PREMIER SIÈCLE LITTERAIRE
ou StècVe de Vendes e\, à'klexd.ftto.
AUa&SBlB HT LIES (G«1UÊT K§ M 1«KB.
'SOMMAIRE
Grèce. — 400. Mort de Socrate. — 394. Victoire de Coronée, remportée par Agésilas-le-Grand. — 387. Traité d'Antalcidas. — 375. Guerre de Sparte et de TftèbëS. — 371. Bataille de Leuctres. — 3G7. — Bataille sans larmes. —362. Bataille de Mantinée, et mort d'ÉPAMiNONDAS. — 355 Guerre sacrée.
Sicile. — 345. Timoléon à Syracuse et Denys à Corinthe. — 317. Agathocle, tyran de Sicile,
Macédoine — 360. Règne de Philippe. — 338. Bataille de Cliéronée. — 336« Avènement d'Alexandie-le-Grand, ses conquêtes. — 331. Fin de la monarchie en Perse. — 3-23. Mort d'Alexandre-le-Grand. — Généraux d'Alexandre. — Premier partage. — 323. Guerre Lamiaque. — 312. Ère des Séleucides. — 301. Second partage de l'empire d'Alexandre, après la bataille d'ipsus.
Rome. — 393. Siège de Véies, par Camille.— 391. Exil de Camille. —390. Siège de Rome, par les Gaulois. — 343. Guerre des Sarnnites.
Judée. — 320. Prise de Jérusalem , par Ptolémée Soter.
Découvertes. — 360. L'analyse, par Platon. — 333. Peinture encaustique par le feu, par Pausanias de Sicyone. — 321. Tapisserie à Pergamë en Asie. — 320. Premières expériences sur les cadavres humains, par Erasv-.trate. — 306. Premier cadran à Borne, par Papirius Cursor. — 300. Colosse de Rhodes, par Char es de Lindus. —300. Opération delà cataracte, par Ilêrophile.
GRÈCE
Mort de Socrate. — Socrate, un des philosophes les plus célèbres de 1'anliquité, naquit à Athènes, d'un sculpteur nommé Sophronisque. Il se livra d'abord avec succès à la profession de son père ; mais s'étant appliqué à l'étude de la philosophie, il y fit tant de progrès qu'il abandonna toute autres carrière.
Socrate était la vertu même ; une de ses qualités les plu& marquées était une tranquillité d'âme que nul accident, nul revers, nulle injure ne purent altérer. L'humeur bizarre, violente, emportée de sa femme Xantippe, ne ie fit jamais sortir des bornes de la patience. Il opéra une véritable révolution dans
100 4* SIÈCfiE.
la philosophie : il attaqua les idées et la marche des philosophes ses contemporains, en donnant pour base à toute la philosophie la connaissance de soi-même. Il substitua ainsi, à de vaines et téméraires hypothèses, la méthode d'observation ; il fut enfin le créateur de !a morale, et fonda ses préceptes sur la conscience. Sa manière d'instruire était morale et piquante ; il forçait chaque auditeur, par ses demandes, à exposer ses idées; et, de question en question, il conduisait son interlocuteur à la vérité. Celte méthode inlerrogative est connue sous le nom de méthode socratique, ou ironie de Socrate.
Les anciens ont beaucoup parlé du démon de Socrate. Ce n'était autre chose qu'un jugement pénétrant, une prudence exquise, qui lui faisaient discerner le bien et le mal ; c'était, si on peut le dire, le génie de sa conscience. Sa vie vertueuse, ses principes de morale, ses préceptes sur l'existence d'un suprême ordonnateur et sur l'immortalité de l'àme, lui attirèrent autant d'ennemis que de disciples zélés. Sous le gouvernement des trente tyrans, Mélitus, Anitus elLycon l'accusèrent devant le tribunal des cinq cents, de corrompre la jeunesse, de mépriser les Dieux et d'introduire des divinités nouvelles.
Par une première sentence, les juges déclarèrentsimplement qu'il était coupable, sans rien statuer sur la peine. On lui en laissa le choix. Socrate répondit : « Puisqu'on me laisse le maître de prononcer sur ce que je mérite, je me condamne, pour avoir enseigné aux Athéniens les règles de la justice, à être nourri le reste de mes jours dans le Prytaiïé, aux frais de l'Etat ; c'est un honneur, ô Athéniens ! que je mérite mieux que les athlètes couronnés aux jeux olympiques. » Celte réponse révolta tellement V Aréopage qu'il fui condamné à boire de la ciguë.
Socrate ne se démentit pas dans ses derniers moments. ïl dit à l'un de ses amis, qui se plaignait qu'on l'eût condamné quoique innocent : Voudriez-vous que je fusse coupable f L'exécuteur lui présenta le fatal breuvage en pleurant ; Socrate le reçut avec calme, fit une libation à Esculape, but la ciguë et expira un moment après, il élaii âgé de soixante-dix ans.
Peu de temps après, les Athéniens se repentirent de leur injustice, et, pour l'expier, ils condamnèrent Mélitus à mo et les autres accusateurs du grand philosophe à l'exil.
Les actions, les discours et les opinions de Socrate ont été recueillis par Platon et surtout par Xénophon.
4e SIECLE. 161
Les disciples de Socrate sont :
Xénophon, Eschine, Simon, qui propagèrent sa doctrine ; Le cynique Antisthène, le sensualiste Aristippe, le savant Emëùde^ le divin Platon.
Doctrine de Socrate.
« Bien avant notre ère, dit Benjamin Constant, le poly- » théisme était parvenu à son point le plus haut de perfec- » Mon relative, mais la perfection relative est passagère, » comme tout ce qui tient de notre nature. Imparfait dans » Eschyle, parfait dans Sophocle, le polythéisme déclina au » même instant, puisque les germes de sa décadence s'aper- » çoivent dans Euripide. Les dieux s'étaient multipliés à l'in- » fini par les personnifications et les allégories ; de là, une » confusion étrange dans les doctrines, les fables et les pra- » tiques. Tel était l'état de la religion en Grèce. Au 4e siècle, » les sophistes avaient négligé la méthode d'observation, et » avaient à peine parlé de morale, tant ils semblaient ne pas » soupçonner l'importance de cette science philosophique ; ils » ne s'occupaient dans leurs leçons que de spéculations abs- » traites et étrangères à la pratique. Socraîe fonda ses pré- » ceptes sur la conscience, sur la connaissance de soi-même, » et créa la morale ; ses leçons en offraient la théorie et sa » conduite la pratique. Les formes oratoires lui étaient incon- » nues ; il n'employait qu'une dialectique simple, laconique et » serrée. Les détails de la doctrine de Socrate sont peu con- » nus. mais on ne peut douter, qu'outre les préceptes d'une » morale pratique, fondée sur les inspirations de la conscience, • et sur les plaisirs de la vertu, il n'enseignât l'existence d'un » suprême ordonnateur de l'univers et l'immortalité de rame. » Le besoin d'unité se faisait donc sentir en politique et en « religion, et en même temps que les états allaient se centra^ » liser, la religion allait s'épurer et devenir une. » Lecture : Xénophon. — Platon. — Charpentier. — Lamartine.
AgcsSlsts II le Grand. — La retraite des dix-mille avait réveillé le souvenir des anciens exploits. Les Grecs appelèrent à la liberté leurs compatriotes de PAsie-Mineure.— Tissapherne, général d'Artaxercès, secondé du satrape Pharnabaze, investit les villes éoliennes de l'Asie Mineure; elles eurent recours à Sparte, qui envoya à leur aide, avec des forces considérables, Thymbron et Dercyllidas qui eurent des succès et des revers
163 fte SIECLE.
sans importance. La gloire de terminer cette guerre était réservée au roi Proclide Agésilas, frère du roi Agis. Ce grand capitaine, pelit, boiteux, rachetait ses défauts extérieurs par son génie et son courage ; rigide dans ses mœurs, il était d'une popularité telle que les Ephores le redoutaient ; il fut nommé par acclamation, comme autrefois Agamemnon, chef des forces réunies de l'Hellade. C'est en 396 que commencèrent les campagnes d'Agésilas
Il partit à la tête de 20,0.00 grecs et d'un grand nombre de barbares, Lysandre raccompagna, mais n'eut jamais qu'un rôle secondaire. Tissapherne fut vaincu sur les rives du Pactole et bientôt après assassiné par Tithrauste qui le remplaça dans le commandement. Bientôt Agésilas porte ses armes victorieuses dans la Phrygie, gouvernée par Pharnabaze dont il humilie l'orgueil. Il méditait de subjuguer la Perse lorsque les Éphores le rappelèrent à Sparte pour l'opposer à la ligue formidable qui s'était formée à l'instigation d' Artaxercès , entre Corinthe, Thèbes et Jrgos, ligue à laquelle ne tardèrent pas à se joindre les Thessaliens et les Athéniens que Thrasybule excitait. Lysandre était accouru mettre le siège devant Haliarte, la place la plus forte de la Béotie ; vaincu le 27 juillet 394, il avait péri dans le combat.— Pausanias, roi de Sparte, qui, comme lui, avait essuyé cette défaite, fut condamné à mort. — Agésilas parut alors; battit les alliés à Coronée (394), et assura de nouveau la suprématie a Sparte; mais à la même époque l'illustre amiral athénien Conon avait remporté une victoire célèbre sur le Spartiate Pisandre, à Cnyde ; avec les secours de Pharnabaze, il conquit les Cyclades, se présenta aux ports déserts du Pirée, de Phalère et de Munychium et releva les murs de sa patrie. — Sparte perdit la prééminence sur mer qu'elle avait eue pendant %1 ans. — Les malheurs tfsEgos Potamos étaient réparés.
Agésilas qui avait passé en Egypte après avoir successivement combattu vaillamment les rois Tachos et Nectanébus, fut assailli par une tempête en retournant à Sparte, et mourut près du port de Ménélas, en Afrique, Tan 361 , à ïàge de 84 ans. Ses amis voulant transporter son corps à Sparte, l'enduisirent de cire, faute de miel.
Traité d'Antialcidas* — Sparte alors eut recours à l'intrigue; elle envoya Anialcidas, général éloquent et rusé, comme ambassadeur au roi de Perse, et après de longues in-
trignes, il fut conclu un traité qui donnait à l'étranger un droit de souveraineté sur la Grèce, et qui reconnaissait lâchement le vass^lage des Républiques prodigues de tant de sang pour la liberté. — G est ce qu'on appelle le traité à" Antalcidas. — Il fut stipulé le 8 août 387.— La 2e année de la 98° olympiade.
Par ce traité, les villes grecques de V Asie- Mineure, ainsi que les îles de Clazomène et de Chypre, demeuraient soumises au roi barbare. Les autres villes grecques étaient toutes libres, à l'exception des îles d'Imbros, de Lemnos, de Scyros, qui continuaient d'appartenir aux Athéniens ; le roi de Perse devait se loindre aux peuples qui accepteraient ces conditions , pour combattre ceux qui les refuseraient (387).
Observations.
Il était aisé de voir que le résultat de cette négociation était l'agrandissement des Perses et l'abaissement des Grecs. Soixante ans auparavant, Cimon avait dicté des conditions au roi Artaxercès Longue -Main,; îa Grèce désunie les recevait alors d! ' Artaxercès-Mnémon ; ce traité honteux fut stipulé le 8 août 387 (la 2e année de la 98e olympiade) . La Grèce était humiliée ; Athènes, si fière auparavant, perdait sa puissance avec ses grands hommes." Conon, le vainqueur de Gnyde, voulant s'opposer au traité honteux <¥ Antalcidas, fut accusé de trahison, conduit à Suze et sans doute mis à mort, Tkrasybule, qui marchait pour relever le parti démocratique à nhodes, fut assassiné par des paysans qu'avaient maltraités ses soldats. Sparte elle-même perdit toute son influence au moment où la république de Thèbes, jusque là obscure et ignorée, vint occuper à son tour le premier rang.
Les diverses républiques de la Grèce repoussèrent d'abord les clauses de cette pacification ; mais Antalcidas ayant levé, avec l'argent d' Artaxercès, une flotte de quatre-vingts galères, indépendantes des escadres persanes, les confédérés se trouvèrent dans l'impossibilité de prolonger leur refus, et signèrent enfin leur déshonneur. Antalcidas, qui conclut cette paix ignominieuse, fut dans la suite chassé par Artaxercès : odieux à ses concitoyens, et craignant l'indignation des éphores, il se laissa mourir de faim.
Guerre de Thèbes. — Jusque-là la république de Thèbes n'avait exercé aucune influence sur la Grèce. On allait même jusqu'à la croire incapable de produire un grand homme, tant l'air épais de la Béotie était regardé comme peu favorable au développement du génie ; mais il était réservé à Epaminondas et à Pélopidas de vaincre ce préjugé, en illustrant leur pays.
Causes. — Les hostilités des Grecs étaient suspendues par le traité d'Antalcidas, mais leur rivalité n'était point éteinte.
164 Ae SIECLE.
Conon a forcé Lacédémone aux derniers sacrifices; une nouvelle lutte va s'engager. Les Lacédémoniens pour se venger, assiègent Mantinée (386), et en rasent les fortifications. Phébidas, général lacédémonien, conduisait les troupes en Thrace. Passant près de Thèbes, où deux factions entretenaient le désordre, et engagé par l'un des chefs à le seconder, il s'empare de la citadelle, et Sparte est maîtresse de Thèbes. Phébidas avait été condamné à une amende par les éphores et privé du commandement. Êpaminondas et Pélopidas étaient au nombre de quatre cents Thébains que l'on avait bannis; ils entreprirent de délivrer leur patrie. Ayant pénétré secrètement dans la ville, ils entrèrent au moment où les nouveaux magistrats se réjouissaient, leur donnèrent la mort, et invitèrent le peuple à reprendre sa liberté. Les Spartiates furent obligés de se rendre, et Thèbes fut libre (378).
Bataille «le Leoctres (Béolie). — Des conférences étaient ouvertes à Sparte entre p usieurs puissances de la Grèce. Êpaminondas y soutint avec fierté les droits de sa patrie; le nom de Thèbes fut effacé du traité, et les autres villes le signèrent. Alors Thèbes vit se réunir contre elle une partie de la Grèce : la bataille de Leuctres se donna (371). Epaminondas commandait l'armée, Pélopidas le bataillon sacré : c'était un corps de trois cents jeunes gens qui s'étaient engagés par serment à se défendre jusqu'au dernier soupir. Les Spartiates furent vaincus, quoique bien supérieurs en nombre ; leur roi Cléombrote îul lue avec quatorze cents hommes. Agésilas, qui l'avait accompagné dans la Béolie, fit admirer sa valeur dans cette lutte opiniâtre; mais il enseigna aux Thébains Part de triompher des Spartiates. Cette victoire met fin à l'empire des Lacédémoniens, et menace la Grèce d'une révolution prochaine. Les Athéniens, qui avaient donné asile aux exilés de Thèbes, firent le procès à leurs généraux pour n'avoir point dévoilé la conjuration de Pélopidas. Êpaminondas ne s'enivra pas de son triomphe; il dit seulement qu'il était heureux de la joie que sa victoire donnerait à son père et à sa mère. Sparte, de son côté, montra de la fierté dans sa défaite; la nouvelle du désastre de Leuctres ne l'empêcha pas de continuer à célébrer les jeux gymniques. Cette victoire, gagnée en 371, laissa sur le champ de bataille quatre mille hommes, dont mille Lacédémoniens et quatre cents Spartiates. Thèbes triomphe et devient la puissance dominante de la Grèce.
4e SIÈCLE. 165
Bataille sans Sariee§. — Épaminondas fit deux invasions dans le Péloponèse. Ne pouvant s'emparer de Sparte, il i relève les murs de Messène et fonde la ville de Mégalopolis, boulevard de ï'Areadie. Thèbes conserve toujours la prééminence sur toutes les cités ennemies de Lacédémone. Lycomède, citoyen de Mantinée, persuade aux Arcadiens qu'ils sont en état de combattre seuls pour maintenir leur indépendance; ils prennent alors les armes contre Sparte, et sont vaincus près de Midée par Archidamus. Les Spartiates ne perdirent pas un seul homme dans ce combat, qui fut appelé la bataille sans larmes (367).
Bataille de Mantinée. — Les troubles qui ne cessaient de déchirer le Péloponèse amenèrent la journée de Mantinée, où lesThébains. ayant écouté les réclamations des villes de Thessalie, qui demandaient la protection de Thèbes, triomphèrent encore de leurs ennemis ; mais ils perdirent Epaminondas, qui mourut satisfait d'avoir vu triompher sa patrie. Ma vie est assez longue 7 dit-il ; je meurs sans avoir jamais été vaincu.— Fous vous trompez, dit-il encore à un des amis, qui le plaignait de n'avoir pas d'enfant, je laisse après moi deux filles immortelles : les victoires de Leuctres et de Mantinée. Il arracha lui-même le fer de sa plaie, et mourut. Pélopidas, son ami, était mort peu de temps auparavant. Thèbes alors rentra dans l'obscurité d'où ces grands hommes l'avaient tirée (362).
Guevve sacrée. — Les Phocidiens s'étaient emparés de quelques terres près de Delphes (PhocideJ, consacrées à Apollon. Les Thessaliens, leurs ennemis, et plusieurs autres peuples prirent les armes pour se venger du sacrilège. Cette guerre, qui dura dix ans, fut appelée Guerre Sacrée. Philippe, roi de Macédoine, cherchait une occasion de s'emparer de la Grèce ; celle-ci lui parut favorable. Il marcha contre les Phocidiens^ et les vainquit. Ce peuple ayant été exclu du conseil des Àmphyctions, le roi de Macédoine obtint sa place , et commença ainsi à réaliser ses projets (355).
Benys le «leone. — Syracuse, fondée par le corinthien Jrchias, vers l'an 710 avant J.-C, devint une des plus bulles et des plus puissantes villes grecques. Elle l'ut d'abord gouvernée par des rois, puis alternativement soumises à des tyrans.
16 6 *e SIECLE.
Nous l'avons vue, dans la guerre du Péloponèse, assiégée par les Athéniens, qui furent forcés de se retirer. Denys V Ancien usurpa le souverain pouvoir, fit pendant tout son règne ta guerre avec succès aux Carthaginois, et se rendit odieux à ses sujets par des acte., de barbarie. Soir (ils, Denys le Jeune, lui succéda, et ne fut pas moins cruel que lui .
Le philosophe Platon fut vendu comme esclave pour lui avoir eonseilié d'abdiquer. Dion, son beau-frère, fut banni, mais revint à Syracuse, et le chassa. Dix ans après, Denys recouvra la couronne;' mais les Syracusains appelèrent à leur secours Timoléon, général corinthien, et le tyran fut contraint de s'enfuir à Corînthe, où il se fit maitre d'école. Timoléon fit le bonheur des Syracusains, vainquit les Carthaginois, et rendit la liberté à la Sicile, opprimée par de petits tyrans. Il mourut à Syracuse, et emporta les regrets de son peuple.
Agathocle, tyran de Sicile, à la mort de Timoléon, se rendit maure de Syracuse; desimpie soldat, il s'était élevé à la souveraine autorité. Il fit plusieurs guerres aux Carthaginois ; mais, ayant été vaincu à Himère, il passa en Afrique, et y fit de grandes conquêtes : il vint ensuite en Italie, et s'empara de Crotone. Après vingt-huit ans de règne, il mourut empoisonné par son fils Archagathe ( 289).