CHINE
Observations sur l'origine des Chinois.
ïl serait difficile d'assigner une époque fixe au commencement de l'histoire de la Chine, ou plutôt au moment oùce pays fut peuplé» Les prétentions des Chinois sur leur antiquité sont tellement exagérées, qu'ils donnent à leur empire, depuis le commencement des choses terrestres, une durée de deux cent soixante-dix-huit mille et quelques années !
D'après les recherches récentes, l'histoire véritable ne commencerait pour les Chinois qu'au 9e siècle avant J.-C.
Lectare : Klaproth, Essai sur l'autorité des Historiens en Asie.
Quoi qu'il en soit,- on a pensé depuis longtemps que les pays de l'Orient avaient été visités par les premiers hommes. Guidées peut-être par leur imagination, les peuplades qui, des hauteurs de l'Asie centrale, descendirent dans la Chine, durent s'y arrêter, et s'y croire sur le sol le plus favorisé du ciel. En effet, deux grands fleuves, le Hoang-Ho et le Kiang, traversent cette contrée du couchant au levant. C'est la plus vaste, la plus fertile de celles qui, s'abaissant vers le soleil, touchent à 3a grande mer, regardée jadis comme le terme de toute émigration.
Il paraîtrait que ce fut chez les tribus voisines du Hoang-Ho, ou de la rivière Jaune que furent jetés les fondements de l'empire chinois. C'est
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vers le nord-ouest qu'une espèce d'écriture s'est introduite, soit que le législateur de la Chine l'ait inventée en effet, soit qu'il ait seulement transmis à des hordes plus sauvages un procédé connu déjà de quelque, autre peuplade. Les annales chinoises font mention de deux personnages sous lesquels l'industrie aurait fait quelques progrès avant le célèbre Fo-Hi; mais c'est à ce prince que nous nous arrêterons un instant, à cause de la vénération que lui portent encore aujourd'hui les Chinois, qui le regardent comme le fondateur de leur empire.
ffo-MI. — Fo-Hi divisa tout le peuple en cent grandes familles; il le soumit aux lois du mariage, lui apprit à défricher les terres, à multiplier les troupeaux, et introduisit Part de forger le métal. On lui attribue aussi des observations astronomiques, et l'inven'ion du cycle sexagésimal, dont les divisions embrassent les jours, les mois et les années. Pour adoucir le naturel farouche de ses sujets, il inventa quelques instruments de musique. Il est vraisemblable que Fo-Hi n'avait pas autant de connaissances que lui en donnent des écrivains chinois, et qu'on lui attribue des découvertes dues en grande partie à ses prédécesseurs ou à ceux qui ont régné après lui.
Les Chinois n'ayant été en communication avec aucun peuple de l'antiquité, les événements qui appartiennent à leur histoire ne peuvent être rapportés dans cet ouvrage classique.
Peut-être l'époque de s'occuper de ce peuple intéressant n'est-elle pas très éloignée; la Chine va s'ouvrir aux Européens; sa décadence est manifeste; elle n'a plus de religion vivante; l'athéisme est au faîte de sa société, la superstition grossière à la base. L'histoire des Chinois nous sera alors bien connue, car on peut avancer hardiment que jamais aucun peuple n'a possédé ou ne possède des cours d'histoire aussi complets et aussi authentiques que ce peuple original.