La garnison se composait du quaranle-neuvième bataillon égyptien, fort de quatre cents hommes, de soixante et dix canonniers et de soixante Turcs moréotes. Elle fut embarquée pour l'Egypte avec armes et bagages.

Pendant que ce mouvement s'opérait sur Navarin, le général Durrieu, chef d'élat-major, sommait Modon de se rendre. Achmet-Bey commandait les Égyptiens, et Hassan-Pacha les Turcs. La forteresse ayant répondu comme le gouverneur do Navarin, on fit sauter les portes de la place, et le 7 Modon tomba au pouvoir des Français. Celte place forte était pourvue pour plus de six mois de vivres, de munitions pourdeux siège de cent pièces de canon, et de mille soixante et dix-huit hommes de garnison, dont cinq cent huit Turcs, et cinq cent soixante et dix Arabes du quatrième bataillon.

Coron fut somme le même jour, la résistance fut opiniâtre; le général Sébasliani -l'assiégeait. On signifia au gouverneur d'envoyer un officier s'assurer de la prise de Modon, et que si un quart d'heure après son retour la place n'était pas remise aux Français, elle serait attaquée par terre et par mer, et dé truite avec la garnison. Ces menaces produisirent leur effet, el le 9 Coron ouvrit ses portes.

Ces trois places n'offraient qu'un amas de masures renver sées les unes sur les autres.

Le 4, le général Schneider avait forcé Hadji-Abdallah, pacha de Patras et du château de Morée, à capituler.

La division française, pour n'avoir pas eu de combats a soutenir, n'en a pas moins eu de grands obstacles à vaincre, et a montré une constance et un courage méritoire en face de privations et de fatigues assez dures à supporter. De quelque manière que la politique envisage l'expédition de la Grèce, elle doit faire beaucoup d'honneur à la France.

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Ministère P©SfgMac9 Adresse des Ml* — Effrayé sans doute des exigences libérales des députés élus en 4 827 , Charles X chargea tout à coup le prince de Polignac de composer un nouveau ministère, dont il le nomma président. Le 9 août 1829, la France étonnée apprit ce nouveau changement, dont les conséquences devaient être si graves. Le Moniteur officiel ne laissa plus de doute, et chacun se prépara à soutenir la lutte. La chambre des députés, à l'ouverture de la session, exprima, dans une adresse énergique votée par 221 de ses membres, sa répugnance pour les nouveaux ministres, pt les craintes qu'ils inspiraient. Les remontrances furent remues par une dissolution. On s'associa pour le refus de l'impôt.

Lecture : Histoire de la Révolution de 1830.

Csimpsagrae d'Afrique* — Le dey d'Alger ayant insulté notre consul, la France demandait à la Régence, par un étroit blocus, satisfaction de cette insulte. Le contre-amiral de la Bretonnière est envoyé comme parlementaire à Hussein. Celui-ci répond par le canon de ses forts (8 août 1829). Cette nouvelle insulte ne pouvant rester impunie, la guerre est aussitôt résolue. Le général de Bourmont, ministre de la guerre, quitte Paris et s'embarque pour Toulon avec l'armée d'expédition. Composée de cinq cents voiles, la flotte, sous les ordres de l'amiral Duperré, cingle vers Alger, et débarque l'armée d'expédition sur la plage africaine (U juin 4830). Les Barbares sont culbutés à Sidi-Ferruch, et le drapeau blanc est arboré au sommet de Torre-Chica (petite tour)- Les troupes sont animées d'une ardeur extraordinaire ; partout où la tactique militaire et le courage peuvent se déployer à leur aise, les soldats français triomphent des Bédouins et de leur cavalerie rapide. Enfin le fort de l'Empereur, qui domine Alger, est attaqué (4 juillet 4830), saute et découvre, au feu de l'artillerie française, Alger, qui capitule le lendemain, 5 juillet 1830. On trouve dans la Casaubah ou palais du dey, cinquante millions qui indemnisent des frais de la guerre. La piraterie est détruite, et le dey d'Alger se retire tranquillement en Europe. La régence d'Alger est aujourd'hui la plus belle colonie de la France.

Coup'd'œil sur l'état de l'Europe de 1815 à 1830.

L'histoire de l'Europe, depuis 1«15 jusqu'en 1830, peut se diviser eu deux périodes distinctes; l'une de cinq ans, marquée par l'établisse-

ment des souverainetés, qui cherchent les moyens de conserver l'étendue de leurs états , donnent des constitutions ou restaurent la monarchie absolue. Cette période de 1815 à 1820 est la fin de l'histoire de l'Europe pendant le règne de Napoléon. On y voit les peuples se reposer de la guerre, réparer leurs forces et relever leur commerce. j L'autre période , de dix ans , ouvre en 1820 une ère nouvelle qui & ipour principaux caractères les révolutions d'Espagne, de Lisbonne, de 'Turin, de Rio-Janeiro, du Péloponèse.

La France, l'Espagne, l'Italie, l'Amérique et la Grèce sont les nations qui occupent tour à tour la scène et fixent le plus l'attention du monde.

La séparation entre le Brésil et le Portugal , l'émancipation des colonies espagnoles, l'indépendance de la Grèce, forment les plus grands événements de cette période; Bolivar, Mahmoud , Mèhémet-AU en sont les trois personnages les plus remarquables.

La palme de la Politique étrangère appartient à l'Angleterre, qui a le plus négocié; celle de la Guerre, à la France, qui a le plus agi.

Les négociations en Orient forment la plus capitale des affaires diplomatiques; la prise d'Alger, l'événement militaire le plus brillant.

La Sainte-Alliance est le grand système politique jusqu'en 1824; puis elle s'affaiblit et fait place, en 1827, à la triple alliance de la France, de l'Angleterre et de la Russie.

M. Canning paraît le plus grand ministre, le général Diebitsch le plus heureux capitaine, le comte Guilleminot, le plus habile négociateur.

Quant aux souverains, le prix de la générosité appartient à l'avantdernier roi de Sardaigne ; de l'indépendance , au roi de Wurtemberg ; de l'imprévoyance, à Charles X.

La politique extérieure de la France consiste dans l'alliance russe ; celle de Y Angleterre, dans-1'alliance autrichienne et dans la défiance de la Piussie; celle de Y Autriche, dans l'influence sur la Russie et la Prusse, et dans l'éloignement de la France ; celle de la Prusse, dans une position respectable entre l'Autriche- et la Russie.

Le grand objet de la politique intérieure du gouvernement français est de paralyser la Charte; du gouvernement britannique , de pacifier .l'Irlande; du gouvernement autrichien, d'empêcher les innovations; d-u gouvernement prussien, de s'attacher les peuples sans satisfaire leurs vœux. i

On trouve, à la fin de cette époque, quatre événements consommés, ' £ avoir :

1° L'Amérique émancipée;

2° Le Brésil érigé en empire ; '

3° La Grèce devenue indépendante \

li° La révolution de Juillet en France.

©pâosâssaocc© du 35 jnillet 1830. — Malgré loi éhensions qu'avait fait naître le ministère Polignac, au-

cune atteinte n'avait encore été portée à la Charte. On croyait, au contraire, que Charles X changerait son ministère, lorsque tout a coup parurent les ordonnances de juillet, contre- signées oarMM. dePolignac, Peyronnet, Chantelauze, Guernon-Ranville, Monlbel et Capelle. Toutes les garanties consacrées par la Charte parurent enlevées à la France.

RéTolnt ioas des 87, $8, 89 Juillet. — Depuis un an le peuple se préparait à la résistance, quoiqu'il n'eût opposé qu'une force d'inertie aux entreprises de la couronne. Mais lorsque les ordonnances parurent, son premier mouvement, après quelques instants de stupeur, fut de courir aux armes. Le maréchal Marmont est nommé commandant de la première division militaire pour comprimer toute résistance. De leur côté, les rédacteurs des principales feuilles périodiques font, le 27, une protestation énergique contre les ordonnances. Mais la troupe est déjà sous les armes: le combat s'engage. Le 28, Paris est mis en état de siège, la lutte devient terrible ; bien des victimes tombent sous le fer des soldats. Tandis que le peuple se bat, une commission municipale s'organise à l'Hôtel-de-Ville, et dirige le mouvement. Le 29 juillet, la troupe est chassée de toutes ses positions, qui sont assaillies par les citoyens armés, et deviennent comme autant de forteresses où le peuple s'est retranché. Enfin la victoire demeure au peuple, et le drapeau tricolore flotte sur les édifices publics. Louis-Philippe, duc d'Orléans, accepte la lieutenancegénérale du royaume ; Lafayette prend le commandement de toutes les gardes nationales, et partout, en France, le drapeau tricolore remplace le drapeau blanc. Les Bourbons directs sont renversés du trône.

Observations.

La Restauration fut uno transaction entre les idées anciennes et les idées nouvelles , dont la Charte de 1814 fut l'expression sommaire et 'ondamentale. De môme que la République avait enfanté l'Empire , elui-ci, par une conséquence logique , avait enfanté la Restauration ; mais elle ne connut pas, non plus que les deux autres, la mesure nécessaire à son existence. Appelée à concilier les partis, elle n'y réussit pas, et fut emportée dans leur choc.

Conséquences. — 1° Éducation de la France dans la carrière de la liberté légale; 2° retour aux sentiments de justice et de modération* 3° grande prospérité commerciale, favorisée par quinze ans de paix.

19e SIÈCLE. ( ;

Hommes célèbres.

Ministres. — Fouché, Talleyrand , Decazes, Villèle, Peyronnet, Martignac, Polignac, Richelieu, etc.

Guerriers. — Maison, Bourmont, Moncey, Lauriston, Molitor, Berthezène, d'Escars, etc.

Orateurs. — Foy, Manuel, Benjamin-Constant, Camille Jordan, Labourdonnaye, Martignac, Périer, etc.

Avènement de Louis-Philippe. — Charles X s'é tait embarqué à Cherbourg pour l'Angleterre. Son trône était vacant, malgré son abdication en faveur du duc d'Àngoulêrne et du duc de Bordeaux. Il ne restait donc plus à la France qu'à choisir la forme de gouvernement qu'elle se donnerait. On commença par modifier et par refondre presque en entier la Charte de 1814 {1 août 1830). Quand ce travail fut terminé, les députés, presque tous signataires de l'adresse des 221, appelèrent au trône le lieutenant-général du royaume, qui prêta serment à la Charte de 1830, et prit le nom de Louis-Philippe 1 (9 août). La lutte qui, dans les temps de la Restauration, s'était engagée entre les bourgeois et l'aristocratie, entre le gouvernement représentatif et le vieux système monarchique, en un mot, entre la constitution et l'absolutisme, se trouve, à partir de 1830, réduite à un conflit entre le gouvernement représentatif et la république, entre la bourgeoisie et la démocratie, qui plusieurs fois se mesurèrent les armes à la main. Une fois Tune et l'autre vaincues,. grâce à la fermeté souple déployée par k roi, il ne reste plus qu'à équilibrer la monarchie avec les classes moyennes, toutes également désireuses de la tranquillité ; l'agriculture et l'industrie redevinrent donc plus prospères que jamais, et la France venait de recouvrer sa liberté d'action au dedans et au dehors. Les rois lui pardonnèrent sa liberté, du moment où ils virent combien l'influence de Louis- Philippe avait contribué à maintenir l'ordre et la paix en Europe, quoi qu'il y surgît, dans l'espace de dix ans, plus d'occasions de guerre que dans tout le siècle passé. Les grandes puissances purent donc conserver leur suprématie sur les petits états, et rentrer dans le cercle de l'ancienne diplomatie.

Pr©cès de® ministres de Charles X. — Sur les sept ministres qui composaient le conseil de Charles X, quatre seulement avaient pu être arrêtés. Ils furent traduits devant la Chambre des pairs érigée en cour de justice. Le 15 décembre

iy »it-L.j-.t.

leur procès commença. Les accusations portées contre eux emportaient toutes la peine de mort. MM. Persil et Madier de M ont j au sont accusateurs au nom de la révolution. MM. Sauzet, Marlignac, Mandaroux~TVertami,Hemiequine\, Crémieux sont les défenseurs des ministres. Enfin, après plusieurs séances, et au milieu de l'agitation qui règne au dehors et des cris de mort qui retentissent autour de la Chambre des pairs, } les quatre ministres présents, MM. de Polignac, Peyronnet, § Chantelau.zeelGue?iion-Ra?iville, sont condamnés à une prison j perpétuelle. Les autres ministres sont condamnés par contu-j mace à la même peine. ^

•foiirnée® des 5 et © «f êiSbs, Paris en état de islége. — Le général Lamarque venait de mourir du choléra-morbus, et ses obsèques ayant eu lieu le 5 juin 4832, un grand concours de peuple se porta au convoi de cet illustre député. Arrivé au pont d'Austerlitz,le convoi s'arrêta, et, api es quelques discours prononcés par des députés montés sur une estrade, des cris de vive la République! à bas Louis-Philippe ! se firent entendre. Le peuple en vient aux mains avec les dragons, et une vive fusillade s'engage sur un grand nombre de points. Le lendemain 6, la garde nationale arrive, et, aidée de la troupe de ligne, et de la garde nationale de la banlieue, elle attaque les républicains dans leurs retranchements. Plusieurs barricades sont enlevées ; il n'en reste plus qu'une au cloître Saint-Méry, défendue avec un acharnement sans exemple. Enfin, à quatre heures du soir, elle est forcée. Paris est déclaré en état de siège, et des ordonnances royales prononcent le licenciement des Écoles Polytechnique et d'Alfort et la dissolution du corps d'artillerie de la garde nationale. MM. Garnier- Pagès, Cabet, Laboissière, députés, Armand Carel, rédacteur au National, sont déférés aux Conseils de guerre. Enfin, le 29 juin, la Cour deGassalion, par un'arrèt mémorable, rend les accusés à leurs juges naturels et fait cesser l'état de siège.

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