TEMPS LEGISLATIF
SOMMAIRE
Grèce. — 86(î. Législation de Lycurgue.
Judée.— 870. Mort d'Atnalie.
Afrique. — 860. Fondation de Carthage.
Découvertes. —809. La plastique, par Dibutade de Sicyone.— 840. La peinture monochrome, par Cléopnante de Corinthe.
GRÈCE
Lycnrgue à Sparte. — Depuis l'usurpation des Héraclides, Sparte était toujours gouvernée p^r deux rois descendants de ces princes. Lycurgue, fils d'Eunoinus, roi de Lacédémone, frère du roi qui venait de mourir, gouverna pendant la minorité de son neveu, et voyagea ensuite pour s'instruire : il alla en Crète méditer les lois de Minos. Les désordres croissant chaque jour à Sparte, Lycurgue fut rappelé. Il changea en entier le gouvernement de cette ville, établit des lois sévères, et fit jurer aux Spartiates de les observer jusqu'à son retour- Il partit dans l'intention de ne pas revenir, voulant par là obliger les Lacédérnoniens à s'y soumettre toujours, et oubliant qu'ils l'avaient poursuivi à coups de pierres. Ses institutions s'étendirent sur toutes les parties du gouvernement, et en embrassèrent depuis les sommités jusqu'aux détails les moins importants; elles respirent même la gravité, la sévérité et l'enthousiasme patriotique; elles eurent pour but de rendre les Lacédérnoniens courageux à force de sévérité, et vertueux à force d'indulgence. 11 faut remarquer que les lois de Lycur-
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gue ne furent jamais écrites, ce qu'on a reproché au gouvernement de Sparte, comme prêtant à l'arbitraire et à la mauvaise foi. Lycurgue retira à son neveu Charilaiis le gouvernement, et le donna à Lacédémone (866), qui se régit elle-même depuis cette époque.
Principales lois de Lycirgie.
Religion, culte. — Les statues, les images de toutes les divinités îes représenteront armées. ■ — Aucun monument magnifique ne sera élevé aux morts. La tombe du brave mort au champ de bataille aura seule une inscription. Les pleurs, les cris en public sont interdits.
Gouvernement. — Deux rois gouverneront conjointement. — Vingthuit sénateurs tiendront le milieu entre le pouvoir royal et le peuple, etc.
Propriété. — Les terres de la Laconie seront divisées en portions égales, les monnaies seront de fer.
Cité, citoyens. — Il y aura pour les Spartiates une table commune. — Les enfants appartiennent à la république. Ceux qui naissent difformes sont jetés dans un précipice, etc.
Éducation. — On élèvera les enfants de manière à fomenter dans leurs cœurs l'amour de la patrie, à leur inspirer le goût de la guerre, le mépris de la mort, l'obéissance et la pratique de toutes les vertus. Un corps sain, une âme forte et libre doivent être le fondement du bonheur. Les enfants marcheront nu-pieds. Ils n'auront qu'un seul vêtement pour toute l'année. — Dans îes repas, qui seront rares, ils ne se chargeront pas l'estomac, afin de se rendre adroits, vigilants ; ils pourront dérober l'objet de leurs besoins , mais ceux qui seront pris seront punis du fouet
L'éducation proprement dite finissait à vingt ans, quoiqu'on puisse dire qu'elle se prolongeait pendant toule la vie d'un Spartiate. Quant aux sciences, les jeunes gens n'en recevaient qu'une teinture ; mais on leur apprenait à s'exprimer avec netteté et concision, et à chanter des hymnes patriotiques.
Observations*
Lycurgue essaya défaire vivre l'esprit héroïque au-delà de l'époque qu ,? le progrès des siècles assignait à son existence. Il ne chercha pas à introduire de nouvelles idées; il ranima les anciennes coutumes; il remit en honneur les usages de la nation : il consulta le passé surtout, puis le présent dans lequel il vivait, pas assez l'avenir ; c'est ce qui explique la longue immobilité des cinq siècles de durée des Spartiates. La farde des institutions de Lycurgue fut confiée à la mémoire et non à Hi lettre morte, et il les fondit ainsi dans les habitudes de la vie. Le pro-
8e SIÈCLE. îiî
grès pour les autres nations, c'était la vie, pour Sparte seule, c'était la mort; aussi tombera-t-elle sans laisser après elle d'autre gloire que son nom. Le gouvernement de Sparte était conforme au caractère dorien : il était. éminemment empreint d'aristocratie, comme plus tard dominera à Athènes, sa rivale, la démocratie, conforme au génie ionien. Ainsi la royauté n'existe vraiment que de nom en temps de paix ; le peuple n'est compté pour rien ; le sénat, composé de trente membres, est la seule autorité, combattue, il est vrai, avec acharnement, par les Éphores, qu'Aristote appelle le tribunat Spartiate.
En résumé, quelle que soit notre admiration pour l'œuvre de Lyv.urgue, on regrette qu'il ait sacrifié les affections domestiques, qu'il ait tendu les âmes vers le développement d'une seule vertu, la vertu militaire, qui faisait dédaigner les douces relations de la sociabilité, les arts et les lettres.
Lecîure : Lois de Lycurgue, dans Anacharsis et dans Xénophon.
Nota. A la fin des temps mythologiques, il serait essentiel de faire faire aux élèves un tableau synoptique des dieux de la Fable, afin qu'ils comprissent les poésies anciennes, et les allusions fréquentes que les auteurs, en général, font aux divinités du paganisme. '
Travail : Copie du tableau mythologique de l'auteur.
JUDÉE
Mort d'Afliaîie. — Athaiie, fille d'Achab et de Jézabeî, avait épousé Joram, roi de Juda, fils et successeur de Josaphat. Ce roi impie mourut après quatorze ans de règne. Athaiie alors marcha contre Jéhu, roi d'Israël qui avait fait mourir tous les entants d'Achab, etOchosias, fils d'Athalie. Cette princesse, voulant conserver le trône de Juda, fit mettre à mort tous les enfants de son fils Ochosias. Joas, au berceau, échappa au massacre par les soins de Josabeth, épouse du grand-prêtre Joad. On réleva dans le Temple jusqu'à l'âge de sept ans. Joad le fit reconnaître pour roi de Juda. Athaiie, étant accourue dans le Temple, y fut tuée par le peuple. Joas lui succéda,
î.eelGre : La tragédie & Athaiie, par Racine.
AFRIQUE
Cartlssge fondée. — Didon, femme de Sichée, venait de perdre son époux par la cruauté de Pygmalion, son frère, roi deïyr, qui voulait s'emparer de ses trésors. Pour se soustraire à la tyrannie de ce barbare, elle s'embarqua avec ses /serviteurs, et aborda en Afrique.
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Elle y fonda et agrandit, sur la côte septentrionale, une ville qui fut nommée Carlhage (ville nouvelle) ; elle avait obtenu ce terrain par rus© d'Iarbas, roi de Gètulie (Afrique). Quand la ville fut achevée, Iarbas demanda Didon en mariage, et, sur son refus, il voulut l'y contraindre; mais la princesse, ayant obtenu un délai de trois mois, éleva un superbe bûcher, feignant de vouloir apaiser par un sacrifice les mânes de Sichée, à qui elle avait juré une fidélité inviolable. Lorsque ce bûcher fut achevé, elle y monta et se tua d'un coup de poignard, en présence de son peuple, ce qui, dit-on, fit changer son nom d'Elise en celui de Didon, qui signifie femme courageuse. Les Carthaginois lui rendirent les honneurs divins après sa mort.
Lecture : L'Enéide de Virgile.
8e Élicele,
TEMPS HISTÛRÏttUE.
BBMBMJ DE lOffiB.
SOMMAIRE
Grèce. — 776. Première Olympiade. — 744. Première guerre de Messénie. —
736. Guerre entre les Lacédémoniens et les Argiens. Rome. — 753. Fondation de Rome. — 714. Règne de Numa. Assyrie. — 769. Fin du royaume d'Assyrie. — 747. Ère de Nabonassar. Judée. — 718. Tobie. — 718. Fin du royaume d'Israël. Egypte. — 713. Usurpation du trône par Sethos, prêtre de Vulcain. Découvertes. — 640. Plusieurs couleurs dans la peinture, par Bularchttst
grec. — 718. Le niveau, l'équerre, par Théodore de Samos.
GRÈCE
Première Olympiade.-- Les Grecs nommaient Olympiade un intervalle de quatre ans, don! les années commençaient au solstice d'été. Ce nom vient d'Olympie, ville d'Élide (0. du Péloponèse), où l'on célébrait des jeux connus dans toute la Grèce.
Ces jeux, longtemps célèbres, étaient presque tombés dans l'oubli, lorsque Lycurgue, Iphitus, roi d'Elide, etClésosthènes
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de Pise, les rétablirent en 884; vingt-sept olympiades après, les Grecs choisirent pour ère l'année où un célèbre lutteur d'Élide, nommé Chorœbus, remporta le prix, le 19 juillet 176. La première olympiade est la base de la chronologie des Grecs ; dès-lors leur histoire devient moins incertaine.
Religion, prêtres, divinités et mœurs.
Les premiers Grecs ou Pérasges ne connaissaient que deux divinités : le Ciel (Uranus), et la Terre (Ghé) ; mais dans la suite, plus civilisés, ils s'abandonnèrent à leur imagination ; ils personnifièrent, ils divinisèrent tous les objets, tous les phénomènes de la nature ; enfin, ils placèrent une foule d'hommes célèbres au rang ése dieux. De là un grand nombre de temples, de fêtes, de cérémonies et d'initiations. Parmi ces fêtes religieuses, nous distinguerons les Panathénées, en l'honneur de Minerve ; les Dionysiaques, en l'honneur de Bacchus ; les Eleusines , en l'honneur de Cérès et de Proserpine : c'étaient les plus célèbres et les plus mystérieuses ; il fallait être initié pour entrer dans le temple. Outre les fêtes générales, chaque bourg de l'Attique avait ses fêtes particulières : Vénus était la principale diviiafeté des Corinthiens ; Diane, celle des Ephésiens, dans l'Asie-Mineure, etc. Les sacrifices sanglants offerts aux dieux s'introduisirent avec l'habitude que prirent les hommes de se nourrir de la chair des animaux ; ils devinrent fréquents en Grèce, et ne cessèrent que dans le 5e siècle avant l'ère chrétienne. Au temps de la guerre Médique, on voit encore Thémistocle, avant la bataille de Salamine, immoler à Bacchus Omestès trois jeunes Perses, faits prisonniers.
Les oracles avaient peu d'influence dans les temps héroïques; s«us Lycurjue, ils étaient tellement respectés, qu'il était impossible de commencer aucune entreprise sans les consulter. Ils avaient perdu de leur pouvoir dans le 5e siècle, et ne subsistèrent que par l'ambition et la politique de quelques hommes ; le christianisme fit disparaître cette superstition ; déjà, dans le 1er siècle, Cicéron disait que deux augures ne pouvaient pas se regarder sans rire.
Lecture : Jêuxde la Grèce, dans le tableau mythologique de l'auteur et dans Anacharsis.
Première guerre de Messénie.
Causes. — Les Spartiates cherchaient des prétextes pour déclarer la guerre aux Messéniens, qu'ils désiraient depuis longtemps asservir ; quelques outrages commis par ces derniers envers déjeunes Lacédémoniennes qui allaient offrir des sacrifice^ dans un temple de Diane, situé sur les frontières de la Messénie, et le meurtre de Téléchus, l'un des deux rois de Sparte, par Polycharès, donnèrent lieu à la première guerre
lift, Se SIECLE.
dans laquelle les Spartiates eurent l'avantage. Le théâtre de la guerre fut la Messénie, le mont ïthome, et surtout !e pays des Amphéïens.— Il y eut trois guerres de Messénie : la première, de 744 à 724, dura 20 ans. — La seconde, de 684 à 668, dura 46 ans. — La troisième, de 466 à 455, dura 1 1 ans.
Conséquence de la première giaèrre, «1© 944 à 9£4. — La ville à'Jmphéïa fut surprise par les Lacédèmoniens, qui l'assaillirent de nuit et en passèrent les habitants au fil de l'épée. Les Messéniens, féroces et mal disciplinés, réduits à l'extrémité, furent obligés d'abandonner leurs villes , et d'aller camper près à? ïthome > petite ville située sur le haut d'une montagne du même nom. La peste ajoute à leurs maux, et Aristodème, prince messénien de la famille des Epytides, offre aux dieux sa fille en expiation, et lui plonge lui-même le couteau dans le sein. D'abord, secouru par les Argiens et les Arcadiens, il a quelques succès ; le roi de Sparte Théopompe est tué, et trois cents Spartiates, faits prisonniers, sont immolés sur l'autel de Jupiter lthomien ; mais bientôt le malheureux, voyant son dévoùment inutile, se donne la mort sur le tombeau de sa fille pour accomplir un second oracle. L'excès de ce malheur renouvelle Ses forces des Messéniens ; mais, pressés par la famine, ils sont vaincus après un combat sanglant, et, maîtres du champ de bataille, les Lacédémoniens détruisent la vilie d'ithome (724). Le reste de la Messénie se soumet après vingt années de résistance. On n'impose aux Messéniens aucun tribut ; mais on les oblige à porter à Sparte la moitié de leurs moissons et à se trouver, hommes et femmes, aux luné* railles des rois et des principaux citoyens de Sparte.
Les généraux qui commandèrent dans cette guerre furent, du coté des Messéniens : Euphaès, l'héraclide , Gléonis et Aristodème ; du côté des Spartiates ; Tiiéopompe et Polydore.
Guerre entre les Lacédémoniens et les Argiens.
Causes. La véritable cause de cette guerre fut la rivalité des
peuples; le prétexte, la possession du petit pays de Thyréa, sur lequel ies uns et les autres prétendaient avoir des droits.
Développement. — Les deux armées étaient sur le point d'engager le combat, quand, pour épargner le sang, on convint de choisir, de part et d'autre, trois cents braves qui termineraient la querelle ; le terrain en litige devait appartenir aux vainqueurs.
des généreux champions en vinrent aux mains, et combattirent avec
8e SIECLE. lia
tant d'acharnement, qu'ils restèrent tous sur le champ de bataille, à l'exception d'un Spartiate et de deux Argiens ; encore , dit-on que ce fut la nuit qui les sépara.
Se croyant vainqueurs, les deux Argiens coururent à Argos en porter la nouvelle ; mais le Spartiate, nommé Otrihade, quoique blessé, demeura à son poste, et ayant dépouillé les morts pendant la nuit, il éleva un trophée sur le champ de bataille ; il y traça de son sang : Les Lacédémoniens vainqueurs des Argiens! Le lendemain, les deux armées, revenues sur le champ de bataille, prétendirent de part et d'autre à la victoire : les Argiens, parce qu'il était resté plus de soldats de leur côté, et le» Lacédémoniens, parce que leur unique soldat était resté maître du champ de bataille. Il fallut en venir aux mains pour décider la question^ le combat fut long, cruel et sanglant ; mais la discipline des Spartiates l'emporta, et les Argiens furent vaincus ; honteux de leur défaite, ils se rasèrent les cheveux; leurs femmes se dépouillèrent de leurs bijoux, et jurèrent de ne les reprendre que lorsque Thyréa serait reconquise, et lorsqu'en 514, Gléomène, roi de Sparte, assiégea Argos, elles le repoussèrent; elles avaient à leur tête Télésille, qui se distingua non-seulement comme héroïne, mais comme poète.
Lecture : Anacharsis. — Rollin. — Hérodote.
ROME
Origine des Romains. — Il est difficile d'assigner l'origine de la population romaine; le plus ancien peuple italique, les Ombriens, venus, à ce que l'on croit, de l'Illyrie, s'étaient fixés, longtemps avant la fondation de Rome, à la gauche et à la droite du Tibre. Entre la fron«tière du pays des Ombriens et à l'embouchure du Tibre, étaient les Si" cules. Dans la chaîne de l'Apennin, aux environs du mont Velino et du lac Fucino, habitait un peuple grossier, à demi fabuleux, connu sous différents noms, dont le plus usité est celui d' Aborigènes. A l'est de ces peuples, on trouvait les Sabins, dont la patrie primitive était dans les Abruzzes, au sommet des Apennins. Les Sabins s'emparèrent du pays des Ombriens, et étendirent dans la suite leurs frontières jusqu'au voisinage de Rome. A cette époque, c'est-à-dire deux générations avant la guerre de Troie, les Aborigènes s'établirent sur la pointe méridionale du pays des Ombriens, y bâtirent des villes et des bourgs.
Les Sicules et ces montagnards se firent une guerre d'extermination. Après des combats longs et terribles , les Aborigènes , avec des bandes pélasgiques chassées de la Thessalie et conduites par Evandre (1330), vainquirent les Sicules, qui furent obligés de se réfugier dans la Trina* crie, laquelle prit alors le nom de Sicile. Les Pélasges eurent une part des terres conquises, mais ils furent à leur tour soumis et réduits à de misérables restes. Les Aborigènes restèrent seuls maîtres du pays, et furent la source primitive des peuples du Latium; ils prirent le nom de Latins, du nom de leur roi Latinus, Enée, qui, en 1269, avait conduit quelques Troyens dans le Latium, épousa Lavinie, fille de Latinus, et
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fonda la ville de Lavinium. Ascagne, son fils, bâtit Albe-la-Longue (1158). Douze princes régnèrent après lui ; Procas fut le dernier. Numitor et Amulius, ses fils, se firent la guerre : le dernier l'emporta ; niais il fut renverse du trône par les deux petits-fils de Numitor, Romulus et Rémus, à qui les Romains donnaient pour père Mars, et pour mère, la vestale Rhéa Sylvia.
Fondation de Home. — Romulus, fondateur de Rome, était pasteur dans sa jeunesse; hardi et ambitieux, il rassemble une troupe de gens sans aveu, et vient avec eux et Rémus, son frère, s'établir sur le mont Palatin, à quelque distance d'Albe. Il avait auparavant rétabli Numitor, son grand-père, sur le trône de cette ville. Quelques cabanes s'élevèrent dans ce lieu alors désert, et ce fut là l'humble commencement de Rome. La ville s'agrandit par degrés. Romulus employa la ruse pour procurer des femmes à ses sujets ; cette conduite suscita, entre les Romains et les Sabins, une guerre qui se termina par la réunion des deux peuples. La ville, commune aux deux, conserva le nom de Rome, mais les habitants prirent celui de Quirites, de Cures, ville des Sabins. Romulus mourut assassiné en 715.
Administration de Itornssltas. — Romulus divisa le peuple en trois corps ou tribus, et chaque tribu fut subdivisée à son tour en dix curies, commandées par autant de chefs; il assigna à chaque citoyen deux arpents de terre. Les pères de famille, pour lesquels il eut toujours une prédilection particulière, et ceux qui s'étaient distingués par des actions d'éclat, eurent un lot plus considérable. De cet acte de justice, résulta l'ordre des patriciens et des plébéiens; mais pour rapprocher les distances, il établit le patronage, qui obligeait, d'un côté, les patriciens ou patrons à diriger les affaires des plébéiens, à répondre à leurs consultations, à les défendre gratuitement devant les tribunaux ; et de l'autre, les plébéiens à regarder leurs patrons comme leurs pères, à subvenir aux dépenses inséparables des emplois et des dignités de ces mêmes patrons, à payer la rançon de leurs enfants faits prisonniers à la guerre, etc. ; institution admirable par sa tendance à réunir des classes naturellement divisées d'intérêt. Ce prince forma ensuite un conseil d'état composé de cent membres choisis parmi les patriciens; il leur conféra le titre de sénateurs, et les chargea de l'examen et de la décision des affaires dont il ne pourrait s'occuper lui-même. Gomme chef l'Etat, il se réserva la surveillance du culte, l'exercice de la justice, le pouvoir d'assembler les curies, et de- faire exécuter les lois du peuple dont il était le conservateur direct ; enfin le commandement des armées, et le droit exclusif de faire la paix ou la guerre.
Ce qui prouve que Romulus voulait faire un peuple de braves, c'est : 1° la faculté qu'il accorda aux peuples voisins de s'incorporer dans les tribus de Rome, et de participer aux emplois publics ; 2° de n'avoir permis l'exercice des armes qu'aux hommes libres , laissant, comme à Sparte, aux esclaves et aux étrangers, le soin de s'occuper des arts et du commerce.
8e SIÈCLE. 117
Il suffît, pour faire l'éloge de cette constitution, de dire qu'elle le conserva intacte pendant plusieurs siècles, et qu'elle fut la source do toutes les vertus publiques de ce peuple extraordinaire.
D'après les sages dispositions du sénat, pendant l'interrègne, Nutna Pompilius, sabin d'origine, monta sur le trône, et tout prit alors un caractère pacifique et religieux. Il créa l'ordre des vestales, qu'il dota des deniers publics; le collège des pontifes, dont il se déclara le chef; celui des féciales ou féciaux , espèce de tribunal chargé de juger les délits politiques, môme de rompre la paix. Le peuple reçut une nouvelle organisation ; il fut divisé par arts et par métiers, et gouverné par des magistrats qu'on renouvelait tous les ans. Pour consolider ces divers établissementr, Numa érigea un temple à la bonne foi, et fit du serment l'objet d'un culte particulier qu'il lia au principe du gouvernement. Les Romains acquirent sous le règne de ce prince quelques notions du droit public. Ils ne firent plus la guerre sans une déclaration préalable des féciales. On connut les trêves, les suspensions d'armes, on accorda des capitulations honorables. Numa mourut après 43 ans de règne (de 714-671).
Lecture : Histoire ancienne de Rollin, de Ségur, dg Michelet. — Montesquieu.
ASSYRIE
Fin du premier empire d'Assyrie. — Les peuples de l'Asie, las et honteux d'obéir à des maîtres plus faibles que des femmes, secouèrent le joug et se donnèrent des rois plus dignes de les commander. Ces démembrements resserrèrent V empire de Babylone dans les bornes d'un petit royaume. Néanmoins, aucun des rois d'Assyrie, depuis Sémiramis jusqu'à Sardanapale, ne mérite une mention honorable. En 759, les premiers officiers de l'empire aspirèrent au trône, comme à une place vacante, et s'accordèrent pour le partager. Àrbacès, gouverneur de Médie, indigné, disait-il, de voir tant d'hommes obéir à un pourceau, leva l'étendard de la révolte, avec Bélésis, prêtre de Baal à Babylone. Sardanapale, dont la mollesse causa cette grande révolution, craignant de tomber entre leurs mains, fit allumer un immense bûcher dans son palais, et s'y précipita avec ses femmes.
L'empire d'Assyrie fut alors démembré : trois royaumes s'élevèrent «ur ses débris :
1° Celui de Babylone, où Bélésis forma une espèce de république dont il se fit reconnaître le chef (759) ;
2° Celui de Ninive, dont Phul est déclaré roi : son fils Téglathphalasar fit de grandes conquêtes en Judée (74-2) ;
3° Celui de Médie, qu' Arbacès administra, mais sans donner aucune forme à son gouvernement. Cette imprévoyance causa des troubles.
Ère de Xabonassar. — Nabonassar (747), fils de Bélésis, est connu par l'ère qui porte son nom. Sous son règne, l'astronomie fit de grands progrès à Babylone. L'introduction de l'année solaire des Égyp-
118 8e SIÈCLE.
tiens établit chez les Chaldéens une chronologie plus sûre. L'histoire d'Orient, jusqu'alors très obscure, acquiert plus de clarté.
JUDÉE
Fin ûu poyaaaaie d'Israël (718). —Le royaume d'Israël était continuellement eu guerre contre les rois de Juda ou contre ceux d'Assyrie. Un de ces derniers princes, nommé Salraanasar, ayant vaincu Osée, roi d'Israël, lui avait imposé un tribut ; celui-ci par la suite refusa de le payer. Salmanasar marcha contre les Hébreux, assiégea Sainarie, et la prit. Les habitants et presque toute la nation furent emmenés en captivité, la sixième année du règne d'Ézéchias et la deux cent quatre-vingt-douzième du Temple; Tobie se trouvait parmi les prisonniers. Sennachérib, fils de Salmanasar, perdit presque toute son armée en faisant le siège de Jérusalem, et Assaradon réunit le royaume de Babylone à celui d'Assyrie ; enfin cette nouvelle monarchie assyrienne fut détruite par Cyaxare, roi des Mèdes.
Lecture : Histoire de Tobie, par Florian. — Josêphe, livre ix.
EGYPTE
Depuis Sésostris, l'histoire d'Egypte ne présente qu'obscurité. Au 17e siècle nous avons nommé les dynasties qui ont successivement occupé le trône jusqu'en 713. A cette époque, Séihos, ancien prêtre de Vulcain, s'empara du trône du roi éthiopien, Sabacon. Livré à la superstition, il fit peu de cas des gens de guerre, leur ôta leurs privilèges et les dépouilla même des bienfaits que ses prédécesseurs avaient répandus sur eux. Cependant, dans une guerre qu'il eut à soutenir, ses soldats l'abandonnèrent ; et, au rapport de l'historien grec Hérodote, il fut tiré de cette extrémité par une protection miraculeuse. Vulcain répandit une multitude effroyable de rats dans le camp ennemi : ces animaux rongèrent les cordes des arcs et les courroies des boucliers.
Après la mort de Séîhos, l'Egypte. fut plongée pendant deux ans dans une espèce d'anarchie qui ne cessa que lorsque douze principaux seigneurs se partagèrent l'Egypte et régnèrent l'espace de quinze années dans une parfaite union. Ce fut alors (de 671 à 656) que fut construit le fameux Labyrinthe. Ce monument, aussi étonnant par son étendue que par sa magnificence, était composé de douze palais disposés régulièrement, et qui communiquaient ensemble. Il y avait autant de bâtiments sous terre, destinés à la sépulture des douze rois et à nourrir les crocodiles sacrés dont les Égyptiens faisaient des dieux
Un oracle avait prédit que celui qui ferait des libations dans un vase d'airain deviendrait le maître de toute l'Egypte On rapporte que cette prédiction eut ainsi son effet : les rois s'étant assemblés pour faire de
libations à Vulcain, il se trouva une coupe de moins. Psammétique, l'un des douze, se servit, sans dessein prémédité, de son casque d'airain; cette circonstance frappa les autres rois, et leur rappela l'oracle; s'étant donc ligués contre Psammétique, ils l'obligèrent à se sauver. Ce prince malheureux n'attendit que le moment favorable de se venger; il se présenta, et il devint roi en 656.
Lecture : Histoire ancienne de Rollin et de Ségur.
•9e Siècle.
iiKMIŒ M U f IHEIMSOTmiK G&BCQVl,
SOMMAIRE
Grèce — 68û. Deuxième guerre de Messénie. — 466. Troisième guerre de Messénie. — 600 '. Colonies grecques dans les Gaules. — Les sept sages de la Grèce.
Judée. — 658. Holopherne et Judith. — 627. Jérémie. —606. Prise de Jérusalem, par Nabuchodonosor II, roi d'Assyrie.
Bonté. — 667. Combat des Horaces et des Guriaces, sous Tullus Hostilius. — &\h. Règne de Tarquin l'Ancien, -
Egypte- — 656. Règne de Psammétique. — 617. Règne de Néchao.
Idédie. — 690. Mortde Déjocès. — 655. Cyaxare I.
Assyrie. — Fin du royaume de Rabylone et de Ninive.
Bécouveries. — 6fi5. Therpandre ajoute trois cordes à la lyre. — Étrusques, célèbres par leurs ouvrages. La peinture sur émail leur est connue. — 610.' La géométrie et l'astronomie en Grèce, par Thaïes de Milet.
GRÈGE
Deuxième guerre de Messénie.
(de 684 à 668).
Il y avait quarante ans que les Messéniens souffraient de la tyrannie des Spartiates ; ils voulurent secouer ce joug affreux en unissant à leur haine les Argiens et les Arcadiens. Ils mirent à leur tête le célèbre Aristomène, doué des plus rares taîents militaires. Ce général, après de grands succès, s'introduit dans Sparte pendant la nuit ; il attache à la porte du temple de Minerve un bouclier dont l'inscription désignait que c'était un présent des dépouilles des Spartiates, consacré à la déesse par Aristomène. Sparte, indignée de cette insulte, et suivant les conseils de l'oracle, demande aux Athéniens Tyrtée,
120 7e SIECLE.
poète célèbre, dont l'extérieur était commun et repoussant, mais dont le talent était sublime.
A la bataille des Tranchées (4e bataille) , Tyrlée récite aux soldats des vers qui ne respirent que la gloire et le mépris" de la mort. Son enthousiasme se communique aux Sparliates : on vole au combat, et les Messéniens, renfermés dans la ville d'Ira, sont obligés de se rendre, après avoir été trahis une deuxième fois par Aristocrates il, roi des Argiens (668).
Leciur4* : Rollin. — Chant de Tyrtée.
Troisième guerre de Messénie.
(de Um à 455).
Les Messéniens et les Spartiates reprirent une troisième fois les armes, après deux cents ans de paix. Les Messéniens se réunirent aux Ilotes révoliés, et rassemblèrent leurs forces à Ithome. Les Spartiates furent vainqueurs, et forcèrent leurs ennemis à s'exiler de leur patrie Un grand nombre d'entre eux quitta la Grèce; les uns passèrent en Libye, les autres en Sicile, où ils s'établirent dans la ville de Zancle, qu'ils appelèrent depuis Messine. Ceux qui restèrent devinrent esclaves et furent confondus avec les Ilotes. Dans'Ia suite Kpaminondas les délivra en 370 ; ils entrèrent dans la Ligne Achéenne ; Dinocrate, leur prêteur, les en détacha, combattit les Achéens, fit prisonnier Philopœmen, et empoisonna ce grand homme dans sa prison (183).
Lecture : Anacharsis : chants èlègiaques d'un jeune Messénien.
Colonie» grecq&ae® dans le® Gaules. — Un vaisseau phénicien, conduit par un marchand déterminé, nommé Euxène ou Protis, après avoir longé les côtes occidentales de l'Italie, débarquée l'embouchure du Tibre et fait alliance avec les Romains, gouvernés par Tarquin V Ancien, aborda aux bouches du Rhône, dans le territoire des Ségobriges, une des tribus galliques libres. Massalia ou Marseille fut fondée, et peu à peu cette ville devint florissante, industrielle et riche. C'était la Venise des temps anciens. La présence des Grecs en Gaule influa sur la culture des arts et des sciences. D'autres colonies grecques appelaient en même temps sur d'autres points la civilisation de la mère- patrie : en Thrace, on fondait Bysance ; en Afrique, on fondait Cyrène, où régna 200 ans ia famille du lacédèmonien Battus. G'est de là que les Cyrénéens furent souvent nommés Baltiades.
JUDÉE
Holopherue et Judith* — ïïolopherne général d'Assaradon, roi d'Assyrie, marcha contre les Juifs, qu'il voulait réduire. Il s'avance vers Béthulie, ravageant le pays qu'il parcourt, et entreprend le siège de celte ville. Les habitants, à la dernière extrémité, étaient sur le point de se rendre, lorsque Judith, veuve inspirée de Dieu, conçut le projet de sauver sa patrie: elle se para magnifiquement, sortit de la ville et s'introduisit auprès d'Holopherne. Après avoir soupe avec lui, elle se saisit de son sabre et le tua. Elle rentra en triomphe dans la ville, qui fut aussitôt délivrée (658).
Prise de Jérusalem. — La cruauté ou la faiblesse des rois de Juda attira bientôt sur celte ville les malheurs les plus grands; et cependant les hommes inspirés de Dieu leur prédirent la ruine des deux royaume^, si le peuple hébreu ne changeait pas de conduite. Ces prophètes, à la voix sublime, exhortaient à la repentance et assuraient l'accomplissement des promesses de Dieu. Ils furent peu écoutés, mais leurs écrits servirent à conserver la pureté de la religion au milieu de la corruption du peuple. On compte seize prophètes principaux : quatre grands et douze petits.
Les quatre grands son! : Isa/le; — Jérémie ; — Daniel ; — Ezéchiel.
Les douze petits sont : Osée , — Joël ; — Abdias ; — Jonas ;
— Michée; — Jmos; — Nahum; — Habacuc; — Sophonie ;
— Aggé ; — Zacharie ; — Malachie.
Nabuchodonosor pritetemmoni captif le roi Joachim. Alors
commença la captivité des Hebreus qui dura soixante-dix ans. Joachim cependant remonta sur le trône moyennant un tribut qu'il devait payer. S étant révolté, il fut vaincu de nouveau et misa mort. Un troisième si< ge eut lieu sous Jéchonias, fils de Joachim. INabopolassar, roi du second empire d'Assyrie, qui avait réuni le royaume de Nmive à celui de Babylone, en 625, étendit beaucoup ses états par la conquête de la Syrie et d'autres pays. Mais le roi d'Assyrie lut puni de son orgueil . Dieu le fît tomber dans une espèce de démence qui dura sept ans. lialthasar, appelé aussi Labipiit, le dernier successeur de Nabuchodonosor II, vit passer son empire sous la domination des Perses (538).
Lecture : Histoire sainte. — Histoire universelle deBossuet,
Travail : Notice sur les prophètes.
i22 T SIÈCLE.
ROME
lies Horaces» et les Caarlaees. — Tuîîus Ho„tilius montra un caractère fort différent de celui de son prédécesseur. Issu d'un transfuge d'Albe, il fut choisi par le sénat, qui le jugea digne de seconder ses vues politiques, dans un moment où se répandait sourdement le bruit que Rome, étant une colonie d'Albe, elle ne devait pas s'écarter des lois et des usages de la ville-mère. — En effet , Tidlus Mostilius ranima l'ancien esprit militaire des Romains. Ceux-ci prirent les armes contre la ville d'Albe , qui leur disputait la prééminence. Cette ville choisit trois guerriers pour terminer cette querelle. Rome envoya les trois frères Horaces contre les trois frères Curiaces; deux des Horaces succombèrent, mais le dernier employa la ruse d'une fuite apparente; divisant ainsi ses adversaires, et revenant tout-à-coup sur ses pas, il les vainquit sans peine, et Rome fut déclarée victorieuse. Le jeune Horace ternit son triomphe par le meurtre de sa sœur Camille. Il est condamné à mort; mais en ayant appelé au peuple, et d'après un nouveau jugement, il est contraint de passer sous le poteau de sa sœur (sororium tigillum). Cet appel au peuple devint dans la suite un droit. Albc est détruite et ses habitants réunis à la cité romaine. On donna le titre de sénateurs aux principaux Albains, tels que les Jules, les Servitiens, etc. On leur laissa à tous la jouissance de leurs biens, et on leur céda en toute propriété une portion de terre sur le mont Ccelius. C'est alors que commence l'unité du pouvoir romain; car, jusque-là, Albe était regardée comme la métropole des cultes latins. La destruction d'Albe forme une époque mémorable dans l'histoire des premiers siècles de Rome ; elle caractérise la politique du sénat, car cette cité existait depuis plus de cinq cents ans, et la sagesse de ses maximes l'avait rendue l'arbitre de l'Italie.
Tullus meurt frappé de la foudre (639), après 33 ans de règne, et Ancus Martius, petit-fils de Numa, lui succède. Ce prince protège les institutions religieuses et l'agriculture ; il combat avec succès les Latins , les Fidénates, les Sabins, les Véïens et les Volsques; il fait le premier usage des mines, exploite les salines dont il distribue le produit au peuple, étend enfin la domination de Rome jusqu'à la mer, par la construction du port d'Ostie. Ce règne heureux dura vingt-quatre ans (614).
Lecture : La tragédie des Horaces, par P. Corneille.
Famille des BaceMades de Corinthe. ~ Tarqnins.
Tarsjïim, cinquième roi de Rome, était fils de Démarate, corinthien, de la famille des Racchiades, qui, chassé de Corinthe (603) , se réfugia chez les Étrusques, avec lesquels il faisait un grand commerce, et devint lucutnon ou chef de la ville de Tarquinie, d'où son fils prit le surnom de Tarquin. La môme politique qui avait élevé Tullus présida à l'élection de cette dynastie grecque étrusque. Des services rendus, un esprit souple, exercé dans les affaires et plus encore sa haine contre les Étrusques ,
7e SIECLE. 123
furent les titres de Tarquin. Tanaquil, sa femme, l'avait déterminé à s'établir à Rome, en lui prophétisant qu'il y porterait le diadème; en effet, ses manières insinuantes et ses richesses lui avaient acquis un'si grand crédit, que le roi Ancus Martius le nomma, en mourant, tuteur de ses enfants. Mais, trop ambitieux pour se contenter de ce titre, il écarta bientôt ses jeunes pupilles, et se fit décerner la couronne. Il fit oublier son usurpation par sa douceur , sa modération, et par les améliorations qu'il apporta dans le gouvernement : 1° Il créa cent nouveaux, sénateurs; 2° il fit construire les murs de Rome et des aqueducs souterrains; 3° il introduisit l'usage des faisceaux de verges qu'on liait autour des haches des licteurs qui précédaient les magistrats, les robes des rois et dos augures, les chaises d'ivoire des sénateurs, avec les anneaux et les ornements des chevaliers. Enfin, il rendit Rome respectable à ses voisins, par ses victoires sur les Latins et les Sabins; et la plus grande preuve de sa politique, c'est que, de l'avis de son conseil, il accorda la paix aux Étrusques vaincus, à des conditions très modérées ; il leur laissa la liberté, leurs lois, leurs biens, leurs coutumes, pourvu qu'ils reconnussent la souveraineté du peuple romain. Tarquin , après avoir fait déblayer le sommet du mont Tarpéien pour ériger un temple à Jupiter- Capitolin, bâtit un cirque, embellit Rome, et l'appropria par la construction d'égouts qu'on voit encore aujourd'hui, et qui sont si magnifiques, \v,q Rome n'en rougit pas, dit Bossuet (Bist. unîv.), même quand elle se vit maîtresse du monde. Il fut assassiné par les enfants d' Ancus Martius (578).
Lecture :Tite-Live. — Montesquieu.
EGYPTE
Psammétique, l'un des douze rois d'Egypte, comme nous l'avons vu dans le siècle précédent, parvint à se rendre seul maître de l'Egypte. Des Grecs Gariens, qu'une tempête avait jetés sur les côtes de ses états, lui furent très utiles pour satisfaire sa vengeance et son ambition. Il marcha contre les Syriens et prit Azoth. Cette ville ne se rendit qu'après un siège de vingt-neuf ans : c'est le plus long dont l'histoire ancienne fasse mention.
jtféchno 5 fils de Psammétique, créa en Egypte une grande puissance maritime. Il commença un canal de communication entre le Nil et la mer Rouge. On dit que, par ses ordres, des navigateurs phéniciens, partis de la mer Rouge, firent le tour de l'Afrique, et se trouvèrent à l'embouchure du Nil trois ans après leur départ. Néchao marcha contre les Babyloniens , et défit, en passant, l'armée des Juifs; mais lui-même fut défait en 606 par Nahuchodonosor, roi de Babylone. Psammis, son fils, lui succéda sans éclat en 601 ; mais, sous son petit-fils Apriès, il y eut en Egypte des événements remarquables. Les Cyréncens battirent les Égyptiens, qui se révoltèrent contre leur roi, le déposèrent, et lui donnèrent pour successeur Amasis.
Lecture : Histoire ancienne de Rollin et de Ségur.
124 7e SIÈCLE.