‹ Nouveaux éléments d'histoire générale rédigés sur un plan méthodique entièrement neufChapitre 78 sur 166 · Fausta. (l'Apostat) j · texte numérisé non relu

Fausta. (l'Apostat) j

■^ ~~- DALMATIUS .ANNIBALIANUS,

(ï) CKISPUS, 12) CONSTANTIN II, '2) CONSTANT, (2) CONSTANCE II, CESAR. 339. 338

Faiblesse de l'Empire.— Lafaiblesse de l'empire augmenta encore malgré les efforts que firent plusieurs empereurs pour le défendre. Parmi les peuples barbares qui y avaient été incorporés, on avait choisi des soldats, des ministres d'état, des généraux L'empereur Valens (364) avait permis à une horde très nombreuse de Goths, qui avaient été chassés par les Huns de leurs demeures en Pannonie (Hongrie), de s'établir dans la Thrace. Ces peuples ne se contentant pas des terres qui leur avaient été assignées, il fallut bientôt leur faire la guerre. Les Romains éprouvèrent une terrible défaite, kMarcanopolis {'611), en Mœsie, près d'Andrinople, où l'empereur perdit lui-même la vie, brûlé dans une cabane de paysan qui lui avait servi de reiuge (378).

Théodose le Grand retarda encore la chute de l'empire par ses victoires sur les Visigoths et sur le franc Arbogast, et sur le rhéteur Eugène qui s'était emparé de l'empire. — La clé-

menée était la principale vertu de Théodose, auquel on reproche cependant le massacre de Thessalonique , en Macédoine. A sa mort, en 3P5, il y eut, non division, mais partage de l'empire. De ses deux fils, Arcadius et Honorius, l'un obtint Vempire d'Orient et régna à Constantinople sous la tutelle dugoth Rufin, et l'autre reçut l'empire d'Occident et régna à Rome sous la tutelle du vandale Stilicon.

Lecture : Tlièoclose le Grand, par Fléchier.

fnTasion de® 3SaFt>as*es — Les peuples du Nord profitèrent de la désorganisation générale. Des essaims innombrables de Quades, de Vandales, de Sarmates, à'Alains, de Saxons, de GépiJes, d' 'Rendes, d: 'Allemands, de Bourguignons s'ébranlèrent et passèrent le llhin ; les habitanis de Mayence, réfugiés dans leurs églises, furent égorgés au pied des autels; TVorms, après une vigoureuse résistance, devint la victime de leur fureur ; Spire, Strasbourg, Reims, Jrras, Amiens, Tournai], les villes des Pays-Bas, celles des provinces de Lyon et de Narbonne, de la Novempopulanie et de la Septimanie, furent renversées de fond en comble.

Au moment où les tribus germaniques ravageaient ainsi l'Europe occidentale, les révolutions sanglantes qui eurent lieu à l'extrémité orientale de l'A-ie amenèrent les événements qui mirent fin à l'empire d Occident. De même que les peuples de l'Asie et de la Grèce furent subjugués par les Romains, dont ils connaissaient à peine le nom, et que les autels des divinités païennes furent renversés par quelques pêcheurs appartenant à une peuplade méprisée de ses voisins, de même aussi la Ville éternelle succombe sous les coups d'une nation dont les premiers empereurs romains ignoraient l'existence.

Lecture : Saint Jérôme. — Isidore de Séville. — Tacite : Mœurs des Germains.

EGLISE

Les pasteurs chrétiens sentaient depuis longtemps la nécessité de remédier aux désordres qui venaient de temps à autre s'introduire dans l'administration de l'Église, d'appeler la réforme sur les abus, de répondre aux points de doctrine qui pouvaient embarrasser les fidèles, et de faire comparaître à un tribunal composé d'évêques, ceux qui s'écartaient des dogmes primitifs ; telles furent les causes qui nécessitèrent les assemblées ou conciles, qu'on a toujours regardés comme les nerfs du corps de l'Église.

Conciles. — On appelle concile une assemblée des Pasteurs de l'Église, pour décider les questions qui appartiennent à la fois aux mœurs

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et à la discipline. Le concile Œcuménique représente toute l'Église ; le concile national, une seule nation ; le concile provincial, la province. Le premier est présidé par le Pape ou son légat; le second par le primat; le troisième par le métropolitain. Le concile n'a. que deux chosos à faire: 1° constater la tradition ; 2° déduire les conséquences é\identes des principes admis ; de là l'intervention des docteurs : mais l'évoque est le seul représentant né de son diocèse. Dans le concile général , c'est l'Église entière qui parle : le chef et les membres. Un concile n'est reconnu général que lorsqu'il est partout reçu.

Le premier concile fut celui de Jérusalem (50), tenu par les Apôtres pour fixer les rapports du christianisme avec l'ancienne alliance ; il exempta des cérémonies prescrites aux Juifs par la loi de Moïse, les Gentils qui embra saient l'Evangile.

L'Église compte quatre principaux conciles, que saint Grégoire le Grand et saint Isidore comparent aux quatre grands fleuves du Paradis terrestre : le Phison, le Gihon, le Tigre etï'Euphrate; ce sont:

1° L'an 325, le concile de Nicée, qui dura deux mois et douze jours; il y avait trois cent dix-huit évoques. L'empereur Constantin le convoqua ; il fut présidé par Osius, évoque de Cordoue, au nom du pape Sylvestre ; il était assisté de deux prêtres, envoyés par le Pape, Vitus et Vincent. On dressa dans ce concile le symbole de Nicée L'objet de la réunion était l'hérésie du prêtre Arius, qui s'était élevé contre la divinité de Jésus-Christ. Arius et ses partisans furent condamnés.

2° L'an 381, le concile général de Constantinople, sous l'empire de Théodose le Grand et le pontificat de saint Damase. Le but de la réunion était de rappeler au sein de l'Église les schismatiques ; on n'y réussit pas.

3° L'an 431, le concile général d'Éphèse. Il s'y trouva plus de deux mille évoques. Saint Cyrille d'Alexandrie le présida pour le pape Céleslin I. La Sainte -Vierge y fut déclarée mère de Dieu, et l'on condamna Nestorius, évoque de Constantinople, qui soutenait qu'il y avait deux personnes en Jésus-Christ aussi bien que deux natures.

4° L'an 451 , le concile de Chalcédoine. On y condamna Eutychès et Dioscore, évoque d'Alexandrie, qui soutenaient qu'il n'y avait en Jésus- Christ qu'une seule nature. On excommunia Eutychès, et Dioscore fut chassé de son siège. Le pape saint Léon , qui avait convoqué ce concile, en fixa les décisions doctrinales par sa fameuse lettre au patriarche de Constantinople, lettre que Bossuet appelle divine. Le concile s'écria, après la lecture de ce mémorable monument théologique : « Pierre a parlé par la bouche de Léon , la cause est finie. »

Parmi les autres conciles, nous en citerons ne-uf qui tiennent à l'histoire de l'Europe.

1° L'an 787, le IIe concile de Nicée (7e général) ; il y eut 387 évêques. On y condamna la doctrine des Iconoclastes et l'on rétablit le culte des images, qui fait une grande partie du culte catholique.

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2° 869 et 870 , IVe concile de Constantmopie ; 102 évêques ; on y condamna Photius et ses partisans.

3° 1122, 1er Basilique de St-Jean de Latran; 300 évêques et plus de 60 abbés; on y condamna le traité de Worms au sujet des Investitures.

4° L'an 1311, le concile général de Vienne, en France, assemblé par l'ordre de Clément V. Les deux patriarches d'Antioche et d'Alexandrie, 300 évêques; 3 rois, Philippe IV, roi de France, Edouard II, roi d'Angleterre, Jacques I, roi d'Aragon, y assistaient. On y parla particulièrement des erreurs et des crimes des Templiers , des Béguards et des Béguines, d'une expédition en Terre Sainte, de la réformation des; mœurs du clergé et de la nécessité d'établir dans les universités des 'professeurs pour enseigner les langues orientales.

5° L'an 1414, le concile général de Constance, en Allemagne. Il fut assemblé par les soins de l'empereur Sigismond, pour anathématiser les hérésies de Wiclef et de Jean Huss, et pour éteindre, en déposant trois antipapes, les schismes qui déchiraient l'Église depuis 37 ans. On y comptait 4 patriarches, 47 archevêques, 60 évêques, 564 abbés et docteurs. Jean Gerson , chancelier de l'Université de Paris , y assista. Jean Huss et Jérôme de Prague furent brûlés vifs, après avoir été convaincus de leurs erreurs. Martin V approuva tous les décrets qu'on y fit en matière de foi; mais les papes ont toujours rejeté le décret qui enseigne que le concile universel tient son autorité immédiatement de Jésus-Christ, et que les souverains pontifes sont eux-mêmes obligés de s'y soumettre.

6° L'an 1431, le concile général de Bâle, ville sur le Rhin, entre la Suisse et l'Allemagne. Sous Eugène IV, Sigismond étant empereur. Il fut assemblé à l'occasion des troubles de Bohême au sujet de la communion sous les deux espèces. Le concile accorda aux Bohèmes l'usage du calice, pourvu qu'ils n'improuvassent pas l'action de ceux qui ne communieraient que sous une espèce. On confirma dans ce concile le décret rendu à Constance relativement à la supériorité du concile sur le pape, et l'on fit des décrets pour la réformation de l'Église.

7° L'an 1438, le concile de Bourges. On y rédigea la Pragmatique- Sanction , c'est-à-dire , une suite de règlements sur la discipline ecclésiastique; cette ordonnance rétablit le droit des élections que la confusion des siècles passés avait ôté aux églises particulières et aux chapitres. Le concordat, conclu à Bologne, en 1515, entre Léon X et François I , abolit la Pragmatique.

8° L'an 1512, le concile de Latran, que présidèrent le pape Jules II, puis Léon X. Maximilien était alors empereur d'Allemagne Ce concile dura cinq ans; il y avait 15 cardinaux et près de 80 archevêques, et évêques. Il fut assemblé , 1° afin d'empêcher une espèce de schisme naissant ; 2° pour terminer plusieurs différends qui existaient entre le pape Jules II et Louis XII, roi de France ; 3° pour réformer le clergé. On arrêta dans ce concile qu'on ferait la guerre à Sélim , empereur des Turcs ; on nomma pour chef dé cette expédition l'empereur Maxi-

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milieu I et François I, roi de France. La mort de Maximilien et V hérésie de Luther, qui causa de si grands troubles en Allemagne, firent échouer ce projet.

9° L'an 1545, le concile de Trente. Ce concile dura près de dix-huit ans, depuis 1545 jusqu'en 1563, sous cinq papes: Paul III, Jules III. Marcel II, Paul IV, Pie V; sous le règne de Charles-Quint et de Ferdinand, empereur d'Allemagne. Il fut convoqué pour condamner les erreurs des Luthériens et pour la réformation des mœurs ecclésiastiques.

Dans les anciens monuments, les termes de concile et de synode sont pris indifféremment l'un pour l'autre.

Dans l'anciene alliance, figure de la nouvelle, c'était le Seigneur luimême qui avait ordonné l'élection d'un tribunal suprême ou concile , formé de soixante et dix sénateurs, avec le pouvoir souverain d'interpréter la loi, d'en fixer le sens, de résoudre toutes les difficultés relatives à la religion. Le législateur des chrétiens voulut étendre cet usage à son Église ; il a dit : « En quelque lieu que se trouvent deux ou trois » personnes rassemblées en mon nom, je m'y trouverai au milieu » d'elles. » Tous les Pères grecs et latins ont vu dans ces mots l'origine de l'institution des conciles, bien que le Sanhédrin n'eût peut-être pas une base aussi large, aussi rationnelle, aussi philosophique que le concile chrétien.

Tableau synoptique des Conciles.

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