‹ Nouveaux éléments d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 3 sur 74 · L1L LACÉES · texte numérisé non relu

L1L LACÉES

Liliacées vraies.

La tribu des Tulipacées ne fournit guère que les bulbes du Lis blanc ( Lilium candidum L.), que Ton emploie cuits sous la cendre et en cataplasmes, commue émollients.

La tribu des Hyacinthées fournit quelques plantes à principes énergiques ; nous allons les étudier.

Ail ( Allium sativum L.) : tige haute d’environ 50 centim., cylindrique, à feuilles engainantes, planes, étroites; fleurs blanches, en ombelle terminale ; périanthe à divisions profondes ; étamines à filets alternativement simples et tricuspides (chez ces derniers, l’anthère est portée par la pointe médiane) ; bulbe composé de cayeux réunis sous une enveloppe commune, et munis chacun de ses enveloppes propres.

Le bulbe de l’Ail est un rubéfiant énergique et un stimulant puissant. Ses propriétés sont dues à une huile volatile ( Essence d’Ail ou sulfure d’Allyle: GG H5 S) incolore, limpide, d’odeur repoussante , plus légère que l’eau , où elle se dissout à peine , trèssoluble dans l’alcool et dans l’éther. Dans ces derniers temps , on a beaucoup préconisé l’Ail, contre le choléra. Aux États-Unis, on l’emploie sous forme de sirop.

Tout le monde connaît les propriétés excitantes du Poireau {AU lium Porrum L.), de l’Oignon {Ail. Cepa L.), de la Ciboule {AU. fistulosum L.), de l’Echalotte {AU. Ascalonicum L.), de la Civette {AU. Schœnoprasum L.) , de la Rocambole {AU. Scorodoprasum L.) etc. Les bulbes de ces plantes, une fois cuits, sont simplement mucilagineux et adoucissants.

Scille officinale {Scilla maritima L.) : bulbe arrondi, gros comme les deux poings, ordinairement saillant au-dessus du sol , formé de tuniques nombreuses et serrées : les extérieures, rougeâtres, sèches, minces, transparentes; les moyennes, épaisses, recouvertes d’un épiderme rosé, remplies d’un suc très-amer, trèsâcre et même corrosif ; les plus internes , blanches, mucilagineuses, à peu près inertes ; feuilles toutes radicales , grandes , charnues , ovales-lancéolées ; inflorescence en grappe nue , précédant les feuilles ; fleurs blanches, placées chacune à l’aisselle d’une bractée réfléchie ; étamines à filet subulé ; style filiforme , stigmate obscurément trilobé ; graines -subglobuleuses , à testa crustacé, noirâtre ou d’un brun pâle.

La Scille croît sur les plages sablonneuses de l’Océan et de la Méditerranée. Les tuniques moyennes de son bulbe, seules parties employées , sont coupées en lanières que l’on fait sécher, et qu’on dé- Caxjvet. ii. 3

MONOCOTYLÉDONES PÉRISPERMÉES.

signe sous le nom cle Squames de Scille. Ges squames sont à peu près inodores; leur saveur est âcre et amère.

Le bulbe de Scille est blanc ou rouge, selon la variété. En France, on emploie le bulbe rouge , que l’on croit plus actif ; on le retire d’Espagne et des îles de la Méditerranée. On prépare avec la Scille une poudre , un extrait , une teinture, un mellite, un oximellite.

La Scille, donnée à faible dose, est un diurétique puissant ; à plus faible dose, elle sert comme expectorante ; à dose élevée, elle constitue un poison narcotico-âcre. Elle doit ses propriétés à la Scillitine , principe incristallisable, insoluble dans beau, très-soluble dans l’alcool et dans l’éther. La Scille en contient environ 1 p. 100. L’acide sulfurique dissout, la scillitine, avec coloration violette ; l’acide azotique la dissout avec coloration rouge vif très-fugace. Le tannin la précipite en jaune pâle , le perchlorure de platine en jaune , le perclilorure de fer en -jaune orange. La scillitine est toxique à la dose de 5 centigr., et détermine une vive irritation gastro-intestinale, qui produit des vomissements et des selles ; elle agit ensuite comme narcotique et amène la mort, en paralysant les contractions du cœur.

Suivant M. Naudet, la Scille devrait ses propriétés vénéneuses à une substance particulière, la Shulêine.

Aloès ( Aloe L.). Les plantes de ce genre appartiennent â la tribu des Aloïnées ; elles présentent les caractères suivants : feuilles épaisses , charnues , dentées et piquantes sur les bords ; fleurs tubuleuses,, quelquefois bilabiées, disposées en grappe sur une hampe couverte d’écailles aiguës.

Le suc actif de ces plantes paraît contenu dans des cellules particulières, situées entre l’écorce et le parenchyme central ou médullaire.

Les feuilles des Aloès offrent une structure spéciale ; elles sont formées des parties suivantes : 1° une couche épidermique simple, â cellules généralement très - grandes , allongées radialement ; 2° un parenchyme cortical formé d’un petit nombre de rangées de cellules remplies de fécule et de chlorophylle ; 3° une zone composée de faisceaux fibro-vasculaires distincts , isolés , séparés les uns des autres par une série simple ou double de cellules arrondies. Les faisceaux sont de grandeur inégale, ovoïdes ou arrondis, quelquefois divisés, par les fibres extérieures protectrices, en deux parties : une externe, dont le centre est formé de tissu cribreux, avec quelques cellules remplies d’un suc jaune orangé ; une interne presque uniquement constituée par des vaisseaux (trachées !) de grandeur variable. Les fibres sont colorées par une matière jaune, que la potasse caustique rougit ou du moins avive beaucoup , et qui paraît

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cire de l’aloïne; 4° un parenchyme médullaire formé de cellules très-grandes, extrêmement minces et délicates, remplies d’un liquide mucilagineux très-abondant.

On en extrait le suc de plusieurs manières : 1° Selon quelques voyageurs , les Hottentots font des incisions aux feuilles encore attachées à la plante ; le suc, qui en découle , est recueilli sur des feuilles étalées sur le sol. 2° On coupe les feuilles et on les place debout dans un tonneau, au fond duquel le suc se rassemble. 3° Les feuilles sont hachées , puis exprimées pour en tirer le suc ; celui-ci , étant dépuré par le repos, est mis au soleil dans des vases plats, où il se concentre. 4° A la Jamaïque, on coupe les feuilles en morceaux et on les met dans un panier, que l’on plonge pendant quelques minutes dans l’eau bouillante. Cette opération est continuée avec de nouvelles feuilles , jusqu’à ce que la solution soit assez chargée ; on laisse refroidir et déposer ; on décante et on évapore le liquide , puis on coule l’extrait dans des calebasses. 5° Dans quelques pays, on fait simplement bouillir les feuilles dans l’eau. Les divers produits ainsi obtenus, ont reçu le nom générique d 'Aloès.

Les aloès varient nécessairement, selon le procédé qui a servi à leur préparation : on en connaît d 'opaques et de translucides. Ces différences paraissent tenir à ce que les aloès opaques ont été préparés à froid, tandis que les aloès translucides ont subi l’action de la chaleur. On conçoit donc que les premiers soient plus actifs, et l’on s’explique pourquoi ils sont plus estimés.

Les plantes, dont on extrait principalement l’aloès, sont les suivantes :

Aloe succotrina Lam., A. vulgaris Lam., A. spicata Tliunb., A. linguœformis Thunb. etc. Nous ne croyons pas devoir donner leurs caractères distinctifs ; mais nous allons exposer ceux des principales sortes d’aloès du commerce.

Aloès socotrin. Couleur rouge, variable de l’hyacinthe au gre^* liât ; cassure unie , glacée , conchoïdale ; poudre jaune d’or ; odeur agréable , vive, analogue à celle de la myrrhe. Cet aloès est tantôt transparent, tantôt opaque et traversé seulement par des veines de matière translucide.

Ces deux variétés du même aloès arrivent parfois séparées , sous les noms d 'aloès socotrin ou translucide , et d' aloès hépatique; elles se distinguent par les caractères suivants :

Aloès translucide ~ couleur rouge hyacinthe, en masse ou en lames ; transparence imparfaite , mais sensible dans des fragments assez épais ; cassure lustrée ; poudre jaune doré ; odeur douce et agréable. Aloès hépatique — couleur de foie pourprée, rougeâtre ou jaunâtre , soit en masse, soit en lames ; transparence à peu près

MONOCOTYLEDONES PÉRISPERMEES.

nulle ; cassure lustrée , mate ou cireuse ; poudre jaune doré ; odeur douce et agréable.

Selon Pereira , l’aloès socotrin arrive du Zanzibar et du royaume de Mélinda, tandis que Yaloès hépatique vrai vient de l’Inde par Bombay. Ce dernier aloès est opaque , de couleur hépatique ; il possède une odeur analogue à celle de l’aloès socotrin, mais un peu plus faible. Il est parfois encore mou ou même liquide et ne ; peut alors être distingué de l’aloès socotrin opaque, qui arrive aussi J quelquefois dans le même état.

L’aloès socotrin se dissout , par trituration , dans une faible quantité d’eau , en formant un liquide sirupeux jaune foncé, qu’une f plus grande quantité d’eau précipite en partie.

Aloès des Barbades. On expédie, sous ce nom, de la Jamaïque et de la Barbade , une troisième sorte d’ aloès , qui offre les caractères | suivants : couleur un peu hépatique , devenant noire à la longue ; cassure terne , inégale et grenue ; odeur assez forte et comme iodée ; j poudre d’un jaune rougeâtre sale , brunissant à la lumière. Il est plus soluble dans l’eau que l’aloès du Cap. Cet aloès est contenu dans de grandes calebasses ; il est fort estimé en Allemagne et en Angleterre.

Il en existe deux variétés, selon Pereira : l’une de qualité supérieure , obtenue à froid ; l’autre inférieure , obtenue par décoction ; celle-ci se distingue de la première, par son odeur désagréable, ? que l’haleine exalte, et par la couleur de sa poudre, qui est jaune olive terne.

Aloès du Cap. On vend, en France, sous le nom à1 aloès succo trin , un aloès , qui vient du Cap de Bonne-Espérance, et qui est de qualité inférieure, bien qu’on l’accepte comme excellent, en général.

Il a une couleur brun noirâtre , avec un reflet verdâtre ; vu en masses , il est opaque ; en lames minces , il est transparent et offre : une coloration rouge foncé. Sa cassure est brillante et vitreuse ; sa poudre jaune verdâtre ; son odeur forte , tenace , peu agréable ; sa saveur, très-amère. Il est peu soluble dans l’eau.

On substitue également, en France, à l’aloès hépatique vrai, un ! aloès opaque et brun, qui vient aussi du Cap, et qui ressemble à l’aloès socotrin opaque. Il s’en distingue toujours par son odeur analogue à celle de l’aloès du Cap : cette odeur est surtout développée par l’haleine. (

L’aloès du Cap opaque paraît moins actif que les aloès socotrin et ^ des Barbades. Il est sec, fragile, et donne une poudre verdâtre.

Enfin on trouve, dans le commerce, des sortes d’aloès très-impures, ^ que l’on baptise du nom d 'Aloès caballin , et qui paraissent être (I les produits d’une mauvaise préparation, ouïes résidus des aloès de

LIL1ACÉES.

qualité supérieure. On en exporte, dit-on , de l’Espagne et du Sénégal , qui seraient préparés par décoction.

MM. Shmitli et Stenhouse ont extrait de l’aloès une substance cristallisée (. Aloïne }, jaune soufre, d’une saveur d’abord sucrée puis amère , peu soluble dans l’eau froide , très -soluble dans l’eau boudante et dans l’alcool. M. Groves a donné un moyen facile d’extraire ’aloïne cristallisée. M. E. Robiquet a obtenu de l’aloès un principe amorphe, qu’il nomme Aloétine (G16 H14 O10, E. Robiquet), et qui, dit-il, est une véritable matière colorante.

L’aloïne de M. Groves, étant séchée avec soin, ne paraît pas susceptible de s’altérer ; mais si ses cristaux sont humides et placés |dans un air moyennement chaud, elle s’oxyde rapidement et prend l’apparence de l’aloès d’où on l’a extraite. L’aloïne ne paraît purgative qu’ après avoir subi cette altération ; elle ne semble donc pas devoir remplacer , en thérapeutique , l’aloès de bonne qualité , et sa préparation, comme médicament, n’a pas de raison d’être, au moins jusqu’à ce jour.

L’aloès est un purgatif dont l’action paraît s’exercer sur le gros intestin, qu’il irrite assez fortement, pour amener une distension des vaisseaux hémorrhoïdaux. C’est sans doute à une action de voisinage, que l’aloès doit d’agir comme emménagogue. On l’administre en poudre, en pilules, en teinture. R entre dans un grand nombre de médicaments composés.

Selon Pereira, l’aloès socotrin semble moins irritant que l’aloès des Barbades.

Asparaginées.

Asperge ( Asparagus officinalisL.) : tige souterraine de laquelle naissent des titrions dressés, très-rameux , glabres, pourvus de feuilles triangulaires , écailleuses , dont l’aisiselle est occupée par des rameaux ou par des fleurs. Les fleurs !sont portées sur des pédoncules articulés ; C[uand elles avortent,

(*) 0 Tige. — /) Feuille. — dd) Cladodes,

MONOCOTYLÉDONES PÉRISPERMÉES.

la partie inférieure et ramêale du pédoncule s’allonge , s’appointit et prend l’apparence d’une feuille sétacée (fig. 442J. Ces organes peuvent être considérés comme des cladodes; ils sont généralement réunis et comme fasciculés à l’aisselle de la vraie feuille, que certains naturalistes ont eu le tort d’appeler une stipule.

Fleurs campanulées, pendantes, d’un blanc jaunâtre , dioïques ; baie globuleuse, rouge , à trois loges dispermes.

L’Asperge fournit à la médecine ses rhizomes et ses turions. Ces derniers, que l’on emploie comme comestibles, ont la propriété , découverte par Brous-

sais, de ralentir les mouvements du

glisse etc.

cœur.

Le docteur Allen Dedrick attribue cette action à un principe de l’ordre des Amides , nommé Asparagine (G8 H8 AZ2 O6 -f- 2 HO); mais selon MM. Falck et Jacobi, l’Asparagine n’exerce qu’une action très-faible sur l’économie. On la trouve, d’ailleurs, très-abondamment dans la racine de Guimauve, la 'Réel l’on n’a jamais signalé, chez ces végétaux, les vertus sédatives des turions d’Asperge.

Le rhizome d’Asperge (fig. 443) ou racine d' Asperge, est gros comme le

Fig. 443. — Rhizome d' Asperge , d’après Moquin -Tandon.

pouce, écailleux, charnu, rameux. Il

porte un grand nombre de racines fas-

ciculées, grises au dehors, blanches au

Fig. 444. — Rameau florifère de Ruscus aculeatus (*).

dedans, molles, glutineuses et d’une saveur douce.

La racine d’Asperge faisait partie des cinq racines apéritives.

Fragon ou Petit-Houx (Ruscus aculeatus L., fig. 444). Arbrisseau pourvu de rameaux de deux sortes , les uns cylindriques, les autres ( cladodes ) aplatis, foliacés, alternes, ovales-aigus , portant sur l’une de leurs faces une petite écaille peu apparente, à l’aisselle de laquelle naissent une ou deux fleurs (les vraies feuilles sont semblables à celles de

(*) cld) Cladodes tordus à leur base (a). ff) Fleurs.

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l’Asperge et caduques); fleurs le plus souvent dioïques; 3-6 étamines monadelphes; baie rouge, souvent monosperme.

Le rhizome ( racine de Petit-Houx) est blanchâtre, gros comme le petit doigt, noueux, articulé, annelé, garni inférieurement de racines blanches et ligneuses. La racine de Petit-Houx sèche a une légère odeur térébinthacée ; sa saveur , est douce et amère. C’est une des cinq racines apéritives.

Les fleurs du Muguet ( Convallaria maudis L.) servaient autrefois à faire une eau distillée, antispasmodique. Actuellement, ses fleurs et ses racines sont employées comme sternutatoires.

Le rhizome du Sceau de Salomon (Polygonatumvulgare Desf.) est légèrement astringent , vomitif; on l’a employé comme vulnéraire et aussi comme anti goutteux.

C’est aux Smilacées qu’appartient le Dragonnier ( Dracœna JDraco L.), dont nous avons parlé.

g. Smilax L.

Plantes sarmenteuses , à souche plus ou moins épaisse et ligneuse, de laquelle naissent des tiges (fig. 445) noueuses, souvent aiguillonnées, et des racines ordinairement simples, très-longues, flexibles, grosses comme une plume d’Oie ; feuilles alternes, cordiformes ou hastées , p étiolées , à nervures réticulées et à gaine terminée par deux vrilles , qui paraissent être des stipules modifiées ; fleurs dioïques, axillaires , en sertules ou en grappes; périanthe simple , à six divisions ; six étamines à anthères linéaires dressées ; ovaire à trois loges monospermes; style très-court, surmonté de trois stigmates écartés; baie contenant de une à trois graines, blanchâtres , globuleuses.

Les Smilax habitent les contrées chaudes de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique ; on en trouve 3 ou 4 espèces dans l’Europe méridionale.

Les racines de plusieurs Smilax de l’Amérique sont connues , dans le commerce, sous le nom de Salsepareille ; la souche du Sm. China L. constitue la Squine.

Salsepareille. Le nom de Salsepareille vient de l’Espagnol Zarza (plante rampante épineuse) et Parilla (petite vigne).

Bien que les racines de ce nom soient entrées, depuis plusieurs siècles, dans la pratique médicale , l’origine de la plupart d’entre elles n’est pas encore bien connue ; on ne sait pas davantage , d’une manière absolue , quelle espèce de Smilax produit une Salsepareille donnée; enfin la description des différentes sortes commerciales n’est pas , en général, suffisamment précise. Aussi est-il parfois bien difficile de rapporter une Salsepareille quelconque à une sorte commerciale bien déterminée.

MONOCOTYLÉDONES PÉRÏSPËRMÉES.

L’aspect extérieur, l’épaisseur relative de l’écorce et du bois , le mode d’emballage etc. , ne fournissent pas toujours des caractères bien tranchés. Gela se comprend- d’autant mieux , que les Salsepareilles sont surtout désignées par le nom du port d’embarquement. Gomme d’ailleurs il existe, en Amérique, plus de cent espèces de Smi lax j il est naturel de penser que chaque sorte commerciale est fournie par plusieurs espèces du meme genre. L’âge des racines , l’époque de leur récolte , le terrain dans lequel elles ont poussé, les soins donnés à leur choix, au triage, à la dessiccation, à l’emballage, enfin la bonne ou la mauvaise foi des gens qui s’occupent de ce commerce, telles sont aussi les causes probables de la plupart des différences observées.

Les racines de Salsepareille sont tantôt dépourvues , tantôt pourvues de leur souche , et meme , dans ce cas , encore munies de tronçons de tige.

Ces racines sont cylindriques ou plus ou moins sillonnées, épaisses de lmm,5 à 3 millim. : rarement leur diamètre transversal s’élève à 6 millim. ; leur couleur varie du gris jaunâtre au rouge et au brun;

Fig. 445. — Salsepareille , d’après Moquin-Tandon.

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elles peuvent être nues ou garnies de radicelles. Examinée sur une coupe transversale, la racine de Salsepareille, quelle que soit d’ailleurs son espèce, se montre composée de trois zones distinctes: une extérieure ou corticale , une médiane ou ligneuse , une centrale ou médullaire (fig. 446).

i 0 La zone corticale est bornée en dehors par une couche simple ou multiple de cellules jaunes ou brun jaunâtre, rarement arrondies, plus souvent allongées

dans le sens du rayon , à lumen généralement excentrique et à parois surtout très-épaisses du côté externe. Cette couche, que les botanistes allemands appellent Epiblema , semble pouvoir être rapportée à ce que l’on a appelé le Collenchyme. Elle est d’ordi-

cc<

naire nue, et constitue seule la membrane protectrice de l’écorce; rarement elle est recouverte par les débris d’un suber, qui n’existe guère que dans le creux des rides , et par quelques cellules épidermiques assez grandes, renflées et épaissies en dehors, très-minces sur les cotés.

Les cellules du parenchyme cortical sont tantôt arrondies ou ovales , gorgées de fécule , et laissent entre elles de nombreux * cm

méats ; tantôt plus ou moins déprimées, irrégulières, à peu près vides-, ou contenant de l’amidon désagrégé. Leur dimension est plus grande vers le milieu de l’écorce qu’au voisinage de ses bords, soit interne, soit externe.

2° La zone ligneuse est séparée de l’écorce par une couche simple

Fig. 446. — Salsepareille Jamaïque allemande ; coupe transversale (34/1) (*).

(*) c ) Épibléma ou Collenchyme. — ce) Couche corticale. — 7c) Kernscheide. — fi) Fibres ligneuses. — /’) Fibres ligneuses grossies (190/1). — v) Vaisseaux, —tl) Tissu ligneux. — cm) Cellules médullaires pénétrant dans le bois et isolant presque un vaisseau.

MONOCOTYLÉDONES PÉRISPERMÉES.

de cellules jaunâtres, à parois tantôt uniformément épaissies, tantôt plus minces en dehors , et alors plus épaisses en dedans ou sur les côtés. Ces cellules, dont l’ensemble constitue la Kernscheide 1 (Schleiden) , sont tantôt à peu près carrées , tantôt à peu près rectangulaires et alors, soit tangentielles , soit radiales , quelquefois même cunéiformes. Leur forme n’est pas constante d’une manière absolue , et parfois, sur une même coupe, quelques-unes sont carrées, d’autres tangentielles, d’autres enfin sensiblement Radiales. Néanmoins on constate même alors que l’une ou l’autre de ces formes prédomine , et c’est ce qui permet de dire que , dans une Salsepareille donnée , les cellules de la Kernscheide sont radiales , carrées etc.

Le bois proprement dit est formé de trois éléments : fibres, vaisseaux, amas de tissu cribreux.

Les fibres sont généralement épaisses au voisinage des vaisseaux ; au voisinage de la Kernscheide, elles sont tantôt assez minces, tantôt épaisses , et marquées de stries transversales ou circulaires ; leur forme est arrondie ou ovale et alors ordinairement tangentielle.

Les vaisseaux sont irrégulièrement cylindriques , plus ou moins nombreux, toujours disposés en séries radiales.

Les amas de tissu cribreux sont arrondis ou ovoïdes allongés, et situés dans l’intervalle des séries vasculaires; leurs éléments sont d’autant plus étroits qu’ils sont plus extérieurs.

3° La moelle est constituée par des cellules arrondies , féculentes , laissant entre elles de nombreux méats. Elle renferme parfois quelques vaisseaux isolés ou réunis en un petit groupe; ces vaisseaux sont toujours entourés par une seule couche de fibres étroites et à section à peu près linéaire.

Le tissu ligneux et la moelle ont des dimensions relatives, qu’il importe de noter ; ainsi , le rayon de la moelle peut être plus grand ou plus petit que celui du bois , ou bien ces deux parties peuvent être égales. Nous verrons plus loin que les Salsepareilles Garaque et du Brésil se distinguent par la minceur de leur zone ligneuse , tandis que les Honduras, les Jamaïque etc. ont cette même zone proportionnellement très-épaisse.

La classification des Salsepareilles en groupes a été tentée par Pereira, Schleiden et Berg. Ges trois auteurs se sont basés sur les caractères extérieurs et sur la structure anatomique ; Schleiden a pris, en outre , pour point de départ la provenance de ces racines.

Les Salsepareilles commerciales sont récoltées dans une zone, qui s’étend du Mexique inclus à la partie du Brésil arrosée par le fleuve des Amazones et ses affluents. A l’exemple de Schleiden, nous les

1 Ce mot, qui signifie gaîne du noyau , pourrait être traduit par la phrase : enveloppe protectrice du corps ligneux. Nous avons préféré le mot allemand, en raison de sa simplicité.

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diviserons en Salsepareilles du Mexique , du Centre-Amérique et du Sud-Amérique.

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