‹ Nouveaux éléments d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 33 sur 74 · ph · texte numérisé non relu

ph

‘P HQ2

te

Ph

: souiurejg;

recourbé; ovaire biloculaire, polysperme, à placentation axile; carpelles antéro-postérieurs; feuilles alternes, sans stipules; capsule ou baie SOEANÉES.

GAMOPÉTALES ILYPÜGYNËS ISOSTÉMONÉES.

panicule; calice persistant, tubuleux, à 5 divisions; corolle tantôt hy~ pocratérimorphe, à tube étroit, à limbe 5-partit et à préfloraison imbriquée (Plumbaginées vraies), tantôt à 5 pétales libres ou cohérents par la base et à préfloraison tordue ( Staticées ) ; 5 étamines oppositipétales , libres quand la corolle est gamopétale ( Plumbagi nées), et soudées à l’onglet quand la corolle est polypétale ( Staticées ); ovaire libre, uniloculaire, uniovulé; 5 styles (rarement 3-4), distincts (Staticées) ou soudées (Plumbàginées) ; 5 stigmates capillaires, rarement capités; ovule pendant au sommet d’un funicule, qui part de la base de la cavité ovarienne; fruit inclus dans le calice, capsulaire ou utriculaire ; embryon droit , dans un périsperme farineux ; cotylédons plans.

Dentelaire (Plumbago europœa L., fig. 660). Plante du midi de la France, à fleurs bleues ou purpurines, et dont la racine est blanche , longue , pivotante , caustique. Cette racine sèche est rougeâtre et formée d’une écorce ridée en long, qui se détache en partie du bois: celui-ci est épais et ligneux. Quand on écrase la plante entre les doigts, elle leur donne une teinte plombée, d’où son nom. On l’employait autrefois contre les maux de dents, les maladies cutanées et comme émétique. Elle est inusitée aujourd’hui.

Toutes les plantes du genre Plumbago sont âcres et vésicantes.

Les feuilles de YArmeria vulgaris W. (Statice Armeria L.) et la racine du Statice Lim onium L. sont toniques et astringentes.

Guibourt attribue le Behen rouge des anciens au Statice latifo lia Smith. Ce Behen est, dit-on, astringent, et se prescrivait contre les hémorrhagies.

PRIMULACÉES.

Herbes à rhizome ligneux , parfois tubéreux , rarement sousfrutescentes; tige souterraine, à pédoncules non feuillés, parfois épigée et feuil'ée ; feuilles ponctuées, radicales et ramassées, ou caulinaires et opposées ou verticillées, rarement alternes, sans stipules; fleurs hermaphrodites, régulières, tantôt portées sur un pédoncule scapiforme et solitaires ou en ombelle, tantôt axillaires et solitaires ou en grappes, parfois en épi terminal; calice tubuleux généralement 5-fide ou 5-partit ; corolle à préfloraison imbriquée ou tordue , rotacée , ou campanulée ou infundibuliforme , parfois un peu labiée (Coris), ou tripétale (Pellettera), ou nulle (Glaux)’, étamines à filet court , opposées aux divisions de la corolle , insérées

Fig. 660.

Plumbago europœa.

PRIMULACÉES.

autant

Fig. 661. — Coupe longitudinale d'une fleur de Samolus Valerandi (*).

sur son tube ou sa gorge, et alternant fréquemment avec d’écailles pétaloïdes ; anthères introrses ; ovaire supère ou semi-infère (Samolus , fig. 661), uniloculaire, à placentation centrale ou basilaire; style simple ; stigmate entier ; capsule à déhiscence transversale (fig. 662), ou longitudinale et parfois alors denticide; graines semi-anatropes , rarement anatropes ( Hottonia , Samolus ); embryon transversal ( hétérotrope ) , droit , dans un albumen charnu et subcorné.

Les plantes de cette famille sont inusitées aujourd’hui, bien que douées de propriétés actives. Certaines renferment une substance âcre et volatile ; d’autres ont une matière amère et résineuse. Les racines de la Primevère (Primula veris L.) contiennent une huile volatile , d’odeur anisée , et une substance amère analogue à la Sénégine; on l’employait contre le rhumatisme. L’Oreille d’Ours (. Prim . Auricula L.) est usitée contre la phthisie. Le Mouron rouge (. Anagallis phœnicea Tabern.) et le Mouron bleu (An. cœrulea Cæsalp.), qui sont amers, nauséeux, un peu âcres, étaient jadis prescrits contre l’épilepsie, l’hydropisie et même contre la rage. La Lysimaque vulgaire (Lysimachia vulgaris L.) et la Nummulaire (Lys. Numrnularia L.) sont réputées astringentes.

Cyclame d’Europe ou Pain de

(*) Cette coupe montre la corolle gamopétale, avec ses écailles (e), les étamines (e) et le placenta central ( pl ).

(**) a) Opercule surmonté par le style. — b) Cupule inférieure de lice persistant. — g) Graines portées sur un placenta central.

Fig. 662. — Fruit de V Anagallis arvensis (**).

Fig. 563. — Cyclarhen europœum.

pyxide. — s) Ca-

GAMOPÉTALES HYPOGYNES ISOSTÉMONÉES.

Pourceau ( Cyclamen europceum L., fig. 663). Le rhizome tubéreux de cette plante est orbiculaire-aplati , brun en dehors , blanc en dedans ; il possède une saveur âcre et caustique. Ce rhizome est émétique et purgatif; il s’emploie, dit-on , pour enivrer le Poisson, dans certains pays. Malgré ces propriétés énergiques, les Porcs le recherchent et le mangent avidement, d’où son nom.

MYRSINÉES.

Les plantes de cette famille sont étroitement liées aux Primulacées, dont elles diffèrent seulement par leur tige ligneuse et par leur fruit charnu.

On les trouve surtout dans l’Asie et l’Amérique inter tropicales ; quelques-unes habitent le cap de Bonne-Espérance , l’Australie , le Japon et les Canaries. Les Myrsinées renferment plusieurs plantes utiles ou actives.

Plusieurs Ardisia ont un fruit comestible ; les graines du Petit- Coco de Saint-Domingue ( Theophrasta Jussiœi) servent à faire du pain. Le fruit des Jacquinia est vénéneux et leurs feuilles sont employées, en Amérique, pour enivrer le Poisson.

Saoria. On donne ce nom, en Abyssinie, au fruit mur et desséché du Bœobotrys picta Schimp. ( B . lanceolata Willd., Mœsapicta Ilochst). Ce fruit estune drupe ovoïde, jaune verdâtre, grosse comme un grain de Poivre , à saveur d’abord aromatique , huileuse et astringente, puis laissant dans l’arrière-gofge une sensation d’âcreté persistante.

M. Schimper dit que le Saoria est le meilleur et le plus sûr des téniafuges. On en prescrit la poudre , à la dose de 30-40 grammes, dans une purée de Lentilles ou dans de la bouillie de farine : il détermine des purgations et expulse le Ver en entier, sans exercer aucune fâcheuse influence sur la santé. La saveur du médicament est moins répugnante que celle de la poudre de Fougère et que celle de la décoction de racine de Grenadier.

Le Saoria colore Burine en violet.

Selon M. Apoiger , l’extrait éthéré des semences du Mœsa picta constitue un téniacide efficace.

Tatzé. C’est le fruit du Myrsine af ricana L.

Le Tatzé est une drupe monosperme par avortement , à noyau crustacé, libre, brun rougeâtre, de saveur faiblement aromatique et huileuse , plus astringente que celle du Saoria, et développant rapidement dans l’arrière-bouche une sensation d’âcreté, de grattement et de brplure plus intense et plus persistante.

Selon M. Schimper, c’est un téniafuge puissant, qui est donné en poudre, à la dose de 15 à 24 grammes , dans de Beau. On le

prend avec plus de répugnance que le Saoria. Il détermine rarement des accidents généraux, parfois des vomissements , jamais de coliques, et ne purge pas toujours.

Au voisinage des Primulacées, se place la petite famille des Plantaginées , dont certaines espèces sont encore employées en médecine.

Le Grand Plantain (. Plantago major L.) sert à préparer un hydrolat, auquel on attribue des propriétés astringentes , et qui entre dans quelques collyres. L’Eau distillée de plantain offre , quand elle est récente, une odeur sui generis , due sans doute à un principe volatil ; cette odeur disparaît assez vite et l’eau devient alors probablement tout à fait inerte.

On employait jadis, contre les ophthalmies, le mucilage abondant du testa des graines de l’Herbe aux Puces (. Plantago Psyllium L.). Les graines du Plantain des sables (PL arenaria Waldst.) peuvent être employées aux mêmes usages.

Ces deux sortes de graines servent encore actuellement au gommage des mousselines.

BORRAGINÉES.

Herbes , arbrisseaux ou arbres , ordinairement hérissés de poils raides, d’où le nom à' Asp éri foliées donné à cette famille ; feuilles alternes , simples , entières , sans stipules ; fleurs hermaphrodites , rarement diclines , généralement régulières , solitaires à l’aisselle des feuilles , ou disposées en panicules ou corymbes, plus souvent en cymes unipares scorpioïdes (fig. 664) ; calice gamosépale, à 4-5 divisions persistantes; corolle (fig. 665, 666, 667) gamosépale, caduque , infundibuliforme , ou campanulée ou rotacée , à 4-5 divisions à préfloraison imbriquée ; gorge de la corolle nue ou garnie de poils, d’écailles ou de saillies digitiformes, nommées Fornices ( Fornices ) , creuses , ouvertes en dehors et qui sont dues à un refoulement du limbe , refoulement qui s’effectue de dehors en dedans ; 5 étamines alternipétales , à anthères 2-loculaires, introrses, fibres ou parfois un peu cohérentes soit par la base y soit par le sommet; 2 carpelles antéro-postérieurs, plus ou moins distincts, à 2 loges monospermes , plus ou moins soudées. Dans les Ehrétiées , le style est terminal et le fruit drupacé à 2-4 noyaux; dans les

Fig, 664. — Symphytum asperrimum.

GAMOPÉTALES HYPOGYNES ISOSTÉMONÉES.

Borrciginêes vraies , (fig. G68) le style est gynobasique, le fruit composé de quatre akènes distincts ou géminés ; l’ovule est pendant, anatrope; la graine inverse, droite ou peu arquée; le périsperme nul ou réduit à une lame charnue ; l’embryon droit ou un peu courbé.

Les Borraginées diffèrent des Labiées par leur corolle régulière , leur isostémonie , leurs ovules pendants et non ascendants, et leurs feuilles alternes; des Solanées par leurs poils rudes , leur corolle à

rolle régulière, isostémone; l’ovaire à quatre loges contenant chacune un ovule anatrope, pendant; le style terminal ; le fruit charnu ; les graines à périsperme nul ou peu abondant; les feuilles alternes :

leurs cotylédons plissés*

Ehrétiées : Ehretia L. , Heliotropium Tourn., CordiaÇ ?) Plum. etc.; Euborraginées : Onosma L., Echium Tourn., Pulmonaria Tourn., Lithospermum Tourn. , Anchusa L., Symphytum Tourn. , Borrcigo Tourn., Cynoglossum Tourn. etc.

(*) s) Calice. — c) Corolle.

(**) e'c ) Écailles. — e ) Étamines.

(***) si) Style pourvu à sa base de deux angles (a) saillants, opposés. — ov ) Ovaire. — d) Disque. — ov ’) Ovules.

Fig. G65. — Symphytum Fig. G6G. — Ancliusa italica. asperrimum (*).

Fig. 6G7. — Borrago officinalis (**).

Fig. GG8. — Symphytum officinale (***).

gorge munie d’ap pendices, leur périsperme généralement nul, leur ovaire à deux carpelles, 2-ovulés, souvent divisés chacun en deux loges monospermes.

On en sépare assez généralement les Cordiacées , qui se rapprochent des Ehrétiacées par leur co-

les Cordiacées n’en diffèrent que par leur préfloraison tordue et

BORRAGÏNEES.

Les Borraginées sont des plantes généralement mucilagineuses , un peu amères ou astringentes; elles contiennent souvent de l’azotate de potasse. Aucune ne paraît être vénéneuse.

Bourrache ( Borrago officinalis L.). Tige hispide , rameuse ; feuilles inférieures pétiolées , oblongues , elliptiques ; les caulinaires obovées-oblongues , sessiles , semi-amplexicaules ; fleurs en cyme scorpioïde , pourvues de bractées courtes ; segments calicinaux dressés , hispides , lancéolés ; corolle bleue , rarement rose ou blanche, rosacée-étoilée (voy. fig. 662), à écailles courtes, obtuses ou écbancrées ; étamines à fdets dédoublés ; la division extérieure linéaire , subulée , stérile ; l’intérieure fertile , courte ; anthères pointues, sagittées, conniventes en un cône; akènes ovoïdes noirâtres , ridés et scrobiculés.

La Bourrache renferme un suc visqueux , riche en azotate de potasse; aussi est-elle réputée diurétique.

Vipérine ( Echium vulgare L.). Plante bisannuelle , à tige hérissée de poils rudes , portés sur de petits tubercules noirs; feuilles oblongues-lancéolées , entières, hispides; inflorescence mixte , indéfinie par le haut , et à cymes scorpioïdes axillaires ; corolle campanulée-infundibuliforme , à lobes dressés , inégaux , et à gorge nue ; étamines déclinées , plus longues que la corolle ; akènes obliquement ovoïdes et à base triangulaire.

Les fleurs de la "Vipérine sont fréquemment substituées à celles de la Bourrache , dont elles se distinguent d’ailleurs aisément par leur corolle tubuleuse , à gorge nue.

Buglosse. On emploie indifféremment, sous ce nom, deux plantes peu différentes , YAnchusa officinalis L. et YAnch. italica Retz, (voy. fig. 661) , remarquables par leurs appendices corollins veloutés ou divisés en lanières grêles et filiformes, leur corolle infundibuliforme , à tube droit. Ces deux plantes ont les mêmes propriétés que la Bourrache et peuvent lui être substituées.

Consoude ou Grande Consoude ( Symphytum officinale L.). Racine grosse comme le doigt , longue , pivotante , succulente , noirâtre au dehors, blanche et mucilagineuse au dedans; tige anguleuse , ailée , rameuse ; feuilles simples , décurrentes, oblongues rudes ; fleurs en cymes scorpioïdes terminales (voy. fig. 659, 360), sans bractées; calice 5-fide; corolle cylindrique, tubuleuse, à limbe court, à gorge pourvue d’écailles subulées conniventes ; étamines incluses ; akènes ovés , rugueux.

La racine de cette plante est légèrement astringente , et fait la base du Sirop de Consoude. On lui attribuait la propriété de hâter la cicatrisation des plaies , de les consolider , d’où son nom de Consoude et de Consolida. Le même nom avait été donné à des plantes

CAUVET. II. 25

GAMOPÉTALES HYPOGYNES ISOSTÉMONÉES.

fort différentes ; telles sont les suivantes : le Consolida media = Bugle ( Ajuga reptans) ; le Consolida minor = Pâquerette {Bellis perennis) ; le Consolida regalis = Pied-d’ Alouette ( Delphinium Consolida).

Cynoglosse ( Cynoglossum officinale L.). Plante bisannuelle à racine longue , grosse , charnue , brune au dehors , blanche au dedans, de saveur fade et d’odeur vireuse ; feuilles sessiles, ovéeslancéolées ; couvertes de poils mous , qui leur donnent un aspect grisâtre ; fleurs d’un pourpre brunâtre, en cymes scorpioïdes ; calice 5-partit; corolle infundibuliforme, à cinq lobes obtus, et à gorge fermée par 5 appendices subulés ; étamines incluses , à anthères acuminées ; akènes ovés , rugueux.

L’odeur vireuse de la racine de Cynoglosse l’a fait employer comme narcotique ; on en sépare le bois et l’on en conserve l’écorce ; cette écorce est très hygroscopique, et doit être placée dans un vase sec, bien bouché. Elle forme la base des Pilules de Cynoglosse.

Pulmonaire officinale ( Pulmonaria officinalis L.). Cette plante était jadis employée contre les maladies du poumon , à cause de la ressemblance que ses feuilles tachées de blanc offrent avec un poumon tuberculeux. Cette ressemblance d’une plante , ou de l’une quelconque de ses parties, avec un organe humain sain ou malade , était considérée par les anciens comme un indice des propriétés médicinales de cette plante. C’est ce que l’on appelait la signature. Aussi regardait-on les bulbes ovoïdes des Orchidées comme aphrodisiaques, le Lichen pulmonaire (voy. t. I, p. 500) comme propre à guérir la phthisie , etc. Nous allons voir que le Grémil passait pour lithontriptique , à cause de l’aspect et de la dureté pierreuse de ses akènes.

Grémil, Herbe aux Perles ( Lithospermum officinale L.). Plante à tige raide, rameuse, rude; feuilles oblongues-lancéolées , sessiles , très rudes ; fleurs axillaires , à corolle blanche ; akènes ovoïdes, lisses, luisants, gris-perle, très-durs. Ces akènes, que l’on croyait propres à dissoudre les calculs de la vessie , sont actuellement tombés dans un juste oubli.

Héliotrope d’Europe {Heliotropium europœum L.). Plante à tige velue , .grisâtre , scabre; à feuilles ovales-oblongues, pétiolées, grisâtres, entières ; corolle blanche , inodore, marcescente. Elle est employée pour détruire les verrues , dans certaines parties du midi de la France.

Il ne faut pas confondre cette plante avec l’Héliotrope odorante (■ Hel . peruvianum L.), dont les fleurs ont une odeur vanillée si agréable.

Orcanette (. Alkanna tinctoria Tausch, Anchusa tinctoria L.,

ASCLÉPIADÉES.

Lithospermum tinctorium DG.). Cette plante habite les lieux stériles et sablonneux de la zone méditerranéenne^ Sa racine sert dans la teinture; en pharmacie, elle sert à colorer quelques pommades.

La Racine d’Orcanette du commerce est grosse comme le doigt ou moins , recouverte d’une écorce foliacée, ridée, d’un rouge violet très-foncé ; le corps ligneux est composé de faisceaux cylindriques, plus ou moins distincts, rouges au dehors, blancs au dedans. Cette racine est inodore et insipide. Sa matière colorante (Anchusine ou Orcanettiné) est insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, l’éther, les corps gras, qu’elle colore en rouge ; elle forme, avec les alcalis , des combinaisons solubles ou insolubles , et d’un bleu superbe.

La poudre d’Orcanette, étant traitée par l’éther, donne une liqueur qui laisse , par évaporation , le Carminoïde de Bèral ( Acide Anchusique de Pelletier).

On peut substituer à cette racine celles de YOnosma echioides L. , des Arnebia tinctoria Forsk., Arn. tingens Alph. DG. , Am. perennis Alph. DC.

Le Tournefortia umbellata est usité comme fébrifuge au Mexique. Dans l’Amérique tropicale et dans l’Inde, certaines espèces de Tiaridium sont réputées antidartreuses. Enfin, les fruits de quelques Ehrétiacées sont comestibles.

On employait jadis , sous le nom de Sébestes, les fruits mucilagineux et un peu sucrés du Cordia Mixa L. Ces fruits étaient expédiés d’Égypte ; on les prescrivait comme adoucissants et légèrement laxatifs dans les affections bronchiques et pulmonaires. Inusités.

ÂSCLÉPIÂDÉES.

Plantes ligneuses , rarement herbacées , ordinairement volubiles et lactescentes, à tige noueuse, articulée, parfois charnue ( Stape lia)] feuilles opposées, parfois verticillées , rarement alternes, simples, entières, sans stipules, rudimentaires ou nulles dans les plantes à tige grosse; fleurs hermaphrodites, régulières, rarement solitaires, parfois en cymeou en grappe, le plus souvent en ombelle ou en panicule; calice à 4-5 divisions imbriquées; corolle caduque, régulière, de forme variable, à limbe tordu-imbriqué , rarement valvaire; tube et gorge de la corolle pourvus de squamules; 5 étamines alternes aux lanières de la corolle, généralement soudées par leurs filets en un tube entourant l’ovaire et munies d’une 'couronne d’appendices polymorphes; anthères introrses ou latérales, à 2 loges adossées et parallèles , parfois quadriloculaires, soudées générale-

GAMOPÉTALES HYPOGYNES ISOSTÉMONÉES.

ment en tube; pollen agglutiné en pollinies' pendantes, horizontales, ou dressées, fusiformes, incluses chacune dans une loge , réunies par paires , appartenant aux deux loges contiguës et attachées à des saillies glanduleuses du stigmate; 2 carpelles distincts, surmontés par des styles courts, juxtaposés et unis au sommet par un stigmate commun; oxules nombreux, anatropes et pendants; stigmate pentagonal, à angles alternes avec les anthères et portant une glande ou des corpuscules cartilagineux ; 2 follicules (1 par avortement), dont le placentaire se détache à la maturité; graines comprimées, à micropyle souvent aigretté; embryon droit, dans l’axe d’un périsperme charnu, rarement nul.

Les Asclépiadées sont divisées en 3 sous-familles:

1° Périplocées. Filets plus ou moins distincts; anthères à 10-20 pollinies, libres ou appliquées au sommet du stigmate ; pollen formé de 3-4 grains ( Periploca L.).

2° Sécamonées. Filets cohérents; anthères à 4 loges; 20 pollinies, appliquées par 4 au sommet des corpuscules des stigmates ( Seca morte R. Br.).

3° Asclépiadées vraies. Filets cohérents; anthères à 2 loges ; 10 pollinies fixées par paires aux saillies du stigmate, partagées par un sillon longitudinal {Cynanchum L., Vincetoxicum Monch, Asclepias L., Solenostemma Hayne, Hoya R. Br., Gonolobus L. G. Rich., Stapelia L.).

Les plantes de cette famille doivent leurs propriétés au suc laiteux qu’elles renferment. Le Periploca grœca sert à tuer les Loups ; le Gonolobus macrophyllus Mich. est employé par les Indiens pour empoisonner les flèches ; les racines du Tylophora asthmatica Wight et Arn., du Cynanchum vomitorium Lamk., de Y Asclépios curas savica L. sont émétiques et peuvent remplacer l’Ipécacuanha. Le suc du Cynanchum monspeliacum L. sert à préparer la Scammo née de Montpellier , que nous étudierons plus loin. Enfin nous avons déjà mentionné et décrit les feuilles de l’Arguel ( Solenostemma Arghel Hayne) , qui servent à falsifier le Séné d’Alexandrie (voy. t. II, p. 382).

Quelques Asclépiadées ont un suc alibile ; telles sont le Gymnema lactiferum et YOxystelma esculentûm .

Ges diverses plantes sont exotiques et, en définitive, peu importantes au point de vue médical; aussi croyons-nous devoir nous borner à la simple mention ci-dessus.

Asclépiade ou Dompte-venin {Vincetoxicum officinale Mônch). Plantes vivaces, à tiges hautes de 4 à 10 décim.; feuilles opposées, ovales-oblongues , acuminées , entières ; inflorescence en cymes ombelliformes terminales, paraissant axillaires ; corolle rotacée, blanche,

APOCYNÉES. 437

à préfloraison valvaire; couronne épaisse, à 5 lobes obtus; follicules ordinairement géminés , très-allongés , glabres , lisses , terminés en pointe; graines planes, marginées, pourvues d’une aigrette soyeuse.

Le Dompte-venin était jadis réputé alexipharmaque ; on lui attribuait de grandes propriétés, entre autres celle de combattre le venin des Serpents, d’où son nom. Sa racine est composée d’un corps ( souche ) et de radicelles nombreuses, longues et grêles; lorsqu’elle est récente, elle a une odeur forte, une saveur âcre, amère, désagréable. Celle que l’on trouve dans le commerce a une odeur faible, désagréable, une saveur douce, suivie d’un peu d’âcreté.

Cette racine n’est guère plus usitée ; on la dit diurétique et sudorifique , et c’est à ce titre qu’elle entre dans le Vin diurétique amer de la Charité .

La racine de YAsclepias ( Calotropis Hamilt.) gigantea L., que l’on connaît sous le nom de Racine de Mudar, Mador, Akum, est employée dans l’Inde comme tonique et stimulante. On l’emploie contre la syphilis, les rhumatismes, les maladies de la peau. Cette racine n’est point usitée en Europe.

On prépare une sorte de ouate avec la houppe soyeuse qui surmonte les graines de YAsclepias Cornuti Decn. (. Ascl . syriaca L.).

Enfin on emploie dans l’Inde, sous le nom deNunnary ou Nannary, la racine de YHemidesmus indicus R. Br. ( Periploca indica L., P. cordata Poir., Ascl. Pseudosarsa Roxb.), comme succédané de la Salsepareille. Cette racine est longue de 3 à 5 décim.,de grosseur variable, depuis celle d’une plume à celle du petit doigt, tortueuse , souvent coudée , pourvue d’une écorce grisâtre , épaisse , souvent fissurée en travers et même se séparant parfois du corps ligneux. Celui-ci est d’un blanc jaunâtre, formé de faisceaux radiés et contournés, cassant; sa cassure présente beaucoup de tubes poreux.

Le Nunnary est recouvert d’un épiderme rouge obscur; sa saveur est presque nulle, son odeur aromatique, analogue à celle de la fève Tonka.

APOCYNÉES.

Herbes ou arbrisseaux à tige souvent volubile, ou herbes vivaces, à suc généralement laiteux; feuilles opposées ou verticillées , quelquefois alternes, simples, entières, sans stipules, ou à stipules glanduliformes ou ciliiformes; fleurs hermaphrodites , régulières, terminales ou axillaires, en cymes corymbiformes, rarement solitaires; calice gamosépale à 5 , rarement 4 divisions; corolle caduque infundibuliforme ou hypocratérimorphe , à gorge nue ou garnie

GAMOPÉTALES HYPOGYNES 1SOSTÉMONÉES.

d’écailles ; limbe à 4-5 divisions à préfloraison tordue ou valvaire ; 5 étamines alternipétales ; anthères introrses , acuminées ou mucronées , souvent sagittées , quelquefois un peu soudées ; pollen granuleux; 2 carpelles distincts ou soudés en un ovaire 1-2-ioculaîrè ; quelquefois 3 ou 4 carpelles d’abord soudés , puis se séparant en 3 ou 4 ovaires unis à leur extrémité par la base persistante du style (Lepinia) ; ovules nombreux, anatropes; style simple unissant les ovaires, épaissi vers le sommet, et souvent dilaté en disque sous le stigmate, qui est généralement bifide; fruit: baie ( Cctrissées ), drupe (Ophioxylées) , capsule uniloculaire (Allamandées) , ou follicules secs , rarement charnus ( Apocynées vraies ) ; graines comprimées , souvent aigrettées; embryon droit, albumen cartilagineux ou charnu, parfois peu abondant ou nul.

Les Apocynées ne se distinguent desAsclépiadées que par la structure exceptionnelle du pollen et du stigmate de ces dernières; elles ne diffèrent des Gentianées que par leur suc laiteux et leur tige généralement ligneuse; enfin, elles ont les plus grandes affinités avec les Loganiacées.

Les Apocynées renferment généralement un suc laiteux : amer et purgatif dans l’Orélie (. AUamancla cathartica L.), qu’Allamand a employée avec succès contre la colique des peintres; stomachique dans le Carissa Xylopicron Du Pet. Thou. ; caustique dans 1 eP/ie miera alba L. ; laxatif dans le Cerbera salutaris ; alimentaire dans les Carissa Caracandas L., Car. edulis Yahl, Carpodinus dulcis , Tabernœmontana utilis Smith etc.; vénéneux, au contraire, dans les Cerbera Ahoùai L., Cerb. Thevetiah., Tanghinia venenifera Poir. etc.

Pervenches [g. Vinca L.). Galice persistant à 5 divisions linéaires ; corolle hypocratérimorphe , à 5 divisions obliques et à préfloraison tordue ; étamines à filets plans , dilatés au sommet ; anthères conniventes; 2 follicules alternant avec 2 glandes; graines nues. On connaît deux espèces de Pervenches indigènes : la grande et la petite.

Petite Pervenche ( Vinca minor L.). Plante vivace , à jets traçants et radicants, feuilles opposées, coriaces, luisantes, entières, ovales-lancéolées; fleurs axillaires, solitaires, pédonculées; corolle régulière bleu clair; étamines incluses, à filets étroits et coudés.

La Grande Pervenche (F. major L.) ne diffère de la précédente que par la grandeur de ses parties.

Les feuilles de ces deux plantes sont amères, âcres et légèrement purgatives. On les emploie fréquemment pour arrêter la sécrétion du lait.

Laurier-rose ( Nerium Oleander L.). Arbrisseau toujours vert à

APOCYNÉES.

rameaux trifurqués; feuilles ternées, sessiles, raides, lancéolées, aiguës, entières; fleurs roses, grandes, terminales, en cymes co~ rymbiformes ; calice campanulé , à 5 divisions linéaires aiguës ; corolle infundibuliforme, à 5 lobes obliques et à gorge munie de 5 appendices frangés supérieurement; étamines incluses à filets courts, un peu renflés , arqués; anthères biloculaires , sagittées , terminées à leur sommet par une pointe renflée, couverte de poils longs, blancs, soyeux; 2 carpelles velus, pluriovulés, surmontés d’un style simple, renflé; stigmate proéminent, tronqué ; follicules ovoïdes, allongés; graines aigrettées.

Le Laurier-rose habite le midi de l’Europe et le nord de l’Afrique. C’est une plante vénéneuse, qu’Orfila place parmi les poisons narcotico-âcres. M. Landerer admet que les feuilles et les fleurs renferment de la Salicine. Suivant M. Lukomski, le Laurier-rose contient deux alcaloïdes : la Pseudo-curarine , qui est très-peu active, et YOléandrine , qui en est le principe toxique. M. Pélikan a fait avec l’extrait hydro-alcoolique et avec la matière résineuse jaune que M. le pharmacien-major Latour a retirée du Nerium de l’Algérie, une série de recherches dont voici les résultats :

Sous l’influence de la matière résineuse jaune, les pulsations du cœur, d’abord accélérées , se ralentissent au bout de quelques minutes , deviennent irrégulières et enfin s’arrêtent. Les ventricules sont alors vides ; les oreillettes se contractent encore pendant quelque temps , puis s’arrêtent à leur tour. Malgré cette paralysie du cœur, les Grenouilles soumises à l’action de cette substance conservent la faculté des mouvements volontaires, pendant un temps variable.

L’extrait hydro-alcoolique produit également d’abord la paralysie du cœur; mais cet organe est alors en état de diastole et non de systole, comme après l’action de la matière résineuse; en cet état, il peut encore se contracter sous l’influence des excitants. Un peu plus tard, les excitants n’amènent plus de contractions, le cœur se resserre et devient comme rigide. Le même phénomène s’observe chez les Mammifères soumis à l’action des poisons du cœur.

M. Pélikan pense que le Nerium possède les mêmes propriétés que la Digitale et pourrait lui être parfois substitué.

L’écorce du Codaga-palla (Nerium antidysentericumh.) est usitée, dans l’Inde, contre la dysenterie.

Le Nerium tinctorium L. fournit une sorte d’indigo.

Les Gerbera Ahouai L. du Brésil , C. Manghas L. de l’Inde , C. ThevetiaL ., des Antilles, sont très-vénéneux. Les propriétés toxiques de ces végétaux résident dans leur suc et dans leur fruit.

Il en est de même des fruits du Tanghiniçivenenifera'Dxx Pet. Th.,

GAMOPÉTALES HYPOGYNES ISOSTÉMONÉES.

que Poiret croit identique avec le Cerb. Manghas. Ces fruits servent d'épreuve judiciaire à Madagascar. M. Henry y a trouvé une matière vénéneuse , neutre , cristallisable , amère , puis âcre, soluble dans l’eau, l’alcool, l’éther, non volatile, qu’il a nommée Tanghine. Selon Ollivier, d’Angers, ce poison tue en causant une sorte d’asphyxie.

Plusieurs Apocynées fournissent du Caoutchouc; tels sont les Collophora utilis Mart., du Brésil; Ur ceola elastica Roxb., de Bornéo et de Sumatra; Pcicouria Guianensis Aubl., de la Guyane; Apocynum cannabinum L., de Virginie. Cette dernière plante, que l’on connaît sous le nom de Chanvre indien, a une racine vomitive et hydragogue.

Guibourt rapporte à YOphioxylon serpentinum L. la racine de Chynlen ou de Mangouste, que l’on regarde dans l’Inde, à Ceylan,aux Moluques et aux îles de la Sonde, comme l’antidote de toute espèce de venin.

CONVOLVULACÉES.

Plantes herbacées , sous-frutescentes ou ligneuses, à tige ordinairement volubile et à suc laiteux; feuilles alternes, sans stipules; fleurs hermaphrodites, régulières, axillaires ou terminales, portées sur des pédoncules simples ou trichotomes, généralement pourvus de deux bractéoles, parfois très-rapprochées de la fleur; 5 sépales généralement libres et persistants ; corolle campanulée , infundibuliforme ou hypocratérimorphe, 5-fide ou offrant 5 plis et à préfloraison tordue; 5 étamines introrses, alternipétales , insérées au fond du tube de la corolle, et à fdets ordinairement élargis à la base, filiformes au sommet; ovaire à 2-3-4 loges, 1-2-ovulées, parfois 1-loculaire et 1 -ovulé par avortement; ovules dressés, anatropes; fruit charnu, indéhiscent, ou capsulaire et à déhiscence septifrage; embryon plus ou moins courbé, à cotylédons foliacés, plissés ou chiffonnés ; périsperme peu abondant , mucilagineux.

Les Convolvulacées sont très-voisines des Dichondrées et des Cuscutées et de Polémoniacées.

Les Dichondrées sont des Convolvulacées, non lactescentes, à carpelles distincts avec un style basilaire, et dont la corolle a une préfloraison valvaire.

Les Cuscutées sont caractérisées par leurs tiges filiformes , aphylles, munies de suçoirs (ces plantes sont parasites); par leur fruit à déhiscence transversale, et par leur embryon acotylédoné, roulé en spirale autour de l’albumen.

Les Polémoniacées ne diffèrent des Convolvulacées que par leur ovaire à 3 loges multiovulées, par la déhiscence loculicide, et par l’embryon droit, axile, situé dans un albumen charnu.

. CONVOLVULACÉES.

Cette famille fournit un certain nombre de produits utiles.

Jalap (j Exog onium Pur g a Benth., Convolvulus officinalis Pelletan, Ipomœa Purga Chois., fig. 669). Plante du Mexique, à tiges

Fig. 669. — Exogonium Purga .

herbacées cylindriques , sarmenteuses , longues de 5 à 7 mètres , volubiles, lisses, d’un brun brillant; feuilles alternes, cordiformes, longuement acuminées; fleurs axillaires, solitaires ou géminées, rose tendre; bractéoles situées vers le tiers supérieur du pédoncule; calice très-court, à sépales un peu obtus , persistants; corolle infundibuliforme , à limbe très-évasé et à 5 lobes à peine apparents ; étamines exsertes , rapprochées , à anthères étroites , subcordées ; style

GAMOPÉTALES 1IYPOGYNES ÎSOSTÉMONÉES.

filiforme, dépassant les étamines, et surmonté par 2 stigmates petits , tuberculeux ; capsule ovoïde-arrondie , mince , entourée par le calice et à 4 loges monospermes.

Cette plante fut d’abord décrite par Coxe et ensuite par G. Pelletan, d’après des échantillons remis par un pharmacien français, M. Ledanois, qui avait habité le Mexique. Sa racine est tubéreusearrondie, noirâtre au dehors, blanchâtre au dedans, pourvue à sa base de quelques radicelles et remplie d’un suc résineux , lactescent. Du sommet de cette racine , qu’il faudrait plutôt appeler une souche , s’élèvent 1 , 2 ou 3 tiges.

La Racine de Jalap (fi g. 670) est importée de la Vera-Cruz en

Fig. 670. — liacine de Jalap, d’après Griiiboiut.

balles de 75 à 150 kilogr. Elle se présente sous forme de rouelles de grandeur variable, ou de fragments qui résultent de la section longitudinale de la racine, par moitié ou par quart; souvent aussi elle est entière, et marquée d’incisions plus ou moins profondes. Sa grosseur varie du volume d’une noix à celui du poing. Sa surface est rugueuse, brune; sa cassure compacte, résineuse, ondulée, avec quelques cercles concentriques, et garnie de points brillants; son odeur nauséabonde , sa saveur âcre et strangulante.

Cette racine est dure , généralement très-pesante ; quand elle est entière, son poids dépasse rarement un demi-kilogramme.

Le Jalap est un purgatif drastique excellent, mais dont l’effet est variable. Il contient, à côté de la résine, qui en constitue le principe actif, une certaine quantité d’amidon, et est ainsi promptement attaqué par les Vers. La racine piquée devient, à poids égal, beaucoup plus active que la racine intacte, et ne peut être employée que pour l’extraction de la résine.

CONVOLVULACÉES. 443

Selon Guibourt, le Jalap renferme 17,65 % de résine, 19 de mélasse, 9 d’extrait aqueux, 10 de gomme, 18,78 d’amidon etc.

On l’administre sous forme de poudre, d’extrait, d’infusé,de teinture etc. #

La Résine de Jalap, telle qu’on la trouve dans le commerce, est brune , âcre , non amère , soluble dans l’alcool , les acides azotique et acétique, insoluble dans l’éther, dans l’essence de térébenthine et dans l’ammoniaque. Quand on la frotte, ou qu’on la chauffe, elle dégage une odeur faible, caractéristique; sa poudre est jaune clair.

Le principe actif de la résine de Jalap paraît être un glucoside , la Convolvuline (G62 H50 O32), inodore, insipide, ayant l’aspect d’une matière gommeuse blanche , friable , soluble dans l’alcool , à peine soluble dans l’eau, insoluble dans l’éther. L’acide sulfurique dissout la convolvuline et la colore en rouge ; lorsqu’on ajoute de l’eau à cette dissolution, il se précipite une matière oléagineuse, le Convolvulinol , et la liqueur renferme du glucose.

La résine de Jalap du commerce est assez ordinairement falsifiée par la colophane et par la résine de Gayac.

La colophane se dissout dans l’essence de térébenthine , qui ne dissout pas la résine de Jalap.

La résine de Gayac est décélée par les procédés suivants :

1° Dissoudre la résine suspecte dans de l’alcool ou du chloroforme, verser la liqueur sur du papier blanc, évaporer, puis traiter par l’acide azotique : il se produit une coloration rouge.

2° Traiter par l’ammoniaque liquide la résine pulvérisée : il se produit une dissolution verdâtre , si la résine renferme du Gayac.

3° Triturer 0,20 de savon amygdalin avec 0,05 de la résine; ajouter 0,05 de bichlorure de mercure : il se produit une coloration bleue.

Jalap mâle ou J. léger (Jalap fusiforme de Guibourt, fig.671). On trouve sous ce nom , dans le commerce , une racine fournie par le Convolvulus orizabensis Pellet. (. Ipomœa orizabensis Ledan.). Cette racine est fréquemment substituée au Jalap officinal. Elle est en rouelles larges de 5 à 9 centimètres , souvent noirâtres au dehors, blanchâtres au dedans, ou en tronçons moins épais, mais plus longs , d’un gris assez uniforme : tronçons et rouelles sont profondément rugueux à l’extérieur , et pourvus d’un grand nombre de fibres ligneuses, qui font saillie sur les surfaces de section.

Le Jalap léger fournit une résine moins purgative que celle du Jalap vrai , dont elle se distingue par sa solubilité dans l’éther. Le principe actif de cette résine est un glucoside , la Jalapine (G68 H56 O32) , qui, sous l’influence des acides étendus et bouillants, se dédouble en Jalapinol et en glucose. La Jalapine est jaunâtre, insi-

GAMOPÉTALES HYPOGYNES 1SOSTÉMONÉES.

pide, inodore, à peine soluble dans l’eau, très-soluble dans l’alcool et dans l’éther, soluble dans l’esprit de bois, la benzine et l’es-

sence de térébenthine.

Fig. 671. — Jalap fusiforme, d’après Guibourt.

Faux Jalaps. Le Jalap vrai est souvent mélangé de racines plus ou moins analogues. Nous avons déjà décrit celle du Mirabilis Jalapa (voy. t. II, p. 160) et celle de la Bryone (voy. t. II, p. 286). Guibourt a signalé, en outre, les suivantes :

Faux Jalap rouge. Il est en fragments généralement contournés par la dessiccation, rugueux et gris brunâtre ou noirâtre à l’extérieur, pourvus, sur leur face interne, de stries concentriques et radiaires , tout à fait caractéristiques. Sa section est d’un rouge rosé, spongieuse sous la dent et insipide.

Faux Jalap a odeur de rose. Il se compose de tubercules ovoïdes , atténués en pointe à leurs extrémités , très-sillonnés , noirâtres au fond des sillons, blanchâtres sur les parties proéminentes; leur section transversale est poreuse , blanchâtre avec des cercles bruns. Ce faux Jalap a une saveur douceâtre , sans âcreté, et une odeur de rose assez marquée. Guibourt en a extrait une résine à peine purgative , d’où il résulte que la racine elle-même est à peu près inerte. M. Grosourdy l’a reconnue pour une variété de Patate jaune, cultivée aux Antilles.

Méchoacan. Cette racine purgative , actuellement inusitée , se présente sous forme de rouelles ou de morceaux , sans écorce , un peu jaunâtres au dehors , avec des taches brunes et des restes de radicules , blancs et farineux à l’intérieur, inodores, d’abord insipides , puis un peu âcres au goût.

La racine de Méchoacan a été rapportée , sans doute à tort, au Convolvulus Mechoacanna Rœm. et Schult.

CONVOLVULACÉES

Racine de Turbith. Cette racine purgative (fi g. 672 A) est fournie par le Convolv. Turjfcthum L. ( Ipomoea T ur pet hum -R. Br.)

Eig. 672. Racine de Turbith.

Elle est en tronçons pleins ou creux , du volume du doigt environ, gris cendré et rougeâtre au dehors, blancs au dedans, compactes, très résineux, inodores, de saveur nauséeuse. Ces tronçons sont formés de faisceaux arrondis , très-rapprochés, et souvent criblés de pores très-apparents. On y mélange toujours des tronçons de tige, reconnaissables à leur structure différente et qui sont moins actifs.

Le Turbith pourrait être confondu avec le Costus arabique; il s’en distingue aisément par sa texture , son odeur et sa saveur.

Scammonée ou Diagrède. La Scammonée est un suc résineux concret, que l’on extrait par incision de la racine du Convolv. Scarn monia L. ( Conv . syriacus Moris.), et peut-être aussi du Conv. hirsutus Stev. (Conv. sagiitifolius Sibth.).

On connaît , dans le commerce, plusieurs sortes de Scammonées , qui peuvent être rangées sous trois chefs : les Scammonées pures , les Scammonées adultérées, les Scammonées fausses.

Scammonées pures.

Scammonée blonde, de Smyrne, en coquilles. Elle est jaunâtre, transparente dans les lames minces , fragile , à cassure vitreuse et

GAMOPÉTALES HYPOGYNES ISOSTÉMONÉES.

inégale; elle forme avec la salive une émulsion blanchâtre, qui devient poisseuse en se desséchant ; son odeur est forte , désagréable ; elle fond à la flamme d’une bougie , s’enflamme et continue à brûler seule.

Scammonée blonde de Trébizonde. Elle est en masses, gris rougeâtre terne , tenaces , à cassure inégale , rougeâtre , cireuse , parfois translucide en lames minces. Cette sorte a une odeur de beurre cuit , forme , avec la salive, une émulsion poisseuse, gris sale, brûle avec flamme, en bouillonnant, et continue à brûler seule.

Les deux sortes précédentes sont très-rares dans le commerce ; elles semblent formées par le suc extrait par incision de la racine des deux sortes' de Convulvulus , surtout du C. hirsutus.

Scammonée d’àlep , supérieure. Elle est en fragments irréguliers , peu volumineux , très friables , couverts d’une poussière blanchâtre; sa cassure est noire, brillante, pourvue de quelques petites cavités ; en lames minces , elle est semi-transparente et d’un gris olivâtre ; elle s’émulsionne aisément au contact du doigt mouillé, brûle avec flamme , mais s’éteint aussitôt qu’on éloigne le corps en ignition. Elle offre une odeur de beurre cuit, et une saveur de meme espèce, mêlée d’un peu d’âcreté.

Guibourt décrit encore une Scammonée d’Alep noire et compacte, en pains orbiculaires aplatis , compacte , pesante , dépourvue de cavités , à cassure noire et vitreuse, transparente en lames minces, friable; cette sorte fond et brûle à la flamme d’une bougie et continue à brûler seule.

Ces deux dernières sortes paraissent avoir été obtenues, par évaporation en consistance solide , du suc retiré des racines , soit par incision, soit peut-être même par expression.

La Scammonée d’Alep du commerce est en fragments assez volumineux , irréguliers , caverneux , gris au dehors , à cassure noire et brillante ou terne , moins friable et moins facile à émulsionner que les deux sortes précédentes, dont elle a l’odeur et la saveur.

Scammonêes adultérées.

On donne, en général, en France, le nom de Scammonêes de Smyrne , aux Scammonêes de qualité inférieure ou impures. Ces sortes sont remarquables par leur odeur désagréable , différente de celle des vraies Scammonêes ; on ne peut d’ailleurs leur assigner aucun caractère distinctif, ce qui se conçoit aisément , les propriétés physiques de cette substance variant avec l’adultération qu’elle a subie. M. Dorvault, qui l’attribue, nous ne savons trop pourquoi, au Periploca Secamono L. (Asclépiadées) , dit qu’elle «est en mor-

CONVOLVU LACÉES. 447'

ceaux irréguliers, durs, pesants, non friables, d’un brun terne, et d’une saveur âcre et amère. »

On peut rapporter à ce groupe la Scammonée plate , dite d’Antioche (Guibourt).

Les Scammonées de Smyrne sont probablement produites par le suc exprimé des racines et des feuilles du Conv. Scammonia , auquel on a ajouté du sable , de la terre , des sels de chaux , de l’amidon etc.

On vend à Constantinople, sous le nom de Skilip ou Iskilip , une sorte de Scammonée impure, préparée à Angora, et qui renferme jusqu’à 60 et 70 % d’amidon. Il est regrettable que le nom de Scammonée de Smyrne ait été appliqué aux sortes inférieures de Scammonées ; selon Shérard , on extrait à Smyrne une grande quantité de Scammonée du Conv. Scammonia.

D’après Hanbury , cité par M. Dorvault , la Scammonée pure des environs de Smyrne est brune en masses, brun doré pâle en petits fragments , translucide , friable , à cassure luisante et à odeur de fromage. Frottée avec le doigt mouillé, elle donne une émulsion blanche. Elle contient 88 °/0 de résine soluble dans l’éther. La Scammonée pure des environs d’Angora , qui sert sans doute à préparer le skilip, est translucide, brun jaunâtre, donne une émulsion blanche avec le doigt mouillé , et renferme 89 % de résine soluble dans l’éther.

Scammonées fausses.

Dans ce groupe se placent quelques Scammonées de Smyrne du commerce, et la Scam^nonée dite de Montpellier .

La Scammonée de Montpellier est fabriquée avec le suc du Cynanchum monspeliacum L. , auquel on ajoute des résines et diverses substances purgatives. Elle est en galettes aplaties, noire, dure, compacte, douée d’une odeur faible de baume du Pérou, et forme , avec la salive , une sorte de dissolution gris foncé , grasse , onctueuse et tenace. Cette sorte doit être rejetée, ainsi que les diverses Scammonées dites de Smyrne.

Les Scammonées de bonne qualité renferment de 75 à 80 °/0 d’une résine peu différente de celle que l’on trouve dans le Jalap léger, et que certains auteurs ont nommée Scammonine (G64 H52 O32). M. Wurtz la dit analogue à la Jalapine et lui donne la même composition.

Comme la Scammonée est fréquemment adultérée, tant en France qu’à l’étranger, on a proposé de la remplacer par sa résine. Les principales sophistications de cette substance sont :

1° Les sels terreux, décelés par l’acide chlorhydrique; on en a trouvé jusqu’à 90 %•

GAMOPÉTALES HYPOGYXES ISOSTÉMONÉES.

2° L’amidon, décelé par l’iode ; toutefois il ne faudrait rejeter une Scammonée que si l’amidon y existe en grande quantité, et au delà de 2 à 8 °/0, l’amidon pouvant provenir de la plante-mère.

3° La résine de Jalap , décelée par son insolubilité dans l’étlier ; une bonne Scammonée traitée par l’éther ne laisse guère plus de 20 °/0 de résidu; la liqueur éthérée laisse, par évaporation, une résine très-sèche.

4° La résine de Gayac est décelée par les réactions indiquées à l’article Jalap.

5° La colophane est reconnue par trituration de la Scammonée adultérée ; il se développe alors une odeur térébenthinée ; si l’on traite par l’acide sulfurique un mélange de colophane et de Scammonée , il se produit une coloration rouge écarlate très-foncé ; la Scammonée pure prend une couleur lie de vin faible.

La Scammonée est un purgatif, jadis très-usité, et qui entre encore dans un certain nombre de préparations.

Bois de Rhodes ou Bois de rose des Canaries. Ce bois est fourni par les racines du Conv. scoparias L. , plante ligneuse , non volubile , qui croît aux Canaries. On en retire une essence liquide, onctueuse, jaunâtre, amère, un peu plus légère que l’eau, et qui sert à falsifier l’essence de roses.

Les Convolvulus indigènes sont doués de propriétés purgatives très-marquées ; on pourrait très-bien substituer au Jalap , à la Scammonée et au Turbith , les racines de' la Soldanelle [Conv. Soldanella L. , Calystegia Solclanella Rob. Brown), qui purgent à la dose de 3 à 4 grammes, ou letir résine, qui purge, à la dose de 1 gramme à 1 gr. , 5. La racine et les feuilles du Liseron des haies {Conv. [Calystegia R. Br.] sepium L.), du Liseron des champs {Conv. arvensis L.), et du Liseron à feuilles de Guimauve {Conv. althœoides L.), sont aussi purgatives.

Patates ou Bâtâtes. Ces tubercules sont fournis par quelques espèces du genre Convulvulus , dont Choisy a fait le genre Batatas. La résine purgative est presque nulle et est remplacée par une abondance de fécule et de sucre, qui les rend presque aussi alibiles que la Pomme de terre. On cultive la Batate dans presque toutes les régions chaudes du globe ; elle paraît réussir dans quelques parties du midi de la France.

GENTIANÉES.

Plantes herbacées , annuelles ou vivaces , rarement ligneuses , ordinairement glabres et à suc aqueux; feuilles opposées ou verticillées , rarement alternes , simples, entières , sans stipules, rarement 3-foliolées ; fleurs hermaphrodites , régulières, terminales ou axil-

GENTIANÉES.

laires , solitaires ou fasciculées, parfois en corymbe , en grappe ou en cyme ; calice à 4-5 sépales (rarement 6-8) , libres , ou plus ou moins soudés, et à préfloraison valvaire ou tordue; corolle gamopétale, infundibuliforme , ou hypocratérimorphe , à gorge nue ou munie d’un anneau frangé ; limbe nu ou cilié , ou creusé de fossettes glandulifères , et à préfloraison valvaire et induplicative ; étamines alternes aux divisions de la corolle; base des filets rarement dilatée ; anthères 2-loculaires, introrses; 2 carpelles latéraux, soudés en un ovaire généralement 1-loculaire , à placentation pariétale ; ovules ‘nombreux, plurisériés , anatropes; style simple, terminal, parfois nul ou très-court; stigmate bifide oubilamellé, rarement indivis ; capsule à 2 valves à bords placentifères; graines très-petites; embryon très-petit situé à la base d’un périsperme charnu, copieux.

Les' Gentianées sont divisées en 2 sous-familles.

1° Gentianées vraies. Corolle à préfloraison tordue ; feuilles opposées; albumen copieux remplissant la cavité de la graine ( Gentiana L., Frasera Walt., Chironia L., Erythrœa Rénéalm., Chlora

Page 1