‹ Nouveaux éléments d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 53 sur 74 · EXEMPLES · texte numérisé non relu

EXEMPLES

Très-légers

inférieur à 1

Naphte, Silex nectique.

Tégers

Succin , Anthracite.

Médiocrement pesants . . .

Calcaire, Quarz.

pesants

Barytine, Pyrite.

Très-pesants

supérieur à 6

Argent, Or, Platine.

La sensation de pesanteur permet de distinguer immédiatement des minéraux très-lourds, comme laBarytine et le plomb carbonaté natif (Céruse) , qui , par leur couleur banche , hyaline , pourraient être confondus avec certaines variétés de Calcaire cristallisé.

Les caractères d 'onctuosité, d'âpreté, de sécheresse n’ont pas besoin d’être définis. Ils se traduisent par des impressions spéciales. A ce groupe peut être rapporté le happement à la langue , qui est due à la propriété que possèdent certains corps, surtout les argiles, d’absorber l’eau. Ce caractère permet, en général, de distinguer les calcaires argileux des calcaires purs et de différencier ainsi les pierres à chaux hydraulique des pierres à chaux grasse.

Odeur. Peu de minéraux offrent une odeur particulière, immédiatement appréciable; tels sont les Bitumes. Le plus souvent l’odeur ne se développe que par le frottement, la percussion , l’action de la chaleur, ou même par l’insufflation de l’haleinë. C’est ainsi que se produit l’odeur bitumineuse des calcaires noirs et l’odeur argileuse des calcaires hydrauliques. L’action de la chaleur rend très-manifeste la présence du soufre et de l’arsenic dans les minéraux qui en renferment.

Saveur. Cette propriété ne se manifeste guère que dans les minéraux solubles , et permet de les distinguer jusqu’à un certain point. Elle se montre aussi, dans une certaine mesure, chez certains métaux, comme on le sait.

L’action préalable de la chaleur fournit un moyen de déterminer, chez certains minéraux, l’apparition d’une saveur qu’ils ne présentaient pas auparavant ; tel est le calcaire, que la chaleur transforme en chaux, et qui acquiert ainsi une saveur caustique.

M. Leymerie indique pour les saveurs les principaux types suivants :

Acide (Acide sulfurique).

Hépatique (Hydrogène sulfuré).

Piquante (Salmiac).

Astringente (Alun).

Salée (Sel marin).

Amère (Epsomite).

Caustique (Natron).

Fraîche (Salpêtre).

MINERALOGIE.

Solubilité. Ge caractère est lié d’assez près à la saveur.

Son. Certaines roches, comme le Phonolitlie, rendent un certain son, quand on les frappe avec un corps dur. Ge caractère peut servir à les reconnaître.

Les caractères que nous venons de passer en revue sont surtout physiques Ceux qui restent à étudier sont à peu près exclusivement du domaine de la chimie.

Action des acides. Quand on projette un minéral dans un acide, on constate : qu’il se dissout ou non; qu’il se dissout entièrement ou partiellement; que la dissolution s’opère avec ou sans effervescence; que l’effervescence est rapide ou lente ; qu’elle se produit avec dégagement d’une odeur particulière, ou sans dégagement d’odeur. En recueillant le gaz qui se dégage, on peut déterminer sa nature et s’assurer par là de l’identité d’un minéral ou d’un roche. Ainsi, beaucoup de minéraux ne se dissolvent pas dans l’acide azotique dilué, qui dissout l’Apatite sans effervescence; les zéolithes , traités par un acide concentré , laissent une matière gélatineuse; le calcaire pur se dissout avec une vive effervescence, tandis que les calcaires magnésiens, et surtout ia Dolomie , offrent alors une effervescence lente. Les sulfures dégagent de l’acide sulfhydrique , et les calcaires bitumineux produisent une odeur empyreumatique. Enfin, la Fluorine , de meme que les autres fluorures, dégage de l’acide fluorhydrique , reconnaissable à son action sur le verre, quand on la traite par l’acide sulfurique.

Action des alcalis. Ge genre d’épreuves ne s’emploie guère que pour dissoudre la silice gélatineuse au moyen de la potasse caustique.

Action de la chaleur. — Fusibilité. Lorsqu’on soumet les minéraux à l’action directe de la chaleur , on observe que les uns sont fusibles , les autres infusibles. Certains minéraux fusibles (Soufre , Stibine) fondent à la simple flamme d’une bougie, mais la plupart exigent une température beaucoup plus élevée. On arrive à ce résultat par l’emploi du chalumeau.

Le Chalumeau le plus usité de nos jours (fig. 790) se compose des pièces suivantes : 1° Un tube conique, dont la grande ouverture sert d’embouchure.

Fig. 790.

Chalumeau .

CARACTERES SECONDAIRES

2° Un réservoir cylindrique percé de deux ouvertures, l’une située sur l’un des points de sa surface convexe, l’autre occupant le milieu de l’une de ses bases; dans cette dernière pénètre à frottement la petite extrémité du tube conique.

3° Un petit tube dirigé perpendiculairement au premier et quis’adapte exactement à la seconde ouverture du réservoir; l’extrémité libre de ce petit tube porte un ajutage en cuivre ou en platine percé d’un très-petit trou.

En aspirant par le nez de l’air que l’on chasse dans le chalumeau par la simple contraction musculaire des joues, on obtient un courant continu, que l’on dirige sur la flamme d’une bougie. Selon que l’on veut produire l’oxydation ou la réduction des minéraux essayés, il faut soumettre ceux-ci à la portion oxydante ou à la portion réductrice de la flamme.

L’emploi du chalumeau permet de constater si le minéral est fusible ou infusible ; si la fusion est rapide ou lente ; si le produit obtenu est un verre transparent , un émail ou une scorie ; si le verre ou l’émail est incolore ou coloré ; si le minéral essayé se boursouffle ou non; si enfin il se produit, pendant le grillage, des fumées odorantes, et quelle est la nature de l’odeur,

Pour aider à la fusion des minéraux, on y ajoute souvent des fondants , qui facilitent la fusion ou la déterminent, et rendent plus sensibles les teintes spéciales à certains oxydes métalliques. Les réactifs les plus employés à cet usage sont au nombre de quatre :

1° Le Borate de soude (Bnrax) facilite la fusion de beaucoup de minéraux ; cette fusion est lente ou rapide ; elle se produit avec ou sans effervescence et détermine un verre incolore ou un verre coloré, qui, par le refroidissement, peut se colorer davantage et conserver ou perdre sa transparence.

2° Le Carbonate de soude. La plupart des combinaisons de soude sont infusibles à une haute température , tandis que presque toutes celles du borax sont fusibles. L’emploi du carbonate permet donc de constater si les corps combinés sont fusibles ou non. Ce réactif favorise, en outre, la réduction des oxydes mélalliques.

3° Le Phosphate double de soude et d’ammoniaque ( Sel de phosphore* se décompose par l’action de la chaleur; il se produit alors un phosphate acide de soude, dont l’acide libre se combine aux oxydes métalliques et détermine la formation de sels doubles plus ou moins fusibles. Ce réactif fait, beaucoup mieux que le borax, ressortir les couleurs caractéristiques des oxydes métalliques.

4° Le Nitrate de potasse sel de nitre i sert à terminer l’oxydation des substances qui ont résisté en partie à l’action de la flamme extérieure du chalumeau.

MINÉRALOGIE

Gisement des minéraux.

On appelle gisement , la manière d’être offerte par les minéraux relativement à leur disposition au milieu des roches et aux circonstances qui les environnent.

Les minéraux cristallisés ou concrétionnés forment parfois les éléments essentiels de certaines roches : M. Leymerie les appelle, dans ce cas, minéraux géognostiques essentiels: Leur cristallisation est généralement imparfaite; dans quelques roches, au contraire, ils présentent des formes très-nettes ; tels sont : le Mica , dans plusieurs granités et pegmatites; le Quarz, dans le porphyre quarzifère ; l’Orthose, dans le granité porphyroïde.

Les calcaires oolithique et pisolithique jouent le même rôle dans les roches de ce nom.

Plus généralement, les minéraux sé rencontrent d’une manière 'accidentelle ou accesssoire au milieu des roches ; tels sont : la Tourmaline , dans la pegmatite ; le Grenat dans le gneiss ; la Staurotide , dans les schistes siluriens de la Bretagne ; la Pyrite , dans le gypse et dans les schistes argileux, etc.

Les minéraux ainsi disséminés peuvent être isolés ou réunis en amas plus ou moins grands , et forment des masses intercalées au milieu d’un terrain , dont elles interrompent l’homogénéité. Ces masses donnent parfois naissance à une foule de veines , qui pénètrent dans le terrain ambiant et y forment une sorte de lacis.

Les amas de petite dimension ont reçu des noms différents, selon leur manière d’être. A ce groupe appartiennent les Rognons , les Géodes , les Amandes , les Nids , les Mouches.

Nous avons déjà parlé des Rognons (voy. t. II, p. 643).

Les Géodes sont des cavités, dont la surface interne est tapissée de cristaux ou revêtue de matières concrétionnées. On les trouve au sein d’une roche, d’un rognon ou d’une amande.

Les Amandes ou Noyaux sont des rognons en forme, d’âmande et dont la surface ne présente ni parties rentrantes, ni étranglements.

Lès Nids sont de petits amas de minéraux peu constants et même écailleux ou terreux.

Les Mouches sont de petites taches, cristallines ou non, disséminées assez régulièrement au sein d’un minéral ou d’une roche , dont la cassure est alors dite tachetée ou mouchetée.

Au groupe des minéraux disposés en amas se rattachent les masses que l’on désigne sous le nom de Filons.

Les Filons sont des masses minérales, généralement aplaties, indépendantes des terrains qu’elles traversent, terminées en forme de coins et présentant une étendue plus ou moins considérable. On

CLASSIFICATIONS

les rapporte à l’intrusion de matières provenant de l’intérieur du globe , dans des fentes déterminées par une dislocation de la croûte terrestre, sous l’influence d’une action souterraine violente.

Les filons sont essentiellement constitués par une roche (Quarz , Porphyre , Calcaire) , qui parfois les forme entièrement , mais qui , le plus souvent, sert d’enveloppe ( matrice ou gangue) à une autre matière, soit métallique, soit pierreuse. Celle-ci est disposée, au sein de sa gangue, en géodes, en Druses1, en veines , en mouches , en concrétions mamelonnées. Ce mode de gisement est le plus riche en espèces cristallisées ou concrétionnées. On y trouve des minéraux cristallisées par fusion et refroidissement, par solution dans les eaux thermales et sublimation ordinairement indirecte, ou par transport.

La roche engainante présente souvent, au voisinage des filons, des veinules ou des mouches de même nature que le minéral du filon.

On appelle Veines et Veinules des sortes de filons étroits dus , en général, au fendillement d’une roche et au remplissage de ses cavités par une matière minérale. La matière interposée peut être de même nature que la roche fendillée, ou d’une nature différente.

Gisement arénacé. L’or, le platine, le diamant, le corindon, le spinelle etc. se trouvent disséminées au sein d’alluvions anciennes ou modernes, composées de sable, de gravier ou de cailloux roulés. Ce mode de gisement est sans doute adventif ou secondaire, et les minéraux qui le présentent ont été séparés, par des causes physiques ou mécaniques, des roches au sein desquelles ils étaient primitivement disséminés. Aussi se montrent-ils, d’ordinaire, avec des formes arrondies dues aux frottements des corps ambiants, Le diamant et le saphir n’ont dû qu’à leur extrême dureté de conserver dans ce milieu une forme cristalline à peu près intacte,

CLASSIFICATION

Les détails dans lesquels nous sommes entré , relativement aux caractères minéralogiques , semblent suffisants pour délimiter ce type fixe, que l’on appelle Espèce en minéralogie.

Romé de Lisle avait adopté, comme qualités déterminantes de l’espèce minéralogique, la forme cristalline , la densité et la dureté. Les auteurs qui lui ont succédé se sont plus ou moins entendus sur les limites de l’espèce ; les uns considèrent beaucoup de types minéralogiques, comme des groupes d’espèces très-voisines ; les autres

1 Ce nom n’est guère qu’un double emploi de celui de géode. M. Leymerie s’en sert «pour désigner un tapis formé par des cristaux serrés sur une partie convexe ou saillante. »

MINERALOGIE.

voient ces types d’une manière plus large , en raison de l’impossibilité où l’on se trouve souvent de tracer une ligne de démarcation entre des minéraux très-rapprochés par leurs caractères essentiels.

Cette dernière manière de voir, que Haüy préconisait en partant de la forme, est partagée par M. Leymerie. Selon cet auteur, l’Espèce minérale est «le type minéralogique , c’est-à-dire « le minéral dont la substance est pure et qui est revêtu de sa forme «primitive, avec l’association des minéraux, cristallins ou non, qui «ont la même substance ou une substance équivalente, e t les « mêmes caractères essentiels. »

M. Leymerie désigne, sous les noms de grandes espèces , les types minéralogiques susceptibles d’être divisés en groupes secondaires très-voisins, et il appelle sortes ces derniers groupes, que certains auteurs considèrent comme autant d’espèces.

La divergence que nous venons de signaler dans la déterminatton du type spécifique, se montre encore, quoique dans un autre genre d’idées, dans le rapprochement de ces espèces en groupes d’ordre plus élevé, pour constituer les Familles , les Ordres et les Classes.

Le groupement des espèces peut s’établir en prenant pour point de départ , soit un point de vue particulier , soit un petit nombre de caractères faciles à reconnaître, soit enfin en tenant compte des analogies qui lient les espèces, les familles etc., et des différences qui les séparent. Une classification de ce dernier genre , ou naturelle , est à peu près impossible en minéralogie, et c’est pourquoi la plupart de celles qui ont été publiées sont purement artificielles.

Page 1