EXPLICATION DES ÉPOQUES
TESSPS MYTHOLOGIQUE.
Première époque — Temps idoiâtrïque, du 25e au 17* siècle.
La première époque présente l'établissement des quatre plus anciennes monarchies que l'on connaisse, la Chine, V Assyrie, Y Egypte, la Grèce. On peut donner à ce temps le nom de Temps idolâtrique, parce que la superstition a divinisé presque tous les grands hommes qui ont vécu dans ces âges, et surtout les fondateurs d'empires. En Assyrie : Bélus, Ninus, Sémiramis; en Egypte : Menés, Osiris, Mercure-, en Grèce : Uranus Saturne, Jupiter ont été honorés de l'apothéose.
Seconde époque. — Temps héroïque, du 17e au 13e siècle.
La seconde époque commence aux conquêtes de Sésostris. Les victoires de ce prince furent en effet le principe des plus anciennes et des plus graves révolutions dans les trois parties du monde.
En Asie, elles affaiblirent les monarchies des Assyriens ; en Egypte, elles changèrent l'ancienne constitution de l'État, et préparèrent de loin la corruption des mœurs et la décadence du royaume, par la foule d'étrangers que ce conquérant y amena.
Enfin, elles donnèrent aux Égyptiens le goût des émigrations. C'est ainsi que des princes égyptiens conduisirent des colonies en Grèce. Inachus fonde Argos (1986); Pèrsée, Mycènes (13^8) ; Lelex, Lacèdèmone (1516); Cécrops, Athènes- (1582) : Sisyphe, Corinthe (1328).
D'autres villes aussi fameuses dans la fable que dans l'histoire sont fondées vers la même époque.
On peut appeler cette division temps héroïque, parce que l'esprit humain, plus éclairé dans cet âge, cessa d'accorder le nom de Dieu aux hommes chers à l'humanité, et se contenta de leur donner le nom de Héros ou Demi-Dieux. Tels sont Deucalion, Danaûs, Pélops, Jasonl Hercule, Thésée, et cette multitude d'aventuriers dont les beaux-arts onij rendu les noms si célèbres.
Troisième époque- — Temps poélique, du 13e au 9e siècle.
La troisième époque a pour premier événement le siège de Troie (1280), siège que sa longueur, la foule des rois qui s'y sont trouvés, le nombre des héros qui y ont brillé, et plus encore le génie qui l'a chanté* ont rendu un des plus fameux événements.
On peut appeler cette époque temps poétique, parce que, pendant s& durée, les prophètes et les poètes profanes ont commencé à instruire les humains, en leur développant de sublimes idées sous le voile des allégories, et avec le charme de l'harmonie.
TEMPS KISTOïlIQUE.
Première époque. — Temps législatif, du 9e au 6* siècle.
La première époque présente la réunion des quatre plus grands législateurs de l'antiquité : Lycurgue, à Lacédémone (c'est le plus ancien : il vivait dans le 9e siècle (vers 866) ; Numa, à Rome (en 714) ; Solon, à Athènes (594) ; Confucius, en Chine (6e siècle) ; c'est pour cela que nous l'appelons Temps législatif.
On y voit, en Asie, l'entière destruction de l'empire d'Assyrie, et la fondation des trois autres monarchies célèbres formées de ses débris : 1° celle des Mèdes ; 2° celle des Babyloniens ; 3° celle des Ninivites ; en Europe, l'origine de Rome, qui dans la suite a fait le destin de notre hémisphère ; l'établissement des principales républiques de la Grèce ; les progrès étonnants de la législation ; la naissance de la philosophie, et l'aurore de tous les beaux-arts.
Deuxième époque. — Gloire de la Grèce, ûu 6* au 4e siècle.
La seconde époque comprend deux siècles. Nous l'appelons Gloire de la Grèce, parce que, pendant ces deux siècles, la gloire des armes et celle du génie ont été portées chez les Grecs au dernier période. Nous l'indiquons par le nom de Ctjrus, parce qu'à l'origine de cette époque Cyrus jouait le rôle dominant dans l'univers ; ses victoires changèrent toute la face de l'Orient ; ses conquêtes dans l' Asie-Mineure, refoulant dans l'Europe les colons qui en étaient sortis, et qui possédaient les arts, devinrent le principe de l'éclat dont brilla la Grèce.
Troisième époque. — Conquêtes de Borne, du 4e au 2e siècle.
Nous l'appelons Conquêtes de Rome, parce qu'alors Rome a porté au degré le plus éminent ses talents et ses vertus, et que les succès les plus éclatants couronnèrent ses entreprises, toujours méditées. Nous choisissons le moment de la mort d'Alexandre (323), parce que cet événement a fait naître dans toute l'Asie un des plus grands changements qui se soient vus sur notre globe ; alors a commencé pour la Grèce cette décadence dont elle ne s'est jamais relevée; alors la république romaine s'agrandit en se rendant maîtresse de l'empire d'Alexandre.
Quatrième époque. — Discordes de Rome, du 2* au 1er siècle.
La quatrième époque comprend un siècle. Nous l'appelons Discordes de Rome, parce que, dans l'espace qu'elle renferme, les guerres civiles excitées par les plus grands hommes, tels que les Gracques, Marius, Sylla, César, Pompée, ont agité la république, et l'ont enfin conduite à sa perte.
INTRODUCTION. 2i
Nous avons pris l'origine de cette époque aux querelles des Gracques, parce que les séditions excitées par ces deux frères ambitieux ont été le germe de toutes les autres, le principes de toutes les guerres intestines, et par conséquent des révolutions qui les ont terminées.
Cinquième époque. — Gloire «le l'Empire, du 1er au 3e siècle
La cinquième époque comprend deux siècles et demi. Nous l'appelons Gloire de l'Empire, parce que dans sa durée l'empire romain, triomphant des Barbares, élevé au faîte de la gloire, domine les peuples de notre hémisphère. Nous la faisons commencer à la bataille d'Actium, trente et un avant J.-C, parce que ce fut un événement qui affermit la puissance à' Auguste, et qui donna de solides fondements au gouvernement sacré et militaire que ce prince commença à établir sous les noms de pontife et d'empereur.
Sixième époque. — Décadence de ï'Empîre, du 3* au 6* siècle.
La sixième époque comprend trois siècles. Nous l'appelons Décadence de l'Empire, parce que dans cet intervalle l'empire romain, attaqué de toutes parts, ébranlé par les plus affreuses secousses, s'affaiblit, chancelle, et finit par tomber sous les coups d'une foule de peuples presque inconnus jusqu'alors.
Nous faisons commencer cette époque à l'avènement de Caracalla, parce que ce fut sous ce prince que cette puissance qui, depuis Romulus jusqu'à la mort de Sévère, avait toujours été croissant, commença à s'affaiblir, et fut définitivement détruite par les Barbares en 476.