C AU VET. II
MONOCOTYLÉDONES APÊRISPERMÉES.
ALISMACÉES.
Périanthe à 6 divisions, dont les 3 intérieures sont généralement pétaloïdes ; prélloraison imbriquée; 6 à 30 étamines, quelquefois quadriloculaires (. Butomus ); carpelles plus ou moins nombreux, libres ou soudés par la base, contenant un ou plusieurs ovules dressés ou pendants, à placentation axile ou pariétale diffuse ( Butomus) ; fruits déhiscents ou indéhiscents ; embryon droit ou courbe; feuilles alternes et engainantes ; fleurs hermaphrodites, rarement unisexuées ( Sagitta via), •
Fluteau ou Plantain d’eau
(Alisma Plant ago L.). Feuilles toutes radicales, longuement pétiolées, engainantes, ovales, entières , un peu cordiformes ; fleurs très-nombreuses , hermaphrodites, petites, rose pâle, disposées en une sorte de grande panicule ; 6 étamines ; carpelles nombreux , libres, monospermes.
Cette plante renferme un suc âcre et caustique ; ses rhizomes ont été employés contre la chorée, l’épilepsie , la rage ; ils provoquent souvent des nausées.
Le Jonc fleuri ( Butomus umbellatush . , fig. 412) a été préconisé comme apéritif et alexétère.
Le rhizome de la Sagittaire ou Flèche d’eau ( Sagittaria sa - (jittifolia L.) sert, dit-on, de nourriture aux Kalmouks du Volga.
Fig. 412. — Ombelle du Butomus umbella tus , d’après P. Duchartre.
OVAIRE IVFEUE.
ORCHIDÉES
Cette famille renferme environ 3000 espèces réparties dans plus de 400 genres; elle constitue un groupe très* naturel, dont voici les caractères : Plantes terrestres ou épidendres, vivaces, à souche tuberculeuse ou rhizomatique, acaules ou caulescentes , le plus souvent
ORCHIDÉES
herbacées; feuilles simples, alternes, engainantes à la base; inflorescence indéfinie (épi, panicule etc.); fleurs de forme très-variable-
périanthe à 6 divisions : 3 extérieures généralement pétaloïdes, 3 intérieures , dont la supérieure (Labelle), souvent éperonnée, est devenue inférieure par la torsion de l’ovaire, et présente, selon l’espèce, les formes les plus diverses ; 3 étamines, dont généralement les deux supérieures avortent, quelquefois au contraire celles-ci existent ( Cypripedium ), tandis que l’inférieure avorte : ces étamines (une ou deux) se soudent avec le style, en une masse appelée le Gynostème ; anthère sessile , trèsgrosse , bi - multiculaire ; pollen pulvérulent ( Epipactis ), ou sectile ( Orchis ), ou enfin solide (Malaxis), et toujours aggloméré dans chaque loge de l’anthère , en une ou plusieurs masses nommées Pollinies. Ges masses se prolongent fréquemment en un appendice, appelé Caudicule , qui se termine souvent par une glande visqueuse de forme variable, le Rétinacle. L'es étamines avortées sont remplacées par des Staminodes.
Ovaire 1-loculaire , souvent tordu , composé de trois carpelles à placentation pariétale , et dont la déhiscence s’effectue en 6 ou en 3 valves, qui portent les ovules sur leur milieu , comme dans la déhiscence loculicide; style simple; stigmate oblique concave, mutilagineux. Graines très-petites, contenant un embryon apérispermé , que recouvre un tégument lâche et celluleux; cette structure leur donne l’apparence de sciure de bois,
Fig. 413. — Orchis mascula , d’après Moquin-Tandon.
d’où leur nom de Scobiformes .
4 MONOCOTYLÉDONES APÉKISPERMÉES.
Les Orchidées fournissent trois produits à la médecine.
Salep. Cette substance se présente sous forme de petits bulbes ovoïdes , souvent enfilés en chapelets , grisâtres, durs, cornés, demitransparents , d’odeur faible et de saveur mucilagineuse. Autrefois
on retirait le salep de la Natolie , «de la Turquie et de la Perse; maintenant on en récolte aussi en France. Beaucoup d’Orcliidées de la division des Ophrydées peuvent en fournir ; tels sont les Orchis :
bouffon ( Orchis Morio L.), mâle (Or. mascula L. , fig.
413), militaire (Or. militaris Jacq.), brun (Or.
fnsea Jacq.), à deux feuilles ( Platanthera [ Orchis L.] bifolia Rich.), à feuilles larges (Or. latifolia L.), pyramidal (. Anacamptis [Orchis L.] pyramidalis Rich., fig. 414), taché (Or. maculera L., fig. 415) ; le Lorogrosse à odeur de Bouc (Loroglossum [Satyrium L.J hircinum Rich.) ; quelques Oplirys : Araignée ( Ophrys
[Orchis Ail.] Arachnites Lam.), Abeille (Oph. ajjifera Huds.), Homme pendu (Acer as [Ophrys L.] cmthropophora R. Br.) etc.
Le bulbe de c.es Orchidées est ovoïde , arrondi ou palmé (voy. fig.
413, 414, 415); on le récolte aussitôt après que la végétation extérieure de la plante est terminée.
On trouve alors deux bulbes à la base du végétal , l’un ridé et flétri, l’autre gros et ferme ; ce dernier est recueilli , plongé dans l’eau bouillante , jusqu’à ce que son tissu se ramollisse , et puis séché à l’étuve ou au soleil. Le Salep ainsi préparé renferme une matière mucilagineuse abondante , qui résulte , probablement ,
Fig. 415. — Bulbe de V Orchis maculata , d’après Moquin-Tandon.
Fig. 414. — Bulbe de V Anacamptis pyramidalis ,
d’après Moquin-Tandon.
ORCHIDÉES
d’une modification des parois cellulaires ; il se gonfle beaucoup dans l’eau bouillante, sans s’y dissoudre sensiblement. On le pulvérise , après l’avoir fait tremper dans l’eau ; la poudre ainsi obtenue étant délayée à froid dans du lait , de l’eau , du bouillon , fournit une sorte de gelée après une longue ébullition.
Le Salep est analeptique , et non aphrodisiaque , comme on le croyait autrefois.
Vanille. La vanille est un fruit siliquiforme , lisse , plus ou moins ridé longitudinalement, brun foncé, long de 15 à 20 centimètres, épais de 6 à 12 millim. , atténué à ses extrémités. Ce fruit s’ouvre en trois valves (fig.
416) portant chacune un placenta médian ; il renferme un nombre considérable de graines, très-petites , globuleuses , lisses , noires , plongées dans un suc épais et brunâtre. On récolte la vanille avant sa maturité complète, et on la fait sécher d’abord au soleil , puis à l’ombre ; on l’enduit ensuite avec une légère couche d’huile.
On attribue généralement la vanille du commerce au Vanilla aromatica Swartz, plante qui croît au Brésil , et qui , selon Martius fournit la vraie vanille . Il est probable que plusieurs autres espèces concourent à la production de cette substance; on la retire du Mexique, de la Colombie, de la Guyane, du Brésil. Voici, d’après Pereira, le nom des espèces qui paraissent fournir des vanilles :
Le F. plani folia Andrews , qui produit probablement la meilleure vanille du Mexique. A cette espèce appartiennent sans doute les V. sativa et sylvëstris de Schiede; elle Fig. 416. — Capmie croît aux Indes Occidentales (Aiton) , au de VaniUe (*)•
Mexique (?) et au Guatemala (?). On la cultive anx Antilles et elle paraît fournir beaucoup de vanille à l’Europe. Dans les serres chaudes de la France et de la Belgique , cette espèce donne des fruits très-odorants.
Le V. guianensis Splitberger, qui croît à Surinam et paraît fournir la vanille de la Guayra et la vanille grosse de la Guyane.
Le V. palmarum Lindl. , qui croit à Bahia et fournit une grosse vanille de qualité inférieure.
(*) «) Coupe transversale de la capsule. — b) Graine.
MONOCOTYLÉDONES APÉRISPERMÉES.
Le V. pompona Schiede, qui produit la Baynilla pompona des Mexicains, la Bova de quelques auteurs, le Vanillon du commerce français.
Voici, selon Moquin-Tandon , les caractères du Vanillier officinal ( Vanilla aromatica Swartz , Epiclendrum Vanilla L.).
«Tige sarmenteuse, pouvant s’élever à des hauteurs considérables en s’accrochant aux arbres voisins, de l’épaisseur du doigt, cylindrique, noueuse, verte. Feuilles alternes, distantes, sessiles, ovalesoblongues, aiguës, entière?, légèrement ondulées sur les bords, lisses, luisantes, épaisses, charnues, un peu coriaces. Inflorescence en grappes axillaires, pédonculées et pauciflores. Fleurs grandes, odorantes. Calice articulé avec l’ovaire, d’un vert jaunâtre extérieurement , blanc intérieurement , composé de 6 sépales ; 3 extérieurs égaux et réguliers, et 3 intérieurs , dont 2 plans, ondulés sur les bords, et le troisième roulé en cornet et soudé avec la columelle. Columelle dressée, sans appendices latéraux. Anthère terminale, operculée, biloculaire, mais trivalve. »
On trouve , selon Guibourt , trois sortes de vanille dans le commerce :
1° La Vanille leg ou leg ( Vanilla sativa Schiede), qui est brun rougeâtre foncé , un peu molle et visqueuse, d’une odeur suave, analogue à celle du baume du Pérou. Elle est presque toujours couverte de petits cristaux blancs ( Vanilline Gobley) et prend alors le nom de Vanille givrée .
Cette variété est la plus estimée.
La vanilline (C20 H6 O4) est fusible à 78°, soluble dans l’eau bouillante, qui rougit alors le tournesol. C’est à sa présence, selon M. Gobley, que la vanille doit son odeur. Elle diffère de la coumarine, qui fond à 68° ; de l’acide benzoïque, qui fond à 120° ; de l’acide cinnamique, qui fond à 129° (Vée).
2° La Vanille simarona ( Vanilla sijlvestris Schiede) est plus petite , plus sèche , rougeâtre et ne se givre pas.
3° Le Vanillon ou Vanille pompona ( Vanilla Pompona Schiede) paraît être une vanille trop mûre ; elle est presque noire , molle , visqueuse, large de 14 à 21 milim. , presque toujours ouverte, d’odeur moins agréable et présente souvent un go.ût de fermenté. Elle vient de l’Amérique méridionale.
La vanille est excitante ; on ne s’en sert guère que pour son arôme. On la cultive actuellement à l’île de la Réunion.
Feuilles de Faham. Ges feuilles sont longues de 8 à 16 centim., larges de 7 à 14 millim. , entières, coriaces, rectinerviées ; leur odeur est très-agréable, et leur saveur très-parfumée. M. Gobley y a trouvé de la Coumarine (C18 H8 O4). Elles viennent des. îles Mas-
AROÏDÉES. 7
careignes et sont dues à YAngrœcum fragrans Pet. Th. On les emploie en infusion.
Les feuilles de V Acer as anthropopliora R. Br., étant soumises à une légère fermentation , jouissent de propriétés analogues à celles de Faham. Elles renferment aussi de la coumarine et sont réputées sudorifiques.
MONOCOTYLÉDONES PÉRISPERMÉES.
OVAIRE SUPERE.
Une à six étamines ; fleurs apérianthées ....
I réunies sur un spadice enveloppé dans une spathe. Un seul stigmate pour chaque loge de l’ovaire.
| ( Une seule écaille pour
chaque fleur ; tige pleine ; feuilles en général tristiques à
Fleurs thées ; tlie à sions ; mines.
perianpériansix divisix êta-
non reunies sur un spadice. Deux ou trois stigmates pour un ovaire uniloculaire
gaine entière
Deux écailles pour chaque fleur; chaume ; feuilles distiques à gaine fendue.
AROÏDÉES
Cypéracées.
Graminées.
T rois styles distincts
I Inflorescence en spadice ramifié ; tige ligneuse ; carpelles monospermes .... PALMIERS.
{ Inflorescence non en
(spadice ; tige herbacée; carpelles polyspermes à déhiscence septicüle COLCHICACÉES.
Un seul style, stigmate trilobé; fruit : baie ou capsule polysperme à déhiscence loculicide; feuilles à nervures parallèles ou réticulées . LlLIACÉES.
AROÏDÉES
Plantes vivaces , dont la tige souvent souterraine est constituée par un rhizome ou par un tubercule ; feuilles pétiolées , simples ou lobées, sagittées ou cordiformes, plus fréquemment pédinerves (voy. p. 357, fig. 268), parfois peltées, à nervures transversales anastomosées ; fleurs unisexuées , réunies sur un meme spadice (les femelles à la base , les mâles au-dessus), rarement hermaphrodites, toujours nues ; fruit:. baie globuleuse, uniloculaire, renfermant de 2 à 8 graines.
Le genre Arum L. , type de cette famille , est à peu près le seul qui fournisse des produits actifs ; voici ses caractères ;
MONOCOTYLEDONES PÉRISPERMÉES.
Spatlie peu ouverte, roulée en cornet; spadice nu à sa partie supérieure, portant vers son milieu des étamines nues, que l’on regarde comme autant de fleurs mâles, et à sa base des fleurs femelles également dépourvues de périanthe ; baie globuleuse.
On désigne, sous le nom de racine d’Arum , le tubercule du Gouet ou Pied-de-veau {Arum vulgare Lamk.). Le Gouet offre les caractères suivants : feuilles pétiolées, sagittées , souvent tachées
de noir, entières , radicales ; spadice pourpre , renflé en massue ; spathe d’un vert jaunâtre; baies rouge écarlate, polyspermes. Le tubercule est jaunâtre en dehors , blanc en dedans; il renferme un suc âcre et caustique ; la torréfaction et la fermention détruisent son âcreté.
La racine d’Arum du commerce est blanche , ovoïde , grosse comme une petite noix ; sa saveur est âcre , son odeur -nulle ; on l’employait comme purgative et hydragogue. On lui substitue généralement le tubercule de la Serpentaire commune ( Dracuncu lus vulgaris Schott,, fig. 417), qui est plus gros, et coupé en rondelles plates ou hémisphériques, blanches au dedans. Cette racine est moins active que celle du Gouet.
On vend, en Angleterre, la féculq de YArum vulgare , sous les noms de Portland sago et de Portland arrow-root. Les granules constitutifs de cet arrow-root se rapprochent assez par leur forme de ceux de la fécule de Manioc.
En Amérique , on a préconisé la racine de Y Arum triphyllum Willd. contre la phthisie ; elle paraît d’ailleurs avoir les memes propriétés que la précédente.
Le Colocasia antiquorum Schott et le Caladium esculentum Yent. sont employés comme comestibles.
Quelques Aroïdées sont vénéneuses ; tels sont: le Bieffenbachia Seguinæ Schott, plante d’une odeur repoussante et dont le suc est âcre et corrosif; Y Arum musciuorum L., qui a une odeur cadavéreuse etc. (*)
Fig. 417. — Dïacunculus vulgaris y d’après P. Duchartre (*).
(*) sp) Spadice, — b) Spatlie,
ÂROÏDEES. VJ
On rapporte également à cette famille un certain nombre de plantes hermaphrodites et périanthées. L’une d’elles , l’Acore vrai , mérite de nous arrêter.
Acore vrai. {A corus Calamus L., fig. 418). Cette plante , type de la tribu de§
Acoroïdées, diffère des Aroïdées proprement dites par ses feuilles alternes, distiques , équitantes , ondulées sur les bords, étroites, ensiformes, à nervures parallèles ; par sa tige comprimée , ses fleurs hermaphrodites, composées d’un périanthe à 6 divisions, de 6 étamines et d’un ovaire triloculaire , polysperme.
Comme dans les Aroïdées , les fleurs sont portées sur un spadice; la spathe est ensiforme.
L’Acore vrai croît dans les lieux marécageux; son rhizome sec est souvent désigné sous fe nom de Calamus aromaticus. Dans le commerce, ce rhizome (racine d’Acore vrai, Guibourt) est spongieux, un peu aplati, généralement pourvu de son épiderme, famve en dehors, rosé en dedans ; il présente des anneaux irréguliers, indices de l’attache des feuilles , et sa face inférieure porte des ponctuations , indices de l’insertion des racines , qui sont tombées.
L’Acore vrai renferme , selon Trommsdorff , une huile volatile , de la résine etc. C’est un stimulant énergique trop peu employé.
Cet Acore ne paraît pas être le Calamus aromaticus des anciens,,
Fig. 418. — ’ Acorus Calamus , d’après Guibourt.
MONOCOTYLÉDONES PÉRISPERMÉES.
JO
au sujet duquel on ne possède aucun renseignement certain, et qui pourrait bien être un Andropogon inconnu aujourd’hui,
CYPÉRACÉES.
Plantes à tige cylindrique ou triangulaire, pleine; feuilles tristiques à gaine entière ; fleurs hermaphrodites ou unisexuées, monoïques ou dioïques , formant de petits épis écailleux; chaque fleur se compose d’une écaille, portant le plus souvent à son aisselle 3 étamines, et un ovaire uniloculaire, monosperme, surmonté d’un style à 3, rarement 2, stigmates filiformes. Get ovaire est souvent entouré de soies hypogynes, ou d’une sorte d’utricule formé par une feuille, dont les bords exactement soudés regardent récaille-mère. Le fruit est un akène nu ou inclus dans l’utricule ; l’embryon est placé à la base d’un périsperme farineux.
Cette famille ne renferme guère de plantes réellement utiles. On
jpig. 419. — Car ex arenqria, d’après Guibourt (*). (*) A. Fleur femelle. — B. Fleur mâle.
GRAMINÉES
trouve dans les droguiers, sous le nom de Souchets , deux rhizomes et un tubercule. Ce dernier est fourni par le Souchet comestible ( Cyperus esculentus L.); il est ovoïde, de la grosseur d’une olive, marqué d’anneaux circulaires , jaune au dehors , blanc en dedans , sucré et huileux comme la noisette. Les deux autres sont : le Souchet long produit par le Cyperus longus L. et le Souchet rond produit par le Cyp. rotundus L.
Le premier est noirâtre , gros comme une plume de Cygne, renflé de distance en distance , rougeâtre à l’intérieur, de saveur astringente et amère , un peu aromatique ; il a une faible odeur de violette.
Le second est formé de tubercules ovoïdes , unis par des prolongements radiciformes ligneux. Ces tubercules sont noirs au dehors et marqués d’anneaux circulaires ; blancs, spongieux et comme subéreux à l’intérieur ; leur saveur est un peu aromatique , et leur odeur assez douce.
Ces trois souchets sont excitants et peut-être aphrodisiaques.
. Les rhizomes de la Laiche des sables ( Carex arenaria L. fig. 419), ont été employés, sous le nom de Salsepareille d’Allemagne, comme succédanés de la salsepareille, à laquelle ils ne ressemblent en rien. Ces rhizomes sont rouges au dehors , blancs au dedans , d’une saveur douce , un peu désagréable. Ils ont la grosseur du gros chiendent ; leurs nœuds ne sont point proéminents et sont couverts de débris d’écailles foliacées.
Les souches du Scirpus lacustris L. , de nos contrées, et surtout celles du Remirea maritima Aubl. , de la Guyane, sont réputées astringentes et diurétiques.
Les Eriophorum L. d’Europe étaient autrefois administrés contre la dysenterie ; en Allemagne, la moelle fongueuse de leur tige est, dit-on, employée par les paysans, contre le Ténia.
Enfin le Kyllingia triceps est préconisé, dans l’Inde, pour le traitement du diabète.
GRAMINÉES
Plantes herbacées , quelquefois ligneuses, annuelles ou vivaces, à tige rarement pleine (Canne à sucre, Maïs), plus souvent formée par un axe creux {chaume), fermé de distance en distance par des cloisons , qui correspondent aux nœuds foliaires ; feuilles distiques , à gaine fendue , pourvues , au point où le limbe se sépare de la gaine , d’une membrane de forme variable , appelée Ligule, et qu’on a comparée à une stipule intra-axillaire ; inflorescence toujours composée de petits épis ( Epillets ), qui portent une ou plusieurs fleurs, et sont sessiles ou pédicellés.
MONOCOTYLÉDONES PÉRISPERMÉES.
Fig. 421. — Épi du Triticum sativum, d’après P. Duchartre.
. 420. — Particule de VAgrostis alla, d’après P. Duchartre.
GRAMINÉES
L’inflorescence est très-rarement un épi véritable ; presque toujours elle forme une panicule tantôt lâche et vaste (fig. 420), tantôt resserrée au point de devenir spiciforme : le Blé (fig. 421), l’Orge etc. ont une panicule de ce genre.
Chaque épillet est entouré à sa base par deux bractées opposées , non insérées au même niveau ( Glumes ).
Une fleur isolée se compose des parties suivantes (fig. 422) :
R Deux folioles paléacées, ou bractées ( Glumelles ) : l’une externe, aiguë ou surmontée d’une arête , continuation de la nervure médiane ; l’autre interne, c’est-à-dire, appuyée par son dos à l’axe de l’épillet , plus molle et pourvue de deux nervures terminées chacune par une pointe courte. La présence de ces deux nervures avait fait regarder cette foliole comme formée de deux feuilles soudées , ce qui permettait de considérer les glumelles comme un calice de trois pièces. Cette hypothèse, émise par Robert Brown et adoptée par M. Schleiden, a été ren- rig. 422.
versée par M. H. von Mohl, qui ht voir que les valves de la glumelle sont formées chacune par une seule feuille, et appartiennent à deux degrés de végétation.
2° Deux paillettes collatérales , très-petites, molles, dont l’intervalle correspond à la glumelle externe ; quelquefois il en existe une troisième, qui se place à la base de la glumelle interne. Ces paillettes ( Glumellules ) peuvent être plus aisément comparées à une enveloppe périanthique ; elles constitueraient la corolle , dans l’hypothèse de R. Brown et de M. Schleiden.
3° Trois étamines , dont une opposée à la glumelle externe, deux opposées à la glumelle interne. Quelquefois , les étamines sont réduites à deux (Anthoxanthum) , ou bien à une seule (N ardus). D’autres fois le nombre en est augmenté : il y a en quatre dans les Tetrarrhena , six dans les Oryzci , dix-huit à quarante dans les Pariana.
4° Un ovaire simple, uniloculaire, monosperme, surmonté de deux , rarement de trois styles , à stigmate plumeux. Ce fait de deux
(*) g) Foliole interne et parinerviée de la Glumelle (la foliole imparinerviée a été enlevée). — g ’) Glumellule. — a) Anthères, — p) Pistil. — st , st ) Stigmates plumeux
Fleur isolée de Lolium per enne (6/1), d’après P. Ducliartre (*).
MONOCOTYLÉDONES PÉRISPERMÉES.
styles portés sur un ovaire simple se retrouve dans une famille fort éloignée , les Synanthérées.
Les Graminées sont le plus ordinairement hermaphrodites ; quelques-unes toutefois sont unisexuées, et alors en général monoïques , rarement polygames.
Le fruit est un caryopse. L’embryon est extraire et placé à la hase d’un périsperme farineux , sur lequel il est appliqué au moyen d’un expansion latérale de la tigelle. Cette expansion offre la forme d’un écusson, d’où le nom de Scutellum , qui lui fut donné par Gærtner ; Richard l’appela Hypoblaste. La face antérieure ou externe de l’embryon présente deux extrémités libres : une supérieure, qui est le cotylédon unique, au-dessous duquel se voit la Fente gemmulaire ; une inférieure, qui est la radicule.
Nous avons dit ailleurs que la radicule est en réalité un collet ; ceci est surtout manifeste chez les Graminées , dont la radicule ne s’allonge jamais en racine.
La famille des Graminées est cosmopolite ; elle renferme un trèsgrand nombre d’espèces, la plupart herbacées et servant d’aliment aux herbivores : leurs fruits sont , en général , remarquables par la quantité d’amidon et de matières azotées qu’ils contiennent. Le suc inclus dans les cellules de la moelle est riche en sucre, surtout dans la Canne à sucre , le Sorgho , le Maïs etc.
La famille des Graminées a été divisée, par Kunth , en treize tribus , dont nous ne croyons pas utile d’exposer les caractères ; nous ferons connaître seulement ceux des plantes les plus importantes.
Froment (g. Triticum L.). Epillets multiflores, sessiles, solitaires sur chaque dent de l’axe; valves de la glume carénées, aiguës ou mucronées ; glumelle inférieure aristée ou mutique ; cariopse ovale , mousse par les deux bouts.
Ce genre fournit le Froment et une sorte de Chiendent.
Les espèces les plus communes du Froment sont : le Froment ordinaire (Tr. sativum Lamk.), le gros Blé (TV. turgidum L.) le Blé dur ( Tr . durum Desf.), le Blé de miracle ( Tr . compositum L.), l’Epeautre (Tr. Spelta L.).
Le fruit du Froment, étant passé au moulin, se sépare en deux parties : le Son , formé par les enveloppes; la Farine , qui est essentiellement composée d 'Amidon et d’un principe très-azoté, le Gluten. Celui-ci, séparé de l’amidon par le lavage, retient une certaine quantité d’albumine végétale , et consiste en une matière molle , collante, élastique, insoluble dans l’eau. Une bonne farine en renferme 10 à 14 °/o de son poids, et ne laisse, après combustion, que 1 à 1,50 % de cendres, qui doivent à peine fournir à l’analyse des traces de sulfates.
GRAMINÉES
Outre l’amidon et le gluten , la farine de Blé contient de la dextrine, du glucose, des matières grasses, des principes albuminoïdes solubles etc.
Les semences fournies par les diverses variétés de Froment peuvent être rangées en 3 catégories : 1° les Blés durs , les plus riches en gluten; ils sont demi-transparents, plus consistants, plus durs, d’aspect corné. 2° Les Blés demi-durs , qui sont transparents en dehors, moins consistants et opaques en dedans. 3° Les Blés tendres , qui sont entièrement farineux et blanchâtres. Les premiers donnent une farine moins blanche , mais plus riche en matières azotées , grasses et salines ; les Blés tendres fournissent une farine très-blanche , mais moins riche en gluten et moins nutritive ; les Blés demi-durs tiennent le milieu entre ces deux sortes.
Les falsifications que l’on fait subir à la farine de Blé seront indiquées plus loin.
Chiendents. Le Chiendent est fourni par deux plantes : le Froment rampant ou Chiendent ordinaire , et le Chiendent Pied-de- Poule.
Chiendent ordinaire ( Trit . repens L., fig.. 423) : Tiges longues de
Fig. 423. — Rhizome de^Triticum repens , d’après P. Duchartre.
60 à lOOcentim.; feuilles planes, longues, à face supérieure scabre; épi distique à glumes quadriflores, acuminées. Son rhizome (racine de petit Chiendent ) est grêle , assez droit, peu noueux, peu écailleux ; il devient anguleux par la dessiccation. B est moins farineux et plus sucré que le suivant.
Chiendent Pied-de-Poule ( Cynodon Dactylon Rich.) : haut de 30 tà 40 centim.; rhizome à jets traçants (racine de gros Chiendent ), très-longs, cylindriques, très-noueux, gros comme une plume de Corbeau, et dont l’épiderme dur, jaune, vernissé, recouvre une
16 MONOCOTYLÉDONES PÉRISPERMÉES.
substance farineuse, blanche et sucrée ; feuilles roides, longues, pubescentes ; épis (3-5), en panicule digitée , d’un rouge violet, portant des épillets uniflores, à glumes aiguës, scabres.
Les rhizomes de Chiendent sont employés en décoction , comme adoucissants et apéritifs.
Ivraie enivrante ( Lolium temulentum L.) : Plante annuelle, à tiges toutes fertiles ; épis distiques à épillets comprimés , sessiles , solitaires sur chaque dent de l’axe , composés de 6 fleurs ; valve externe de glume ayant la même longueur que l’épillet , l’interne plus courte ; fruit petit, allongé.
Ses fruits, mêlés accidentellement au Blé, ont donné lieu à des accidents graves. En Allemagne, on les emploie comme stupéfiant. Selon MM. Filhol et Baillet, ils renferment une matière molle, jaune orangé, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, l’éther, le sulfure de carbone etc. , neutre et incristallisable. Cette matière détermine des tremblements généraux, sans narcotisme, et est très-vénéneuse. Le résidu laissé par l’éther, étant traité par l’eau, fournit une matière extractive narcotique. MM. Filhol et Baillet disent que le L. linicola Sonder est au moins aussi actif que l’Ivraie enivrante ; le L. perenne L. l’est à peine ; le L. Italicum A. Br. ne l’est pas du tout.
Quelques autres Graminées sont douées de propriétés actives. Le Festuca quadridentata Kunth , des Andes de Quito , est très-vénéneux; les rhizomes du Br o mus pur g ans L. (Amérique sept.) et du Bromus catharticus Vahl, du Chili, sont des purgatifs énergiques; enfin la Mélique bleue ( Molinia çoerulea Mœnch.) est, dit-on, dangereuse à l’époque de sa floraison.
Seigle (/ Secale cereale L.) : Épi simple, comprimé , long de 11 à 15 centim. ; épillets composés de deux fleurs hermaphrodites et d’une troisième fleur rudimentaire stérile; caryopse jaune grisâtre, poilu au sommet.
La farine de Seigle renferme environ 9 % de gluten. Elle est un peu bise et fournit un pain lourd, mais nutritif. Le gluten du Seigle n’est pas élastique , comme celui du Froment , et il est impossible de le séparer de l’amidon par le même procédé.
Orge ( Hordeum vulgareh.): Épi à épillets biflores, dont la fleur supérieure est réduite à l’état d’un filament ; fleurs imbriquées sur six rangs, dont deux latéraux plus prononcés; glumelles persistantes autour du fruit, l’externe terminée par une arête trèslongue.
On cultive aussi l’Orge distique (if. distichum L.) et l’Escourgeon (if. hexastichum L.).
On emploie l’Orge, en tisane, sous deux formes : Y Orge mondé, qui
GRAMINÉES. 17
est simplement privé de sa glumelle ; Y Orge perlé , qui est décortiqué, presque sphérique, blanc.
L’Orge renferme , comme le Seigle , du gluten , que l’on ne peut séparer de l’amidon. Le pain que l’on fait avec sa farine est lourd , grossier, d’un brun violacé.
Ce fruit constitue , avec le Houblon , la base de la bière ; étant germée et ensuite légèrement torrifiée, l’Orge prend le nom de Malt . Le malt renferme de la diastase, qui lui communique des propriétés spéciales. On a administré les préparations de malt contre les catarrhes et les bronchites chroniques compliqués de dyspepsie.
Avoine ( Avena sativa L.) : Fleurs en panicule lâche, à pédoncules semi-verticillés , portant 1-2 épillets pédicellés, pendants, et renfermant chacun trois fleurs : une fertile , une stérile , une rudimentaire ; valves de la glume carénées , courtes , mutiques ; valve externe de la glumelle bifide et pourvue d’une arête dorsale géniculée ; caryopse allongé , aigu , brunâtre , enveloppé dans la glumelle. Ce fruit, décortiqué en partie, constitue le Gruau , dont on fait des tisanes adoucissantes et des potages.
M. Boussingault a trouvé dans l’Avoine : gluten et albumine 12 °/0, dextrine et amidon 61,5, matières grasses 5,5, cendres 3, etc.
Riz ( Oryza sativa L.) : Tige haute de 60 à 100 centim. , à feuilles larges, denticulées, très-rudes sur les bords, et trèslongues; panicule terminale à épillets uniflores ; fleurs hermaphrodites à six étamines; caryopse comprimé, oblong, carré, étroitement recouvert par les glumelles persistantes.
Cette plante, originaire de l’Inde et de la Chine, est actuellement cultivée dans le midi de l’Europe, en Égypte et en Amérique. Le Riz du commerce est toujours décortiqué. Le plus estimé nous vient de la Caroline; il est blanc, un peu translucide, anguleux, inodore. On tire du Piémont une espèce de Riz jaunâtre, plus court, arrondi , opaque , un peu âcre et légèrement odorant.
Selon MM. Payen et Boussingault, le Riz contient environ 7 % de matières azotées. L’amidon constitue les 85/ioo de son poids. Le Riz est employé en décoction, comme émollient, surtout dans la diarrhée ; en délayant à froid sa farine dans l’eau ou dans le lait, et faisant bouillir, on obtient le produit connu sous le nom de Crème de riz.
Maïs ou Blé de Turquie ( Zea May s L.) : Chaume haut d’environ 2 mètres et rempli d’une moelle sucrée; feuilles longues et larges; fleurs unisexuées, monoïques: les mâles disposées en une panicule terminale, formée d’épillets biflores, à fleurs sessiles, triandres ; les femelles , placées au-dessous , et disposées en un épi dense, cylindrique, enveloppé par plusieurs feuilles, d’où sortent les styles filiformes, vert jaunâtre et pendants; les fruits sont, des
MONOCOTYLÊDONES PÉRISPERMÉES.
caryopses jaunes, rouges, violets ou blancs, gros comme un Pois, sessiles, arrondis supérieurement, appointis à la base.
Selon M. Payen, 100 p. de farine de Maïs renferment : amidon 71,2; gluten, albumine etc. 12,3; huile grasse 9, etc.
Le Maïs paraît originaire de l’Amérique méridionale.
On a proposé d’employer les styles de Maïs en infusion, contre la goutte et la gravelle. D’après Réveil, ces styles renferment de la mannite.
Canne de Provence (. Arundo Donax L.), tige haute de 2-3 mètres , à feuilles grandes, fort longues , un peu rudes ; panicule purpurine , grande , rameuse ; épillets solitaires , triflores ; glumes à valves carénées , aiguës ; valves de la glumelle couvertes à leur base d’une touffe de poils persistants.
On emploie quelquefois le rhizome de cette plante, sous le nom racine de Canne de Provence . Ce rhizome est couvert d’un épiderme jaune, luisant, dur et marqué d’un grand nombre d’anneaux; à l’intérieur, il est blanc jaunâtre et spongieux. Son odeur et sa saveur sont à peu près nulles.
On l’apporte du Midi de la France en rondelles ou en tronçons.
La Canne de Provence est réputée antilaiteuse et diurétique.
Le Roseau èt balais (. Arundo Phragmites L.) a, dit-on, les mêmes propriétés ; il a été vanté comme antisyphilitique.
Canne à sucre ( Saccharum officinarum L.) : Tige haute de 3 à 4 mètres, pleine, charnue, striée longitudinalement, à mérithalles courts, un peu renflés; fleurs en panicule grande, étalée ; épillets triflores, géminés; glume couverte de poils soyeux, persistants; glumelle à une seule valve.
La Canne à sucre croît spontanément sur les bords de l’Euphrate.
On en cultive plusieurs variétés : 1° la Créole , originaire de l’Inde ; 2° la Canne de Batavia , originaire de Java et qui sert principalement à la fabrication du rhum; 3° la Canne d’Otahiti , que Bougainville porta à l’Ile-de-France, et qui est maintenant la plus répandue.
Le sommet de la plante renferme moins de sucre que le reste de la tige ; aussi le coupe-t-on avant la floraison , pour servir de bouture.
Les divers procédés d’extraction du sucre se trouvent décrits longuement dans les traités de chimie ; nous croyons devoir les passer sous silence.
Selon M. Payen, qui a étudié avec soin la structure de la Canne à sucre, les cellules épidermiques ont des parois très-épaisses, canaliculées , et recouvertes par une cuticule, protégée elle-même par une sorte de cire nommée Cérosie. Le sucre n’occupe que les cellules
GRAMINÉES
de la région médullaire , et celle-ci est séparée de la région corticale par une double rangée de faisceaux fibro-vasculaires. Dans l’espace compris entre ces faisceaux et l’axe de la tige , se trouvent d’autres faisceaux d’autant plus pauvres en fibres ligneuses , qu’ils sont plus rapprochés du centre.
Le Sucre se dissout en toutes proportions dans l’eau bouillante ; l’eau froide en dissout le double de son poids. Il est soluble dans l’alcool chaud, insoluble à froid; au feu il se fond , se boursoufle, brunit et se transforme en Caramel; il brûle avec une flamme blanche et laisse un charbon volumineux , qui renferme un peu de carbonate et de phosphate de chaux. On le falsifie avec du glucose; cette fraude est décelée par la potasse , qui, à chaud, brunit le glucose et non le sucre de Canne. Il cristallise en prismes rhomboïdaux à sommets dièdres.
La Cérosie (C4-8 H48 -f-H2 O2 Dumas) se trouve aussi à la base des feuilles. Elle abonde surtout sur la Canne violette, et peut être obtenue par le grattage des tiges, ou bien extraite des écumes du Vesou non additionné de chaux. En la dissolvant dans l’alcool bouillant et laissant refroidir, on l’obtient en fines lamelles nacrées , très-légères , qui ne graissent pas le papier, fondent à 82° et brûlent avec une belle flamme blanche. Elle est insoluble dans l’eau et dans l’alcool froid, soluble dans l’alcool bouillant, peu soluble dans l’éther, difficilement saponifiable , et assez dure pour pouvoir être pulvérisée dans un mortier.
Schœnanthe officinal. On employait autrefois, sous ce nom, la touffe des feuilles radicales de Y Andropogon eriopho rus Willd., plante très-commune dans l’Arabie déserte , et dont les feuilles ont une odeur analogue à celle du Bois de Rhodes. On lui substitue souvent une plante des Indes , Y Andropogon Schoenanthus L. , qui est moins aromatique.
A la Martinique , on trouve aussi un Andropogon à odeur de citron, que l’on regarde comme un abortif. Enfin, on envoie des Indes, sous le nom de Vétiver, une racine très-fibreuse, d’un blanc jaunâtre, douée d’une odeur forte, tenace, et d’une saveur amère, aromatique. Elle sert à parfumer les appartements; elle est produite par Y Androp. muricatus Retz.
Amidon des Céréales.
A l’exemple de Guibourt, nous avons cru bien faire en réunissant, dans un même chapitre, l’histoire des différentes espèces de fécules fournies par les Graminées.
Amidon de Blé. Il est constitué par des granules arrondis ou
MONOCOTYLÉDONES PÉRISPERMÉES.
Fig. 424. — A, B) Amidon du Blé rond de Hongrie, vil de face et de profil. — C,D) Amidon du Haricot panaché, d’après P. Duchartre.
ellipsoïdes (fig. 424), ovoïdes et lenticulaires , les uns extrêmement petits , les autres plus gros , mais dont le diamètre ne dépasse pas 0mni,0325. Selon M. Grassi, son poids spécifique est de 1,529.
On l’extrait des Blés avariés, que l’on moud grossièrement, et que l’on met fermenter, pendant quinze à vingt jours, dans de l’eau à 15° ou 18°. Après ce temps, on jette le tout sur un tamis, on laisse reposer , on décante l’eau , puis on enlève la couche supérieure , qui est formée de gluten altéré et de son. L’amidon restant est lavé avec soin et passé à travers un tamis très-fm ; quand il s’est précipité, on en sépare l’eau par décantation : et on le fait sécher rapidement. L’amidon ainsi préparé se présente sous forme de prismes irrégulièrement quadrangulaires : c’est Y Amidon en aiguilles du commerce. L’eau qui a servi à la première opération est appelée eau sûre ; on la conserve pour une opération subséquente.
Quand l’amidon est délayé dans une faible quantité d’eau et soumis à l’action de la chaleur, ses granules augmentent de trente fois leur volume , adhèrent les uns aux autres et forment une masse de
consistance gélatineuse, appelée Empois; sa dissolution est alors partielle ; il reste toujours des téguments gonflés et irréguliers , que l’iode décèle aisément. Par une ébullition prolongée, l’amidon ne laisse que de légers flocons bleuis par l’iode. Chauffé à la température de 200°, il se transforme en un corps isomère , qui est soluble dans l’eau et qu’on a nommé Dextrine.
L’amidon soumis à l’action de la diastase, se convertit aussi en dextrine, avant de se transformer en glucose.
Amidon d' Avoine (fig. 425). Il est formé de grains libres ou plus ou moins agrégés, arrondis, fusiformes ou polyédriques, quelquefois réunis en amas ovoïdes ou sphériques, pouvant atteindre jusqu’à 5 centièmes de millimètre.
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Fig. 425. — Fécule d' Avoine, d’après Moquin-Tandon.
GRAMINÉES
Amidon de Seigle (fig. 426). 11 se compose de granules assez semblables à ceux du Blé , mais présentant fréquemment une étoile à trois ou quatre rayons ; soumis à l’action de l’eau bouillante, il laisse un résidu plus considérable que celui du Blé.
Amidon d’Orge (fig. 427). Les grains dont cet amidon est formé, sont, les uns très-petits, les autres un peu plus grands que ceux du Blé, d’épaisseur inégale, bosselés et comme ondulés ; posés sur tranche, ils semblent parfois triangulaires, comme la fécule de Pomme de terre, mais ils sont toujours plus petits. L’amidon d’Orge résiste plus que l’amidon de Blé à l’action prolongée de l’eau bouillante, et laisse un résidu dense, composé de grains semi-lunaires , rénif ormes ou circulaires : ces derniers étant entr’ouverts et coupés jusqu’au centre.
Fig. 426 — Amidon de. Seigle , d’après Guibourt.
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Fig. 427. — Amidon d’Orge , d’après Guibourt.
Fig. 428. — Amidon de Riz , d’après Guibourt.
Amidon de Riz (fig. 428). Cet extrêmement petits, égaux entre eux, triangulaires, carrés ou pentagonaux; après une ébullition prolongée , il ne laisse que de légers flocons formés de granules liés ensemble par une matière muqueuse.
Amidon de Maïs (fig. 429). Les granules de la zone cornée sont polyédriques et offrent tous à leur centre un point plus clair [hile) ; ceux de la zone farineuse sont arrondis et tantôt homogènes , tantôt pourvus d’un petit cercle ou d’une ligne claire, qui occupe leur centre. *
amidon est composé de grains
Fig. 429. — - Fécule de Maïs, d’après Moquin-Tandon.
MONOCOTYLÉDONES PERISPERMÉES.
Falsification de la farine de Blé.
La farine de Blé peut être falsifiée par des substances végétales ou minérales. Ces dernières seront décelées par la calcination de la farine et l’analyse du résidu, qui ne doit pas excéder 1 à 1,5 °/0.
Les substances végétales sont la farine d’Orge , de Seigle, de Riz, de Maïs, de Pois, de Haricots, la fécule de Pomme de terre etc.
L’examen microscopique, avant et après l’ébullition dans l’eau, permettra de reconnaître les quatre premières. La farine des graines des Légumineuses sera décelée : soit par la forme de la fécule de ces graines (voy. fig. 424), qui est ovoïde et présente une sorte de déchirure longitudinale , souvent pourvue de fentes transversales courtes ; soit en soumettant la farine frelatée , à l’action d’un soluté de potasse (KO : 6; HO : 100), qui en dissout les matières albuminoïdes, rend l’amidon transparent, et laisse voir les mailles hexagonales du tissu réticulé propre aux graines des Légumineuses.
Le Maïs est aussi décelé par l’action successive de l’acide azotique dilué et du carbonate de potasse , qui déterminent l’apparition de flocons jaunâtres, tachés de points orangés.
Un des meilleurs moyens , le meilleur peut-être, consiste à rechercher le gluten. S’il y a du Seigle, le gluten est visqueux et noirâtre; si c’est de l’Orge, le gluten est désagrégé et brun rougeâtre. Les Pois le colorent en vert ; les Lentilles en brun, les Féverolles en rose ; avec les Haricots , le gluten est tellement désagrégé , qu’il est
presque tout entraîné par l’eau.
Dans tous les cas , le gluten est en quantité d’autant moindre, que la farine est plus adultérée.
Quant aux caractères de la fécule de Pommes de terre (fig. 430), nous les étudierons plus tard. La présence de cette fécule dans la farine est très-rare actuellement ; l’observation microscopique permet de la reconnaître, surtout quand on mouille le mélange avec une solution à 1,8 °/0 de potasse caustique, qui gonfle les grains de fécule et n’attaque pas les grains d’amidon de Blé.
La farine peut être rendue malfaisante par l’addition volontaire ou présence accidentelle de substances étrangères , minérales ou végétales. Ces questions sont du domaine de la toxicologie. Ce que nous avons dit de l’action des Champignons inférieurs, de l’Ergot et
PALMIERS
de l’Ivraie , doit suffire pour montrer la nécessité de rejeter les farines moisies , et de nettoyer convenablement le blé , avant la mouture.
PALMIERS
Plantes vivaces, arborescentes et pouvant atteindre jusqu’à 60 mètres de hauteur, ou acaules , c’est-à-dire à tige courte et comme bulbiforme ; tige pleine, cylindrique, très-rarement ramifiée, quelquefois renflée vers le milieu de sa longueur ; feuilles pennées ou flabelliformes, disposées en une vaste touffe terminale ; inflorescence en spadice ramifié , enveloppée dans une grande spathe ; fleurs sessiles, petites, blanchâtres ou jaunâtres; périanthe à six divisions généralement coriaces , libres , rarement soudées en partie ; six étamines; ovaire à trois carpelles libres au soudés, mais surmonté
24 MONOGOTYLÉDONES PÉRISPERMEES.
par autant de styles distincts. Le fruit est une drupe ou une noix , ordinairement uniloculaire et monosperme, par avortement des deux autres loges et de leurs ovules. L’embryon est très-petit et niché dans une cavité du périsperme, qui est épais et souvent très-dur. Les Palmiers sont quelquefois hermaphrodites , plus souvent unisexués et monoïques ou dioïques. Ils appartiennent presque exclusivement aux zones équatoriales.
Dattier (fig. 431, Phoenix dactylifera L.). Tige nue, cylindrique , haute d’environ 16 à 20 mètres, marquée d’anneaux très-rapprochés , indices des feuilles tombées; feuilles très-grandes, pinnatiséquées ; fleurs dioïques ; fruits ovoïdes , allongés , gros comme le pouce , charnus , sucrés et connus sdus le nom de Dattes.
Les dattes ont une chair solide , un peu translucide et comme gélatineuse; elles renferment un épisperme membraneux , blanchâtre, recouvrant un périsperme corné, convexe d’un côté, pourvu d’un sillon profond du côté opposé. Les meilleures dattes viennent par la voie de Tunis.
Le Dattier est l’arbre par excellence des Oasis du nord de l’Afrique. Il croît aussi dans l’Inde et dans la Perse.
Arec ( Areca Catechu L.). Cet arbre croît dans l’Inde, à Ceylan et aux Moluques. Ses fruits renferment, sous un brou fibreux, une amande très-dure, marbrée intérieurement de blanc et de brun. Cett amande étant coupée en tranches, saupoudrée de chaux et entourée d’une feuille de Bétel, constitue un masticatoire très-usité dans l’Inde. Les fruits de l’Arec servent à préparer une espèce de cachou.
Cocotier ( Cocos nucifera L.). Le fruit de ce Palmier renferme , avant sa maturité , un liquide laiteux , doux et sucré. L’amande mûre est comestible et donne par expression la moitié de son poids d’une huile incolore, fluide au-dessus de 18°, solide au-dessous de cette température et devenant alors blanche et opaque. Cette huile fournit des savons, qui moussent beaucoup, mais sont très-cassants; elle rancit très-vite et dès lors ne peut servir qu’à l’éclairage.
Palmier Avoira, ( Elœis guineensis Jacq. ). Son fruit, formé par un sarcocarpe fibreux et huileux, contient une amande grasse, incluse dans un noyau très-dur.
L’huile obtenue du sarcocarpe est jaune, odorante, liquide en Afrique ; mais, chez nous, elle est solide et de couleur jaune orangé; sa saveur est douce et parfumée. Suivant sa consistance, on la désigne sous le nom d 'Huile ou de Beurre de Palme . Elle fond à 29° ; l’alcool à 40° la dissout à froid ; à chaud , elle s’y dissout en plus grande quantité, mais se précipite en partie par le refroidissement; elle est soluble en toute proportion dans l’éther , très-facilement sa-
PALMIERS
ponifiable et forme un savon jaune. Cette huile contient environ les deux tiers de son poids d’un acide particulier, Y Acide Palmitique (C32 H32 O4).
Céroxyle des Andes ( Iriartea [Ceroxylon H. B.] andicola Spreng.). Cet arbre produit une cire, dite Géra de Palma, qui découle spontanément des feuilles et du tronc, à l’endroit des anneaux. A l’état brut, elle se présente sous forme d’une poudre blanc grisâtre, qui recouvre l’épiderme du Palmier. Les Indiens raclent cet épiderme, font bouillir les raclures dans l’eau, et séparent ainsi la cire de ses impuretés. Purifiée par un traitement à l’eau jet à l’alcool bouillant, elle est d’un blanc jaunâtre sale, poreuse, friable, inodore, insipide et fusible à 72°. Les Indiens y ajoutent un peu de suif, pour la rendre moins fragile.
Selon M. Boussingault , elle est formée d’une résine jaunâtre, un peu amère, soluble dans l’alcool froid, et d’une autre résine ( Céroxy line), cristallisable et soluble seulement dans l’alcool bouillant.
On trouve au Brésil un autre Palmier, le Carnauba ( Corypha cerifera L.), qui fournit une cire analogue à celle des Abeilles, selon Brandes, bien qu’elle soit d’un blanc jaunâtre , sèche, dure, fort cassante et à cassure lisse, luisante et non grenue. Cette cire se laisse aisément pulvériser, fond à 83°,5, se dissout dans l’alcool bouillant et, par le refroidissement, se prend en une masse cristalline.
Sang-Dragon. Cette substance est fournie surtout par un Rotang, le Calamus Draco Willd., plante remarquable, comme les autres Palmiers de ce genre , par la longueur presque indéfinie de sa tige , dont la grosseur est relativement très-faible ; ses fruits sont ovoïdes, de la grosseur d’une noisette, et recouverts d’un péricarpe écailleux.
Suivant Ramipliius , en secouant ces fruits dans une toile rude, on en fait tomber une résine, qui est fondue à une douce chaleur et roulée en globules. Ceux-ci sont ensuite enveloppés dans des feuilles du Licuala spinosa Tliunb., et constituent la première sorte de Sang-Dragon.
Ensuite on concasse les fruits , on les fait bouillir dans l’eau , on recueille la résine qui surnage et l’on en fait des galettes : c’est la deuxième sorte de Sang-Dragon. Enfin le marc lui-même est mis en boules , grâce à la quantité de résine qu’il contient encore, et cons^ titue le Sang-Dragon commun ou en masse.
Le sang-dragon, quand il est de bonne qualité, est une résine i d’un rouge brun foncé, opaque, fragile, à cassure luisante et rouge. Il prend une belle couleur vermillon, quand on le râcle ou qu’on- le pulvérise.
MON OCOT YLÉJDO N ES PEU1SPERMÉES .
On le trouve sous quatre formes dans le commerce : 1° en baguettes; 2° en olives ou en globules ; 3° en galettes ; 4° en masse. Les deux premires espèces, nommées Sang-Dragon en roseau , correspondent à la première sorte de Rumphius ; la troisième correspond à la deuxième sorte; la quatrième à la troisième. Cette dernière sorte est d’un beau rouge et, sans les débris de fruit qu’elle renferme, elle serait presque aussi bonne que les autres.
Le Sang-Dragon en baguettes est en bâtons longs de 30 à 50 centim. , épais comme le doigt, entourés de feuilles de Licuala , et fixés toût autour au moyen d’une lanière très-mince de tige de Rotang.
Le Sang-Dragon en globules est en boules de 18 à 20 millim. d’épaisseur, enveloppées d’une feuille de Palmier, et disposées en chapelet (Guibourt).
Guibourt trouve le sang-dragon inodore; il nous a toujours paru doué d’une odeur balsamique, faible sans doute, mais agréable, surtout quand on le frotte.
M. Herberger a trouvé, dans un sang-dragon en globules, 90,7 p. 100 d’une résine rouge, amorphe et acide, qu'il a nommée Draconine. Chauffé jusqu’à 210°, le sang-dragon abandonne de l’eau, qui rougit le tournesol et contient un peu d’acide benzoïque et d’acétone. Audessus de 210°, il se boursoufle et fournit, entre autres produits, un liquide oléagineux , rouge noirâtre , qui est un mélange (ï acide benzoïque, de toluène, de métastyrol et d’un composé liquide donnant du benzoate par l’action de la potasse.
Le sang-dragon (1 gr.) étant traité par l’alcool à 33° (10 gr.), l’acétate de plomb détermine, dans le soluté alcoolique, un précipité rouge briqueté, si la résine est pure. En évaporant à siccité un soluté de même espèce et reprenant par la potasse caustique , si la dissolution a lieu sans altération de couleur, et si elle noircit par l’addition de quelques gouttes d’acide sulfurique, le sang-dragon est de bon aloi ( Pommier , cité par Dorvault). Le sang - dragon est souvent falsifié par des matières terreuses ou des résines; projeté sur des charbons ardents, il exhale alors une odeur désagréable.
On trouve dans le commerce , une falsification misérable du sangdragon. Ce produit, facile à reconnaître, est pourtant vendu sous le nom de Sang-Dragon en roseau , bien qu’il soit enveloppé d’une feuille de Maïs et que le Rotang soit remplacé par une ficelle. Ce prétendu J sang-dragon donne une poudre blanchâtre et possède une odeur de j poix-résine très-manifeste. a
Les traités de matière médicale mentionnent encore deux sortes^ fe de sang-dragon.
L’un est fourni par le Dragonnier ( Dracœna Draco L.) , arbre
PALMIERS
de la famille des Asparaginées et qui atteint des dimensions colossales.
Ce sang-dragon découle du tronc et se condense en larmes rouges. Il se présente sous forme de fragments durs, secs, lisses, d’un brun rouge ou d’un rouge de sang, à cassure presque terne, et qui sont entourés des feuilles de la plante.
L’autre est fourni par un Ptérocarpe, le Pterocarpus Draco L., grand arbre de l’Amérique méridionale, et qui appartient à la famille des Légumineuses. «Ce sang-dragon suinte naturellement et par incision. Il se sèche en larmes rougeâtres. Le commerce l’apporte en morceaux longs de 30 centim. et épais de 3, cylindriques ou irréguliers , comprimés. Ils ne sont jamais enveloppés de feuilles ; ils contiennent souvent des corps étrangers» (Moquin-Tandon).
Ces deux dernières sortes de sang-dragon sont beaucoup moins estimées ; celle du Dragonnier est rare ; celle du Ptérocarpe donne une teinture alcoolique non précipitable par l’ammoniaque, qui précipite au contraire la teinture alcoolique du sang-dragon de Calamus.
Le sang-dragon est un astringent puissant, actuellement à peu près inusité. On l’emploie comme hémostatique et dentifrice.
Sagous (fig. 432). Le sagou est une fécule fournie surtout par les
Sctgiis vinifera Pers. Raphia pedunculata , Pal. Beauv. , Sag.
Rumphii , Willd. On cite aussi comme pouvant le produire quelques autres Palmiers : YAreca oie racea L., le Phoenix farinifera Roxb., YArenga fariniferaLabiU ., et deux Gycadées : les Cycas revo lut a Thunb. et circinalis L.
La moelle de ces arbres est tellement gorgée d’amidon, qu’un pied, abattu au moment où il commence à montrer son spadice , fournit la matière de 300 à 400 kilogr. de sagou. Cette moelle est écrasée et délayée dans l’eau , puis on jette le tout sur un tamis, on laisse déposer et on décante. La fécule obtenue est desséchée à l’ombre, ou bien on la fait passer à travers un crible, quand elle a perdu assez d’eau pour former une pâte ferme ; elle se réduit alors en granules , que l’on sèche d’abord au soleil et puis sur un feu très-modéré.
Guibourt décrit trois espèces principales de sagou :
â° Sagou ancien : Globules arrondis, gris, blancs ou rosés , géné-
Fig. 432. — Fécule de Sagou , d’après Moquin-Tandon.
MONOCOTYLÉDONES PÉRISPERMÉES.
râlement sphériques , tous isolés, très-durs, élastiques, difficiles à broyer et à pulvériser. Dans l'eau, ils doublent de volume, sans adhérer entre eux. Sa fécule est presque toujours allongée , souvent coupée par un ou plusieurs plans inclinés ; son bile est dilaté ; elle est insoluble dans beau froide et laisse à l’ébullition un résidu considérable.
2° Sagou rosé des Moluques : Globules très-petits , peu réguliers , souvent soudés plusieurs ensemble ; ils augmentent de plus du double de leur volume dans l’eau froide. Sa fécule résiste moins à la coction que celle de la première espèce, dont elle a d’ailleurs la forme.
3° Sagou-Tapioka. Celui-ci est sous forme de petites masses tuberculeuses , irrégulières ; il se gonfle beaucoup dans l’eau , et se prend en une masse pâteuse, blanche et opaque. Il est en partie soluble dans l’eau ; le résidu est composé de grains semblables à ceux du vrai sagou et d’un grand nombre de téguments rompus et déchirés. Évidemment ce sagou a subi l’action du feu , à l’état de pâte humide.
On fabrique, avec la fécule de Pommes de terre, un sagou offrant la forme et les nuances du vrai sagou.
Le sagou est plutôt un aliment qu’un médicament ; on l’emploie comme analeptique, cuit dans l’eau, le lait ou le bouillon.
COLCHICACÉES.
Plantes herbacées , à souche formée par un bulbe , par un tubercule ou par un rhizome; feuilles alternes, radicales ou caulinaires, entières , recti- ou curvi-nerviées ; fleurs hermaphrodites ou polygames; périanthe pétaloïde à 6 divisions libres ou soudées; 6 étamines; ovaire à 3 carpelles libres ou soudés, surmonté d’un style trifide ou de 3 styles distincts ; fruit : capsule souvent tripartie au sommet, à déhiscence septicide , plus rarement loculicide, et à pla-. centation axile ; semences à périsperme charnu et à embryon cylindrique,
Cette famille se divise en deux tribus : les Colchicées et les Fératrées,
Colchicées.
Périanthe très-long, souvent tubuleux; styles grêles très-longs ; * plantes acaules.
Colchique d’automne ( Colchicum autumnale L. fig. 433). Bulbe solide entouré de tuniques brunes, foliacées, et sur le côté duquel apparaît un nouveau bulbe ; fleurs grandes , précédant les feuilles, longuement tubuleuses, rosées, ou lilas, à divisions profondes ; étamines saillantes, soudées au tube. Les feuilles se mon-
COLCHICACÉES.
trent en hiver; elles sont dressées, luisantes, disposées en une touffe, au milieu de laquelle, dès le printemps, apparaissent les fruits , qui sont composés de trois carpelles, libres au sommet, soudés à la base.
On emploie les bulbes, les fleurs et les semences du Colchique. Les Fleurs, actuellement inusitées, ont été vantées contre le rhumatisme.
Bulbes (fig. 434).
Le bulbe du com merce est ovoïde, gros comme un marron , ridé , convexe d’un côté, qui porte vers le sommet une petite cicatrice, un peu aplati et creusé d’une rainure longitudinale de l’autre côté, de couleur gris jaunâtre ,
blanc farineux à l’intérieur, inodore , de saveur âcre et mordicante. Il renferme de la Colchicine (C46 H31 Az O22), alcaloïde (?) amorphe ou cristallisé, fusible, soluble dans l’alcool, l’eau et l’éther; coloré par l’acide azotique en violet, puis en vert olive, ensuite en jaune. L’acide sulfurique brunit la colchicine. Ses sels sont précipités par le tannin et le bichlorure de mercure.
Elle est très-vénéneuse,
diminue et meme abolit la sensibilité cutanée , sur les muscles, qu’elle paralyse sans crampes ni secousses, et n’agit pas sur le cœur. M. le professeur Oberlin a démontré que , sous l’influence des acides , la Colchicine se dédouble en une substance résineuse et en un corps nouveau cristallisable : la Colchi -
Fig. 433. -- Colchique d'automne, d’après Guibourt.
Fig, 434. — Bulle de Colchique, d’après Guibourt.
agit lentement'
MONOCOTYLÉDQNES PÉRISPERMÉES.
cêine. M. Oberlin avait d’abord regardé la Colchicéine comme un toxique très-violent ; mais dans une nouvelle série d’expériences , cette substance administrée à la dose de 5, 10, 20 et 50 centigr. , n’a pas déterminé d’accidents graves. M. Schroff la dit moins active que la Colchicine.
Les semences de Golchique sont globuleuses , noirâtres, rugueuses, petites, inodores, de saveur âcre et amère. On les préfère aux bulbes, pour les préparations officinales du Colchique (vin, mellite, oxymellite, teinture); elles renferment plus de colchicine. On les prescrit contre le rhumatisme, la goutte, et comme diurétiques dans quelques hydropisies passives. M. Oberlin en a retiré une huile verte, qui, donnée à des Lapins à la dose de 7 et 10 grammes, les a tués en moins de 24 heures.
A dose un peu élevée, le Colchique détermine des nausées et une contriction de la gorge; les urines augmentent, et bientôt apparaissent des coliques suivies de déjections alvines.
On employait autrefois, sous le nom à'Hermodactes , les bulbes du Colchicum variegatum L. Ces bulbes sont d’un blanc jaunâtre , non ridés , cordiformes , plus aplatis que ceux du Colchique , auquel ils ressemblent d’aille'urs beaucoup. Leur saveur est douceâtre et mucilagineuse, puis un peu âcre. Ils sont moins actifs et inusités.
Vératrées.
Périanthe à divisions libres ; styles courts.
Ellébore blanc ou Varaire (Veratrum album L. , fig, 435):
Tige dressée , glabre , striée , haute de 6 à 10 décim. ; feuilles sessiles, amplexicaules , ovales , plissées , entières ; inflorescence en panicule terminale ; bractées des rameaux de la longueur des pédoncules ; fleurs verdâtres, hermaphrodites, et fleurs mâles avec rudiment de pistil.
La souche est employée sous le nom de racine cl’ Ellébore blanc .
Dans le commerce, cette souche se présente comme une sorte de cône de 3 à 5 centim. de long, noir, surmonté d’un grand nombre de feuilles engainantes, coupées transversalement près de leur base, et gar- i ni de racines cylindriques , ridées , grêles , J; ü7. 7 Tr brunes ou brun jaunâtre; parfois, au con- j a,
trum album, traire, dépourvu de racines. Le rhizome et /p,
d’après G-uibourt. les racines sont blancs ou blanc roussâtre à |j
COLCHICACÉES.
l’intérieur ; leur saveur, d’abord douceâtre et un peu amère, devient âcre et corrosive. La racine d’Éllébore blanc est un vomitif et un purgatif drastique très-violents. Celle du Veratrum nigrum L. paraît être aussi énergique, et lui est fréquemment substituée. La souche d’Éllébore blanc renferme du gallate de vératrine et un alcali nouveau découvert par M. Simon, la Jervine (C63 H*3 Az2 O5).
Selon M. Chevallier, « la racine d’Ellébore blanc est parfois mélangée avec la racine d’ Asperge , qui s’en rapproche beaucoup par ses caractères physiques. » Ces deux substances sont faciles à distinguer l’une de l’autre; il suffit, pour s’en convaincre, de comparer entre elles les fig. 435 et 442.
Éllébore d’Amérique ou Ellébore des marais. Aux États- Unis et au Canada, on emploie sous ce nom, comme sédatif arté- * riel , la souche du Ver. viride Aiton, qui ressemble extrêmement •au V. album , celui-ci pouvant s’appeler tout aussi bien V. viride.
Le V. viride croît dans les contrées montueuses de l’Amérique du Nord, du Canada à la Caroline. Longtemps confondu avec le V. album, il en a été distingué par Aiton. Selon Bisclioff , il diffère du V. album «par des fleurs plus grandes, presque campaniformes , verdâtres, à divisions aiguës, et par les divisions du périanthe ondulées, munies d’un onglet épaissi vers l’intérieur. »
Selon Pereira, la plante entière a une saveur âcre et brûlante, et la souche a une odeur désagréable, qui se perd par la dessiccation.
La souche du V. viride se présente, dans le commerce, sous forme de tronçons, coupés longitudinalement, encore couverts, à leur face supérieure , de feuilles engainantes , réduites à leur base , et garnis de racines jaune clair ou jaune verdâtre, ridées, épaisses de 2 à 3 millim., longues de 3 à 4 centim.
Vue sur une coupe transversale, la souche est nettement divisée en deux parties: une interne ou médullaire, parcourue par de nombreux faisceaux ligneux; une externe ou corticale, qui présente quelques rares faisceaux, presque tous perpendiculaires à la surface de fécorce. Entre la moelle et l’écorce se montre une zone jaunâtre , que les Allemands désignent sous le nom de Kernscheide , ce qui répond à peu près à la désignation française de couche protectrice du corps central.
La moelle et l’écorce sont formées de cellules minces , ovales ou polyédriques, remplies de fécule; les faisceaux ligneux se composent de vaisseaux rayés, entourant plus ou moins* un amas de tissu cellulaire à éléments très-fins et très-minces, qui peuvent être rapportés ' au tissu cribreux. Ces faisceaux renferment parfois , surtout dans l’écorce ou au voisinage de la Kernscheide , des fibres à parois finement rayées en travers.
32 MONOCOTVLÉDONES PÉRISPERMÉES.
Les cellules de la Kernsclieide sont carrées , arrondies ou ovales (fig- 436), pourvues de parois épaisses et jaunâtres; elles sont dis-
Fig. 436. — Coupe transversale d’une partie de la souche du Veratnm viride (32/1) (*)
posées en une couche généralement simple, irrégulièrement circulaire.
La souche de l’Ellébore d’Amérique est à peu près inconnue dans le commerce européen. On lui a substitué celles de l’Ellébore blanc (Veratrum album L.), de l’Ellébore vert ( Helleborus viriclis L.) et de l’Ellébore noir (H. niger L); enfin, comme conséquence naturelle de la falsification habituelle de la souche de cette dernière plante, on a donné également, à sa place, la racine (Souche) du faux Ellébore noir , qui est fournie par YActœa spicata L.
La forme toute différente de la souche des Helleborus et de YActœa j la présence de faisceaux ligneux plus ou moins développés et disposés en cercle autour de la moelle, enfin l’absence de Kern scheide permettra de reconnaître immédiatement leur substitution à celle du V. viride.
Il n’en est pas ainsi , lorsque l’on vient à comparer, dans leur structure et leur aspect, les souches de l’Ellébore blanc et de l’Ellébore d’Amérique. Le docteur Flückiger y a cherché en vain des différences à l’aide du microscope; celles que le docteur Oulmont a
(*) ep) Épiderme, ou mieux couche cellulaire (subéreuse?) presque amorphe et trèsbrune. — pc) Parenchyme cortical. — k , k) Kernscheide. — jf) Faisceau fibro-vasculaire* — v , v ) Faisceau vasculaire. — t. cr) Tissu cribreux. — pm) Parenchyme médullaire. — k\ k'1'1) Cellules isolées de la Kernscheide, et v') Vaisseaux isolés plus grossis (190/1).
C0LCHICA.CÉES. 33
signalées n’ont pas une assez grande valeur pour servir de caractères.
L’étude longtemps continuée de la constitution histologique de ces deux souches et de leurs racines, nous a permis de formuler les conclusions suivantes :
1° Les distinctions entre le V. album et le V. viride , quoique peu apparentes au premier abord , sont néanmoins assez tranchées, pour empêcher de confondre ces deux substances.
2° La souche du V. viride est généralement formée d’un tissu plus compacte et plus blanc que celui de la souche du Y. album ; elle renferme moins de faisceaux , surtout dans sa portion corticale .
3° Les cellules de la Kernscheide ont des parois plus minces, dans le V. viride que dans le V . album (fig. 437).
4° Les fibres du V. viride sont minces , et leur cavité offre de fines cloisons transversales incomplètes; celles du V. album sont épaisses , et leurs parois sont coupées de canaux espacés.
5° Les racines du V. viride ont une couleur jaune verdâtre clair ou jaune paille, et une épaisseur qui varie de 2 à 3 millim.; leur écorce est formée d’un tissu extérieur lâche , à lacunes linéaires , et d’une portion interne blanche , féculente , assez dense , qui , d’ordinaire , se sépare aisément du corps ligneux.
6° Les racines du V . album sont noires, brimes ou brun jaunâtre, épaisses de 3 à 5 millim.; leur écorce est très-développée , compacte, blanc grisâtre et difficilement séparable du corps ligneux.
7° Le corps ligneux du V. viride est blanc jaunâtre extérieure-
(*) k) Kernscheide. — k\ Æ”) Cellules de la Kernscheide isolées , pour montrer leurs diverses formes (190/1). — ep) Epiderme (?). — ffv) .Faisceau fibro-vasculaire et tissu cribreux — fv ) Faisceau vasculaire. — v ’) Vaisseaux plus grossis (190/1). — cp, r.p ’) Parenchyme cortical, — pm, pm ’) Parenchyme médulaire.
MONOCOTYLÉDONES PÉRISPERMÉES.
ment , peu adhérent à l'écorce et épais d’environ 3 à 4 dixièmes de millimètre ; celui du V. album est brun jaunâtre extérieurement ,. adhérent à l’écorce, et épais d’environ 5 à 6 dixièmes de millimètre1.
8° Les fibres ligneuses des racines du V. viride ne sont pas nettement séparées par une zone de matière intercellulaire ; leurs parois sont peu épaisses, et leur cavité est proportionnellement trèslarge . Ces fibres sont irrégulières (fig. 439).
9° Les fibres ligneuses des racines du V. album sont nettement séparées les unes des autres par une zone mince et transparente de matière intercellulaire; leurs parois sont épaisses, fréquemment
canaliculées , marquées de stries concentriques d’épaisissement, et leur cavité, en général étroite, est arrondie ou étoilée, selon l’âge de la racine. Ces fibres sont assez régulières , arrondies ou polyédriques (fig. 438).
M. H. Worthington, qui a étudié la composition de la souche du V. viride , y a trouvé entre autres substances : une matière huileuse, de l’acide gallique et un alcaloïde (?) analogue à la vératrine, insoluble dans l’eau , à peine soluble dans l’éther et entièrement soluble dans l’alcool absolu. Cette substance, étant exposée à la flamme, se liquéfie d’abord, se gonfle et brûle sans résidu ; elle a une saveur âcre, brûlante, persistante, et elle constitue un sternutatoire violent. La nature de cet alcaloïde n’est pas encore connue.
M. Oulmont a conclu de ses expériences comparatives avec le V. album , le V. viride , que le principe actif de ce dernier
Fig. 438.—' Racine du Veratrum album (190/1) (*).
Fig. 439. — Racine du Veratrum viride (190/ 1) (*).
la Vératrine
et
n’est probablement pas la vératrine, et que si, à certains égards, le V. album produit les mêmes effets que le V. viride , il y a cependant entre ces deux substances des différences assez tranchées. Selon M. Cutter, en effet, le V. album est un purgatif drastique, tandis que le T7, viride purge rarement.
(*) Je) Kernsclieide. — cc) Cellules corticales. — cl) Couche ligneuse. — fl) Filbres plus grossies.
1 Ces dimensions n’ont pas été prises d’une manière très-rigoureuse, car en mesurant la section du corps ligneux , sur un certain nombre de dessins pris à la chambre claire, j’ai trouvé que la surface de section du F. viride est à celle du V. album comme 12 : 20, en moyenne.
ÜOLGHfOACÈES.
Les effets physiologiques de ce Veratrum sont les suivants : « diminution de la fréquence du pouls et de la respiration , faiblesse avec vertiges, nausées, vomissements, et alors prostration générale avec refroidissement , augmentation des sécrétions et surtout de la salive» (Reveil). Sous son influence, le pouls peut tomber de 140° à 30° par minute , sans que le système nerveux en souffre.
Cévadille ( Veratrum officinale Schlecht.) : plante bulbeuse ; feuilles linéaires , carénées , longues de 12 décim. ; hampe haute d’environ 15 décim. ; inflorescence en grappe spiciforme ; fleurs hermaphrodites (Gray), ou polygames (Lindley), dressées, brièvement pédonculées ; anthères réniformes , peltées après la fécondation ; périanthe herbacé, persistant.
Cette plante croît au Mexique.
Les fruits sont employés sous le nom de Cévadille (de l’espagnol Cebada , Orge) ; ce sont de petites capsules, à trois loges ouvertes supérieurement, minces, rougeâtres, contenant quelques graines noires, ridées , allongées , ensiformes , très-âcres , amères , excitant la salivation, très-purgatives et irritantes.
Ges semences renferment un alcaloïde d’une extrême âcreté, la Vératrine (G64 H52 Az2 O16), et il ne faut les employer, meme à l’extérieur, qu’avec une grande réserve. Leur poudre est fortement sternutatoire ; on l’employait jadis contre la vermine, sous le nom de Poudre de capucin.
La Vératrine existe aussi dans l’Éllébore blanc ; elle est pulvérulente, blanche ou verdâtre, fusible à 115° , inodore , âcre et amère, insoluble dans l’eau, peu soluble dans l’éther, très-soluble dans l’alcool. L’acide azotique concentré prend à son contact une teinte d’abord écarlate, puis jaune; l’acide sulfurique se colore en jaune , puis en rouge de sang, et enfin en violet. A l’intérieur et à dose très-faible , elle purge violemment et produit une salivation abondante ; à dose plus élevée il y a prostration , abattement , diminution du pouls ; enfin , à dose plus élevée encore , elle détermine des contractions musculaires, avec tétanos, trismus et asphyxie.
On l’a surtout préconisée contre le rhumatisme articulaire aigu.
Elle irrite très-fortement la muqueuse nasale' et l’on ne peut la pulvériser, meme avec précaution, sans éternuer violemment.
Les plantes de la famille des Colchicacées sont âcres, drastiques et émétiques ; elles doivent être administrées avec circonspection.
Dans l’Amérique du Nord, la racine de YHelonias dioica Pursli est employée comme vermifuge ; celle de YH. bullata sert contre les obstructions des viscères abdominaux. Dans l’Inde , le bulbe du Ledebouria hyacinthoides sert de succédané à la Scille.
MOJNÜCOTY JLRDÜINES PERISPERMEES.
Fig. 440. — Bulbe du Lis, d’après Moquin-Tandon.
ULIACÉES.
Tige constituée par un bulbe (Lis, fig. 440), un rhizome (Asperge) ou un stipe tantôt simple (Yucca), tantôt ramifié (Aloe , T)racœna)\ feuilles simples, recti- ou curvinerviées (toutefois , dans les Smilacées les feuilles sont presque cordiformes et à nervures ramifiées);
inflorescence variable :
grappe (Lilium), ombelle (Allium) , panicule (Yucca) , corymbe (Hemerocallis),ovL fleur solitaire ( Tulipa ) ; périanthe à six divisions libres ou soudées (voy.
fig. 410) ; six étamines opposées aux divisions périgoniales; ovaire triloculaire , -à style simple et à stigmate trilobé (fig. 441). Le fruit est une baie ou une capsule à déhiscence loculicide et à placentation axile.
La plupart des botanistes réunissent aujourd’hui dans un même ordre les Asparaginées, les Smilacées et les Liliacées vraies. Toutefois MM. Decaisne et Le Maoutont cru devoir en faire trois familles distinctes, en faisant ressortir néanmoins leurs étroites affinités. «Les Smilacées sont étroitement liées aux Asparagées baccifères , et ne s’en distinguent que par leur testa membraneux , leur albumen cartilagineux et le port de quelques genres , rappelant celui des Dicotylédones... Les Asparagées ne se distinguent des Liliacées que par leur fruit baccien , et tiennent surtout à la tribu des Hyacinthinées et aux Asphodèles par leur testa noir et crustacé. » (Decaisne et Le Maout.)
Les Liliacées ont été divisées en sept tribus ou sous-familles : -
A. Fruit capsulaire (rarement charnu) à loges poly spermes (. Liliacées vraies).
a) Plantes bulbeuses.
Périantlie à divisions distinctes; épisperme membraneux
et pâle TULIPA CÉES.
Périantlie tubuleux; épisperme membraneux et pâle HyacikthÉes.
b) Plantes a racines tubéreuses ou fibreuses ( non bulbeuses).
Périantlie tubuleux, atténué en un tube étroit; épisperme
crustacé noir, fragile AntHÉKICÉES. *
Fig. 441. — Pistil du Tulipa Gesneriana, d’après P. Ducliartre.
Périantlie tubuleux ; épisperme membraneux et pâle
Agapaatiiées.
Périantlie généralement tubuleux; épisperme membraneux pâle et noirâtre; plantes herbacées ou arborescentes à feuilles charnues ou coriaces, et à fruit parfois charnu . . AloÏNÉES. B. Fruit bacciforme, à loges 1-2- (rarement poly-) pennes (Asparaginées).
Styles connés; stigmate trilobé; fleurs axillaires SMILACÉES.
Styles distincts, fleurs terminales PAKIDÉES.