‹ Nouveaux éléments d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 4 sur 74 · I. Salsepareilles du Mexique · texte numérisé non relu

I. Salsepareilles du Mexique

Vera-Cruz, della Conta ou de Tuspan. Cette sorte, que l’on désigne en France sous le nom de Honduras , est rapportée au Smilax medica Schlecht. Elle est composée de racines retournées sur une souche épaisse , généralement pourvue de tronçons de tige. Les tiges sont subcylindriques, géniculées, un peu épineuses, et peuvent avoir jusqu’à 60 centim. de long. Les racines sont repliées une fois sur elles-mêmes, noires ou gris jaunâtre, tachées de plaques d’argile, très-profondément sillonnées et dures, rarement pleines, plus souvent sèches et chargées de radicelles ; les plus belles qualités ont une écorce rosée. La zone ligneuse est souvent plus large que la moelle.

Cette sorte est fréquemment moisie et de mauvaise apparence ; elle arrive en bottes d’environ 1 mètre de long , disposées en balles de forme cubique, pesant de 75 à 100 kilogr. Les balles d’origine contiennent parfois jusqu’à 33 % de tiges de Smilax, de plantes étrangères, de pierres etc. C’est, de toutes les Salsepareilles du commerce , celle dont la récolte a été faite avec le plus de négligence , et dont l’emballage est le plus frauduleux.

La Salsepareille de Vera-Cruz offre la structure suivante (fig. 447) : Couche corticale externe formée de cellules affaissées, jaunâtres, déformées, et recouverte par 2 ou 3 assises de cellules brun rougeâtre, cunéiformes , très-épaisses en dehors, minces en dedans, à lumen étroit, parfois garnies à leur face externe d’une sorte de cuticule (?) brune , ^ soas/v

informe; couche corticale interne à Fig. 447. - Salsepareille de Vera-Cruzi*). cellules grandes , irrégulièrement

arrondies , minces , inégales , peu féculentes , ou contenant de l’amidon à grains plus ou moins désagrégés. Kernscheide à cellules radiales, rarement cunéiformes, beaucoup plus souvent rectangulaires, minces en dehors, épaisses en dedans et sur les côtés. Fibres ligneuses immédiatement appliquées contre la Kernscheide, ovales, allongées tangentiellement, un peu épaisses et radiées ; vaisseaux assez nombreux. La zone ligneuse est, en général, plus large que la moelle. Les cellules médullaires sont arrondies, un peu irrégulières, féculentes, et laissent entre elles quelques petits méats.

Six livres (3 kilogr.) de Salsepareille de Vera-Cruz ont fourni à

(*) k) Kernscheide. — cc ) Cellules corticales. — /) Fibres ligneuses (64/1).

MONOCOTYLÉDONES PÉRISPERMÉES.

M. Thubœuf 17 onces et 3 gros (546 gr.) d’extrait; ce qui correspond à 18,2 °/0. M. Dorvault (77 Officine , p. 488) indique, pour la même Salsepareille , les rendements suivants : avec l’eau , 14 °/0 ; avec l’hydralcool, 12 °/0. En comparant ces nombres, même celui donné par M. Thubœuf, avec ceux du rendement de la S. Jamaïque anglaise (33 à 41 °/o), on verra combien notre (fausse) Honduras est inférieure, à la S. Jamaïque rouge.

Tampico. Cette Salsepareille est exportée du port de Tampico de Tamaulipas. Selon M. Schleiden , elle ressemble absolument aux meilleures Salsepareilles de Yera-Cruz; elle est jaune vif, orange ou écarlate, dure et profondément sillonnée. O. Berg la représente au contraire, avec une écorce épaisse, féculente, et un corps ligneux peu développé.

Dans les coupes fournies par M. B.odig, de Hambourg, on la voit pourvue d’une ou deux couches de cellules du collenchyme , recouvrant une écorce féculente à cellules minces, arrondies , un peu ^régulières. Les cellules de la Kernscheide sont quadrilatères, un peu radiales, minces en dehors, épaisses en dedans, munies d’un lumen plus arrondi et proportionnellement plus large que celui des mêmes cellules dans la Salsepareille Yera-Cruz. Le bois est assez développé , par rapport à la moelle ; celle-ci ne renferme pas de vaisseaux.

Jamaïque allemande. On vend en Allemagne , sous le nom de rouge Jamaïque , une Salsepareille que Berg dit exportée de la cote de Mosquito à la Jamaïque, et dont la structure ne ressemble en rien à celle de la vraie Salsepareille Jamaïque.

Les racines de cette sorte sont dépourvues de souches, « longues, lavées , jaune d’œuf ou rouge vermillon , profondément sillonnées , épaisses de 1 à 2 1/2 lignes; l’écorce est épaisse de 1 ligne, farineuse, rougeâtre pâle, huit fois plus épaisse que la zone ligneuse. La moelle est farineuse, large de 1/2 millim., et traversée par un petit nombre de vaisseaux isolés» (Berg'.

M. Schleiden la croit identique à la sorte de Tampico, mais ces deux sortes n’ont pas la même structure. Cette Salsepareille est nettement caractérisée par la forme des cellules de sa Kernscheide , qui la distingue, comme sorte, des Salsepareilles Yera-Cruz, Tampico et Jamaïque anglaise. Yoici quelle est sa constitution histologique (voy. fig. 446, page 45) :

L’écorce est entourée par deux ou trois rangées de cellules arrondies, plus souvent ovales et cunéiformes, épaisses en dehors , de couleur jaune clair , jaune rougeâtre ou jaune brun , que recouvrent parfois les débris de la couche épidermique. Le parenchyme cortical est généralement affaissé et composé de cel-

LILIACÉES

Iules incolores ou jaunâtres; toutefois celles qui s’appuient à la Kernscheide sont épaisses , résistantes, rarement régulières et intactes.

Les cellules de la Kernsclieide sont quadrilatères, très-allongées radialement; leurs parois sont inégales, peu apparentes et comme nulles en dehors, très* épaisses en dedans et sur les côtés. Les parois latérales sont séparées des parois antérieure et postérieure par une ligne nettement définie , qui part des angles de la cavité cellulaire. Il en résulte que les parois de ces cellules semblent divisées en quatre parties: deux latérales saillantes, une extérieure trèsmince, une intérieure épaisse et comme déprimée. Le lumen est linéaire ou présente la forme d’un triangle à base extérieure.

Les fibres ligneuses juxtaposées à la Kernsclieide sont souvent plus grandes que les cellules de cette dernière couche, ovales, arrondies ou quadrilatères , nettement distinctes les unes des autres , marquées de stries concentriques d’épaississement , et coupées de canaux rayonnants, très -fins et très-nombreux. Leurs intervalles sont occupés par des méats. Elles sont très-épaisses au voisinage des vaisseaux, et pourvues alors d’un lumen très-étroit.

Les vaisseaux sont disposés en séries rayonnantes, et tantôt exac-^ tement superposés, tantôt séparés par des cloisons obliques. Les plus intérieurs sont parfois séparés du bois par des cellules médullaires intercalées, mais toujours entourés d’une ou de plusieurs couches de fibres ligneuses. Quelques-uns sont épars dans la moelle. Celle-ci est formée de cellules arrondies , constituant un tissu assez lâche. Les amas de tissu cribreux sont plus petits et plus rapprochés de la Kernscheide , que dans la Salsepareille de Vera-Cruz.

Manzanilla. Suivant Berg, cette Salsepareille est exportée de la côte orientale du Mexique, sur une aussi grande échelle que la Salsepareille de Vera-Cruz : <c Souche épaisse de 2 pouces , longue d’environ 1/2 pied, garnie de tronçons de tiges obscurément hexagones, épineuses, et de racines nombreuses, longues d’environ 4 pieds, épaisses de 3. à 4 lignes. Racines brun fauve, repliées en arrière sur leur souche, et pourvues d’arêtes vives, mais irrégulières, avec des faces planes. Couche corticale farineuse, cornée, souvent mince, désagrégée et se séparant aisément du bois. Celui-ci est épais et présente de grands pores vasculaires. La moelle contient des vaisseaux isolés. » (Berg).

Voici quelle est sa constitution histologique : cellules de l’épibléma disposées sur quatre ou cinq rangées concentriques; cellules corticales , minces , arrondies ; Kernsclieide à cellules très-épaisses en dedans, très-minces en dehors, carrées , parfois tangentielles ; lu- , wen tantôt grand, large, arrondi, tantôt, au contraire, assez peu développé; fibres ligneuses juxtaposées à la Kernscheide, grandes,

MONOCOTYLÉDONES PÉRISPERMÉES.

ovales- arrondies. Bois épais; vaisseaux nombreux, très-grands, les plus internes entourés parfois par des cellules médullaires.

Berg représente les fibres ligneuses voisines de la Kernscheide , comme étant très-grandes, minces, tangentielles , et les amas de tissu cribreux (. Kambiumstrànge Schleiden) beaucoup plus développés que dans la S. Tampico et dans la S. Jamaïque (allemande).

Cette Salsepareille semble inconnue dans le commerce français, du moins sous le nom de Manzanilla. Suivant Berg, elle est de qualité inférieure.

Elle paraît constituer l’une des sortes de Salsepareilles goûtteuses , que Pereira rapporte à la Salsepareille Caraque.

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