‹ Nouveaux éléments d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 35 sur 74 · ovulées ; fleurs · texte numérisé non relu

ovulées ; fleurs

oligospermes ou polyspermes; ovaire

spermes ; perisperme

nul ou charnu SAPOTÉES.

Ebénacées.

ordinairement dioïques ; ovaire à loges 2-spermes ; perisperme corné

supère ou infère; anthères s’ouvrant par deux pores terminaux; périsperme charnu EltICACÉES.

infère ou semi-infère; anthères s’ouvrant par des fentes longitudinales; périsperme charnu Styracinées.

OLÉINÉES.

Arbres ou arbrisseaux , à feuilles opposées , non stipulées , pétiolées, simples, rarement imparipennées; fleurs hermaphrodites, rarement dioïques et apétales , en grappes ou en panicules trichotomes, parfois fasciculées et à pédicelles opposés; calice gamosépale, 4-lobé ou 4-denté, parfois nul ou presque nul; corolle rarement nulle, plus souvent à 4 pétales soudés deux à deux à leur base par les

OLEINEES.

étamines, ou bien gamopétale et infundibuliforme ou campanulée, à préfloraison valvaire ; .2 étamines insérées sur la corolle et alternes à ses lobes ; anthères introrses , clorsifixes ; ovaire libre , à 2 loges ordinairement 2-ovulées, à carpelles antéro-postérieurs et alternes avec les étamines , qui sont latérales ; ovules collatéraux pendants ? souvent 2, rarement 3 (les deux latéraux avortent : Fraxinus ), parfois nombreux, bisériés, anatropes; style simple ou nul ; stigmate indivis ou bifide ; drupe souvent 1-loculaire et 1 -sperme par avortement (' Olea ), ou baie biloculaire ( Ligustrum ), du capsule loculicide (Syringa) , ou samare (Fraxinus); graines pendantes , embryon droit , dans un périsperme dense , charnu ou sub-corné ; cotylédons foliacés.

Les Oléinées ont été divisées en deux sous-familles : les Ligustrées ou Oléinées vraies , dont le fruit est drupacé ou baccien (Olea L. , Ligustrum L. etc.) ; les Fraxinées, dont le fruit capsulaire est samaroïde , indéhiscent, ou bivalve et à déhiscence loculicide (. Fraxinus L., Syringa L. etc.).

Les Oléinées étaient jadis réunies aux Jasminées. Cette dernière famille diffère des Oléinées par sa corolle à préfloraison imbriquée, ses anthères basifixes, ses ovules ascendants* et par son albumen qui , à la maturité , se réduit à une mince membrane.

Les Jasminées sont originaires de l’Asie ; quelques-unes habitent l’Australie et les îles de l’Afrique ; deux espèces seulement sont américaines. La région méditerranéenne en possède un petit nombre. Elles ne sont usitées que pour l’odeur suave dedeurs fleurs.

L’Essence de Jasmin est obtenue par le procédé de l’ enfleurage ; ce procédé consiste à placer les corolles sur des morceaux de toile de coton imbibés d’huile de Ben ou d’huile d’olives et disposés sur des cadres garnis de fil de fer. On renouvelle les fleurs au bout de quelques jours, et tant que dure la floraison. On emploie surtout à cet usage le Jasmin Sambac ( Jasminum Sam bac Vahl), le Jasmin d’Espagne (J.

grandiflorum L.) et le Jasmin ordinaire (J. officinale L.), dont les fleurs étaient jadis employées comme un médicament nervin, apéritif et émollient.

Olivier (Olea europœa L., fig. 689).

Arbre originaire d’Asie, naturalisé dans

Fig. 689. — Olea europœa.

GAMOPÉTALES HYPOGYNES ÀNISOSTÉMONÉES .

toute l’étendue de la zone méditerranéenne ; feuilles opposées , coriaces, persistantes, brièvement pétiolées , ovales-allongées , vertes en dessus, blanchâtres en dessous; fleurs petites, blanchâtres , en grappes ; calice 4-denté ; corolle campanulée , à 4 lobes ovales , aigus ; étamines peu saillantes; ovaire globuleux, à 2. loges 2-ovulées ; style court , à 2 lobes peu épais ; fruits (Olives) drupacés, ovoïdes, lisses, violet foncé, généralement 1-loculaires et 1 -spermes par avortement.

Les feuilles et l’écorce de l’Olivier sont réputées fébrifuges ) M. Landerer a extrait des feuilles un principe amer, YOlivine ou Olivite (Dorvault). Ce principe ne semble pas être l’olivine que Mulder a obtenue par l’action de l’acide sulfurique chaud sur la salicine.

Il découle du tronc des vieux Oliviers une substance particulière, que l’on employait jadis, sous le nom de Gomme d'Olivier , comme cicatrisante et vulnéraire.

La Gomme d’Olivier est en larmes arrondies, rougeâtres, transparentes ou opaques, libres ou agglutinées , fusibles à chaud, solubles dans l’alcool Souillant, et presque entièrement formées d’un principe résinoïde, que Pelletier a nommée Olivile. L’Olivile est blanche, inodore, amère, cristalline, soluble dans 32 p. d’eau bouillante, plus soluble dans l’alcool chaud, peu soluble dans l’éther et dans les huiles.

La gomme d’Olivier n’est pas usitée aujourd’hui.

Les Olives sont récoltées avant leur maturité , lorsqu’on les destine au service de la table ; comme elles sont alors dures et trèsâpres, on les fait macérer dans de la saumure, dans de l’eau de chaux ou dans une lessive alcaline ; elles acquièrent une saveur assez agréable et deviennent plus tendres.

Le péricarpe des Olives mûres contient une abondante quantité d’une huile fixe. Pour l’en extraire, on écrase d’abord les fruits au moulin , puis on les exprime soit directement , à froid , soit après avoir ajouté de l’eau bouillante à la pâte.

En Espagne et dans quelques parties du Midi de la France, on laisse fermenter les Olives , avant de les écraser : l’huile s’obtient alors plus aisément et en plus grande quantité , mais le produit est moins bon.

Les Olives dont la maturité est incomplète donnent une huile légèrement verdâtre et douée d’une odeur de fruit prononcée. L huile provenant d’Olives mûres est jaune , douée d’une saveur agréable ; son odeur est à peine sensible.

Selon de Saussure , I’Huile d’Olives a une densité de 0,9192 à H- 12° et de 0,9109 à 4- 25°. Elle se compose de margarine, qui

OLÉINÉES.

est solide à la température ordinaire, et d’oléine , qui est liquide à la même température : le mélange se solidifie entre + 6° et + 8°, et devient grenu et comme butyreux. La margarine y entre pour 28 °/0 en moyenne.

On y trouve encore une matière colorante jaune , une substance aromatique, et des traces de matières azotées neutres.

L’huile d’olives ne rancit qu’au bout d’un temps très-long, et, pour cette raison, elle est préférée pour la préparation des médicaments officinaux, ainsi que pour les besoins de l’horlogerie. Toutefois , lorsqu’on la destine à ce dernier usageT on lui, fait subir l’opération suivante : on verse l’huile dans une bouteille, dans laquelle on met une lame de plomb; puis la bouteille est bouchée et exposée au soleil. Peu à peu l’huile se décolore et devient limpide, en même temps qu’il ^’en sépare une masse caséiforme , qui se dépose en partie. Quand la formation du dépôt s’arrête, on en sépare l’huile.

L’huile d’olives est souvent falsifiée à l’aide des huiles de Pavot , de Navette y de Colza , de Sésame , à' Arachide etc. La saveur et l’odeur propres à la plupart de ces huiles servent à les faire reconnaître , et les personnes exercées ne s’y trompent guère ; ces huiles ont d’ailleurs l’inconvénient de rancir plus vite, en général, et de communiquer alors au mélange un goût .désagréable très-prononcé. Celle que l’on mêle le plus habituellement à l’huile d’olives est l’huile de Pavot ( huile d’Œillette).

L’un des moyens les plus simples de reconnaître cette fraude consiste à soumettre l’huile au refroidissement : l’huile d’olives se congèle à H- 8° environ, tandis que l’huile de Pavot se congèle entre — 8° et — 12° ; il est donc évident que le mélange se solidifie à une température d’autant moins rapprochée de -+- 8° qu’il contient une plus grande quantité d’huile d’Œillette. Toutefois ce moyen ne peut donner que de vagues indications, lorsque l’huile d’CEillette a été ajoutée en faible proportion.

On a longtemps préconisé le réactif Poutet (: nitrate mercureux) , qui solidifie l’huile d’olives , en vingt-quatre heures , et non le mélange de cette huile avec d’autres ; mais cette épreuve a perdu beaucoup de sa valeur depuis qu’on sait que l’huile de Ricin (Boudet), l’huile d’œillette et l’huile d’amandes (Lescalier) sont également coagulées par le même réactif.

Lorsqu’on met dans un verre à expérience 50 grammes d’huile d’olives et 10 centigr. d’acide sulfurique concentré, si l’on agite le mélange avec le pied d’un thermomètre, on observe que la température de ce mélange s’élève à 42° au-dessus de la température ambiante. Avec l’huile d’œillette, l’élévation de la température est de 74°a5. Avec d’autres huiles on a observé aussi des élévations de

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température plus considérables que celle fournie par l’huile d’olives.

Selon M. Fehüng, l’élévation de la température est en rapport direct èt régulier avec la quantité d’huile d’œillette contenue dans l’huile d’olive. On peut donc, par ce procédé, déceler la présence de l’huile d’œillette.

Comme les diverses huiles ont assez généralement une densité différente, il est évident que la variation dans la densité d’une huile indiquera son mélange avec une autre. C’est sur cette base que Y oléomètre de Lefebvre et Yélaïomètre de Gobley ont été construits. Au reste, ces instruments peuvent être très-bien remplacés par falcoomètre centésimal.

M. Donny a indiqué un moyen très-simple de reconnaître l’identité d’une huile que l’on croit falsifiée : on colore avec de l’orcanette une huile pure servant de type, et de même nature que l’huile à essayer ; puis dans cette dernière on porte une goutte de l’huile colorée. Si les deux huiles sont identiques, la goutte colorée flottera dans le liquide, sinon, elle se précipitera ou surnagera, selon le cas, et la fraude sera dévoilée. Ce procédé ne fait pas d’ailleurs connaître la nature de la fraude.

On a indiqué un grande nombre de réactions chimiques plus ou moins propres à déceler le mélange des diverses huiles à l’huile d’olives. L’exposé de ces différents procédés nous entraînerait beaucoup trop loin, et nous croyons devoir renvoyer aux traités spéciaux.

L’huile d’olives est légèrement laxative; à l’extérieur, elle est employée en embrocations.

L’huile d’Arachides a la même densité que l’huile d’olives ; lorsqu’on l’agite , sa surface redevient unie après un instant de repos (elle ne fait pas le chapelet ); l’acide sulfurique a, sur elle, à peu près la même action que sur l’huile d’olives : il est donc assez difficile de discerner le mélange de ces deux huiles. Toutefois l’huile d’Arachides a une saveur de haricot ; le réactif Poutet ne la coagule pas; si on la refroidit au-dessous de +6°, elle forme un dépôt grumeleux , que surmonte une couche supérieure limpide : à la même température, l’huile d’olives est entièrement coagulée.

Pour déceler l’huile de Navette, on mêle 1 p. de l’huile à essayer avec 2 p. d’éther, on y ajoute 20 à 30 gouttes d’mfe solution alcoolique d’azotate d’argent fondu , on agite le mélange et on le place dans un lieu obscur. Si l’huile à essayer renferme de l’huile de Navette, la partie inférieure du liquide se colore en noir, après la volatilisation ( e l’éther.

Orne ou Frêne à fleurs ( Fraxinus Ornus L. , Ornus europœa Pers.) et Frêne à feuilles rondes ( Frax . rotundifolia Lam.). Ces

OLÉINÉES.

arbres ne diffèrent l’un de l’autre que par la forme de leurs feuilles, qui sont lancéolées dans le premier , ovales-arrondies et plus petites dans le second. Ach. Richard les considère comme deux variétés d’une même espèce ; plusieurs botanistes en forment , au contraire, un genre à part ( Ornus Pers.i, offrant les caractères suivants : fleurs presque toujours hermaphrodites, disposées en uile panicule rameuse à l’extrémité des rameaux ; calice à segments courts , blanc verdâtre; corolle blanche , à-quatre divisions linéaires, lancéolées; étamines à filets aussi longs que les segments corollins. La végétation se continue par les bourgeons latéraux : dans le genre Fraxinus L. , les bourgeons latéraux sont florifères , et les bourgeons terminaux foliifères.

L’Orne et surtout le Frêne à feuilles rondes fournissent, par incision ou spontanément, une substance particulière appelée Manne. Ils croissent dans la Pouille, la Calabre et en Sicile.

La Manne est un suc concret, sucré, dont la couleur varie avec l’époque de l’année où on la récolte. Toute celle que l’on trouve dans le commerce résulte d’incisions faites à l’arbre depuis le mois de juillet jusqu’au mois de septembre ou d’octobre.

Selon Regel , la manne existe déjà dans la sève ascendante des végétaux qui la produisent. M. Dorvault émet l’opinion que cette substance se forme dans les feuilles, par une modification particulière de la sève , dont le nouveau produit « se sépare immédiatement, ou descend avec le cambinum à la périphérie du végétal, et en exsude par les issues qu’il trouve ou se fraie, comme impropre à l’accroissement de celui-ci.» Cette théorie, basée sur le principe aujourd’hui fort contesté de la sève descendante et des excrétions végétales , ne peut être admise , depuis que les recherches de MM. Hugo von Mohl, Schacht, Wigand, Dippel et Trécul ont montré quelle est l’origine des gommes et des résines (vov. t. II, p. 82, 350, 385).

M. Wigand a émis la supposition que la manne se forme, comme la gomme, par dissolution des parois cellulaires, et il a appuyé son hypothèse sur la présence de l’amidon dans cette substance. M. Petounnikow (de Moscou), adoptant cette manière de voir, suppose que ce phénomène se complique de la présence d’un Champignon , dont il a trouvé les spores dans la manne , et le mycélium dans le tissu des parois de la cavité qui la contient. M. Petounnikow n’admet pas , d’ailleurs , que ce Champignon soit le primiim movens de la formation de la manne , cette substance existant dans l’écorce de plusieurs Oléinées. Il croit que le parasite a pour effet d’augmenter la quantité de manne produite, et de déterminer la dissolution du tissu.

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Toutefois cette hypothèse ne repose que sur l’observation de morceaux d’écorce de Frêne trouvés dans la manne, et sur l’étude microchimique de cette substance elle-même.

La présence de ce Champignon n’est- elle pas peut-être un effet plutôt qu’une cause, comme M. Roze l’a fait observer, et comme M. Cosson paraît le croire? Ce que nous savons delà production des gommes et des résines semble autoriser cette manière de voir.

Quoi qu’il en soit, l’étude michrochimique a permis à M. Petounnikow de reconnaître dans la manne : de la mannite , du glucose, de la gomme (?), de l’huile, une substance résineuse , de l’amidon, des cellules détachées et libres du parenchyme , des cellules subéreuses? libériennes et scléreuses , et un amas de petits grains mesurant à peine 0mm,009, d’une forme ovale, avec un nucléus au milieu. L’action de divers réactifs a amené M, Petounnikow à considérer ces grains comme des spores.

La manne en larmes contient environ la moitié de son poids de Mannite , un cinquième de dextrine (Buignet), du sucre de Canne et du sucre interverti en proportions telles qu’ils neutralisent, ou à peu près, leur action optique réciproque (Buignet).

« Les diverses espèces de manne répandues dans le commerce renferment toutes du sucre et de la dextrine. La quantité absolue de ces deux principes varie considérablement d’une espèce à l’autre; mais leur proportion relative se maintient constante et invariable. Ainsi , dans les divers échantillons de manne en larmes, comme dans les diverses espèces de manne en sorte, on trouve toujours deux équivalents de dextrine en présence d’un seul équivalent de sucre-

« Par la nature, comme par la proportion de ses éléments, le mélange de sucre et de dextrine contenu dans la manne se confond avec le produit ordinaire de la la saccharification de l’amidon. On peut donc admettre que sa production se rattache à la même cause , et qu’il dérive lui-même de l’amidon , qui aurait éprouvé au sein du végétal vivant une transformation analogue à celle qu’il subit par nos moyens artificiels , sous faction combinée de la diastase et d’une chaleur convenable.» (Buignet.)

La Mannite (G12 H14 O12) paraît être produite, dans les tissus des plantes qui en renferment, par une addition de deux équivalents d’hydrogène au sucre interverti : M. Linnemann l’a obtenue par l’action de l’amalgame de sodium , en présence de l’eau , sur le sucre interverti; de même on pent la transformer en glucose, sous certaines influences. Il est donc probable que la mannite résulte d’une modification particulière de la cellulose ou de l’amidon. Elle est en prismes rliomboïdaux droits , de saveur légèrement sucrée, assez solubles dans l’eau froide , très-solubles dans Peau et dans l’alcool

OLÉINÉES.

bouillants, à peine solubles clans l’alcool froid, insolubles dans l’éther. L’acide sulfurique ou la potasse caustique la dissolvent sans se colorer ; l’acide azotique la convertit en acide saccharique et en acide oxalique, sans acide mucique. Elle ne réduit pas la liqueur de Fehling et ne fermente pas au contact de la levure. La mannite paraît être le principe purgatif de la manne.

On connaît, dans le commerce, trois sortes de manne :

1° La Manne en larmes, qui est en morceaux irréguliers, aplatis ou stalactiformes, longs comme le doigt, blancs, poreux, cristallins, fragiles, d’odeur un peu nauséuse, de saveur sucrée faible, un peu fade : elle jaunit et s’altère avec le temps.

2° La Manne en sorte, dont on distingue deux variétés : la manne Géracy , qui vient de Sicile; la manne Capacy , qui vient de la Calabre, et qui est la plus estimée. La manne en sorte est formée ! de petites larmes unies par une matière jaunâtre, molle et gluante.

3° La Manne grasse, qui est la manne en sorte altérée par le temps et par la fermentation : elle est molle, gluante, plus ou moins colorée et très-impure.

La première sorte a été récoltée pendant la saison chaude ; la seconde est récoltée pendant les mois de septembre et d’octobre.

IOn a donné aussi le nom de manne à des substances qui se rapprochent de cette substance, par leur origine végétale et par les ; principes sucrés qu’elles renferment, mais qui en diffèrent en ce qu’elles ne contiennent pas de mannite. Telles sont : la Manne d’Australie ou Lerp, qui exsude spontanément des feuilles de Y Eucalyptus dumosa A. Cunningh., et qui, selon M. Anderson, renferme environ un tiers de son poids de cellulose , d’amidon , d’inuline et de gomme ; la Manne du Sinaï ou Tarfa , fournie par le Tamarix mannifera Ehr. , et la Manne du Kurdistan, fournie par le Chêne à Galle (Barré de Lancy). Selon M. B.erthelot, ces deux prétendues mannes renferment jusqu’à 60 p. 100 de sucre de Canne, 20 p. 100 de sucre interverti et 20 p. 100 de dextrine.

Il suinte aussi à la surface des feuilles des Frênes à manne une ; matière que les Calabrais appellent Mastichina ou Manna de fronde , par opposition à celle qui découle du tronc et qu’ils appellent Manna di corpo.

Nous ne croyons pas devoir traiter plus longuement de ces pro- | duits à peu près inconnus en France.

La manne est un laxatif doux , que l’on emploie à la dose de 10 à 50 grammes, à l’intérieur, et jusqu’à celle de 100 grammes, en lavements.

Frêne ordinaire ( Frax . excelsior L.). Cet arbre diffère des deux ■ plantes précédentes , par ses fleurs souvent polygames , nues (sans

GAMOPÉTALES HYPOGYNES ANISOSTÉMONÉES.

calice ni corolle). On a vanté les feuilles du Frêne comme purgatives; c’est sans doute à cause de cette propriété qu’elles ont été employées contre la goutte et les rhumatismes.

L’écorce était employée comme fébrifuge, avant la découverte du quinquina. Le prince de Salm-Horstmar en a extrait un glucoside cristallisable , qu’il a nommé Fraxinc (C:i4 H30 O34)- La dissolution aqueuse de la fraxine est jaune ; étendue d’eau, elle offre une fluorescence bleue. Cette substance est peut-être la même que \diFraxinine obtenue par M. Mandet de l’écorce ou des feuilles du Frêne, et que l’on a préconisée comme fébrifuge, à la dose de 1 gramme à dsr,5 par jour.

Philyrée ( Philyrea latifolia L.). M. Jachetti, de Ferrare, a vanté les feuilles de cet arbrisseau comme fébrifuges , et M. Garbonieri en a extrait un glucoside, la Philyrine , que l’on a administrée , sous forme de sulfate, comme antipériodique , à la dose de 0§'r,75 à 1st,5.

Les fruits du Lilas ( Syringa vulgaris) ont été employés aux mêmes usages par le professeur Cruveilhier, qui dit en avoir obtenu de bons résultats contre les fièvres intermittentes.

Troène (Ligustrum vulgareL.) Nous avons déjà vu(t. II, p. 293) que les baies de cet arbuste servent, en Hollande, à falsifier le Nerprun. M. Nicklès en a extrait une matière colorante rouge , non azotée, soluble dans l’eau et dans l’alcool, qu’il a appelé Liguline , et qui peut servir de réactif comme le tournesol : elle verdit par les alcalis , rougit par les acides , et se colore au contact des eaux qui renferment du bicarbonate de chaux (Dorvault).

Les feuilles et les fleurs sont réputées astringentes.

M. Polex a retiré de l’ècorce du Troène une substance amère, la LiguUvine , que M. Kromayer a reconnu être la même chose que la Syringine extraite du Lilas par Bernays. Selon M. Ludwig, la Syringine est de la mannite ; mais M. Kromayer la considère comme un principe particulier de l’ordre des glucosides.

SAPOTÉES.

Les plantes de cette famille ont de grandes affinités avec les Myrsinées, dont elles diffèrent surtout par leur fleurs anisostémones, leur ovaire pluriloculaire , leurs ovules anatropes. Ce sont des ai bres ou des arbrisseaux à suc laiteux ; on les trouve dans les régions tropicales et subtropicales.

Les Sapotées fournissent plusieurs produits utiles. Les fruits du Lucuma de l’Orénoque ( Lucuma mammosa Juss.) sont bons à manger; ceux du Sapotillier ( Achras Sapota L.) et des Chryso-

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