‹ Nouveaux éléments d'histoire générale rédigés sur un plan méthodique entièrement neufChapitre 57 sur 166 · LES PERSONNAGES REMARQUABLES SONT · texte numérisé non relu

LES PERSONNAGES REMARQUABLES SONT

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!• Du côté des Athéniens. . .»...{ j\,iriao

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2» Du côté des Spartiates j sandre^

La conséquence générale fut : La défaite des Athéniens, — la domination des Spartiates. L'esprit de faction et de désordre succéda à l'esprit civique, et l'animosité réciproque au sentiment national.

Lecture : Dans Ségur et dans les Esquisses Historiques.

Peste d'Athènes. — La victoire, longtemps incertaine, semble pencher du côté de Sparte. Athènes, en proie aux horreurs de la guerre, est encore ravagée par le fléau de la peste, qui lui enlève ses généraux. Périclès, regardé comme la cause de ces maux, est déposé et condamné à une amende; mais bientôt les Athéniens le supplient de reprendre les rênes du gouvernement. Périclès ne jouit pas longtemps de son triomphe; il est atteint lui-même de la peste, et meurt après avoir conservé trente ans l'autorité dans Athènes (429).

Peste d'Athènes, dans Anacharsis. — Xénophon. — Thucydide.

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-Expédition de Sicile. — Gléon avait succédé au grand Périclès, el une démocratie sans frein devait entraîner des conséquences funestes. Sparte, de son côté, avait pour général le jeune et brave Brasidas, qui présageait aux Athéniens un rival dangereux; mais il périt trop tôt, victime de son courage. Il avait pris Amphipolis, lorsque Gléon vint le combattre près de cette ville : les deux généraux y trouvèrent la mort (422).

Une paix de cinquante ans, conclue à cette époque, n'eut aucune consistance, parce qu'elle mécontentait la plupart des alliés. Athènes pouvait-elle d'ailleurs être tranquille, lorsqu'elle avait donné le gouvernement à un jeune homme comme Alcibiade, neveu de Périclès, qui ne respirait que la guerre, l'intrigue et l'ambition ? Que pouvait alors la prudence de Nicias?

Il fallut, d'après le conseil d'Alcibiade, conquérir la Sicile. Une flotte fut envoyée contre celte île sous les ordres de Lamachus, d'Alcibiade et de Nicias. Cependant Alcibiade est accusé et rappelé à Athènes; il se réfugie à Sparte, et devient l'ennemi de son pays. Pendant ce temps, la flotte et l'armée des Athéniens furent détruites, après le siège fatal de Syracuse, par les conseils et les secours des Spartiates, commandés par Gylippe, en 413.

Celte expédition insensée porta le coup le plus funeste à la puissance d'Athènes : elle ne put jamais s'en relever entièrement. — Alcibiade fut rappelé, et l'époque de son second commandement fut la plus brillante de cette guerre (411 -407). Les victoires réitérées des Athéniens sur les Spartiates, commandés par Mindaros, qui, se défiant de Tissapherne, s'était allié avec Pharnabaze, satrape de la partie septentrionale de l'Asie- Mineure, obligent enfin les Lacédémoniens à proposer euxmêmes une paix que l'orgueilleuse Athènes rejette pour son malheur. Elle remporte encore (406) une victoire navale près des iles Arginuses , entre Mitylène et l' Asie. Callicratridas, amiral lacédémonien y perd la.vie.

Wîètéîpé de Ly sandre. — L'année suivante, Lysandre, amiral des Lacédémoniens, détacha Éphèsedu parti des Athéniens, et fit alliance avec Cyrus le Jeune, gouverneur de l'Asie occidentale. Fort du secours de ce prince, dont il sut avec adresse obtenir des subsides, il livra un combat naval aux Athéniens, l'an 405 avant J.-C, battit leur flotte à JEgos-Potamos, dans la Chersonèse de Thrace, tua trois mille hommes,

emporta diverses villes, et alla attaquer Athènes. Cette ville, pressée par terre et par mer , se vit contrainte de se rendre l'année suivante. La paix ne lui fut accordée qu'à condition qu'on démolirait les fortifications du Pirée ; qu'on livrerait toutes les galères , à la réserve de douze ; que les villes qui lui payaient tribut seraient affranchies ; que les bannis seraient rappelés, et qu'elle ne ferait plus la guerre que sous les ordres de Lacédémone. Athènes, pour comble de douleur , vit son gouvernement changé par Lysandre (404). La démocratie fut détruite , et toute l'autorité remise entre les mains de trente archontes. Après la bataille d'iEgos-Potanios, Lysandre avait établi, dans toutes les villes de la Carie, de l'ionie, de l'Hellespont et de la Thrace, dont il s'était saisi, un gouverneur lacédémonien et dix archontes. C'est ainsi que finit la guerre du Péloponèse, après avoir duré vingt -sept ans. Le vainqueur alla soumettre ensuite l'île de Samos, alliée d'Athènes, et retourna triomphant à Sparte avec des richesses immenses, fruit de ses conquêtes. Son ambition n'était pas satisfaite: il chercha à s'emparer du pouvoir, mais moins en tyran qu'en politique. Apres avoir tenté en vain de faire parler en sa faveur les oracles de Delphes, de Dodone et de Jupiter Ammon, il fut obligé de renoncer à ses prétentions. Ce despote asiatique voit le gouvernement démocratique reprendre son influence primitive. Lysandre, abandonné de ses partisans, est rappelé à Sparte; et bientôt une révolution, fomentée en secret, rend Athènes à la liberté.

La guerre s'étant rallumée entre les Athéniens et les Lacédémoniens, Lysandre fut un des chefs que ceux-ci opposèrent à leurs adversaires. Il fut tué dans une bataille, l'an 394 avant J.-C. Comme on lui reprochait de faire des choses indignes d'Hercule, de qui les Lacédémoniens se flattaient de descendre : Faute, dit-il, de coudre la peau du renard, on manque celle du lion ; faisant allusion au lion d'Hercule.

Réflexions sur la guerre du Péloponèse.

Les conséquences de la guerre du Péloponèse furent plus funestes à la moralité des Grecs qu'à leur politique. L'esprit de faction prit la place de l'esprit civique. L'amour de la patrie fut remplacé par l'animosité des peuples armés les uns contre les autres. Athènes perdit sa prépondérance. Sparte la remplaça; mais l'unité était rompue, chaque province était sous les armes, attendant de nouvelles révolutions. La cruauté des trente tyrans était encore plus odieuse que celle des Athé-

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mens. Ils furent chassés à leur tour, et l'on rétablit, avec les lois de Solon, l'ancien gouvernement ; mais l'esprit en était banni pour toujours : les Grecs ne devaient plus être que sujets. Depuis la bataille d'yEgos-Potamos jusqu'au traité d'Antalcidas (388), ce pouvoir exercé par les Spartiates et l'aversion qu'il inspire aux républicains helléniques sont les deux pivots sur lesquels roulent toutes les affaires de la Grèce et de l'Asie.

Tableau de la guerre du Pélopoièsea

GRANDS EVENEMENTS

Première période.

Siège de Platée. — Ravage de l'Attique par Archidamus; du Péloponèse, par Périclès, 429. — Peste horrible. — Mort de Péiiclès. — 429. Siège de Potidée, combat de Tanagre, de Délium et d'Amphipolis. — Paix de Nicias.

Deuxième période.

Alcibiade et Hipperbolus. — Ligue contre Sparte, — Combat de Manlinée, Û18.

Troisième période.

Expédition de Sicile (M(>-413). — Fiïmallienreuse de Nicias et de ses soldats.

Quatrième période.

Histoire d'AIcibiade (410-W7). — Lysandre, amiral de Sparte. — Défaite d'Antiochus, lieutenant d'AIcibiade.

—Victoire navale des A rginuses (406) .

— Défaite d'/Egos-Potamos. — Prise d'Athènes (404). — Etablissement

D des trente tyrans.

Patriotisme de Thrasybule. — Cet illustre citoyen d'Athènes s'était réfugié à Thèbes, avec les autres bannis, pour se soustraire aux trente tyrans choisis par les Lacédémoniens; s'étant mis à la têle de cinq cents soldats levés aux dépens de l'orateur Lysias, il marcha vers le Pirée, dont il se rendit maître. Les trente avaient été remplacés par un conseil de dix membres aussi despotes que leurs prédécesseurs. Les dix appellent à leur secours Lysandre avec une armée de mercenaires. Le roi Pansanias, à la tête d'une autre armée, vient soutenir Thrasybule et ses adhérents (403) ; son influence prévaut ; les dix sont déposés, le gouvernement démocratique est rétabli, et une amnistie proclamée par Thrasybule (402).

Mort d'Alci Iliade. — Alcibiade, accusé par Thrasybule d'avoir ruiné les affaires de la république, fut déposé et banni d'Athènes une seconde fois. A cette nouvelle, il se réfugie dans la province de Pharnabaze, qui commandait dans la Cherso-

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nèse. Les Athéniens, plongés dans un abîme de maux, tournèrent bientôt les yeux vers lui, et prirent des mesures pour Je rappeler ; mais les trente tyrans conseillèrent à Lysandre de le demander mort ou vif à Pharnabaze , qui eut la lâcheté de condescendre à leur volonté. Les satellites que Lysandre envoya, n'ayant pas osé entrer dans la maison (XAlcibiade, y mirent ie feu. Le héros athénien, après avoir tenté inutilement de l'éteindre, sortit à travers les flammes, Pépée à la main : ces barbares n'osèrent l'attendre, mais, en se retirant, ils lui lancèrent une quantité de dards qui l'atteignirent mortellement. Ainsi périt, à 46 ans, cet homme singulier, qui réunissait dans son caractère les extrêmes du vice et de la vertu. Il fut tour à tour la terreur de son pays et des aulres contrées de la Grèce (404). Il joignait a une haute naissance et à de grands biens, les qualités de l'esprit et du corps, savait jouer des instruments de musique, était habile dans tous les exercices; mais il s'adonnait à la débauche, malgré les sages conseils de Socrate, auquel, cependant, il était très attaché

Lecture : Vie d'Alcibiade, dans Anacharsis. — Entretien» de Socrate.

PERSE

Retraite des Bix-inllle.— Ârtaxercès-Longue-Main,

sous lequel se termina la guerre persique, eut pour successeur son fils Xereès II (424), qui fut détrôné par ^ogdien; celui-ci, après sept ans de règne, fut obligé de céder la couronne à Ochus, nommé aussi Darius //, sous lequel commença la décadence de l'empire perse. Ce roi laissa deux fils : quoiqu'Artaxercès II, surnommé Mnémon, fût l'amé, néanmoins, d'après les idées reçues chez les Perses, la succession pouvait paraître douteuse, parce que son frère, le jeune Cyrus, était né après l'avènement de son père au trône ; il était gouverneur des provinces de l'Asie-Mineure. Parysatis, veuve de Darius II, favorisait Cyrus, qui lorma le projet de détrôner son frère. Les Grecs lui fournirent treize mille soldats commandés par Cléarque ; il rassembla lui-même cent mille barbares, dont le cheï était Ariée.

A la tête de cette armée, il part de Sardes (401), traverse la Lydie, la Phrygie , la Cappadoce, la Cilicie, la Syrie, la Mésopotamie ; il arrive, après six cents lieues de marche, à Cu-

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naxa, à vingt lieues deBabylone, où il livre bataille à son frère Artaxercès-Mnémon, qui était à la tête de douze cent mille hommes : il est tué dans l'action; son année est mise en fuite, à l'exception des Grecs, qui furent deux fois vamqueurs des troupes qui leur étaient opposées.

Les Grecs font alors avec Artaxercès un traité en vertu duquel ils commencèrent cette mémorable retraite citée comme la plus étonnante que présente l'histoire.

Ils franchissent le mur delà Médie, le Tigre, les déserts de la Médie. Sous les murs de Z abatès (Altenzou-Kurdlstm) , Cléarque et les principaux officiers sont mis à mort. Xénophoh, jeune athénien, et quatre officiers sontehoisis à leur place. Les Grecs continuent leur retraite en traversant les monts Carduques,\e fleuve Centritès, le Tigre etV Euphrate à leur source (en laissant à leurdroite ie lac Jrsissa, aujourd'hui lac de Van), \ Arménie, îe pays des Chalybes et les montagnes de Théchès et de la Colchide (100) (Imiréthie et Mingrelie), etc. Ils arrivent enfin à rrape£ws(Trébizonde), colonie grecque placée sur les bords du Pont-Euxm. Ils se rendent par terre à Cérasonte et à Çotyora (Boujak Kaleh), où ils s'embarquent en partie.

Ils longent les côtes de l'Asie jusqu'en Thrace, où ils s'engagent au service de Seuthès, prince de Salmy dessus. Ils se rendent ensuite à Parthénium dans la Lydie, qui fut le terme de leur expédition; là, Tymbron les prità la solde de Lacédômone (399). Ce ne fut qu'après avoir vaincu tous les obstacles de la nature et triomphé de toutes les altaques des hommes, que les dix mille Grecs, réduits à huit mille six cents, revirent enfin leurs rive-> natales, lis avaient lait treize cents lieues, et leur retraite avait duré dix neuf mois (20 lunes), Leur expédition et leur retraite ont donc révélé le secret de la force des Grecs et la faiblesse des Perses.

Xénophon, leur générai, fut l'historien de cette retraite, douceur de son style lui a fait donner le surnom d'abeille tique.

« Jamais, dit un historien, un auteur n'a possédé davanla i*art de faire aimer la vertu, qu'il pratiquait de sa personne iant qu'il la louait dans ses écrits. »

Travail à faire : Voyage à tracer sur un tableau.

Leciure : Retraite des Disc -Mille, dans Rollin et ('ans Anacharsii.

ROME

ï &e peuple an Mont-Sacré. — Au moment de la révolution portique qui abolit la royauté, le sénat eut l'adresse et la prudence de ïnettre le peuple dans ses intérêts, afin de l'opposer avec sécurité aux bataillons ennemis qui s'avançaient de tous côtés pour replacer Tarquin le Superbe sur le trône; il lui fait de larges concessions, la décharge de toutes dettes, ne laissant à la classe indigente, dit Plutarque, d'autre soin que celui d'élever des enfants pour la défense de la patrie. Mais la crise passée, les patriciens refusèrent tout ce qu'ils avaient promis au peuple, notamment l'abolition des dettes et la création des tribuns* Le peuple fit des réclamations ; elles furent méprisées. Délivré de la crainte du retour de Tarquin le Superbe, les sénateurs faisaient sentir aux plébéiens le joug dont ils les accablaient. Mais bientôt les mécontentements redoublèrent, et le peuple, voyant qu'on refusait obstinément de le satisfaire, se retira sur le Mont-Sacré, à trois milles de Rome ; il y établit son camp, y observa le meilleur ordre et une discipline capable d'imposer au sénat. Les grands commencèrent à craindre; on envoya des députés aux séditieux, qui répondirent qu'ils n'étaient plus d'humeur à subir le joug tyrannique des patriciens. Cette réponse fière et naïve fit trembler le sénat. Martius, Valerius et Menenius-Agrippa furent au nombre des dix nouveaux députés qui devaient traiter avec le peuple ; ils étaient aimés, ils furent reçus avec joie. L'apologue des Membres et de l'Estomac, que leur récita Menenhis, fit sur les révoltés une vive impression, et personne ne résista plus lorsqu'il promit l'abolition des dettes. Seulement on demanda la création de magistrats chargés uniquement des intérêts du peuple. Ils furent nommés tribuns, et le sénat fut contraint de consentir à leur élection. Les tribuns pouvaient s'opposer aux décrets des sénateurs ; le veto d'un seul d'entre eux arrêtait tout. Ils furent d'abord cinq, ensuite dix ; leur charge était annuelle. Les nouveaux magistrats furent autorisés à convoquer les comices, avec défense aux consuls de les troubler dans l'exercice de leurs fonctions. Par un article particulier, les patriciens furent exclus de cette nouvelle magistrature. Le tribunat donna à Rome le sentiment de sa liberté et cette attitude fière et imposante qu'elle prit depuis cette époque (492).

Exil de Coriolan. — Le peuple romain souffrait d'une grande disette; il se plaint hautement, et accuse les sénateurs de distraire le blé à -leur profit. Les tribuns répandent ce bruit; ils sont punis par le sénat. Ils veulent se défendre; la parole leur est interdite. Une assemblée est convoquée, et les tribuns portent cette loi : « Si quelqu'un ose » interrompre ou contredire les tribuns dans les assemblées, il sera » condamné à l'amende, donnera une caution, et, en cas de refus, sera » puni de mort. » Le sénat veut en vain s'opposer à "cette loi; il est obligé de céder. Martius, jeune patricien, auquel les soldats avaient

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donné le surnom de Coriolan, parce qu'il avait vaincu les Volsques k Corioles (490), blâme la molle condescendance du sénat; d'un caractère fier et irascible , il traite durement le peuple, veut abolir le tribunat et annuler les conventions du Mont-Sacré. Les tribuns exaltent le peuple indigné. On jure la mort de Coriolan. L'assemblée est convoquée ; il est condamné à un bannissement perpétuel.

Le peuple triomphe et se réjouit comme au jour d'une victoire : Coriolan se retire chez les Volsques et jure de se venger. Il leur fait prendre les armes contre Rome ; il se met à leur tête ; il bat les Romains à plusieurs reprises, et vient mettre le siège devant leur capitale. Le danger est imminent. Le sénat députe vers lui : il est sourd à toutes les prières. Véinrie, sa mère, se présente pour le désarmer ; les sentiments de la nature domptent enfin l'orgueil de Coriolan : « Rome est sauvée, s'écria-t-il, mais votre fils est perdu. » Quelques écrivains prétendent qu'il fut assassiné par les Volsques. — Pour reconnaître le service rendu par Véturie, on éleva un temple à la fortune des femmes (488) .

Lecture : La tragédie de Coriolan, par la Harpe; celle de Shakespeare.

Dévouement des Fabius. — Le sénat, voulant faire cesser les troubles intérieurs causés par la loi agraire, ne songeait qu'à occuper le peuple par des guerres nouvelles. Rome alors avait à combattre les Èques, les Volsques et les Véiens. C'est dans un combat contre ces derniers qu'eut lieu le beau dévouement des trois cent six Fabius; suivis de quatre mille clients, ils tinrent pendant deux ans les Véiens en échec par la construction du fort de Cremère ; mais, surpris au milieu de la confiance du succès, ils périrent tous jusqu'au dernier (477). Le jour de ce fatal événement fut mis au nombre des jours néfastes. Remarquons que, trois ans auparavant, trois cents Spartiates se dévouaient pour leur patrie aux Thermopyles.

Dès le fatal événement de la mort des Fabius, les agressions des tribuns, momentanément contenues, éclatèrent avec succès contre les patriciens. Par suite des attaques qu'ils provoquèrent, Menenius, condamné, se laisse mourir de faim, et Servilias ne doit son salut qu'à sa courageuse défense. — Valerius Publicola remporte une éclatante victoire sur les Véiens et les Sabins : les premiers obtiennent une trêve de quarante ans.

C'est alors que s'allume une guerre plus alarmante. Rome, en paix avec les Véiens, ne peut l'être avec elle-même. Malgré les tribuns, les consuls remettaient depuis dix ans l'exécution de la loi agraire. — Le jour où les consulaires accusés devaient comparaître devant le peuple, le tribun Genutius est trouvé mort dans son lit. Les patriciens redoublent leurs poursuites contre les débiteurs. — Volero, arraché des mains des licteurs, est nommé tribun. — Ils substitue les comices par tribus aux comices par centuries, pour l'élection des tribuns et la création des édiles. Appius Claudius se déchaîne en invectives contre les plé-

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béiens et le tribunat. — Sicinius et Duilius le mettent en jugement pour son opposition à la loi agraire. — Pour échapper à une condamnation inévitable, Appius se donne la mort : le tribun Genutius était vengé. — > Après la prise d'Antium, Titus Quinctius Capitolinus distribue au peuple les terres des Antiates. — Bientôt la loi Terentilla (454), qui mettait des bornes à la puissance consulaire , est consentie et le Décemvirat institué.

Cincinnatus. — Rome était toujours en proie à des troubles domestiques. Herdonias, riche Sabin , en profite pour s'emparer du Capitole. Le peuple rentre dans l'obéissance ; il prend les armes , et le Capitole est délivré. Le consul Valerius ayant été tué à l'assaut , on tire de la charrue Quinctius Cincinnatus pour le remplacer. Son caractère ferme d'une part, et de l'autre ses vertus paisibles, le rendaient cher au peuple* l'ordre se rétablit, les tribuns sont en quelque sorte oubliés. Le temps du consulat expire : on déclare la guerre aux Èques. Ceux-ci enveloppent le consul Minucus; l'armée romaine est dans le plus grand danger; on crée un dictateur, le choix tombe sur Cincinnatus; il vole au secours des Romains, les délivre, et rentre triomphant dans Rome. Il abdique la dictature, et va reprendre sa charrue (4 58), Le danger s'accroît, le consul Furius est investi par les Èques, et le sénat donne à son collègue Postumus l'ordre de veiller à ce que la république ne reçût aucun dommage, formule célèbre qui revêtait les consuls d'un pouvoir dictatorial (464).

uécemvïrs. — Les sénateurs veulent arrêter en vain les disputes politiques entre les patriciens et les plébéiens ; ces derniers demandèrent des lois fixes et invariables. Le sénat y consentit; on envoya à Athènes trois ambassadeurs chargés de recueillir les lois de Solon et celles des autres législateurs célèbres de la Grèce. A leur retour, on élut dix magistrats nommés décemvirs, à qui l'on confia le soin de rédiger le nouveau code. On leur donna une puissance absolue sur tous les citoyens; on suspendit de leurs fonctions tous les autres magistrats, et on les nomma administrateurs uniques de la République. Ainsi, revêtus en même temps des deux dignités consulaire et tribunitienne, par l'une, ils eurent le droit de convoquer le sénat , par l'autre, celui d'assembler le peuple. Ces nouveaux magistrats entrèrent en charge en 451 av. J.-C. Ils usèrent d'abord de leur pouvoir avec modération. Ils rendaient la justice chacun à son tour pendant dix jours; on portait douze faisceaux devant celui qui présidait; ses neuf collègues n'étaient précédés que d'un officier nommé Accensus. En peu de temps ils rédigèrent un code de lois sages et impartiales, dont toutes les dispositions furent ratifiées par le consentement du peuple et l'approbation des prêtres et des augures. Ces lois , divisées d'abord en dix titres (auxquels on en ajouta deux autres les an -ces suivantes), furent gravées sur dix tables d'airain, et prirent le nom de Lois dccemviralcs.

Les Romains, satisfaits de la sagesse des nouveaux légiskteurs, et désirant compléter ce code de lois qu'ils avaient rédigé, voulurent nom-

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mer encore des décemvirs, et choisirent presque les mêmes; mais peu à peu la justice et l'intégrité disparurent et firent place à l'orgueil et à la partialité la plus révoltante. Appius Glaudius, surtout, se rendit odieux par l'inflexibilité de son caractère et le despotisme qui dirigeait toutes ses actions. Enfin, l'année du décemvirat expira : on s'attendait à voir ces premiers magistrats abdiquer la puissance dont ils n'avaient été revêtus que pour un an ; mais ils la gardèrent et n'assemblèrent ni le peuple ni le sénat. S'entourant d'une garde formidable et d'une nombreuse clientèle de jeunes patriciens, ils étouffèrent toutes les plaintes comme séditieuses.

Cette tyrannie pesait depuis neuf mois sur un peuple muet et tremblant, lorsqu'enfin l'audace avec laquelle Appius Claudius, le roi des décemvirs, osa attenter à l'innocence et à la liberté de Virginie, acheva d'irriter les esprits; la mort tragique de cette jeune fille, immolée par son père lui-même, qui ne voyait pas d'autre moyen de la soustraire au déshonneur, devint le signal du réveil des Romains et de la ruine des décemvirs. L'armée et le peuple étaient si exaspérés contre leur tyrannie, qu'ils voulaient, sans les entendre, condamner ces magistrats prévaricateurs au supplice du feu ; on parvint cependant à modérer cette fureur aveugle. Les décemvirs abdiquèrent (l'an 305 de Rome), et furent libres de s'exiler où ils voudraient. Ainsi finit la puissance décemvirale, après avoir duré deux ans; on nomma des consuls, et la tranquillité fut rétablie dans la République (449).

Lecture : Tite-Live.— Virginius, par Shakespeare, Sheridan. — Virginie, par M, Latour Saint-Ybars.

Loi des douze Tables.

Cette loi survécut au décemvirat ; son caractère général était un avantage pour les plébéiens ; plus de lois personnelles, ainsi est enfin proclamée la définitive union des deux peuples, et c'est ce peuple nouveau qui est la source de tout pouvoir et de tout droit. « Ce que le peuple aura ordonné en dernier lieu, sera la loi. » Le peuple avait donc obtenu par les douze tables, sinon l'égalité politique , qui n'était qu'illusoire , du moins l'égalité civile qui conserve même au plus misérable le sentiment de sa dignité d'homme.

Ce code régit les Romains jusqu'au temps d'Auguste. Les fragments de ces lois ont été recueillis dans les tables chronologiques de Haubold, en 1823.

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