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SOMMAIRE
Rome. — État du monde. — Changement dans l'empire. — 9. Défaite des légions romaines en Germanie. — Règne et caractère d'Auguste. — Règne des douze Césars. — 79. Première éruption du Vésuve.
Egypte. -- 33. Mort de Jésus-Christ. — Prédication de l'Évangile. — 64. Précis des persécutions de l'Église. — 70. Prise de Jérusalem, par Titus.
Découvertes. — Verre malléable. — 15. Interdiction des habits de soie, par Tibère. — 60. Découverte de l'aimant.
État physique, législatif et religieux de l'empire romain à l'avènement d'Auguste.
L'Empire romain était tranquillement soumis à Octave, sui> nommé Auguste après la bataille d'Actiurn, et proclamé empereur (29). Il avait pour bornes : au nord, le Rhin et le Danube ; à l'est, l'Euphrate; au sud, la péninsule Arabique, les cataractes du Nil et le mont Atlas; à l'ouest, l'océan Atlantique.
Des trente et une provinces dont il se composait, Auguste attribua les treize plus tranquilles au sénat, qui les fit administrer par des préteurs et des consuls de son choix ; il se réserva les dix-huit autres, qui, moins soumises, avaient besoin d'armées permanentes, de sorte que toute la force militaire demeura entre ses mains. Il délibérait avec ses confidents intimes, tels que Mécènes, Agrippa; ce qui forma plus tard le conseil secret du prince.
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Avec Auguste, la république fut changée en une véritable monarchie, et cependant il respecta toujours les formes républicaines; il agit en souverain , et sa souveraineté parut appartenir au peuple et au sénat : ce fut aussi la politique de ses successeurs. Le gouvernement civil était tempéré ; le gouvernement militaire était absolu.
Le gouvernement civil garda tous les titres et les dehors des anciennes magistratures et de l'ancienne constitution, consuls, préteurs, édiles mais l'autorité de ces magistrats était presque nulle à Rome.
Le gouvernement militaire comprenait :
1° Une milice permanente de douze cohortes, c'étaient les prétoriens, qui veillaient à la sûreté de l'empire et de l'Italie. Auguste, qui en resta le chef pendant vingt-cinq ans, la confia ensuite à deux préfets du prétoire.
2° Les cohortes du guet, ou cohortes urbaines.
3° L'armée, composée de 25 légions comprenant 120,000 hommes et 160,000 auxilaires, vétérans et cavaliers bataves.
U° Les deux flottes de Ravenne et de Misene, les flottilles du Rhin et du Danube, les vaisseaux de Fréjus et iïlccius, et 40 voiles dans le Pont-Euxin.
Les religions anciennes avaient toutes le même fond : esprit d'exclusion, cercle resserré où elles enfermaient les devoirs de l'homme, et, par suite, ses espérances et ses droits ; en général, les dieux des peuples anciens étaient les dieux de la patrie, et de la patrie seule. Ces peuples en étaient jaloux et les gardaient pour eux. Chez eux, le sentiment de la charité universelle était inconnu. Les droits, disait Carnéade, ambassadeur athénien chez le peuple romain, ont été fabriqués suivant l'intérêt; ils changent avec les mœurs, ils changent avec les temps; mais quant à un droit naturel, absolu, il n'en existe pas (129 ans av. J.-C). Telle était la philosophie de l'Occident ; la philosophie de l'Orient n'était pas beaucoup plus avancée. Le peuple juif, fidèle héritier de l'antique loi, était revenu depuis longtemps de sa captivité à Babylone, sans avoir oublié l'institution mosaïque. D'un autre côté, l'industrieuse Alexandrie avait attiré dans ses murs beaucoup de Juifs. La Judée apprit le platonisme sous la direction de Philon ; il se forma une secte nombreuse et puissante qui voulut lire dans la Bible le développement symbolique des dogmes platoniciens. On tentait de réconcilier la philosophie avec les dieux exilés de l'Olympe. En un mot., il n'y avait nulle part ni un système de philosophie qui fût populaire, ni une religion même passable pour le peuple. Il fallait un dogme certain, absolu, complet, qui embras* sât Dieu, V homme et la nature, qui déterminât les principes et les rap« ports des êtres, leur origine et leur fin. Le besoin d'unité se faisait sentir de toutes parts; le polythéisme s'éteignait, le déisme demandait à s'épurer, le long travail de conquête matérielle était accompli, le monde était placé sous la domination d'un seul homme, les portes du temple de la guerre étaient fermées , tout était prêt pour la conquête morale 9
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alors parut le Christianisme, révélation de rédemption et d'héroïsme, qui parlait d'avenir, d'égalité et de salut , et qui changea la face du monde !
Kègise et caractère ft'Atigwste. — * Le règne de l'empereur Auguste se prolongea jusque dans la 14* année de ce siècle.
Sa prospérité ne fut guère troublée que par la défaite des Romains en Allemagne, où trois de leurs légions furent détruites par Jrminius ou Herman, chef germain qui commandait les Chérusgues, et attira Varus général romain, dans les nouvelles fourches caudines de la forêt de Teutchberg.
Auguste aidé pendant longtemps des sages conseils et des talents militaires et politiques $ Agrippa, sut, par la douceur de son gouvernement, conserver jusqu'à sa mort l'amour du peuple qu'il avait dépouillé de sa liberté. Sans avoir un génie supérieur et des talents extraordinaires, il eut assez d'habileté et de prudence pour se servir de toutes les occasions qui pouvaient le conduire au but de son ambition; et il devint meilleur lorsque l'autorité illimitée lui rendit le crime inutile. Il ne cessa pas d'être dissimulé et voluptueux, mais le repos qu'il avait procuré à l'empire, l'état florissant dans lequel il le laissa, couvrirent ou excusèrent ses défauts aux yeux des Romains; et, grâce aux flatteries des poètes qu'il protégeait, ainsi que Mécène, ils furent presque oubliés par la postérité. Auguste mourut à Noie, l'an 14 de J.-C., à l'âge de soixante-seize ans, après en avoir régné quarante-quatre. Plusieurs conspirations troublèrent son règne ; Corneille a immortalisé celle de Cinna; mais c'est surtout dans sa famille qu'il trouva des inquiétudes et des chagrins. D'abord il perdit le jeune et brillant Marcellus, si bien chanté par Virgile {Enéide, livre VI). Julie, veuve de ce prince, mérita d'être exilée comme Ovide, à cause du dérèglement de sa conduite ; ses fils adoptifs, Caïus et Lucius- A grippa, moururent tous les deux à la fleur de l'âge. Privé de tous ses héritiers, il fixa son choix sur Tibère, dont il connaissait les vices. Il laissait l'empire en proie à la plus affreuse corruption ; le peuple n'ambitionnait plus que du pain et des spectacles (panent et cïrcences), et les riches, courbés sous la tyrannie, se laissaient aller au luxe et à la débauche. Auguste était sur le trône un profond comédien. Quand il se vit certain de mourir, il dit à ceux qui l'entouraient: Eh bien, trouvezvous que j'aie bien joué le drame de la vie ? Alors applaudis ■
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sez, frappez des mains. On a dit de ce prince qu'il aurait dû ne jamais naître ou ne jamais mourir.
Le règne d'Auguste parut recevoir un nouvel éclat de l'incapacité et des vices de ses successeurs. Tibère (de U à 37), fils de sa femme Livie, fut un tyran soupçonneux qui, outre plusieurs milliers de Romains, fit mourir Germanicus, son neveu, prince aimable et général victorieux. — Pison, gouverneur de Syrie, qui n'avait agi que par les ordres de Tibère fut accusé de ce crime et périt d'une mort violente. Tibère fut aussi voluptueux que cruel et se retira dans l'île de Gaprée pour se livrer aux plus infâmes débauches (37). Séjan avait été le digne ministre de ce tyran : il est sacrifié avec ses deux fils et sa fille, âgée de douze ans; la consternation règne dans Rome; une terreur universelle s'empare de tous les esprits ; les exécutions se poursuivent, et les sénateurs, vils instruments de l'empereur, justifient ce mot de leur maître: Oh! les lâches, qui vont aie devant de la servitude ! Mais le monstre, souillé de crimes et de débauches, meurt étouffé lui-même par Macron, préfet du prétoire; il avait 79 ans et en avait régné 22. Jésus-Christ mourut sous son règne ; Piiate envoya à Rome les actes de son procès ; l'empereur proposa de mettre le fils de Marie au nombre des Dieux.
Cffiîigsala (37), fils de Germanicus, succéda à Tibère ; il le surpassa par son humeur sanguinaire, par les actions les plus insensées, et par la plupart des vices dont l'humanité corrompue est capable. Il désirait laisser au peuple romain un serpent pour le dévorer; au monde, un phaëton pour V embraser. Il fut assassiné par Cliéréas, tribun d'une cohorte prétorienne.
€lasaîle(4l),que l'imbécillité rendait entièrement incapable de gouverner, et qui était, pour le malheur de Rome, le jouet de quelques favoris, succéda à son neveu (43). Ce fut cependant sous ce règne que la Grande-Bretagne fut conquise, sous Plautius, qui réduisit en provinces romaines, la Mauritanie a Lycie, la Judée et la Thrace. Sa femme Agrippine l' empoisonna.
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Néron (54), qui lui succéda, fut un des prus grands tyrans qu'on trouve dans l'histoire. Il fit mourir sa mère Agrippine, plusieurs de ses parents et un grand nombre des plus illustres Romains. 11 mit le l'eu à la ville de Rome pour se procurer le plaisir horrible de la voir brûler, et persécuta les chrétiens comme auteurs de cet incendie. Il fut enfin forcé de se faire poignarder par un affranchi pour échapper à la vengeance publique (68). On assure qu'en apprenant qu'il était condamné à mort comme ennemi public, il s'écria en pleurant : Quel artiste le monde va perdre ! Il faisait des vers et jouait de la flûte. (\ 1 juin 68).
La mort de Néron excita une révolution dans l'État. L'élection passa aux légions et la constitution devint militaire; jusque-là la dignité impériale s'était maintenue dans la famille d'Auguste par une espèce de succession. Une fois l'élection usurpée par les légions, l'empire fut plongé dans de nouveaux malheurs. Dans l'espace d'un an, les différentes armées élurent trois empereurs, qui périrent bientôt tous dans les guerres civiles: Othon, Galba et Vitellius (69). Les deux premiers étaient pleins de courage : l'un avait dit aux légions qui sollicitaient une gratification nouvelle : Je choisis des soldats et ne les achète pas ; l'autre se voyant perdu, se couche, dort bien, se perce à son réveil de son poignard et meurt. Le dernier rappelait Caligida, dont il avait été le favori. Un seul mot le fera connaître ; en contemplant le champ de Bédriac où avait été vaincu Othon, il dit à la'vue des cadavres : Le corps d'un ennemi mort sent toujours bon (69). Il fut assassiné près de la voie Sacrée fuyant aver, son boulanger et son cuisinier. « Vi- » tellius, dit M. de Chateaubriand, s'assit à l'empire qu'il avait » pris pour un banquet ; ses convives le forcèrent d'achever » le festin aux gémonies. »
L'empire qui, par ses troubles, se précipitait vers sa ruine, en fut garanti par l'empereur Vespasien, sage, économe, magnanime et vaillant. Avec ce prince monta sur le trône une nouvelle famille, qui donna à Rome trois empereurs : ce fut celle desFlaviens(69). Il commença par restaurer les finances, entièrement épuisées, soit en rétablissant comme provinces des pays que Néron avait affranchis, soit en créant de nouveaux droits de douanes ou en haussant les anciens ; sans cela il
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eûl été impossible de rétablir la discipline dans l'armée. Sa libéralité qui se montra dans les monuments qu'il fit élever tant à Rome que dans d'autres villes, et les soins qu'il donna à l'instruction de la jeunesse, en établissant des maîtres payés aux fraisdeTEtat, suffisentpour le justifier du reproche d'avarice. Et quoiqu'il ait chassé de Rome, à causes de leurs opinions séditieuses, les Stoïciens qui y étaient devenus nombreux depuis Néron, l'abolition des accusations de lèse-majesté et la consécration qu'il rendit au sénat prouve assez combien il était éloigné du despotisme.
Les pays qu'il remit sur le pied des provinces étaient Rhodes, Samos, la Lycie, XAchaïe, la Thrace, la Cilicie et la Comagène. Les guerres extérieures sous ce prince sont :
1° Celle contre les Juifs, qui finit par la destruction de Jérusalem (70) ;
2° La guerre contre les Bataves et leurs alliés sous la conduite de Civilis;
3° L'expédition tf Jgricola fam la Bretagne (78-85). Ce général non-seulement soumit l'Angleterre, et y établit la domination romaine, mais encore il attaqua l'Ecosse et en fit le tour par mer. — On reproche à Vespasien le supplice de Sabinus et à'Eponine.
Titus, son fils (79-81), le vainqueur de Jérusalem, rendit également le peuple heureux pendant son règne de deux ans. Il fut appelé, à cause de sa rare bonté et de sa bienveillance, les délices du genre Immain. Jamais prince n'exprima mieux les devoirs d'un roi que Titus, en disant que le jour où il n'avait fait de bien à personne était perdu pour lui. Titus eut pour successeur son frère Domitien (81-96), qu'on surnomma Néron chauve, rapace par besoin et cruel par peur : mais ce tyran3 qui avait fait mourir un grand nombre de Romains, ayant été massacré à son tour, l'empire eut une suite de bons empereurs.
Nerva, pendant son règne de deux ans (de 96 à 98), commença cette heureuse époque par la diminution des impôts, par la faveur qu'il accorda à l'industrie, par l'abolition de Yaccusation de lése-majesté , par la tolérance envers lesnouveaux Juifs ou Chrétiens, et par le rappel des exilés. Ce bon vieillard de 70 ans paya sa dette à son pays en adoptant Trajan, alors âgé de 40 ans passés.
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Généalogie des Césars.
(TL. Jti.is César, dictateur.
Julie, 52, épouse Pompé*.