‹ Nouveaux éléments d'histoire générale rédigés sur un plan méthodique entièrement neufChapitre 39 sur 166 · RELIGION DES GRECS · texte numérisé non relu

RELIGION DES GRECS

Observations générales.

De nombreux systèmes ont été publiés sur la religion grecque ; aucun n'est satisfaisant. Cependant on a dit avec raison que la mythologie est une grande et curieuse énigme. Le mot de cette énigme était connu des anciens ; il ne faut donc pas désespérer de le trouver.

On ne peut guère douter que plusieurs divinités et des cérémonies n'aient été introduites de l'Egypte, de l'Asie et de la Thracedansla Grèce. Elles n'y conservèrent point le caractère propre au lieu de leur origine, mais devinrent des divinités grecques. De même que chez la plupart dos peuples barbares, les dieux réels des Grecs ne furent autres que les éléments et les astres, non point considérés comme formant un tout invisible (ce qui n'eût supposé qu'un seul dieu, Vunivers), mais honorés comme des êtres différents, tous soumis à un dieu suprême, Èous intelligents, liés entre eux par une inaltérable hiérarchie dont le dieu suprême avait établi Y ordre, et dont l'harmonie universelle était le produit.

Le feu éthéré, air subtil, l'esprit, de quelque manière qu'on le nomme, était le dieu suprême, principe du mouvement et de la souveraine sagesse : origine des autres éléments, il occupe le sommet de V Olympe primitif, et devient la base de la Cosmogonie religieuse.

La simplicité pi native s'altéra ; les Grecs policés, suivant l'exemple des peuples qui les environnaient, personnifièrent leurs divinités et leur rendirent un culte symbolique. La nature entière se trouva de la sorte représentée par une réunion de divinités symboliques, toutes unies entre elles par des liens de parenté, toutes amies ou rivales les unes des autres, et ce fut par ces amitiés ou ces haines que la physique religieuse rendit sensibles les sympathies et les répulsions qui rapprochent ou divisent les éléments.

Jupiter est l'image de l'éther ; Junon, de l'air ; Tulcain, du feu ; Neptune, de l'eau; Cérès, de la terre, etc. Ainsi chaque dieu réel a son représentant .

Cette manière d'envisager la mythologie appartient à. M. Emeric David qui l'a développée d'une manière tout à la fois ingénieuse et savante dans son Essai sur l'esprit de (a religion grecque.

Quoi qu'il en soit, c'est à la religion qu'est dû l'adoucissement des mœurs sauvages des premiers peuples, et les anciens chantres, comme Orphée, Linus, etc., y contribuèrent beaucoup aussi, en enchaînant par l'harmonie les vengeances sanguinaires, en consacrant leur talent aux cérémonies religieuses et en faisant reconnaître à un petit nombre d'initiés à leurs mystères, les avantages de la vie morale.

La civilisation grecque toute puissante qu'elle était, faisait chaque jour des progrès : la religion, le commercera navigation, développaient l'intelligence des peuples. Tout était donc prêt pour une grande entreprise générale des Hellènes. C'est alors qu'eut lieu la guerre de Troie.

Travail : Tableau mythologique de l'auteur.

GUERRE DE TROIE, Coup'd'œil sur la Troade jusqu'à la guerre de Troie.

L'histoire de la Troade et de la petite Plirygie est tellement enveloppée de ténèbres qu'on ne sait rien de certain avant Dardanus (16e siècle), fils de Coritus, roi de Samothrace (anciennement Samos, île de la mer Egée). On dit qu'il épousa en premières noces Chryse, fille d'un roi d'Arcadie, qui lui avait apporté en partage deux Palladium ou statues de Pallas. L'oracle avait promis une tranquillité éternelle à toute ville qui posséderait l'une ou l'autre. Dardanus épousa dans la suite Battie, fille unique de Teacer, roi de Troie, qui lui laissa sa couronne. Il abandonne ses états de Samothrace, passe dans la Troade et y transporte ses

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Palladium : il règne avec beaucoup de sagesse et de prudence, et laisse en mourant à Battie deux fils, Erichtone son successeur, et Zacinthe. qui alla donner son nom à une île de la mer Ionienne où il conduisit une colonie.

Troc* fils et successeur d' Erichtone, bâtit la fameuse ville de Troie, et invita à sa dédicace tous les peuples voisins, à l'exception de Tantale. Ce roi de la haute Phrygie, irrité de cet affront, enlève Ganimède, fils de Tros, 65 ans après l'incendie du mont Ida. Mais llus venge l'enlèvement et la mort de son frère en chassant Tantale et Pélops, son fils, qui se retirent dans la Grèce. Leurs états agrandissent la Troade. Laomédon, fils d'Ilus, bâtit Ilion, citadelle de Troie; il refuse des vivres aux Argonautes, qui, après leur expédition, viennent l'attaquer. Laomédon tue d'abord Oïlée, fameux capitaine ; mais il est tué lui-même par Hercule, qui fait prisonniers Podarcès, son fils, et sa fille Hésione , qu'il donne â Télamon, roi de Salamine; Podarcès, le seul enfant qui restât de su, nombreuse famille, se racheta à force d'argent, et parvint à monter sur le trône de Troie. Il prit le nom de Priam, qui signifie racheté.

Généalogie des Rois de Trolt.

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