SAPOTE ES
phyllum des Antilles, ainsi que ceux des Bassia et des Imbricaria , sont également comestibles.
Les graines de plusieurs Bassia fournissent, par expression, des huiles désignées sous le nom impropre de beurre , parce qu’elles se solidifient entre 21° et 29°, et qui servent à la fabrication des savons. Telles sont . Tliuile ou beurre d’ïllipé , fourni par le B. longifolia L., de l’Inde; le Ghee ou Ghi, retiré du B. butyracea Roxb., de l’Inde; le beurre de Galam, extrait du B. Parkii DG., du Sénégal.
Monésia. On désigne sous ce nom , en France , et sous celui de Buranîiem ou Guaranhem, au Brésil, une écorce d’origine douteuse, que l’on attribue au Chrsyophyllum glycyplilœum Casaretti.
Cette écorce est en fragments atteignant la grandeur de la main; elle est épaisse souvent de 6 à 8 millim., très-compacte, pesante, dure, gorgée d’extrait, et de couleur brun foncé; sa face externe offre parfois une sorte d’épiderme grisâtre. Sa cassure est presque unie et non fibreuse ; sa saveur, d'abord douce et sucrée , devient bientôt âcre à la gorge..
On exporte aussi du Brésil un extrait de Monésia. Selon M. Derosne , qui le premier fit connaître en France l’écorce de Monésia et son extrait, cet extrait est en plaques épaisses de 20 à 25 millim., et pesant environ 500 grammes, brun foncé, de saveur d’abord sucrée, puis astringente, laissant une âcreté trèsprononcée et très-persistante.
Selon MM. Henry et Payen, l’écorce de Monésia contient de la Monésine , matière analogue à la saponine ; de la glycyrrhizine , du tannin, une matière colorante rouge ( acide rubinique) etc.
La Monésia est un astringent, jouissant des propriétés des substances de même ordre, et que l’on peut placer à côté du Cachou, du Kino et du Ratanhia. On peut l’employer dans les mêmes circonstances que ces derniers médicaments. Elle ne paraît pas avoir les vertus spécifiques dont on la croyait douée.
M. Latour a signalé une falsification de l’extrait de Monésia par l’extrait de bois de Gampêche : l’extrait de Monésia donne à la salive un aspect écumeux intense et persistant ; l’extrait de bois de Gampêche colore la salive en violet et ne la fait pas mousser.
Gutta-Percha , Gomme de Sumatra, Gomme Gettania, Gutta tuban. On trouve, sous ces différents noms, dans le commerce, mais surtout sous le premier, une substance analogue au caoutchouc, et qui découle abondamment de Ylsonandra Gutta Hooker, arbre de Singapore et des îles de la Malaisie.
Pour recueillir la Gutta-Percha, les indigènes abattent l’arhre , en enlèvent l’écorce, et en reçoivent le suc laiteux dans des vases
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appropriés ; chaque arbre en fournit de 20 à 30 livres anglaises , soit environ de 7 à 11 kilogr.
La Gutta-Percha est en lames minces, de couleur jaune pâle ou tigrée, insipide, inodore ou à peu près; elle est dure , coriace , flexible, résiste au choc et au frottement, se ramollit dans Peau bouillante, peut alors être pétrie et prendre toutes sortes de formes, qu’elle garde en se refroidissant. Elle contient un acide végétal soluble dans Peau chaude , de la caséine , une résine soluble dans l’alcool. Purifiée, elle offre une composition peu différente de celle du caoutchouc.
Elle est insoluble dans Peau , l’alcool , les solutions alcalines et les acides faibles ; soluble dans le sulfure de carbone , le chloroforme , les huiles volatiles; en partie soluble dans l’éther, qui la gonfle. Elle fond à 240° et reste semi-fluide en se refroidissant ; brûle avec une flamme jaune vif et donne beaucoup de fumée ; elle fournit , par distillation, une huile volatile analogue à celle du caoutchouc.
Le docteur Montgommerie , qui, le premier, introduisit la Gutta- Percha en Europe, en fit construire divers instruments de chirurgie. Depuis cette époque, elle est employée , à l’instar du caoutchouc, pour la préparation d’objets usités en thérapeutique, et reçoit un grand nombre d’applications en médecine et en chirurgie. Toutefois elle est susceptible d’altérations , qui la rendent cassante , et qui doivent appeler l’attention sur les dangers de son emploi dans quelques circonstances.
On a proposé, sous le nom de Traumaticine , sa dissolution dans le chloroforme , comme topique pour les coupures et les blessures ; un soluté de même nature a été préconisé contre les dartres squameuses.
Les vétérinaires emploient, pour réparer les brèches faites aux pieds des Chevaux, un mélange de 2 p. gutta-percha et 1 p. de gomme ammoniaque : ce mélange est connu sous le nom de mastic à la gutta-percha de Defatjs.
Balata. On appelle ainsi le suc laiteux du Sapota Mülleri Blume, qui croît dans les parties montageuses de Surinam.
Le Balata découle du tronc, sous forme d’une liqueur onctueuse, inodore , lactescente et comestible. On l’obtient à l’aide d’incisions atteignant le liber; à Surinam, ce lait se concrète en six heures; on a pu, toutefois, en envoyer de liquide en Europe.
Le Balata est solide , compacte , assez dur, couleur de chair, moins élastique que le caoutchouc et que la gutta-percha ; il n’absorbe presque pas d’eau. Le docteur Mally en a fait des bougies uréthrales, qui se ramollissent et sont préférables à celles que l’on connaissait jusque-là.
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Moquin-Tandon cite les Balatas suivants , que l’on retire aussi d’arbres de la famille des Sapotées :
1° Le JBalata Lucuma, fourni par le Lucuma marmelade ( Lu cuma rnammosa Gærtn.), de la Jamaïque et de Cuba.
2° Le Balata Galimata ou blanc, produit par le Dipholis à feuilles de Saule ( Dipholis [Achras L., Bumelia Sw.] salicifolia A. DG.), des Antilles.
3° Le Balata batard , produit par la Bumélie noire ( Bumelia [Achras Poir.] nigra Sw.) , de la Jamaïque.
4° Le Balata Neesberry, produit par Y Achras Sideroxylon , du même pays.
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Ges deux familles, jadis réunies en une seule, ont une corolle à 3-7 divisions , des étamines nombreuses et fasciculées , un ovaire pluriloculaire , avec des ovules anatropes, un fruit charnu, un embryon axile dans un périsperme charnu. I^es Styracinées se séparent des Ébénacées par leurs fleurs en grappes (et non en cymes) , par leur corolle périgyne ou épigyne , d’ovaire semi-infère ou infère, les ovules généralement plus nombreux , le périsperme charnu. Dans ces deux familles, la tige est arborescente, les feuilles alternes et les fleurs axillaires.
Les Ébénacées habitent les régions tropicales de l’Asie et de l’Amérique, le sud de l’Afrique, Madagascar, l’Australie etc Elles sont surtout composées par les Plaqueminiers ( Diospyros L.).
Le Plaqueminier d'Orient ( Diospyros Lotus L.) croît dans la zone méditerranéenne; ses fruits, qui sont très-acerbes , même à leur maturité, deviennent sucrés en se desséchant, par la transformation du principe astringent en sucre (Pressoir). ^
Les baies du Diosp. virginiana Ij. et du Diosp. Kc/i L. sont aussi comestibles, quand elles sont blettes. Celles du IL Kajfi \ connues sous le nom de Figues caques du Japon, sont aussi bonnes que nos meilleurs abricots.
La plupart des Diospyros fournissent un bois noir {Ébène) , parfois marqué de lignes fauves, et qui est si dense , si compacte, qu’on n’y découvre pas de traces de fibres, lorsqu’il est poli. Le Bois d’Ébène est surtout fourni par les D. Ebenum L. fils, D. melanoxylon Roxb., D. Ebenaster Willd. , D. reticulata Willd. etc. Le plus beau vient des îles Maurice.
Les Styracinées habitent l’Asie et l’Amérique tropicales; on en trouve quelques-unes au Japon , dans les parties chaudes de l’Amérique du Nord et dans l’est de la région méditerranéenne. Elles fournissent peu de produits utiles. Les feuilles du Symplocos alsto nia L’Hér. servent de thé, dans l’Amérique centrale ; les fruits et
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l’écorce du Decadia aluminosa Lour. , des Moluques et de la Cochinchine, servent à teindre les toiles en rouge.
Benjoin. Cette substance, que l’on range parmi les Baumes naturels , découle spontanément ou par incision du Styrax Benzoin Dryander, arbre des Moluques et des îles de la Sonde. Chaque arbre ô\ï fournit environ 500 grammes. Le suc est expédié dans des caisses en bois pesant de 50 «à 150 kilogr.
On connaît deux sortes commerciales de Benjoin :
1° Le Benjoin de Siam, ou Benjoin a odeur de Vanille, se présente sous forme de larmes détachées, plates, anguleuses, blanches, opaques, d’une odeur suave de vanille, d’où son nom. Cette sorte est très-estimée , et très-rare.
Plus souvent les larmes sont petites et agglutinées par une matière brunâtre, à cassure vitreuse et transparente. Le haut prix du Benjoin de Siam fait qu’il n’est guère recherché que par les parfumeurs.
2° Le Benjoin de Sumatra ne se présente qu’en masses formées tantôt de larmes nombreuses, empâtées dans une matière rougeâtre, opaque, à cassure inégale et écailleuse: c’est le Benjoin amygdaloïde du commerce; tantôt les larmes sont rares et la matière rougeâtre agglutinante renferme des débris d’écorces : c’est le Benjoin en sortes ou Benjoin commun du commerce.
Le Benjoin de Sumatra, variété amygdaloïde, est la sorte officinale; le Benjoin commun sert assez généralement à l’extraction de Y acide Benzoïque.
Le Benjoin a une odeur suave, une saveur d’abord douce et balsamique, puis âcre; il fond à la chaleur, et brûle en dégageant une funâée blanche , très-odorante , qui contient de l’acide benzoïque. Il se dissout dans l’alcool et dans l’éther, et cède à l’eau de l’acide benzoïque et de l’huile volatile; on y a trouvé 80,7 °/0 de résine, 19,8 d’acide benzoïque, de l’huile volatile et un acide qui paraît être de Y acide Toluique. Distillé avec de l’eau, il fournit une huile qui renferme de l’alcool phénylique.
On obtient I’acide benzoïque (G14 H6 O4) par sublimation, ou bien en faisant bouillir le Benjoin avec de l’eau de chaux, et ajoutant à la liqueur filtrée un léger excès d’acide chlorhydrique. On le retire actuellement, en France, des urines pétrifiées de Cheval et de Vache.
L’acide benzoïque extrait du Benjoin, par sublimation, est en lames ou en aiguilles longues, fines, soyeuses, un peu odorantes, en raison de la faible quantité d’huile volatile qu’elles retiennent. Par l’évaporation spontanée de sa solution alcoolique ou éthérée, il fournit des cristaux plus volumineux. Il a une saveur acide faible; fond
ÉBÉNACEES ET STYRACINÉES.
à -j- 121°, se sublime à line température plus élevée ; bout à 250° ; se dissout à peine dans l’eau froide, aisément dans l’alcool et dans l’éther, ainsi que dans 12 p. d’eau bouillante.
L’acide benzoïque extrait de l’urine résulte d’une transformation de l’acide hippurique; on sait que celui-ci se dédouble, sous Finfluence des acides et des alcalis, en acide benzoïque et en glycocolle, selon la formule :
G»8 H9 Az 06 + H2 02 = G14 H6 O4 + G4 H5 Az 0* acide hippurique acide benzoïque glycocolle
G’est sans doute un dédoublement du même genre qui s’effectue dans les urines putréfiées. Au reste , on a fait la curieuse remarque que l’urine des animaux qui travaillent renferme de l’acide benzoïque , et que celle des animaux qui ne travaillent pas n’en contient point. On a fait voir, en outre, que l’acide benzoïque, ingéré à l’état pur, se retrouve dans les urines à l’état d’acide hippurique. Ce sont là des faits extrêmement importants au point de vue physiologique et médical , les sels alcalins à base d’acide hippurique étant très-solubles. On a donc prescrit les benzoates de soude , de chaux, d’ammoniaque, dans la diathèse urique, contre la goutte et la gravelle urique et même contre la gravelle d’oxalate de chaux , quand elle est liée à la diathèse urique. Gette médication paraît avoir donné d’excellents résultats.
Le Benjoin est parfois employé, comme excitant et balsamique, dans les affections catarrhales de la vessie et des bronches , sous forme de sirop et de pastilles. Il entre dans le Baume du Commandeur de Fermes etc.
Storax ou Baume storax. Ge haume découle naturellement ou par incisions de l’Aliboufier officinal {St y rax officinalis L.).
Guibourt en décrit un certain nombre de sortes :
1° Le Storax blanc, formé de larmes blanches, molles, opaques, agglutinées.
2° Le Storax amygdaloïde, en masses sèches, cassantes, également formées de larmes blanc jaunâtre , souvent empâtées dans une matière vitreuse , transparente , d’un rouge clair ; Guibourt considère cette sorte comme le Storax calamite de Lemery.
3° Le Storax rouge brun offre quelques larmes rougeâtres, empâtées dans une matière rouge brun, tenace, qui se ramollit sous la dent et contient de la sciure de bois.
4° Le Storax liquide ressemble à une térébenthine jaune brunâtre et nébuleuse ; on l’obtient , à Gos et à Rhodes , par expression à chaud de l’écorce du Styrax officinalis.
5° Le Storax noir est en masses solides, coulant à la longue
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comme de la poix, d’éclat gras, d’odeur agréable. Il renferme de la sciure de bois. Cette sorte sert à la fabrication du faux storax calamite. ,
6° Le Storax en pain ou en sarilles arrive en masses couvertes d’une toile et pesant de 20 à 30 kilogr. ; il est rougeâtre, friable, et se réduit en une poudre grasse et grossière , qui se remet en masse pas la pression.
Enfin on trouve parfois, dans le commerce, une écorce sous forme de lanières étroites , rougeâtres , sèches , odorantes et pressées les unes contre les autres. Guibourt pense que c’est là l’écorce qui a servi à l’extraction du storax liquide.
Ces diflérentes sortes ont une odeur suave de vanille, surtout développée dans la lre, la 2e et la 4e sorte.
Divers Styrax de la Colombie, de la Guyane, du Brésil et du Pérou fournissent des sucs balsamiques assez analogues au benjoin et au styrax.
Le Storax a une saveur douce , aromatique , un peu amère ; il est stimulant, et entre dans la composition de plusieurs électuaires, maintenant à peu près inusités.
ÉRI CACÉES.
Arbustes et arbrisseaux d’un port élégant, ayant en général des feuilles simples , alternes , rarement opposées , verticillées ou trèspetites et en forme d’écailles apprimées. Leur inflorescence est trèsvariable. Le calice gamosépale est tantôt libre , tantôt adhérent avec l’ovaire infère, à cinq divisions, quelquefois tellement profondes, qu’il paraît formé de sépales distincts. La corolle est gamopétale, régulière, à 4 ou 5 lobes, quelquefois à 4 ou 5 pétales distincts. Les étamines, en général en nombre double des divisions de la corolle , ont leurs filets libres , rarement soudés entre eux à leur base. Les anthères sont introrses, à deux loges, quelquefois terminées par deux appendices en forme de corne à leur sommet ou à leur base , et s’ouvrant en général par un trou vers leur som met. Ces étamines sont généralement attachées à la corolle , mais quelquefois elles sont immédiatement hypogynes. L’ovaire est infère ou libre ; dans ce dernier cas , il est sessile au fond de la fleur et appliqué sur un disque hypogyne plus ou moins saillant ; il offre de 3 à 5 loges, contenant chacune un assez grand nombre d’ovules attachés à leur angle interne. Le style est simple, terminé par un stigmate offrant autant de lobes qu’il y a de loges à l’ovaire. Le fruit est une baie ou plus souvent une capsule , quelquefois couronnée par le limbe du calice , et s’ouvrant en autant de valves qu’il y a de loges ; tantôt chacune de ces valves entraîne avec elle une des cloi-
ÉRICACÉES.
sons sur le milieu de sa face interne (déhiscence loculicide) ; tantôt la déhiscence a lieu par les cloisons qui se dédoublent (déhiscence septicide). Les graines se composent d’un endosperme charnu, au milieu duquel est un embryon axile, cylindrique, ayant la môme direction que la graine. (A. Richard.)
Cette famille peut être divisée en deux sous-familles :
Les Éricinées , dont l’ovaire est supère ; les Vacciniées , dont l’ovaire est infère.
Les Éricinées comprennent quatre tribus :
1° Arbutées : Corolle tombante; fruit charnu; arbrisseaux toujours verts ( Arbutus Tourn. , Arctostaphylos Adans.)
2° Andromédées : Corolle tombante ; capsule à déhiscence loculicide ; feuilles persistantes ou caduques ; bourgeons écailleux {Andromède/, L. , Clethra L. etc.).
3 0 Éricées : Corolle persistante, généralement 4-mère; anthères souvent cohérentes avant la floraison ; capsule à déhiscence loculicide [Erica) ou septicide ( Calluna ); feuilles persistantes; bourgeons non écailleux [Erica L. , Calluna Salisb.).
4° Rhodoracées : Corolle tombante, parfois irrégul lière ; disque hypogyne glanduleux ; capsule à déhiscence septicide ; feuilles planes; bourgeons floraux écailleux, strobiliformes ( Azalea L. ,
Rhododendron L., Kalmia L. , Leduni L. etc.).
On peut ajouter à cette famille celle des Pyrolacées , qui ne diffère des Éricinées que par la structure de ses graines à tégument formé d’un tissu lâche , beaucoup plus ample qu’elles, et par son embryon minime , indivis.
Arbousier ( Arbutus Unedo L. , fig. R90). Arbre des bois arides de l’Europe
1 méridionale et du Levant, à feuilles oblongues- lancéolées, serretées, rigides, glabres, brillantes; fleurs en grappes; calice très-petit; corolle urcéolée à 5 dents obtuses et réfléchies; 10 étamines incluses; anthères s’ouvrant à leur sommet par deux pores
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et munies de deux soies réfléchies; ovaire 5-loculaire; 1 style; stigmate obtus ; baie globuleuse à 5 loges polyspermes , surmontée par le style persistant , et couverte de granulations rouges , d’où le nom de Fraisier en arbre, donné à l’Arbousier. Les fruits sont douceâtres, sucrés et indigestes ; les feuilles servent au tannage , en Orient.
Busserolle ou Raisin-cTOurs ( Arbutus Uva-Ursi L. , Arctotaphylos Uva-Ursi Spreng.). Arbrisseau des Alpes, des Yosges et des Pyrénées ; tige rameuse , rampante, glabre; feuilles obovéesoblongues, entières, glabres, luisantes , épaisses fermes, vertes en dessus, vert plus pâle en dessous, à marge non réfléchie ; les nervures transversales sont assez apparentes sur la face supérieure, qui est comme chagrinée , par suite de la saillie du parenchyme, dans l’intervalle de leurs fines réticulations ; à la face inférieure , les nervures latérales et leurs ramifications ne sont bien distinctes qu’à la loupe , un peu saillantes , ce qui donne à cette face un aspect réticulé. Fleurs roses , en grappes courtes, terminales ; baie à 5 loges monospermes.
Les Feuilles de Busserolle ont une saveur très-astringente et une odeur désagréable ; elles sont réputées diurétiques et litliontriptiques. M. Kawalier y a découvert un glucoside ( Arbutine : 2 G24 H16 Ou + H2 0-), cristallisable en aiguilles aigrettées , soluble dans l’eau , l’alcool et l’éther. L’Arbutine est amère ; sous l’influence de l’acide sulfurique étendu et bouillant, ou de l’émulsine que renferment aussi les feuilles de Busserolle , elle se dédouble en Hydroquinone et en glucose.
Les feuilles de Busserolle sont généralement falsifiées par celles de l’Airelle ponctuée ( Vacciniurn Vitis-Idœa L.), arbrisseau trèscommun dans les Yosges, et dont les fruits rouge écarlate servent à préparer une eau-de-vie assez estimée en Alsace, sous le nom de Steinb ee ren- Wasser -
Les Feuilles de l’Airelle ponctuée sont obovales-elliptiques , obtuses, d’un vert blanchâtre pâle en dessus et en dessous , souvent brunes à la face supérieure , qui est luisante , peu ou point chagrinée et marquée de nervures peu réticulées ; la face inférieure est unie , non réticulée , parsemée cle points bruns assez rapprochés, et pourvue de nervures transversales non réticulées, plus saillantes que dans les feuilles de Busserolle ; les bords sont faiblement crénelés et réfléchis.
Le sulfate de fer donne un précipité bleu, avec l’infusé de Busserolle , tandis que la liqueur se décolore ; le même sel donne , avec l’Airelle, un précipité vert, et la liqueur reste verte. Guibourt a observé que lorsque les feuilles de Busserolle sont enfermées dans un bocal, avec un papier blanc, celui-ci prend à la
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longue une couleur bistre. Les feuilles de Pyrole, les racines de Dentelaire et de Carline possèdent la même propriété.
L’Airelle Myrtille ( Vaccinium Myrtillus L.), qui est très-commune dans les bois ombragés du nord de l’Europe, produit des baies d’un noir bleuâtre, rarement blanches, dont on fait un sirop et des confitures. Dans les Vosges et dans la Forêt-Noire, on en prépare une eau-de-vie très-estimée.
On peut en dire autant des baies de l’Airelle Canneberge ( Vaccinium Oxycoccos L. , Oxycoccos palustris Pers.), sous-arbrisseau des tourbières. Ces baies, âpres et acides en automne, deviennent sucrées et acidulés après l’hiver.
Gaulthérie couchée ( Gaultheria procumbens L.). Cette plante croît abondamment sur les montagnes boisées et sablonneuses , du Canada à la Virginie, où on la nomme Montain-thea , Partridge- Berry ou Box-Berry. Ses feuilles, surtout quand elles sont sèches , ont une odeur très-agréable , et fournissent , par la distillation fractionnée, une huile volatile appelée, en parfumerie, Huile de Win ter -Green.
Cette huile, que M. Cahours a reconnu être de Y acide Méthylsa licylique (C16 H8 O6), peut être préparée artificiellement: on distille un mélange de 2 p. d’acide salicylique, 2 p. d’esprit de bois et 1 p. d’acide sulfurique concentré. Elle est incolore, d’odeur agréable , de saveur douce et aromatique ; elle bout à 223°, 7 ; sa densité est 1,1969; elle se dissout à peine dans l’eau, que les sels ferriques colerent alors en violet. L’éther et l’alcool la dissolvent au contraire abondamment.
Selon M. Mallez , l’essence de Gaulthérie est un «diurétique franc, ayant une action élective sur les reins. » (Reveil.)
Les plantes du genre Erica (Bruyères) sont généralement amères et astringentes, parfois aromatiques.
Les Andromeda sont assez ordinairement doués de propriétés narcotico-âcres , surtout manifestes dans Y And. mariana L. , des États-Unis, et dans Y And. poliifolia L., du nord de l’Europe.
Il en est de même pour le Rhododendron chrysanthum Pall., de la Sibérie et du Kamtschatka ; le Rhod. ferrugineumh ., des hautes montagnes de l’Europe ; les Rhod . maximum L. et Rhod. punctatum Andrews, de l’Amérique, et le Rhod. ponticum L. , auquel on attribue la production du miel qui empoisonna les soldats de Xénophon (voy. t. II, p. 165-166). Les espèces des genres Ledum , Kalmia, Azalea sont également réputées dangereuses et plus ou moins vénéneuses.
Pyrole à feuilles rondes ( Pyrola rotundifolia L.). Plante vivace des bois ombreux du nord de l’Europe et de l’Amérique, que
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l’on trouve dans les Vosges; tige garnie inférieurement de plusieurs feuilles très-rapprochées , alternes, longuement pétiolées, dressées, arrondies, entières, coriaces, glabres, luisantes sur leurs deux faces; la partie supérieure de cette tige est munie de quelques écailles écartées, et terminée par une grappe allongée, lâche, à 12-20 fleurs, blanches ou roses, recourbées; calice à 5 divisions étroites, aiguës, étalées, recourbées au sommet, s’élevant jusqu’à la mi-longueur de la corolle , qui est concave . presque rotacée , et présente 5 lobes obtus , un peu inégaux ; 10 étamines non soudées à la corolle, dressées, à anthères pendantes non appendiculées ; ovaire à 5 loges, surmonté par un style long , cylindrique , recourbé en S , dépassant la corolle et élargi , au sommet, en un anneau qui déborde les stigmates connés.
Les feuilles de la Pyrole étaient jadis employées comme vulnéraires, toniques et astringentes.
Pyrole ombellée (Pyrola umbellata L. , Chimaphila umbellata Nutt. , Chim. corymbosa Pursh). Plante sufffutescente des forêts du nord de l’Europe, de l’Asie et de l’Amérique , très-rare dans les Vosges; tiges hautes de 10-12 centim. ; feuilles cunéiformes-allongées, serretées, coriaces, lisses, glabres; fleurs blanches , en corymbe terminal, 3-8-flore ; sépales courts, ovales - orbiculaires ; corolle rose, étalée, à 5 lobes obtus profondément séparés ; 10 étamines incluses , divergentes , à filets dilatés , ciliés , à anthères violettes; stigmate 5-lobé , presque sessile.
Les feuilles de cette plante ont une saveur douce et amère; la tige et les racines contiennent du tannin. On la connaît, en Amérique, sous les noms de Winter-Green (Verdure d’hiver) et sous celui de Pippsisewa (Herbe à pisser). Elle paraît avoir des propriétés diurétiques puissantes, que l’on met à profit dans les diverses liydropisies, surtout contre l’ascite.
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