‹ Nouveaux éléments d'histoire générale rédigés sur un plan méthodique entièrement neufChapitre 77 sur 166 · GERMANIE · texte numérisé non relu

GERMANIE

Ligue des Francs. — Le second et le troisième siècle ne nous offrent que des ravages continuels de la Germanie. L'empereur Maximien y porta au loin le nom romain ; mais il ne put maintenir ses con- (uêtes, et il périt au milieu de ses brillants succès. L'oppression des Germains finit avec la vie de ce dernier. Ces peuples s'aperçurent en-

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fin que les divisions devaient cesser, s'ils ne voulaient être subjugués. Devenus prudents par une expérience de deux siècles, les Germains; ' qui demeuraient entre le Rhin, le Mein et le Weser, se réunirent par une espèce de ligue dont ils annoncèrent le but par le nom qu'ils se donner rent eux-mêmes, celui de Francs, c'est-à-dire libres de toute domination.

Dès lors les rôles changèrent : les Romains ne firent que plus rarement des ravages sur la rive droite du Rhin ; mais les Francs s'accoutumèrent à porter la désolation dans les Gaules.

Ces peuplades germaines nous représentent, en quelque sorte, l'état social des sauvages de l'Amérique du Nord, divisés en peuplades, dont la chasse et les expéditions guerrières forment toute l'existence.

Il faut d'ailleurs distinguer chez les races germaines deux sortes de sociétés : l'une territoriale, que l'on a nommée la peuplade ou la tribu, société sédentaire et permanente, ayant pour objet la culture des terres, dont le soin était abandonné, sous la surveillance des maîtres, à des colons connus sous le nom de lites, sortes d'esclaves attachés au sol comme les colons romains. L'autre, purement militaire, à laquelle on a donné le nom de bande, association flottante et accidentelle de hordes indisciplinées, n'ayant rien du caractère militaire, mais possédant toute l'énergie grossière de la volonté ; ce sont ces derniers qui envahirent l'empire romain ; ils avaient néanmoins des assemblées où ils délibéraient sur leurs expéditions guerrières ; c'étaient des convocations bruyantes dont il faut bien saisir l'esprit.

Il ne faut pas non plus perdre de vue deux caractères bien distincts chez les Germains : les uns envahirent la Gaule avec leur population toute entière, leurs femmes, leurs enfants, leurs vieillards, et ne cherchaient que des établissements ; les autres ne formaient qu'une armée impatiente de butiner et- de regagner leurs anciennes demeures.

Les Gothset les Burgondes (Bourguignons) appartenaient à la première de ces classes; les Francs composaient la seconde. Les Wisigoths et les Bourguignons, aussitôt après la conquête, s'empressèrent de s'établir au milieu des provinces dont ils s'étaient rendus maîtres ; ils se firent céder les deux tiers des terres et la moitié des esclaves ; ils perdirent bientôt leur caractère énergique et devinrent laboureurs et bergers ; ils cessèrent d'être soldats.

Les Francs, au contraire, restèrent campés dans le territoire qu'ils avaient conquis ; ils se réunissaient autour de leur chef, qui régnait sur les hommes et non sur leur pays. La situation des Gaules à cette époque ressemblait à celle de l'Egypte sous les Mamelouks ; les Gaulois-Bomains continuaient à être régis par les lois romaines; les Francs suivaient la loi salique.

La loi des Barbares était peu compliquée ; la force était le seul droit reconnu. Le code des Francs s'appelait la loi salique, parce que sans doute il avait été rédigé chez les Saliens ; ce n'était pas un code législa-

> tif, mais une rédaction écrite des principales coutumes observées chez les Saliens. Il réglait le droit des Francs entre eux, leurs devoirs comme nouveaux propriétaires, et aussi leurs obligations envers les Gaulois; ces lois se modifièrent avec les relations nouvelles, mais elles conservèrent la rudesse teutonique de leurs premiers auteurs. — Les lois des Bourguignons, rédigées par Gondebaud et corrigées par Sigismond, prirent le nom de loi Gombeîle. C'est le code le plus complet qui nous soit resté des Barbares ; la modération envers les habitants du pays conquis s'y manifeste d'une manière évidente; le citoyen gaulois est partout traité à l'égal du Barbare libre.

La loi des Wisigoths, maîtres de toute la Gaule méridionale, était plus romaine que barbare; mais la rédaction n'en fut achevée qu'en Espagne.

De toutes les institutions d'origine teutonique, celle qui a laissé les traces les plus profondes dans la société, c'est la loi des Ripaaires, moins barbare, que la loi salique, moins romaine que celle des Wisigoths; elle a exercé une influence incontestable sur nos mœurs nationales, par les différente? formes de procédure criminelle qu'elle ordonnait pour la manifestation delà vérité. C'est dans ce code que l'on trouve le duel judiciaire, ou combat singulier devant les juges. Ce mode de procédure, tout étrange qu'il nous paraisse, était un premier acheminement vers des mœurs plus douces. Toutefois nous y rencontrons aussi la torture, cet affreux moyen de rechercher la vérité par les tourments. Plus tard, le combat judiciaire dispensa de la torture.

État du christianisme au troisième siècle.

Au milieu de la décadence générale, il se préparait une réforme nouvelle, par la propagation sensible de la religion chrétienne. Déjà, vers la fin de cette période, malgré plusieurs persécutions, elle avait trouvé le moyen de s'introduire dans toutes les provinces et dans toutes les conditions, et elle était sur le point de devenir la religion dominante.

Des docteurs éclairés soutinrent et défendirent l'Eglise : Terlullien (217), prêtre de Carxhage, d'abord catholique fervent, puis séduit par les sophismesde Montâmes; — saint Clément d'Alexandrie (217) ; Origène (252), fils du saint martyr Léonide ; — saint Denis, qui l'ait revivre la foi et s'établit à Paris (252) ; saint Paul, premier ermite, qui se retira dans les solitudes de l'Egypte, et jeta les premiers fondements de la vie solitaire et pénitente ; saint Irénée, qui oppose aux hérétiques la tradition et l'autorité des églises apostoliques.

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CARACTÈRE DU SIÈCLE

Triomphe du christianisme. — Révolution politique, administrative et

religieuse dans l'empire.

SOMMAIRE

Rome. — 330. Constantin transporte le siège de l'empire romain à Byzance. — 361. Julien l'Apostat. — Faiblesse de l'empiie. — 364. Premier partage de l'empire entre Vaiens et Valeminien —37!). '1 .héodose le Grand.— 395. Second partage entre Honorius (empire d'Occident) et Arcadius (empire d'Orient).

Germanie. — Commencement des invasions des Francs.

Eglise. — Etat de l'Eglise. — 325. Concile de Nicée. — Précis des conciles.

Découvertes. — Selles à chevaux. — 398. Invention des Aréomètres, par Hypathie.

Galère, qui avait choisi pour césars, Da'ia Maximin IL ancien bouvier, et Sévère, compagnon de ses débauches, donna à l'un la Syrie et l Egypte, à l'autre l'Italie et l'Afrique. La plus grande confiance régna dès lors dans les pouvoirs. Maximien se donna la mort (310) et Galère mourut -à Nicomédie d'un horrible ulcère (311). — Après la mort de Galère, Maximin s'allia avec Maximien, et Constantin avecLicinius. Après avoir pacifié les Gaules, Constantin marcha contre Maximien, sous le joug duquel gémissaient l'Italie et l'Afrique. C'est alors qu'il vit dans les airs une croix lumineuse avec celte inscription : C'est par ce signe que tu vaincras (in hoc signo vinces). Dès le lendemain, il la fait mettre sur un étendard romain, passe les Alpes et bat successivement Maxence à Turin, à Brescia, à Vérone, au pont Milvius, près de Rome. Maxence désespéré se noya dans le Tibre (312).

Constantin entra à Rome comme un libérateur, et reçut du sénat le titre de premier Auguste. Il licencia les prétoriens rétablis par Maxence, adopta publiquement le christianisme et publia le célèbre édit de Milan (313), décrétant faveur pour la religion chrétienne en Occident, et tolérance en Orient. — Maximin II qui avait attaqué Licinius, vaincu deux lois à Andrinopleet près du mont Taurus, s'empoisonna à Tarse (313).

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Il ne restait donc plus que deux Augustes, sans césars : — Constantin et Licinius. La lutte devenait inévitable. — Licinius fut battu à Cibalis en Pannonie, et à Mardié en Thrace (314). Après une paix de huitans (de 3t5 à 323), Licinius, qui avait rompu le traité, fut vaincu près d'Andrinople, tandis que Crispus, fils de Constantin et de Minervine, détruisait sa flotte près de Gallipolis. — Licinius fut fait prisonnier à Chalcédoine, et, en 324, fut mis à mort à Thessalonique, accusé d'avoir conspiré contre Constantin, qui devint seul maître de l'empire.

Ses grands talents, son règne glorieux, surtout le service éminent qu'il rendit au christianisme en le déclarant religion dominante dans sesétats, lui méritèrent le nom de Grand (324). Ce prince avait transporté le siège de l'empire romain à By zance, qui prit de lui le nom de Constantinople (330).

Les divers partages qui s'étaient faits depuis Dioctétien avaient déjà préparé ce changement de résidence, puisque les empereurs ou les Augustes, comme on les appelait, séjournaient dans différentes villes. Le séjour de Dioctétien était à Nicomédie, celui de Maximien à Milan, et Constantin lui-même n'avait que très peu demeuré à Rome. Ce nouvel établissement fut une révolution politique et religieuse. L'autorité civile fut tellement séparée de la puissance militaire, les préfectures remplacèrent les provinces, le despotisme de la cour succéda au despotisme militaire; le christianisme, embrassé par l'empereur, remplaça le polythéisme (324). Les querelles de i'arianisme, qui s'élevèrent alors, fournirent à Constantin, dans le concile de Nicée (325), l'occasion qu'il cherchait de faire valoir ses prétentions à s'immiscer dans la législation religieuse; il montra dans son administration de l'activité, de la modération, une grande sagacité, et une sage condescendance pour les préjugés dominants; mais il régna trop peu pour le bonheur de l'empire ; il mourut le 22 mai 337, jour de la Pentecôte, dans une maison de campagne appelée Achijtona, près de Nicomédie, en demandant le baptême, qu'il n'avait pas encore reçu.

Lectnrë : Constantin dans ['Histoire romaine tle Michelet.

Hélène, mère de Constantin, était très pieuse ; elle visita elle-même la Terre Sainte (326), renversa les temples et les idoles de Jupiter, de . Vénus, d'Adonis, retrouva ie sépulere et la croix de Jésus-Christ, éleva l 'église de la Résurrection et fit rebâtir Jérusalem.

Sous les fils de Constantin, l'empire perdit presque entière-

ment la consistance qu'il avait recouvrée. Il fut raffermi par Julien, surnommé V Apostat (361). Cet empereur joignait aux talents militaires et politiques, le goût pour la philosophie, l'austérité des mœurs, l'esprit et Téloquence, mais ces excellentes qualités étaient obscurcies par sa vanité excessive, par son attachement aux superstitions païennes, par sa dureté et ses injustices envers les chrétiens, dont il s'efforça d'anéantir la religion. Il s'était proposé de soumettre la Perse ; il vainquit d'abord Sapor II, roi de Perse, à Maronga, en Assyrie, et à Tummara, où il reçut une blessure mortelle. Il expira en s'écriant : Tu as vaincu, Galiléen. Cependant sa mort prématurée fut une perte sensible pour l'État (363).

Lecture : Portraits de Constantin et de Julien, dans VEssai sur les Eloge» par Ti.omas.

Généalogie des .Gonstantins.

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