LYDIE
Fin du royaume de Rydie. — (547). Les Lydiens, descendants des Cariens, furent gouvernés par trois dynasties :
1° Celle des Atyades, qui tire son nom d'Atys, l'un des successeurs de Mœon, le fondateur (16e siècle, 1579). Lydius donna son nom à la Lydie, appelée autrefois Mseonie. — Parmi les souverains qui lui succédèrent, on remarque Tantale (1387) ; Omphale, à laquelle Hercule fut vendu comme esclave. Le héros devint son époux; ils eurent pour fils Agésilaus ou Lamon, tige des Mermnades.
2" Celle des Héraclides commence en 1292-1219 dans la personne d'Agron , descendant d'Hercule et de Malis , esclave à? Omphale; elle occupa le trône pendant 505 ans, et n'est connue que par Candaule, assassiné d'après les instigations de sa femme Myssia par Gygès, qui devint roi de Lydie en 708.
3° La dynastie des Mermnades commence à Gygès , qui fit une expédition contre les villes de Smyrne, de Milet et de Colophon, dont il s'empara, à l'exception de la citadelle (de 708 à 7G0j.
180 6e SIÈCLE.
Le second roi fut Ardys (670), sous lequel eut, lieu une invasion de Cimmériens en Asie; Sardes tomba en leur pouvoir. Saclyates (621), malgré son goût pour les plaisirs, les chassa de sa capitale; Alyatte II, son fils (610), prince célèbre, continua et termina la guerre contre les Milèsiens, gouvernés par le tyran Thrasybule. 11 fit une guerre de cinq ans à Cyaxare, roi des Mèdes, qui avait donné un refuge à quelques Scythes desacour; une éclipse, survenue au moment d'une bataille décisive, termina la querelle. Pour cimenter la paix, Ariénis, fille d' Alyatte II, épousa Astyage, fils de Cyaxare.
Crésus succéda (559-547) à son père ; il conquit Éphèse et soumit î'Asie-Mineure. Sa richesse était passée en proverbe. Il attira auprès de lui les savants de tous les pays. Parmi eux on remarquait Ésope et Solon Ce dernier prédit au roi l'instabilité de sa fortune. Crésus n'y ajouta aucune foi.
Cependant, alarmé des conquêtes de Cyrus, et se confiant à la réponse équivoque d'un oracle, il osa tenter contre ce prince le sort des armes. Vaincu à Tymbrée sous les murs de Sardes (5Zj7), il ne dut la vie qu'à son fils muet, qui, par un miracle de tendresse filiale, recouvra subitement la parole pour dire : Soldat, ne tue pas Crésus! Crésus était condamné à périr sur un bûcher; mais le nom de Solon , qu'il invoqua à son heure dernière, lui sauva la vie ; il devint l'ami fidèle de Cyrus et de son fils Cambyse, qu'il accompagna dans toutes ses expéditions.
La Lydie devint ainsi une province de la Perse. — On citait les Lydiens, dans l'antiquité, comme doués d'un génie à la fois belliqueux et inventif. Ce furent eux qui fabriquèrent les premières monnaies d'or et d'argent. Depuis la défaite de Crésus, toujours esclaves, ils passèrent successivement sous la domination des Perses, des Macédoniens (334), sous Alexandre. La Lydie devint, à la mort de ce conquérant, le partage d'Antigone, et après la bataille à'Ipsus (301), elle passa aux Séleucides; mais Eumène I la joignit à son petit royaume de Pergame, vers 260, et Altale III la légua, avec le reste de ses états, en 142, aux Romains qui en prirent possession en 129. — C'est sur les côtes de la Lydie que se trouvaient toutes les cités grecques que formaient la confédération ionnienne: Phocée , Smyrne , Clazomènes , Erythres , Téos , Léhédos , Colophon, Éphèse, Priène, Milet, les îles de Chio et de Samos.
Lecture : Histoire de Lydie, dans Hérodote. — Carte de la Lydie.
5e Siècle.
THÉMISTOCLE ET PÉRÏCLES.
SOMMAIRE
Gï'èee.— Guerre persique : 490. Combat de Marathon. — Ù80. Dévouement de Léonidas aux Thermopyles. — 480. Combai naval de Salamine. — l\l\. Exil de Thémisocle. — 460. Troisième et dernière guerre de Mtssênie. — 454. Cimon. — 449 Gouvernement de Périclès. — Ù31. Guerre de Pèbponèse. — 430. Peste d'Athënes. ~ 415. Expédition de Sicile. — 405. Victoire de Lysandre à ^Egos-Potamos. — 404. Prise d'Athènes. — 404. Mort d'Alcibiade. — 403. Patriotisme de Thrasybule. — 402. Invasion de l'Elide.
Perse. — 401. Retraite des Dix-Milîe.
Rossse. — 492. Retraite du peuple sur le Mont-Sacré. — 488. Exil de Coriolan. — 477, Dévouement de la famille des Fabius. — 658. Triomphe de Cincinnatus.— 44s». Expulsion des decemvirs.
Découvertes. — 480 Egoûus, par Pliœnix d'Agrigente. — 470. Art de la mémoire, par le grec Simonide. — 450 . La perspective appliquée aux décorations théâtrales, par Agatlirarque. — 441. Le bélier, la tortue, machines de guerre, par Ailèmon de Clazomène. — 437. L'anatomie et la médecine dogmatique, par Hippocrate. — 401. Peinture sur cire et sur émail, par Arcési/aiis de Paros.
Coup»d'œii sur l'état du monde avant le siècle de Périclès.
Le chemin que l'homme a parcouru depuis l'arrivée des colonies étrangères en Grèce, c'est-à-dire depuis mille ans, est immense. Il commence à connaître la place qu'il occupe dans l'univers : un sentiment nouveau fait place à la stupéfaction : il admire au lieu de s'étonner, et la sécurité vient ajouter aux délices de ses émotions. Malheureusement ce tableau de vie sociale et intellectuelle a des limites fort étroites en comparaison du reste du globe.
La barbarie est encore profonde dans les contrées d'Europe et d'Afrique que ne baigne pas la Méditerranée. Il faut avouer que ce vaste canal, percé par la main de Dieu pour servir de lien aux trois parties de l'ancien monde, joue un bien grand rôle dans l'histoire de la civilisation.
En nous transportant à l'an 500 avant J.-C, les bords de ce vaste bassin nous offriront le plus imposant des tableaux. A cette époque les grandes dominations n'étaient pas encore venues donner des entrave*
au génie, et briser cette unité de formes politiques qui constituent la nationalité.
Depuis la Phénicie jusqu'au détroit de Gadès, les bords de la Méditerranée étaient alors occupés par des peuples éclairés, industrieux et navigateurs.
| AFRIQUE
• Sur les côtes d'Afrique, depuis le Promontoire Sacré jusqu'aux Colonnes d'Hercule, Cartilage avait fondé une chaîne de colonies parallèle à la chaîne de l'Atlas. A l'orient, Cyrène interrompait par ses monuments d'architecture grecque l'uniformité du désert de Lybie. Plus loin s'élevaient, au milieu des eaux du Nil, des pyramides et des obélisques, et si la tour du Phare et Alexandrie n'existaient pas encore, du moins les Grecs, malgré la répugnance des Égyptiens pour les étrangers, avaient obtenu qu'on leur ouvrît un port franc dans la ville de Naucrate.
ASIE
Par delà l'isthme de Suez, tout était plein des souvenirs de Moïse et de son Dieu, et la petite contrée de la Palestine renfermait l'avenir du genre humain. Sur ce point si rétréci, entre la Méditerranée et l'Euphrate, s'agitait une multitude de populations différentes, récemment réunies sous un même joug par les conquêtes de Cyrus. Les unes avaient développé l'élément intellectuel de la civilisation ; d'autres s'étaient attachés de préférence à l'élément matériel. Le Liban avait fourni des cèdres, aux Juifs pour bâtir leur temple, aux Phéniciens pour construire des galères. Des caravanes régulières apportaient aux premiers de l'encens et des ornements pour les fêtes de Jéhovah, aux seconds des tissus précieux, des métaux et des épices pour alimenter le commerce de l'Asie et de l'Europe, dont leurs ports étaient l'entrepôt. Sur les côtes de l'Asie-Mineure, la physionomie des peuples n'était ni moins intéressante ni moins animée ; de là était parti le premier rayon de lumière qui avait éclairé la Grèce; là le génie hellénique avait fait sa première explosion ; là Homère avait souffert et chanté.