‹ Nouveaux éléments d'histoire générale rédigés sur un plan méthodique entièrement neufChapitre 54 sur 166 · EUROPE · texte numérisé non relu

EUROPE

La partie que baigne le Pont-Euxin n'était pas restée étrangère aux progrès de la civilisation. Depuis Trapezus jusqu'à Byzance, une ligne de colonies, fondées pour la plupart par les Milésiens, permettait aux Grecs de faire le voyage des Argonautes sans entendre parler une langue étrangère ; tandis que sur le rivage opposé, entre les Palus-Méotides et le Borystône, d'autres colonies déployaient sur la limite des déserts de Scythie toute la magnificence des arts de la Grèce. En Italie, c'était 'le même spectacle et les mêmes bienfaits, ou plutôt c'était un spectacle plus imposent et des bienfaits mieux placés. Les Romains n'étaient encore maîtres que du Latium, et les galères étrusques, malgré la jalousie desCarthaginois, naviguaient encore librement dans la Méditerranée.

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Au midi de ia Péninsule la race hellénique avait occupé toutes les positions favorables à la navigation et au commerce ; au fond des golfes, à l'embouchure des rivières, s'élevaient des villes élégantes et populeuses, dont les habitants trouvaient dans la culture d'uirsol fertile une source peut-être trop abondante de richesses. L'industrie et les arts y mêlaient agréablement leurs produits : d'une part, c'étaient des coteaux couverts d'oliviers et de vignobles ; de l'autre, c'étaient des temples, des théâtres, des tombeaux et d'autres monuments dont les ruines attestent la magnificence.

En Sicile, c'était même activité, même élégance, même lumière, même prédominance du génie dorien.

Sur les côtes de la Gaule, encore si barbare, depuis les Alpes jusqu'à l'embouchure de l'Elbe, florissaient d'autres colonies : Marseille, peuplée de Phocéens qui avaient fui le joug de Cyrus, était la plus magnifique et la plus heureuse de toutes. Si, pour achever le tour de la Méditerranée, on joint à toutes ces colonies grecques celles que les Phéniciens avaient fondées en Espagne, on aura pour une même période un tableau plein de vie et de variété qui embrasse la plus belle et la plus intéressante partie de notre globe.

Au nord de la Grèce, non loin des lieux où Orphée avait paru, la vie de l'homme était si triste que, quand il naissait un enfant, la famille s'assemblait pour pleurer en commun sur le malheur qu'il avait eu de naître. Au-delà du Danube, on égorgeait les prisonniers pour arroser de leur sang la rouille d'un vieux cimeterre qui était l'emblème du dieu des combats, ou bien on leur crevait les yeux pour que rien ne pût les distraire des travaux serviles qu'on leur imposait. Aux funérailles d'un roi, on étranglait sa femme et ses serviteurs, et, au bout d'une année révolue, ce sacrifice était renouvelé sur cinquante créatures humaines. Chez les Issedons, le fils se croyait obligé, à la mort de son père, de donner un repas funèbre, où les parents mangeaient le corps du défunt, mêlé avec celui de plusieurs animaux. Enfin, dans le voisinage de la colonie grecque de Marseille, on apaisait la colère des dieux en brûlant des colonnes d'osier remplies d'hommes et d'animaux vivants.

Guerre Fersiqise. — La guerre des Grecs et des Perses pendant les guerres Médigues} dura de 500 à 449, c'est-à-dire 51 ans.

Causes. — Pendant que Cambyse faisait la conquête de l'Egypte, le mage Sraerdis était parvenu à se faire nommer roi de Perse, en se faisant passer pour le frère du roi; mais Timposture fut découverte : ii fut tué; Darius, fils d'Hystaspcs, fut élu roi. Ce prince entreprit des guerres qui ne lui réussirent

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point, entre autres celles contre les Scythes d'Europe. 11 convoitait depuis longtemps la Grèce, et avait d'ailleurs à se venger des Athéniens. Excité par Hippias, fugitif d'Athènes, il fit passer en Grèce une armée considérable, sous la conduite de Datis. — Ainsi le prétexte de la guerre persique fut de punir les Athéniens d'avoir pris part à l'incendie de Sardes; mais le motif réel fut l'ambition de Darius, excité par Hippias, fils de Pisistrate, qui, réfugié à la cour du roi de Perse, lui persuada qu'il était facile de rendre la Grèce tributaire.

MM aille de marathon. (1re Guerre de 500 à 485.) — Avant d'en venir à une rupture ouverte, Darius avait envoyé des hérauts dans la Grèce, demander en son nom la terre et l'eau. Les ambassadeurs furent assassinés. L'armée de Darius, partie des plaines de la Cilicie fut transportée par six cents vaisseaux dans l'île (ÏEubée. La ville d'Erétrie est prise malgré le secours de 4,000 Athéniens ; ses habitants sont passés au fil de l'épée et ses temples rasés. La flotte aborde sur les côtes de l'Attique, et prend terre près du bourg de Marathon, à six lieues d'Athènes; 100,000 hommes d'infanterie et 10,000 de cavalerie composaient l'armée de Darius. Callimaque., Aristide, Thémistocle étaient à la tête de 1 1 ,000 Grecs, et Miltiade avait le commandement général. La déroute des Perses fut complète ; repoussés de tous côtés, ils sont obligés de chercher un asile sur leur flotte, que le vainqueur poursuit le fer et la flamme à la main.

Miltiade fut blessé ; Hippias périt ainsi que Stésilée et Callimaque. Le combat finissait à peine , un soldat, excédé de fatigue, forme le projet de porter la première nouvelle d'un si grand succès aux magistrats d'Athènes, et, sans quitter ses armes, il court, vole, arrive, annonce la victoire, et tombe mort à leurs pieds.

Conséquences. — L'armée persane perdit environ 6,400 hommes; celle des Athéniens, 192 seulement. — Cette bataille se donna le 29 septembre 490 avant J.-C, la troisième année de la soixante-douzième olympiade. Cette première réaction de l'Asie contre la Grèce eut une grande influence politique : la force matérielle devait céder à la force intellectuelle.

Cette victoire eût été funeste à la Grèce sans l'activité de Miltiade Datis, en se retirant, avait conçu l'espoir de surprendre Athènes, qu'il croyait sans défense, et déjà sa flotte doublait le cap Sunium, lorsque Miltiade, qui en fut instruit,

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arriva le même jour sous les murs de la ville, déconcerta par sa présence les projets de l'ennemi, l'obligea de se retirer sur les côtes de l'Asie, emmenant avec lui les Erétriens qu'il avait faits prisonniers. Trois ans après mourut Darius (485); il projetait une nouvelle invasion, que suspendit une révolte qui avait éclaté en Egypte.

Le» Thermopyles. (2° Guerre, 485-471). — Miltiade dirigea les armes des Athéniens contre Paros, et forma le projet de rendre sa patrie mai'resse de la mer. Il échoua ; et les Athéniens irrités jetèrent le vainqueur de Marathon en prison, le punissant ainsi de leur propre ignorance.

Thémistocle et Aristide prirent alors les rênes du gouvernement et furent les véritables auteurs de la puissance de la république athénienne. L'un réunissait, à un degré extraordinaire les plus brillantes qualités de l'homme d'état, et l'esprit d'intrigue à l'intérêt personnel; l'autre, administrateur intègre, ne suivait que les idées de justice, même à son détriment , et tous deux, cependant, voyaient, dans cette première invasion et dans l'ingratitude des Athéniens envers Miltiade, le présage assuré de nouveaux dangers.

C'est pendant l'administration de ces deux grands hommes que Xercès médite une seconde expédition contre la Grèce. La défaite de Marathon en fut la cause. Quatre années sont employées à lever des troupes et à établir des magasins sur la route que devait tenir l'armée de terrre et de mer. Démocrate, prince grec, excitait Xercès à cet armement.

Le roi de Perse partit de Suse au printemps de 481, et se rendit sur les bords de THellespont, avec la plus nombreuse armée qu'on ait jamais rassemblée. Les troupes em ployèrent sept jours et sept nuits à passer le détroit, et les bagages un mois entier. De là, prenant sa route par la Thrace et côtoyant la mer, Xercès arriva dans la plaine de Doriscus9 arrosée par YHèbre; il passa son armée en revue, et elle se trouva forte de 1,700,000 hommes de pied et de 80,000 chevaux ; 20,000 Arabes et des Libyens conduisaient des chariots armés et des chameaux.

La flotte était composée de 1 ,207 galères à trois rangs de rames, contenant chacune 200 hommes, en tout 241,400 hommes; elles étaient suivies de 3,000 vaisseaux chargés de maichines de guerre.

A ces forces se joignirent 300,000 combattants tirés de la

Thrace et de plusieurs autres régions de l'Europe soumises à Xcrcès; les iles voisines fournirent aussi 120 galères, montées par 24,000 hommes.

Cette multitude, que Pou a évaluée en tout à 5,2S 3,220 hommes, se mit en marche, campa d'abord près des villes Thema et de Pella, de là dans les plaines de la Thrace, où elle se partagea en trois corp?.

Le premier, commandé par Mardonius, suivit le rivage de la mer, et les deux autres firent route par l'intérieur des terres. Sergis, général expérimenté, conduisait celui qui prit à travers les montagnes, et Xercès, accompagné de Smerdones , et de Mégahize, choisit le passage du milieu comme le plus commode et le plus sûr. Pour faciliter la marche de son immense armée, il avait fait percer le mont Athos et jeter un pont de bateaux sur l'IIellespont. Le pont fut détruit par la tempête, mais le passage du mont Athos lui fut très utile.

De leur côté, les Grecs s'emparèrent d'un pas difficile, le seul endroit par où les Perses pouvaient pénétrer en Grèce : c'était le délilé des Thermopyles.

La défense de ce passage fut confiée à Léonidas, roi de Sparte (480). Il plaça son armée près ÏÏAnthela, non loin du courant d'eau chaude qui a fait donner à cet endroit le nom de Thermopyles, et il jeta en avant quelques troupes pour en défendre les approches. Mais il ne suffisait pas de garder le passage qui était au pied de la montagne : il existait sur la montagne même un sentier qui commençait à la plaine de Trachis, et qui, après différents détours., aboutissait près du bourg d'Alpénée. Léonidas en confia la garde aux 1,000 Phocidiens qu'il avait avec lui, et qui allèrent se placer sur les hauteurs du mont OEta.

Ces dispositions étaient à peine achevées que l'on vit l'armée de Xercès se répandre dans la Trachinie, et couvrir la plaine d'un nombre infini de tentes. A cet aspect, les Grecs délibérèrent sur le parti qu'ils avaient à prendre. La plupart des chefs proposaient de se retirer vers V Isthme; mais Léonidas ayant /rejeté cet avis, on se contenta de faire partir des courriers pour 'presser le secours des villes alliées.

Cependant les Perses allaient franchir le défilé ; le roi de Sparte s'était arrêté avec 7,000 hommes. — Rends tes armes, fit dire Xercès à Léonidas. — Viens les prendre, répondit celui-ci avec un laconisme Spartiate. — Nos ennemis sont si

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nombreux, lui dit un soldat effrayé, que leurs flèches obscurcissent le soleil. — Tant mieux? s'écrie-t-il, nous combattrons à Vombre.

Xercès est indigné de ce sangfroid, qui pour lui est de l'orgueil ; il ordonne de faire marcher ceux de ses soldats dont les parents sont morts à Marathon, exigpant qu'ils ramènent les Spartiates prisonniers. Ce combat partiel est favorable à Léonidas.

Mais la trahison devait vaincre le patriotisme. Un grec, Epialtès, découvre au roi de Perse un sentier connu des bergers seulement, et Léonidas voit bientôt ses ennemis sur le sommet de la montagne -Jugeant alors qu'il est impossible de résister, et voulant conserver à l'Etat le plus grand nombre de défenseurs possible, il renvoie tous les alliés, et ne garde avec lui que ses fidèles Spartiates ; il les engage à bien dîner, car ils souperont chez Pluton. Le repas terminé, les trois cents se précipitent sur le camp des Perses, et meurent en héros. Xercès eut la lâcheté de faire mettre en croix le corps de Léonidas.

Après leur délivrance, les Grecs élevèrent, à la place où était mort le roi de Sparte, un lion de marbre qui rappelait à la fois son nom et son courage, avec cette inscription : Passant, va dire à Spaiie que nos concitoyens sont morts ici pour obéir à ses saintes lois.

La bataille des Thermopyles fut livrée le 4 août 480, la première année de la soixante et quinzième olympiade. Le jour même de cette mémorable action, il se donna un grand combat naval près <¥Jrtémise} promontoire de Pile dEubée. Les Grecs, secondés par la tempête, eurent quelque avantage, et celte résistance fut comme le prélude d'un succès plus éclatant.

Leetrare î La tragédie de Léonidas, par Pichald. — Détails sur cet événement dans Anacharsis.

Salrmine. — Les Perses, maîtres du détroit, s'avancèrent dans l'Attique. Les Alhéniens abandonnèrent leur ville, et se retirèrent sur leurs vaisseaux. La flotte des Grecs, fort inférieure en nombre à celle des Perses, mais beaucoup plus légère, se tint resserrée dans le détroil de Salamine. La valeur des Grecs et les talents de Thémistocle, leur général, triomphèrent de la multitude des Perses, qui prirent la fuite

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Xercès lui-même, qui avait été spectateur du cornuat, d'une éminence où il avait placé son trône, fut très heureux de trouver une barque pour regagner ses états. Mardonius, avec 300,000 hommes, venait de recevoir un renfort de 50,000 Grecs auxiliaires ; son armée était donc de 350,000 contre M0,000 Grecs. Cependant les Perses avaient perdu 200 vaisseaux par la tempête. Mardonnius fut vaincu à Platée, par Pausanias, général lacédémonien, et par Aristide. Le même jour, Xantippe remporta à Mycale, en Asie-Mineure, une victoire décisive. Aristide, surnommé le Juste, s'était distingué dans cette guerre. Mardonius ayant péri dans le combat, Artabaze, l'un des principaux officiers de son armée, prit, avec 40,000 hommes qui lui restaient, le chemin de la Phocide, traversa la mer de Byzance, et se rendit en Asie. Xercès fut encore obligé de s'enfuir de Sarcles, après avoir ordonné que tous les temples des colonies grecques fussent brûlés.

La victoire de Salamine, due principalement au génie et à la prudence de Thémistocle, est l'une des plus mémorables batailles de l'histoire. On admire avec raison la modestie de ce général, dans la réponse qu'il adressa à Euribiade, général lacédémonien qui levait le bâton sur lui : Frappe, mais écoute. Ainsi la victoire de Salamine fut le fruit du courage et de la patience.

La bataille de Salamine se livra le 20 octobre 480.

Exil de Tîfiéâaii^4©©!e. — Le vainqueur des Perses a" Salamine, Thémistocle, profila de son influence pour convaincre les Athéniens de la nécessité d'une marine puissante. Malgré l'opposition des Spartiates jaloux, il releva les murs d'Athènes, bâtit le Pirée et fit assigner des fonds pour construire des vaisseaux tous les ans. Cependant ses services furent mal récompensés. Il fut accusé d'avoir trempé dans la conspiration de Pausanias, conspiration qui avait pour but de livrer la Grèce aux Perses, et les Athéniens ne purent rien prouver contre lui ; mais il fut condamné par la voie de l'ostracisme. Averti qu'on se préparait à l'arrêter, il se relira d'abord à Corcyre, puis à la cour d'Admète, roi des Molosses, et ne ■trouva de reluge quen Perse, à la cour d'Artaxercès Longue- Main (467). -

Ce prince chargea Thémistocle, alors gouverneur de Maf.nr'sie, du commandement générai de ses armées. Col Aihé- :;i n iie voulut pas porter les armes contre sa patrie : mais.

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craignant de déplaire au roi son bienfaiteur, il s'empoisonna en 464. Il avait alors 65 ans. Les Perses le regrettèrent autant que les Athéniens.

Lecture : Biographie de Théniistocle. — Anacharsis.

Ciiuon, fils de Miltiade, s'était distingué dans la dernière guerre (480). Il conduisit les Athéniens contre les Perses, et •eur fit remporter de grands avantages. Il fut exilé injustement et rappelé au bout de cinq ans par ses concitoyens, qui avaient besoin de ses talents. Une sanglante bataille venait de se livrer près de Tanagre (455), entre les Athéniens et les Thèbains, soutenus par les Spartiates. Les Athéniens vaincus rappelèrent alors l'exilé, qui ménagea la paix entre Sparte et Athènes, et alla ensuite avec trois cents vaisseaux attaquer les Perses ; il les défit près du fleuve Eurymédon et dans File de Chypre, et les réduisit à demander la paix : elle fut conclue à condition que les villes grecques de l'Asie-Mineure resteraient libres, que les vaisseaux perses n'entreraient point dans la mer Egée, et n'approcheraient de la mer qu'à une lieue de cheval : ce traité tut imposé aux Perses 51 ans après que Darius eut envoyé ses hérauts demander à la Grèce la terre et l'eau. Cimon ne recueillit pas les fruits des services qu'il avait rendus : il mourut, en 449, d'une blessure qu'il avait reçue au siège de Citium (Chypre). On a dit de Cimon qu'on retrouvait en lui le courage de Miltiade, le prudence de Thémistocle.et la justice d'Aristide.

La Grèce civilisée est dès lors appréciée par les Romains, qui envoient recueillir les lois de Solon et d'autres célèbres législateurs; ce voyage des ambassadeurs de Rome donna lieu à l'établissement des décemvirs.

Conséquences particulières et générales.

La bataille de Salamine eut pour conséquence l'expulsion des Perses; elle changea entièrement la situation des Grecs , tant au dehors qu'au dedans. D'attaqués qu'ils étaient, ils devinrent agresseurs, et l'affranchissement de leurs compatriotes d'Asie fut le motif ou le prétexte dont ils se servirent pour continuer une guerre si avantageuse, dans laquelle Sparte conserva le privilège du commandement.

Mais la trahison et la chute de Pausanias, qui mourut de faim dans l'enceinte du temple où il s'était enfui, firent changer ies affaires de face. L'honneur du commandement passe des Spartiates aux Athéniens, qui en profitent pour former une espèce de confédération militaire, dont le Péloponèse est le centre. C'est l'époque de la jalousie d'Athènes et de Sparte.

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Avant cette époque, les nombreux petits états de la Grèce étaient sans cesse armés les uns contre les autres; séparés ainsi, d'intérêts, ils ne pouvaient rien faire de grand, et il fallait qu'une circonstance extérieure les excitât à développer leurs forces, en les réunissant pour le salut commun de la Grèce. Les guerres persiques jetèrent les fondements de la grandeur de la Grèce, et bientôt quelques états devinrent le centre de toute l'activité hellénique. La Grèce se trouvait triomphante au dehors; mais nous verrons bientôt Athènes et Sparte se diviser et faire éclater une funeste rivalité.

Napoléon demandait si l'on devait croire aux grosses armées dont il est question dans l'histoire ; il pensait que la plus grande partie des citations étaient fausses et ridicules. Ainsi, il ne croyait pas aux grandes armées des Carthaginois en Sicile. « Tant de troupes, disait-il, » eussent été inutiles dans une aussi petite entreprise ; et si Carthage » eût pu en réunir autant, on en eût vu davantage dans l'expédition » d'Annibal. » Il ne croyait pas non plus aux millions d'hommes de Darius et de Xercès, qui eussent couvert toute la Grèce, et se seraient sans doute subdivisés en une multitude d'armées partielles. Il doutait même de cette partie brillante de l'histoire de la Grèce. Il ne voyait dans le résultat de cette fameuse guerre persique que de ces choses indécises où chacun s'attribue la victoire : Xercès s'en retourna triomphant d'avoir pris, brûlé, détruit Athènes -, et les Grecs exaltèrent leur victoire, parce qu'ils n'avaient pas succombé. Quant aux détails pompeux des victoires des Grecs et des défaites de leurs innombrables ennemis, qu'on n'oublie pas, faisait observer Napoléon, que ce sont les Grecs qui le disent; qu'ils étaient vains, hyperboliques, et qu'aucune chronique de Perse n'a jamais été produite pour assurer notre jugement par un débat contradictoire. Mais Napoléon croyait aux armées de Gengis-Khan et de Tamerlan, quelque nombreuses qu'on les eût prétendues, parce qu'ils traînaient à leur suite des peuples nomades en-^ tiers, ^uise grossissaient encore d'autres peuples dans leur route, «et » il ne serait pas impossible, disait-il, que l'Europe finît un jour de cette » manière. » La révolution opérée par les Huns, et dont on ignore la cause, parce que la trace s'en perd danà le désert, peut se renouveler!

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Tableau des peiples coalisés contre la Grèce

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