INDIENS
L'Inde, comme la Chine, a été habitée depuis les temps les plus reculés, mais tout paraît fabuleux dans ce pays jusqu'à l'expédition d'Âtexandre-le-Grand, dans le 4e siècle. L'histoire, les sciences, les lettres et les arts sont connus des Indoux depuis une époque très reculée. Ils possèdent d'admirables poèmes et des ouvrages dramatiques pleins de beautés.
Leur langue, le sanscrit, paraît être la mère de toutes les autrea langues.
2 5" SIECLE. 3g
«»« Siècle.
TEMPS MYTHGLÛGiaiïE.
SOMMAIRE
Egypte. — 2467. Menés, premier roi d'Egypte.
Observations sur l'origine des Égyptiens et sur les Éthiopiens.
Nous n'avons, sur les premiers temps de l'Egypte, aucune notion certaine. Moïse donne une description fidèle de ce pays, mais seulement de son temps -, encore ce n'est pas une histoire suivie. Toutes les connaissances que nous en avons nous viennent d'Hérodote , historien grec du 5e siècle avant J.-C. (484-408), qui consigna dans ses écrits les renseignements qu'il avait recueillis de la bouche même des prêtres. Mais ceux-ci n'avaient eux-mêmes pour guides que des monuments publics, sur lesquels étaient tracées des figures allégoriques nommées hiéroglyphes. Ces caractères symboliques ne représentant que des idées, et pouvant s'interpréter de manières différentes , n'offraient d'ailleurs qu'une histoire bornée à des récits tronqués et sans ordre chronologique.
Quoi qu'il en soit, l'Egypte est l'une des contrées de notre globe où un lien politique a été établi dès les plus anciens temps. Les causes de cette civilisation se trouvent en partie dans sa situation géographique. Longtemps avant qu'il existât un grand empire d'Egypte, plusieurs petits états paraissent s'être formés dans la vallée fertile du Nil. ïl semble évident que la Haute-Egypte a été le lieu le plus anciennement cultivé, et cette culture, venant du midi , s'étendit dans la suite vers le nord par l'établissement des colonies. Vraisemblablement ces tribus se formèrent par l'émigration d'une tribu étrangère, différente de celle des nègres, comme le prouvent des figures, soit sculptées, soit peintes, qu'on trouve sur les monuments égyptiens.
Les Ethiopiens, partis de Méroè, entrèrent à diverses époques dans l'Egypte -, ils en civilisèrent les premiers habitants, et formèrent des Nomes ou états séparés, tels que ceux de Thèbes, d'Eléphantine, d'Jléraclce, de Thin ou de This, dans l'Egypte supérieure ; ceux d'une première Memphis, de Mendès, de Eiibaste s de Xoïs, de Tapis, dans la moyenne
40 25e SIÈCLE.
et la Basse-Egypte. Ils établirent deux castes supérieures, celle des prêtres et celle des guerriers, et des castes inférieures, composées des anciens habitants.
Au gouvernement des prêtres succéda celui des rois. Menés est regardé comme le premier chef du Nome thébaïque, dont la capitale, Thèbes, fut fondée dans des temps inconnus.
Menés, fondateur de l'empire d'Egypte, est sans doute le môme que Misraïm, fils de Cham. C'est lui qui passe pour avoir établi le culte des Dieux à Memphis, qu'il bâtit à l'orient du Nil et dans le voisinage de l'Arabie; Vulcain ou le feu, le soleil, la terre et les astres reçurent les premiers hommages. Menés arrêta le Nil près de Memphis, par une chaussée de cent stades de large et lui fit prendre un autre cours entre les montagnes. Après sa mort il fut mis par ses sujets au nombre des dieux. On dit qu'il laissa trois fils qui se partagèrent son empire; mais l'histoire de ces nouvelles dynasties est inconnue.
a Les premières tribus qui peuplèrent l'Egypte, dit M. Ghampollion » jeune, c'est-à-dire la vallée du Nil, entre la cataracte de Syène et » la mer, vinrent de l'Abyssinie ou du Sennaar. Les anciens Égyptiens » appartenaient à une race d'hommes tout-à-fait semblables auxKen- » nous ou Barabas, habitants actuels de la Nubie. On ne retrouve dans » les Coptes de l'Egypte aucun des traits caractéristiques de l'ancienne » population égyptienne. Ces peuples sont le résultat du mélange con- » fus de- toutes les nations qui ont successivement demeuré sur » l'Egypte. »
Tout semble prouver que la population de l'Egypte y est descendue de l'Ethiopie avec le Nil. La Haute-Egypte a été en effet bien plus tôt habitable que la Basse, qui fut longtemps inondée, même après que le Nil et la mer ne s'y rencontrèrent plus.
On compte 333 rois de Menés à Mœris. Us forment 17 dynasties et le commencement d'une 18e, qui régnent simultanément à Thèbes, This, Eléphantine, Memphis, Héraclée, Diospolis, Xoïs et Tanis. Voici Tordre de ces dynasties :
irc
dynastie
Tanite Thébaine.
dynastie,
Thébaine.
Tanite Thébaine.
Thébaine.
Memphite.
Thébaine.
Ue
Meniphite.
Xoïte.
Eléphantine.
Thébaine.
Meniphite.
Thébaine.
Memphite.
/Pharaonne.
Memphite.
I Thébaine.
Héliopolite.
(Pasteurs.
Héliopolite.
Thébaine.
23e SIÈCLE.
»3e Siècle.
SOMMAIRE
Histoire sainte. — 2296. Vocation d'Abraham (1921. U.). —2267. Ruine i!e Sodome, de Gomorrhe, de Séboïm etd'Adama. — 2241. Sacrifice d'Isaac
HISTOIRE SAINTE
Tableau des patriarches post-diluviens.
Né en
Mort en
Né en
Mort en
Sem,
Reu,
Arphaxad,
Sarug,
Salé,
Nachor,
Héber,
Tharé,
Phaleg,
Abraham,
Abra9ianiB9 descendant de Sem, naquit en Chaldée, dans la ville d'Ur {feu), dont les habitants adoraient le soleil. Dieu lui commanda de sortir de cette terre, et de se rendre à Haram (Mésopotamie); il lui promit de le faire chef d'un grand peuple et de sa maison. Abraham ayant perdu Tharé , son père, à Haram, alla demeurer à Sichem, dans la terre de Chanaan, avec Sara, sa femme, et Loth, son neveu, fils de son frère aîné Haran, enlevé par une mort prématurée ; c'est dans la vallée illustre où le patriarche avait dressé ses tentes, que Dieu lui apparut et lui dit qu'il le destinait à être le père d'une grande nation ; c'est ce qu'on appelle la vocation d'Abraham, arrivée en 2296. Une famine l'obligea bientôt à se rendre de Béthel, son second séjour, en Egypte, où le Pharaon l'accueillit favorablement et d'où il emmena une esclave, nommée Agar; de là il alla se fixer dans la vallée de Mambré (2289), près d'Hébron, à huit lieues de Jérusalem. Loth se sépara à? Abraham à cause de quelques différends survenus entre leurs pasteurs, et se retira à Sodome. Codorlahomor, roi des Elamites ou Perses, Thabal, roi des nations, Amraphel, roi de Sennaar et Arioche, roi de Pont, ayant pris cette ville, en emmenèrent les habitants captifs : Loth était du nombre. Son oncle marche à son secours avec tous ses serviteurs et ses amis, au nombre de 318, le rejoint, et, vainqueur à Laisch [Dan), fond sur les Elamites pendant la nuit, les chasse jusqu'à Hoba, au nord de
Damas, fait un grand bu lin et délivre Loth. C'est au retour de ce combat qu' Abraham rencontre Melchisédech, roi de Salem; ce prêtre du Très- Haut lui donna sa bénédiction, et offrit à Dieu le pain et le vin (2231).
La sainteté d'Abraham ne put fléchir la colère de Dieu contre les habitants impies de Sodome et de Gomorrtie, situés dans la vallée Sylvestre, près de la mer Morte ou lac Asphaltite (Al-Motanah) sur un terrain bitumineux et volcanique, et formant avec Adama, Séboïm et Ségor, la Peritapole. Ces deux villes furent détruites par le feu du ciel ; mais Loth, averti de la vengeance divine, prit la fuite avec ses deux filles et sa femme, qui fut changée, dit la Bible, en statue de sel, en punition de sa curiosité (2267—2266).
Abraham n'avait pas encore d'enfant. Alors la gloire et la puissance des chefs consistaient dans une nombreuse famille, et la stérilité passait pour une marque de la malédiction divine.
Sara fut la première à conseiller à Abraham de prendre pour femme Agar, sa servante. Le conseil fut suivi , et Agar donna naissance à Ismaël (Dieu exauce). Sara elle-même eut un fils qui reçut le nom tflsaac (ris) (2266); mais, craignant qu'/smaël n'obtînt une partie de l'héritage paternel, elle voulut qu'Abraham le chassât avec sa mère. Agar, exilée, prit son enfant avec elle, et partit pour le désert de Bersabée. Ismaël, devenu un habile tireur d'arc, grandit dans le désert de Pharan, épousa une Egyptienne, et ce fut de lui que descendirent les nations arabes.
Déjà la famille du patriarche s'est accrue de deux rejetons. Celle de son neveu Loth s'augmente. Sa fille aînée lui donne Moab, tige des Moabites, et la cadette, Ammon, tige des Ammonites.
Isaac avait déjà atteint l'âge de vingt-cinq ans (2241), lorsque Dieu commanda à Abraham de le lui offrir en holocauste. Ce patriarche allait obéir ; mais Dieu, content de sa soumission, ne permit pas qu'il consommât ce pénible sacrifice. Cet événement eut lieu sur le mont Moria où fut plus tard bâti le temple de Jérusalem et où tant d'autres sacrifices devaient être offerts à Dieu ! — Le sommet du Moria faisait partie du mont Calvaire !
Le plus ancien serviteur d'Abraham, Eliézei-, se met en route pour Haran en Chaldée, et va demander à Nachor, frère tf Abraham, sa petite-fille Rébecca en mariage pour Isaac;
22e SIECLE. 43
il l'obtient, et la conduit vers les tentes du patriarche, veuf de Sara depuis plusieurs années, isaac, âgé de quarante ans, épouse sa cousine. A la même époque, Abraham prit une autre femme nommée Cétkura, et, malgré son grand âge, il en eut six enfants. Au bout de vingt ans de mariage, Rébecca donna le jour à deux jumeaux, Esaû et Jacob. Dix ans après mourut le patriarche, qui avait près de 175 ans (2191). Ismaê'l accourut du désert pour ensevelir son père. On le plaça près àeSara-, dans la caverne de Mambrê, près ftHébron, que luimême avait achetée pour recevoir la dépouille mortelle de sa femme chérie.
Avant sa mort, ce saint patriarche avait donné tous ses biens à Isaac et fait des présents à ses autres enfants, en leur prescrivant d'aller s'établir dans le pays qui est à l'orient, c'est-àdire dans la partie que nous nommons Arabie Pétrée. Les plus connus de ses enfants sont :
\° Madian^QYQ des Madianites, qui habitèrent à l'orient du lac Asphaltite, à l'endroit où fut ensuite la tribu de Ruben;
%°Saba, son petit- fils; de lui naquirent les Sabéens en Arabie ;
3° Ismaël, dont nous avons parlé précédemment.
Lecture : Histoire sainte de Royaumont.
»e Siècle.
SOMMAIRE
Histoire sainte. — 2122. Mariage de Jacob avec Lia et Rachel.
HISTOIRE SAINTE
Esaiï et Jacob, fils d'Isaac, étaient d'un caractère différent: le premier, l'aîné, s'appliquait à l'agriculture et menait la vie active d'un chasseur ; son corps répondait à ses goûts mâles et guerriers ; le second, de moeurs douces et paisibles, était l'objet particulier de l'affection de sa mère. Isaac, âgé de cent trente-sept ans et aveugle, voulut un jour bénir son fils aine : Jacob, de concert avec sa mère, dérobe cetfe bénédiction à son frère. — Quoi l dit Esaù à Isaac, n'avez-vous donc qu'une bénédiction ? je vous en conjure, bénissez-moi aussi. Les deux frères se séparèrent. Jacob alla chez Laban épouser ses filles,
44 2 2e SIÈCLE.
Lia et Rachel. Esaù, l'exemple de l'amour filial, s'apercevant que son père n'aimait pas les filles de Chanaan , alla trouver Ismaël, et se maria avec une de ses filles ; dans la suite, les deux frères se réconcilièrent à Maspka.
Jacob arriva à Luza en Mésopotamie après avoir eu pendant sa route une vision. Il vit en songe une échelle dont le pied était appuyé sur la terre, et dont le haut touchait le ciel. Des anges de Dieu montaient et descendaient le long de l'échelle. Il vit en même temps Dieu qui, appuyé sur le haut de l'échelle, lui parla et lui promit une postérité nombreuse ainsi que la terre sur laquelle il dormait. En mémoire de cet événement, Jacob appela l'endroit où il se trouvait Béthel, c'est-à-dire Maison de Dieu. Lorsqu'il se rencontra avec Esaii, un événement singulier lui arriva dans la nuit qui précéda l'entrevue ; Jacob, marchant seul à quelque distance du lieu, fut arrêté, après avoir traversé le torrent de Jaboc, par un homme qui lutta contre lui jusqu'au matin; voyant qu'il ne pouvait le vaincre, cet homme lui toucha le nerf de la cuisse, qui se dessécha aussitôt. Alors, il lui dit: Laissez-moi aller, car déjà l'aurore commence à paraître. Jacob lui demanda sa bénédiction : Tu ne t'appelleras pas Jacob, lui dit ce mystérieux antagoniste, mais Israël (combattant Dieu), car tu as combattu avec des êtres divins et avec des hommes, et tu les as vaincus.
Le lieu de ce combat fut appelé Phamœl, c'est-à-dire qui voit Dieu.
Isaac mourut à cent quatre-vingt-cinq ans ; Jacob et Esaii se partagèrent sa succession ; le premier resta dans le pays de Chanaan, à Salem, puis à Béthel, -où mourut Rachel, mère de Joseph et de Benjamin, Esaû retourna dans le pays qui avait reçu le nom à'Édom (le roux), près du mont Schir. Sa postérité fut nombreuse ; elle occupa cette partie de l'Idumée qui fut nommée Amalécite du nom à'Jmalech, fils d'Elephaz , l'ainé des cinq fils d'Esaiï.
Lecture ; La Bible. — Carte de la Judée par l'auteur, dans son Atlas.
ai* SIÈCLE. 45
«Ie Siècle.
SOMMAIRE
Egypte. — 2075. Invasion et chute des Hyksos. — 2050. Règne de Mceris. Histoire sainte. — 2090. Joseph, ministre de Pharaon ; les douze tribus.
EGYPTE
Entre Menés et Mœris, on place trois cent trente rois peu remarquables, et qui se répartissent en dix-sept dynasties, dont les unes continuèrent de régner à Thèbes, et les autres sur diverses contrées de l'Egypte. C'est au temps de Timaos, un des rois de la seizième dynastie, qu'une puissante horde nomade, venue de l'Orient , inonda la Basse-Egypte, et que ses chefs, nommés Hyksos ou Pasteurs par les Egyptiens, parvenus à s'y établir, fortifièrent Avaris (Péluse), et étendirent leur domination jusqu'à Memphis. Ils dominèrent le royaume pendant deux cent soixante ans , quelques auteurs disent pendant cinq cent onze, sous six rois, dont le premier est Salatis, et ils furent vaincus par Misphragmoutosis , et chassés par Thoutmosis, son fils, roi de Thèbes, qui commença la dixhuitième dynastie.
Ces barbares, qui avaient fui sans doute les armes victorieuses des Assyriens, étaient ou Arabes ou Phéniciens, ou peutêtre Scythes. Quoi qu'il en soit, en vertu d'un traité, ils évacuèrent l'Egypte, et se retirèrent avec leurs femmes, leurs enfants et leur butin, dans la Syrie ou la Palestine, au nombre de deux cent quarante mille.
Le rétablissement de l'indépendance et de la liberté du pays fut la suite de cette expulsion ; une autre conséquence de cet événement fut la réunion définitive de divers Etats en une seule monarchie, parce que les dominateurs de Thèbes devinrent dès lors les maîtres de toute l'Egypte. La victoire de Thoutmosis fut un des exploits les plus glorieux et les plus chers aux Egyptiens; elle se trouvait représentée sur un des plus grands temples de Thèbes. Thoutmosis, dont le nom signifie enfant de Thout (peut-être le Mercure ou l'Hermès des Egyptiens), régna vingt-cinq ans et quatre mois après l'expulsion des Hyksos. Parmi ses successeurs on remarque Mœris ou Maris ; selon d'autres Méphrès ou Méphra, c'est-à-dire do»
tô 21e SIECLE.
le Phrê ou du Soleil ; il est célèbre par le lac qu'il fit creuser ians le nome des Crocodiles, depuis le nome Arsinoïte, auourd'hui le Fayoum. Ce lac, maintenant nommé Bir-el-Keroum, îst un bassin naturel que la main des hommes n'a fait qu'agrandir et vivifier, en lui communiquant les eaux du Nil par e moyen d'un canal. 11 était destiné à suppléer aux inondations iu fleuve, ou à recevoir l'excédant de ses eaux, selon les années. Mœris fit aussi construire les Propylées, au bord du temple de Ptha ou Vulcain, à Memphis, bâti en même temps que la ville, par Menés, suivant Hérodote.
Lecture : Histoire universelle de Ségur. — Histoire ancienne de ïlollin.
HISTOIRE SAINTE
«losepla. — Jacob, fils d'Isaac et de Rébecca, eut douze fils, qui devaient former le royaume de Juda. Joseph, qu'il avait eu de Rachel, fut vendu par ses frères, à Dotaïm près du lac Génézarefh, et emmené en Egypte. [1 avait alors 16 ans (2097). Sa profonde pénétration lui attira l'estime de Thoutmosis, pharaon de Tanis, qui le fit son ministfe, afin qu'il portât remède à une disette qu'il avait prédite. A cet effet le roi tira un anneau de son doigt et le donna à l'Hébreu, qu'il revêtit d'une robe de fin lin, lui passa au<cou un collier d'or, et l'ayant fait monter sur un char élevé, il fit crier par un héraut que tout le monde eût à fléchir le genou devant lui. Il devint le libérateur de l'Egypte, et par sa prévoyance il la préserva de la famine pendant sept ans de stérilité. Les mesures qu'il employa à cette occasion exercèrent la plus haute influence sur la constitution politique de l'Egypte; il avait établi de vastes greniers d'abondance; lorsque les Egyptiens vinrent à manquer d'argent pour acheter du blé, il prit en payement une partie de leurs troupeaux, de leurs esclaves et de leurs terres, qui par ce moyen rentrèrent presque toutes au domaine de la couronne ; les prêtres étaient seuls exceptés de cette loi, qu'ils avaient peut-être
inspirée.
Ainsi le gouvernement de l'Egypte, qui d'abord était théocratique et militaire, devint depuis Joseph purement théoci atique; c'est ainsi qu'en habile ministre, il se concilia à la fois l'estime du monarque, des prêtres et celle du peuple, qu'il préserva de la famine. Ses frères vinrent chercher du blé ; Joseph se découvrit à eux, les conjura de lui amener Jacob
21e SIÈCLE. 47
et Benjamin. Jacob quitta ses terres et vint se fixer avec sa famille dans la terre de Gessen.
Dans la suite il n'y eut que le noyau de la nation qui resta dans ce pays» trop resserré pour la population ; les autres Israélites se répandirent dans toutes les villes de l'Egypte, jusqu'au moment où, persécutés et poursuivis, ils rentrèrent dans ce canton de Gessen qui devait être préservé. Jacob y mourut à l'âge de \ 47 ans. Joseph, à la nouvelle de sa maladie, accourut avec ses deux fils, Munassé eî^Épkraïm qu'il avait eus de sa femme Jséneth, fille d'un grand-prêire à" Héliopolis (aujourd'hui la Matharieh, village à quatre lieues environ du Caire). Il alla avec ses frères l'ensevelir près iïHébron, dans le tombeau de leurs ancêtres. Joseph mourut lui-même (2003) à HO ans, regretté de toule l'Egypte, et fit promettre à ses frères et à ses fils d'emporter ses restes pour les conserver au milieu d'eux, Son corps, embaumé comme l'avait été celui de son père, fut mis dans un cercueil. Ce monument toujours présent aux yeux des Israélites, servit à les consoler dans les afflictions qu'ils éprouvèrent de la part des Égyptiens. C'est ainsi que les os de Joseph prophétisèrent après sa mort.
Observations sur la famille d'Abraham,
La famille d'Abraham constitue l'époque de la période patriarcale; c'est la première forme de législation dans tout l'univers. Le do^me est l'unité de Dieu ; l'acte principal du culte est pris à l'Egypte ; les sacrifices humains sont abolis. Les institutions civiles nous montrent le pouvoir du père dominant la société ; sous ce maître absolu se classent les enfants, les épouses libres payées à leur père et dont le nombre n'est pas limité, les concubines sorties de la classe servile ; les esclaves pris, achetés, nés chez le maître, volés ou condamnés à l'esclavage.
La propagation de la race est le premier orgueil ; les enfants nés de -l'esclave sont attribués à l'épouse; le frère doit, en s'unissant à sa belle-sœur, donner au frère mort une postérité. L'aîné, consacré par une bénédiction solennelle, hérite du parent paternel ; sa part est plus large que celle de ses frères; la femme, nourrie par son père ou par son mari, n'a point de propriété ni d'héritage. Enfin ce que nous apercevons le mieux dans cette sçciété, c'est l'état des personnes, c'est la famille.
63 20e SIÈCLE.
ENTANTS DE JACOB,
Par quatre mères : Lia Bala, Zelpha, Rackets