‹ Nouveaux éléments d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 52 sur 74 · C. Tendres · texte numérisé non relu

C. Tendres

Se laissant facilement entamer ou tailler par le couteau, mais ne recevant pas l’empreinte de l’ongle

Calcaire.

Barytine.

D. Très-tendres.

Se laissant très-facilement tailler par le couteau et rayer par l’ongle

Gypse.

Talc.

Les classes de Werner ne sont pas assez nombreuses pour qu’on puisse les adopter comme guides dans l’appréciation des duretés relatives.

Mohs a choisi, pour types de duretés, dix minéraux bien connus et qui peuvent aisément servir de terme de comparaison. Voici les noms de ces types, disposées selon l’ordre de leur dureté relative, les moins durs étant au commencement, les plus durs à la fin :

1° Talc luminaire. 6° Orthose ( adulaire ).

2° Sélénite ( Gypse laminaire). 7° Quarz hyalin.

3° Calcaire ( Spath d'Islande). 8° Topaze.

4° Fluorine. 9° Corindon hyalin.

5° Apatite. 10° Diamant.

CARACTÈRES SECONDAIRES

Les six premiers de ces types sont rayés par une pointe d’acier; les quatre autres raient le verre et ne sont pas rayés par l’acier. Le Talc est rayé par la Sélénite, qui est rayée par le Spath d’Islande, et ainsi de suite jusqu’au Diamant, qui raie tous les autres.

Quand on veut connaître le degré de dureté d’un minéral, on essaye de rayer l’une de ses faces par un angle ou par une arête de chacun des minéraux types, en commençant par le plus tendre de ces types. On dit que la dureté du minéral est comprise entre le type qui le raie et celui qui vient immédiatement avant, dans la série ci-dessus.

On conçoit d’ailleurs que le degré de dureté d’un corps varie avec sa structure, et que, en général, un minéral est d’autant plus dur qu’il est plus rapproché de l’état cristallin le plus parfait. Cependant, à l’état concrétionné, certains minéraux sont plus durs, parfois, qu’à l’état cristallin. Quoi qu’il en soit, et bien que, dans les minéraux amorphes, la dureté soit généralement moindre, elle ne s’éloigne pas assez de la dureté normale pour influencer la valeur de ce caractère.

L’emploi du briquet est d’ordinaire utile ; il sert à distinguer les roches siliceuses des roches calcaires ou feldspathiques. Mais la propriété de faire jaillir plus ou moins d’étincelles, par le choc, indique moins une dureté plus ou moins grande, qu’un état de cohésion spéciale. Ainsi le Diamant donne moins d’étincelles que le Quarz hyalin, et celui-ci est lui-même inférieur , sous ce rapport, au Silex, qui pourtant est rayé par le Diamant et par le Quarz.

CARACTÈRES SECONDAIRES

Réfraction. L’étude de la réfraction nous semble beaucoup plus du domaine de la physique que de celui de la minéralogie. On ne peut utiliser le caractère qu’elle fournit que dans un certain nombre de cas , et les moyens d’observations qu’elle exige se trouvent en dehors de ceux que comporte l’histoire naturelle. Nous avons cru devoir signaler ce caractère, mais nous nous en tiendrons là.

Ténacité. On appelle ainsi la résistance que les corps opposent au choc du marteau. Cette propriété, d’ailleurs peu constante, en général, caractérise un petit nombre de minéraux (les Jades , par exemple). Elle marche souvent en sens inverse de la dureté ; diminue ou même disparaît dans les minéraux solubles ou dont le clivage est facile ; augmente chez ceux qui possèdent une structure entrelacée (Amphibole) ou vacuolaire (Laves, Ponces). Toutefois l’absence de tout indice de clivage et la compacité de beaucoup de minéraux ne sont pas des indications assurées de leur ténacité. Ceux

MINERALOGIE.

qui joigent à une structure compacte un éclat vitreux ou résinoïde, comme le Quarz hyalin et l’Opale, sont, au contraire , plus ou moins fragiles.

Ductilité. La ductilité, est la propriété que possèdent certains minéraux de s’étendre sous le choc du marteau ; lorsqu’en raison de cette propriété , les minéraux peuvent s’étendre en lames minces, on les dit malléables. Les minéralogistes appellent également ductiles les minéraux capables de se laisser entamer à la manière du plomb, par un instrument, tranchant et de donner alors des copeaux plus ou moins prononcés; tel est l’Argent sulfuré.

Flexibilité. Cette propriété, qu’il est inutile de définir, appartient à la plupart des métaux à l’état natif, aux minéraux ductiles et aux espèces pierreuses qui se présentent en aiguilles déliées ou en lames minces. On peut citer, à cet égard, l’Amiante, le Mica et certaines variétés du Talc.

Les minéraux flexibles peuvent être élastiques (Mica) ou non élastiques (Talc).

Transparence. Les minéraux qui laissent simplement passer la lumière sont dits translucides ; ils sont transparents ou diaphanes quand on voit les objets à travers leur masse, et limpides lorsqu’ils sont à la fois transparents et incolores ; enfin on les dit opaques s’ils arrêtent complètement la lumière.

Couleur4 La couleur est tantôt inhérente à la substance même des minéraux: c’est la couleur propre ou essentielle ; tantôt elle est due à la présence de substances étrangères, ou bien elle est obscurcie par un mode particulier d’agrégation des molécules ; dans ce dernier casj on peut la déceler par la pulvérisation, la rayure ou la râclure.

On peut ajouter, à ces caractères, celui que possèdent plusieurs minéraux de laisser une trace sur le papier ou sur le linge. Cette propriété, que l’on désigne sous le nom de tachure, sert à distinguer immédiatement ceux qui la présentent de ceux qui en sont dépourvus et qui offrent avec les premiers une certaine ressemblance. La Stibine raie le papier moins que la Pyrolusite, et la trace que la Molybdénite laisse sur la porcelaine est gris verdâtre, tandis que celle qu’y laisse le Graphite est grise.

Parmi les couleurs dues à la présence de substances étrangères , il en est de réellement caractéristiques pour le minéral qu’elles affectent; tels sont, par exemple, l’Actinote et la Hornblende : M. Leymeric les appelle couleurs empruntées caractéristiques .

Les couleurs accidentelles offrent souvent des dispositions particulières, que l’on connaît sous les noms de rubanée , veinée , arborisée , ruiniforme.

Éclat. Ce caractère est parfois d’une importance relative cbnsi-

CARACTÈRES SECONDAIRES

dérable. Les différentes sortes d’éclat sont désignées par un mot qui rappelle leur ressemblance avec l’aspect d’un objet connu. Ainsi l’on dit que l’éclat est: vitreux , soyeux , nacré ou perlé, adamantin , gras , métalloïde , métallique , résineux , terne, mat , terreux. Son intensité se traduit par des épithètes empruntées au langage ordinaire.

Jeux de lumière. M. Leymerie a. rassemblé, sous ce titre, quelques effets de lumière plus ou moins accidentels et qui n’ont guère qu’un intérêt de curiosité.

Dichroïsme. Il consiste en une différence de couleur, qui se manifeste dans certains cristaux (Tourmaline) quand on les interpose longitudinalement ou transversalement entre l’œil et la lumière.

Astérie. Ce jeu de lumière se présente sous forme d’une étoile à six ou à quatre rayons lumineux dirigés , selon les arêtes réelles ou virtuelles de quelques minéraux (Corindon, Grenat) taillés en cabochon perpendiculairement à l’axe.

Irisation. Elle est due à la décomposition qu’éprouve la lumière blanche en traversant des lames très-minces d’un corps, et se manifeste par l’apparition de taches ou de zones diversement colorées.

Chatoiement. Il consiste en une tache lumineuse blanchâtre, qui se déplace lorsqu’on fait mouvoir le corps qui la présente, comme si elle était mobile dans son intérieur (Feldspath opalin, Cymophane, Quarz chatoyant). On peut rapporter au chatoiement le jeu de lumière qu’offre une variété du Feldspath Labrador.

Aventurine. On désigne ainsi une variété de Quarz, généralement rougeâtre , qui présente , sur une multitude de points intérieurs, des reflets scintillants supposés produits par de petites portions cristallines plus vitreuses que les autres.

On donne le même nom à certaines pierres (Quarz, Feldspath), dont l’intérieur est parsemé de petites lamelles de mica.

Phosphorescence. Elle consiste en des lueurs plus ou moins vives, qui se manifestent chez beaucoup de minéraux, par le frottement, la percussion, la compression et surtout par l’action delà chaleur. La Fluorine et l’Apatite la présentent à un haut degré quand on en met de petits fragments sur une plaque de fer chauffée au rouge.

Électricité. Parmi les minéraux, les uns (Succin, Soufre, pierres précieuses j minéraux résineux , bitumineux et vitreux) ne conduisent pas l’électricité; les autres (métaux et sels) la conduisent ; d’où la distinction des minéraux en non- conducteurs et conducteurs. Lorsqu’on frotte les minéraux, avec une étoffe de laine, les uns ( pierres précieuses ) s’électrisent positivement , les autres Cauvet. ii. 37

MINERALOGIE.

(Soufre, Succin) s’électrisent négativement. Le caractère de conductibilité ou de non-conductibilité, et le genre d’électricité acquise par le frottement offrent parfois une assez grande importance.

Certains minéraux acquièrent, lorsqu’on les chauffe, une électricité polaire très-prononcée : ce phénomène est désigné sous le nom de pyro-électr icité ; il est connu depuis longtemps chez la tourmaline, et M. Becquerel en a fait l’objet d’expériences intéressantes.

Dans la tourmaline, les deux pôles observés à l’extrémité des prismes de ce minéral correspondent à la dissymétrie cristallographique qui la caractérise.

Magnétisme. On appelle ainsi la propriété qu’offrent plusieurs minéraux d’agir sur un aimant ou d’être affectés par lui. Les aimants naturels sont des fers oxydulés , qui ont été aimantés sous l’influence du magnétisme terrestre.

On reconnaît la propriété magnétique d’an minéral au moyen d’une aiguille de boussole mobile sur un pivot perpendiculaire à sa direction.

Toucher. La ^sensation offerte à la main par le toucher se traduit par des impressions de chàud , de froid , de pesanteur , d’onctuositê , dé âpreté, de sécheresse , etc.

L’impression chaleur sert à distinguer certains minéraux ou roches , des produits artificiels destinés à les imiter. Les minéraux d’origine jnétallique sont froids , dans les circonstances ordinaires ; les minéraux d’origine organique (Succin, Lignite) semblent, au contraire, relativement chauds. Ainsi le lignite compacte, que l’on connaît en joaillerie sous les noms de Jais et de Jayet , n’offre pas à la main la sensation de froid que présente le verre noir , employé aux mêmes usages. Le marbre paraît, au contraire, plus froid que le stuc, et peut en être distingué par ce seul fait.

Cette impression différente est due évidemment au degré plus ou moins prononcé de conductibilité-chaleur offert par les minéraux et leurs imitations.

La sensation de pesanteur est en rapport avec la densité du minéral, et cette propriété semble devoir être rapportée aux caractères essentiels. Toutefois on l’emploie, dans le langage ordinaire, pour exprimer un fait brutal : l’on dit simplement que tel corps est pesant, tel autre léger. C’est pourquoi l’impression pesanteur nous paraît être un caractère purement organoleptique, et se trouve ici tout à fait à sa place.

Werner divise les minéraux en cinq catégories, dont voici le tableau, d’après M. Leymerie :

CARACTÈRES SECONDAIRES

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