Claudics
DoMITIBN NÉ*ON, J. -C 68.
ép. 1. OctaTie ; 2. Popée Sabine^
Première éruption du Vésuve. — (19). Situé a environ trois lieues en ligne droite de la ville de Naples, et dans une vaste plaine où la nature semble avoir pris plaisir à se montrer prodigue de ses dons les plus précieux, le Vésuve s'élève comme une île à trois mille six cent quatre-vingt-quatorze pieds au-dessus du niveau de la mer. L'ensemble de la montagne a vingt-quatre milles de contour dans sa base.
Ce fut la première année du règne de Titus, et la soixante et dix-neuvième de l'ère chrétienne, qu' Herculanum, Stable* Vompeia furent engloutis . Pline V Ancien perdit la vie dans le désastre affreux que causa cette éruption du volcan, une des plus terribles dont il soit fait mention dans l'histoire.
ÉGLISE
Jésus-Christ-
Lorsqu'il eut pacifié le monde connu et l'eut réuni dans un vaste ensemble, Auguste, voulant savoir quelle population obéissait à ses lois, ordonna un recensement général. Marie, Jeune femme juive de la race de David, mais dans la pauvreté, et mariée à Joseph, artisan de Nazareth, se rendit, pour se faire inscrire au rôle, à Bethléem, ville située dans les montagnes de la Galilée , d'où ses parents étaient issus; là elle mit au monde miraculeusement, dans une étable , la nuit du 25 décembre, Jésus-Christ. Des mages vinrent de l'Orient pour lui rendre hommage.
C'est en vain qu'IIérode voulut envelopper le nouveau-né dans le massacre des innocents ; il mourut lui-môme , et l'enfant miraculeux fut élevé à Nazareth, où, pendant trente ans, obscur artisan, il fit des charrues et des jougs. Bientôt, sous le règne de Tibère, il prêche dans toutes les contrées de la Judée , et confirme par la plus sainte vie sa mission divine. Il fonde une religion qui régénère le monde ; sa morale ne respire que douceur, tolérance, charité. Il prêche du haut des mai" sons; sa parole est puissante , son ton celui de l'inspiration ; une confiance absolue dans la vérité de son enseignement et dans la nature divine de sa mission , le soutenait dans tous les instants. Il se met à la portée de tous les esprits ; cependant il est persécuté par les Juifs, trop ignorants pour penser que l'état social a besoin d'une révélation nouvelle. Les Pharisiens, secte ambitieuse, excitent le peuple à la fureur, et Jésus-Christ, « livré à ses ennemis par Judas, abandonné de ses » disciples, renié par Céphas (Pierre), se laisse interroger comme un » criminel par les grands-prêtres Anne et Caïpbe, conduire devant le » tribunal de Ponce-Pilate qui , le reconnaissant pour juste , n'ose le » délivrer, et devant celui d'Hérode II, qui le traite avec dérision. » Enfin il est condamné : il endure avec une patience divine les plus » cruels outrages et le supplice de la croix réservé aux esclaves. Il » accomplit ainsi sur le mont Golgotha (Calvaire), selon les prophéties, » la rédemption du genre humain. Il meurt l'an 33, le 3 avril, à trois » heures après-midi. » Il était âgé de trente-trois ans trois mois et neuf jours. Cette année concorde avec la quatrième de la 202e olympiade, à laquelle on rapporte précisément une grande éclipse de soleil.
;préd;catîon de l'Évangïïe. — La religion de Jésus-Christ fut bientôt répandue par ses disciples , et particulièrement par les douze Apôtres, à la tête desquels se montrent Pierre, Jean et Paul. Ils prêchèrent dans tout l'empire romain la doctrine de leur Maître ; ils eurent beaucoup de succès, et fondèrent dans les trois parties du monde une foule d'églises dont les membres furent appelés Chrétiens. Conformément aux ordres de Jésus-Christ, ils baptisaient dans l'eau ceux qui
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croyaient à la révélation; enfin, pour que la.nouvelle religion ne fût pas altérée par l'interprétation, ils la consignèrent dans des écrits qui subsistent encore.
Les apôtres saint Mathieu, saint Jean, saint Marc et saint Luc écrivirent la vie de Jésus-Christ sous le nom d' ' Èvangélistes ; saint Paul, saint Pierre , saint Jean , saint Jacques et saint Jude adressèrent des épîtres à des églises et à des particuliers. C'est ainsi que la foi se soutint, et que la conduite austère et pure des premiers Chrétiens la propagea en tous lieux.
Persécutions,
Première persécutlom. — Cependant les Chrétiens eurent à souffrir beaucoup des Juifs et des Païens , et l'empereur Néron fut le premier qui employa contre eux la souveraine autorité. Ce prince cruel, irrité de ce que plusieurs personnes de son palais abandonnaient le culte que lui-même rendait aux idoles, publia un édit pour défendre, sous peine de mort, d'embrasser la religion chrétienne. Dans le môme temps, un incendie qui arriva à Rome, et dont on accusa les Chrétiens, devint le signal de la première persécution. Les principales victimes furent saint Pierre et saint Paul.
Saint Pierre fut crucifié la tête en bas, et saint Paul, en qualité de citoyen romain , eut la tête tranchée (64-68).
BôCMxièssie perséc&a4I©Bî. — Après la mort de Néron, les Chrétiens jouirent, pendant vingt-neuf ans, d'un peu de repos, et ils continuèrent à se multiplier considérablement. Mais l'empereur Doniitien, aussi ombrageux et aussi cruel que Néron, résolut de détruire cette religion nouvelle qui lui portait ombrage , et il commença contre les Chrétiens la deuxième persécution (95).
Le plus célèbre martyr de cette persécution fut l'apôtre saint Jean, On le plongea dans une chaudière d'eau bouillante , mais il n'en ressentit aucun mal. Domitien le fit reléguer à Pathmos, où il écrivit son Apocalypse. Ce ne fut qu'après la mort du tyran que saint Jean revint à Éphèse, où il mourut à l'âge de cent ans.
Troisième persécution. — Après saint Pierre, l'église de Rome fut gouvernée par des évoques, ses successeurs. C'est sous l'un d'eux , saint Êvariste, que l'empereur Trajan , dont l'histoire d'ailleurs vante la clémence, ordonna que les lois sanguinaires portées contre les Chrétiens par ses prédécesseurs fussent exécutées dans les différentes provinces de l'empire, et, malgré l'éloge que Pline fit à Trajan des nouveaux religionnaires, l'empereur persista à commencer contre eux la troisième persécution, l'an 106.
Un des premiers qui souffrirent alors le martyre fut saint Simêon, proche parent de Jésus-Christ et évoque de Jérusalem. Quoique âgé de cent vingt ans, ce saint vieillard supporta le supplice de la croix avec le plus sublime courage.
Parmi beaucoup d'autres martyrs, nous remarquons saint Ignace, t'vêque d'Antioche, qui fut interrogé par Trajan lui-même; il fut condamné et conduit à Rome pour y être exposé aux bêtes féroces et servir de spectacle au peuple. L'histoire de son martyre , consommé l'an 107, est admirable.
Le sang des martyrs rendait l'Église féconde , et le nombre de ses tmfants augmentait chaque jour.
Quatrième persécution. — L'empereur Marc-Aurèle , prévenu par les calomnies dont on noircissait les Chrétiens, se montra cruel à leur égard, et devint l'auteur de la quatrième persécution qu'ils eurent à souffrir.
Elle commença à Smyrne l'an 166, et fut très-violente, si l'on en juge par le grand nombre de ceux qui souffrirent alors le martyre.
Les principaux sont saint Polycarpe, évoque de Smyrne, âgé de quatre-vingt-six ans, qui fut condamné à être brûlé vif; mais les flammes n'ayant point attaqué son corps, ses bourreaux le percèrent d'un coup d'épée ; — Pothin, premier évoque de Lyon, âgé de quatrevingt-dix ans ; — Blandine, jeune esclave à laquelle on ne put arracher dans les tortures que ces admirables paroles : Je suis chrétienne : il ne se commet point de crimes parmi nous.
Cependant, la fureur de la persécution se ralentit à l'occasion d'un secours miraculeux que les prières d'une légion chrétienne avaient obtenu à l'armée romaine, dans une expédition contre les Marcomans. Mais la tranquillité que la politique força Marc-Aurèle d'accorder aux Chrétiens ne dura pas longtemps ; la persécution se ralluma trois ans après, et éclata surtout dans les Gaules.
Cinquième persécution. — L'empereur Sévère parut d'abord favorable aux Chrétiens ; mais, la première année de son règne, il publia contre eux de sanglants édits (199).
La persécution commença en Egypte , l'an 202 ; elle y fut très violente et s'étendit ensuite dans les Gaules et à Carthage.
Parmi les martyrs qui, dans cette persécution, répandirent leur sang pour la foi, l'on distingue : en Egypte, Léonide , père d'Origène, qui, appliqué à la question, confessa courageusement sa foi ; dans les Gaules, saint irénée, disciple de saint Polycarpe et successeur de saint Pothin On voit encore à Lyon une ancienne inscription qui indique que, san? compter les femmes et les enfants, le nombre des martyrs s'éleva & dix-neuf mille.
C'est à l'époque de cette persécution qu'on remarque entre autres, l\ Carthage, le martyre héroïque de sainte Félicité et de sainte Perpétue.
1 dixième persécution. — Les empereurs qui succédèrent à Sévère ^ne persécutèrent point les Chrétiens ; ceux-ci furent tranquilles pendant vingt-quatre ans; Alexandre leur fut même favorable.
Mais l'empereur Maximin les tyrannisa de nouveau. Cette persécution commença l'an 235, dura trois ans, et tomba principalement sur
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les évoques et les prêtres : on condamna au dernier supplice tous ceux dont on put se saisir.
Septième persécution. — Dès le commencement de son règnes, l'empereur Decius publia contre les Chrétiens un édit sanglant qu'il envoya à tous les directeurs de province ; l'exécution s'en fit avec une extrême rigueur, et commença l'an 250.
Le pape saint Fabien , saint Alexandre, évêque de Jérusalem, saint Ba'oylas, évêque d'Antioche , et surtout saint Pione, furent les plus illustres martyrs.
Origene, alors âgé de soixante ans, fut encore appliqué à la torture, mais il en réchappa.
EËuiticme persécution. — L'empereur Valèrien excita contre les Chrétiens la huitième persécution. Elle commença l'an 258.
Parmi les martyrs, nous distinguerons le diacre saint Laurent, qui fut mis sur un gril et rôti à petit feu ; le pape saint Etienne , saint Cyprien, évêque de Carthage ; et à Césarée, en Cappadoce, un jeune enfant nommé Cyrille, qui montra un courage extraordinaire pour^son âge.
Neuvième persécution. — L'empereur Âurélien ne s'était pas d'abord montré contraire aux Chrétiens, mais il changea tout-à-coup de conduite à leur égard (275). Il était sur le point de signer un édit contre eux , lorsqu'il fut arrêté par la foudre qui tomba à ses pieds. Cependant, sur la fin de son règne, il publia de sanglants rescrits dont sa mort, arrivée peu après, empêcha l'exécution.
On rapporte à cette persécution le martyre de saint Denis, premier évêque de Paris, qui eut la tête tranchée sur une montagne près de cette ville nommée, peut-être pour ce sujet, Mont des Martyrs, et vulgairement Montmartre. Nous trouvons aussi dans quelques auteurs que, du temps du paganisme, on avait élevé sur cette montagne un temple à Mars.
©ixïème persécution. — L'empire romain qui, depuis trois siè clés, faisait de continuels mais inutiles efforts pour détruire le christianisme, en fit un dernier pour essayer de l'abattre. Dioelétien régnait alors en Orient, et Maximien en Occident. Ces deux princes s'accordèrent parfaitement pour persécuter les Chrétiens, et la persécution générale commença l'an 303. On l'appelle ère des Martyrs.
Maximien fut particulièrement secondé par Rictus Varus, son préfet dans les Gaules. Saint Quentin à Amiens, saint Victor à Marseille, saint Vincent à Sarragosse et bien d'autres souffrirent courageusement le martyre, pour soutenir la foi qu'ils avaient embrassée, et qu'ils avaient vu établir par beaucoup de miracles.
Mais ce qui doit surtout fixer notre attention sur les martyrs de cette persécution, c'est le dévouement admirable d'une légion tout entière, composée de Chrétiens, qui se laissa égorger plutôt que de renoncer à sa religion, et cela sans aucun murmure et sans aucune résistance. C'est la légion Thébéenne ou thébaine; cet événement eut lieu à Octodurus (Martigny) , en Helvétie,
Tableau des Persécutions»