‹ Nouveaux éléments d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 31 sur 74 · MYRTACÉES · texte numérisé non relu

MYRTACÉES

tre, couverte de petites glandes tuberculeuses et surmontée par les 4 lobes calicinaux ou seulement par leur base , qui forme alors un bourrelet blanchâtre. Il contient, deux loges monospermes. Les semences sont plati-convexes , réniformes, pendantes, et composées d’un embryon spiralé , couvert de glandes oléifères, presque uniquement constitué par la radicule : les cotylédons étant petits et soudés.

Le Piment de la Jamaïque possède une odeur très-forte et trèsagréable de girofle et de cannelle mêlés. On en retire une huile essentielle analogue à celle du girofle, et que l’on peut obtenir aussi des feuilles de l’arbre.

Piment couronné ou Poivre de Thevet (fig. 652). Ce fruit est fourni par le Myrtus pimentoides Nees (Myrcia piment oides DG.) ; il se présente sous forme de baies sèches, ovales, tuberculeuses , rougeâtres , trèsaromatiques , surmontées d’une couronne un peu évasée, formée par les restes persistants du calice ; ces baies sont 2-3-loculaires, rarement 1-loculaires. Les semences Sont petites et irrégulières, ou bien développées, réniformes et contenant un embryon spiralé.

Ce piment est rare; il offre les mêmes propriétés que le précédent.

On trouve dans le commerce , sous le nom de Piment de Tabasco ou du Mexique , un fruit peu différent du premier, mais grisâtre, plus gros, moins rugueux et moins aromatique. Il est attribué au Myrtus Tabasco Willd.

Myrte commun (Myrtus communis L ). Arbuste de la zone méditerranéenne, à feuilles opposées, subsessiles, petites, ovaleslancéolées, lisses, fermes, ponctuées, douées d’une odeur forte, agréable, qui se manifeste quand on les froisse; fleurs blanches axillaires, solitaires; baies globuleuses, bleu noirâtre, assez aromatiques.

Les feuilles fournissent, par distillation, une essence très-odorante; on en préparait une eau distillée [Eau d’ange) , jadis fort estimée; elles sont toniques et stimulantes.

Les baies des Goyaviers (Psidium pififerum L. et P. pomife rum L.), des Jambosiers ( Jambosa vulgaris DG.) et celles de plusieurs autres espèces sont recherchées pour leur saveur aromatique.

Essence de Cajeput. Cette essence est retirée des feuilles de la

(*) A), Ovaire surmonté par le style et par les divisions calicinales. — B) Piment couronné. — C) Le même coupé en travers semences incomplètement développées. — D) Embryon.

POLYPÉTALES PÉRIGYNES AXOSPERMÉES.

Mélaleuque cTAmboine (. Melaleuca trincrvis Hamilt., M. minor bru., fig, 653), de la Mélaleuque à bois blanc des Moluques

( M. Leucadendron DG.) et de la Mélaleuque de Java (M.

Cajeput Roxb.). Elle est verte , liquide , très-mobile, transparente, d’une odeur forte très-agréable , qui, selon Guibourt, tient à la fois de la térébenthine, du camphre, de la Menthe poivrée et de la rose. L’odeur de rose domine , lorsqu’on laisse l’huile se volatiliser spontanément à l’air. Elle renferme ordinairementunpeu d’oxyde de cuivre; sa formule est C-° H18

L’essence de Gajeput est un excitant puissant, que les Ghinois et les Malais regardent comme une panacée , et qu’ils emploient à l’extérieur, ou même à l’intérieur, à la dose de 4 à 5 gouttes sur du sucre.

Certaines Myrtacées ( Eucalyptus robasta Sm., E globulus etc.) fournissent des bois de construction estimés. L'E. mannifera Moud, donne, par incision de l’écorce, une sorte de man ne (Manne d'Australie)^ dans laquelle onatrouvé de \siMêlitose( C2'1 H22 022-f-H202), substance cristalline, faiblement sucrée, que l’acide sulfurique dédouble en glucose fermentescible et en une matière sucrée non fermentescible, YEucaline. La mélitose ne réduit pas les solutions cupro-potassiques.

On utilise, sous le nom de Marmite de Singe , le fruit du Sapuéaya ( Lecythis ollaria L.), sorte de capsule à déhiscence pyxidaire, dont on fait des marmites.

Nous avons parlé de Y Eucalyptus rèsinifera Smith, à l’article Kino (voy. t. II, p. 358).

Enfin on retire des semences du Èeydholletia excelsa H. et B. une huile douce, fixe, très-abondante. Ges semences sont comestibles; elles sont importées en France depuis quelque temps.

COMBRÉTACÉES.

A la suite de la famille des Myrtacées, se placent des familles peu importantes au point de" vue médical, et dont nous étudierons seulement les plantes ou les produits utiles.

COMBRÉTACÉES,

Myrobolans ou Myrobalans. On connaît depuis longtemps, sous ce nom, des fruits drupacés, à amande douce et huileuse, que Ton employait jadis comme purgatifs. Ces fruits ne sont actuellement usités que parles teinturiers, et nous les eussions passés sous silence, s’ils n’existaient encore dans les droguiers des Écoles de pharmacie et des Facultés de médecine.

Guibourt en décrit cinq sortes , que l’on appelle Myrobolans : Citrin s , Chébules , Indiens , Bellerics et Emblics.

Nous avons déjà mentionné les Myrobolans Emblics (voy. t. Il, p. 125).

Mvrobolans citrins. On en connaît trois variétés:

1° M. citrin jaune , ovoïde et anguleux (fig. 654). Drupes sèches,

Fig. 652. — Myrobolan citrin jaune , ovoïde et]anguleux.

ovoïdes, amincies à leurs deux extrémités, pourvues de 5 arêtes saillantes et de 5 côtes arrondies , longues de 2 à 3 et même 4 centim., luisantes, jaune verdâtre pâle ou jaune brunâtre; chair desséchée, souvent caverneuse, verdâtre, très-astringente; noyau ovoïde, trèsépais, ligneux, plus ou moins pentagonal , et rempli de petites cavités pleines d’un suc jaune, transparent; amande blanche, huileuse , d’abord âpre , puis amère , revêtue d’un épisperme membraneux rougeâtre.

2° M. citrin verdâtre et piri forme (fig. 655). Drupes verdâtres, piriformes, à 10 côtes souvent égales, anguleuses et proéminentes; chair verdâtre, plus compacte, plus dure, moins caverneuse que celle de la variété précédente ; noyau et amande comme à la variété n° ! .

424 POLYPÉTALES PÉRIGYNES ANOSPERMÉES.

Fig. 655. — Myrobolan citrin, verdâtre et ^informe.

3° M. citrin , brunâtre et arrondi (fig. 656). Drupes ovoïdes-arrondies, peu ou point anguleuses , brun foncé; chair presque noire,

Fig. 656. — Myrobolan citrin , brunâtre et ovoïde arrondi .

tantôt dure, compacte et luisante, tantôt très-caverneuse; noyau et amande comme dans la variété n° 1.

Myrobolans Chébules (fig. 657). Drupes généralement piriformes, à 5 ou 10 angles aigus, rugueuses, rudes, brunes, rarement jaunâtres, plus souvent noirâtres, pesantes, longues de 3 à 4 centim. ; chair noirâtre, dure, compacte, à cassure luisante, de saveur moins astringente que dans les Myrobolans citrins; amande et noyau à peu près comparables à ceux du précédent.

Myrobolans indiens (fig. 658). Drupes grosses comme une olive au plus, piriformes, noires, ridées, très-dures, à cassure compacte et brillante ; noyau à peine indiqué ; amande remplacée par une cavité; saveur astringente et aigrelette. Cette sorte est peut-être la même que la précédente, mais cueillie avant la maturité.

MYRTAtÉES.

Fig. 658. — Myrobolan indien.

Myrobolans Bellerics (fig. 659). Drupes grosses comme une

muscade environ , ovales ou arrondies , sphériques ou un peu- pentagonales, gris rougeâtre mat et cendré, terminées à leur base en une sorte de pointe courte ; chair brunâtre , légère , poreuse et friable ; noyau peu épais ; amande arrondie ou pentagonale , ayant une saveur de noisette.

Cette dernière sorte est produite par le Terminalia Bellerica Roxb. ; on ne connaît pas exactement les arbres qui fournissent les autres.

Le nom de Myrobolans a été donné à des fruits plus ou moins analogues aux précédents. Tels sont : le Myrobolan ou Prune d’Amérique, fourni par une Rosacée , le Chrysobolanus Icaco L. ; le Myrobolan Monbin, produit par une Anacardiée, le Spondias lutea Lamk., et le Myrobolan d’Égypte, ou Datte du désert , fourni par une Simarubée , le Balanites œgyptiaca Del.

Fig. 659. — Myrobolan Belleric.

GAMOPÉTALES IIYPOCfYNES 1SOSTÉMONÉES.

LYTHRARIÉES.

Salicaire (Lythrum Salicaria L.). Celte plante habite le bord des ruisseaux et les prairies humides; on l’a conseillée contre la leucorrhée et les crachements de sang. C’est, en Irlande et en Suède , un remède populaire contre la diarrhée.

Henné ( Lawsonia inermis L.). Cette plante est employée dans l’Inde, en Perse, en Égypte etc., par les femmes et les enfants, à teindre les ongles en jaune rougeâtre. Son suc est usité, dans l’Inde, contre la lèpre.

On rapporte aux Lythrariées le Dichroci febrifuga Lour., que les Chinois appellent Thouon-sang et dont ils emploient les racines et les feuilles comme fébrifuges. Cette plante est purgative et émétique, selon Loureiro.

RHIZOPHORÉES.

Cette famille ne renferme guère comme plante intéressante que le Manglier noir ou Palétuvier ( Rhizophora Mangle L.) , dont on extrait le Ivino de la Colombie (voy. t. II, p. 359).

ŒNOTHÉRÉES ou ONAGRARIÉES.

Les plantes de cette famille sont caractérisées par leur corolle épigyne, à préfloraison tordue; leurs étamines iso-diplostémones, rarement méiostémones; leur ovaire infère pluri-loculaire , à loges pluri-ovulées, rarement pauci-ovulées.

Elles contiennent des principes muqueux et parfois astringents. Les feuilles du Laurier Sa,int- Antoine (Epilobimn spicatumhum .) sont réputées vulnéraires et détersives. Le Jussieua repens L. est utile contre la diarrhée; le J. suffruticosa L. est purgatif et vermifuge, selon Rheede. Le Fuchsia coccinea Ait. sert à Saint-Domingue comme fébrifuge, d’après Descourtilz. L’Onagre bisannuelle (Œnothera biennis L.), plante originaire du Pérou, maintenant naturalisée en Europe , fournit une racine employée comme comestible en Allemagne. Enfin la Circée ( Circœa lutetiana L.) est réputée résolutive.

GAMOPÉTALES HYPOGYXES A FLEURS ISOSTÉMOISÉES,

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