‹ Nouveaux éléments d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 6 sur 74 · M 0 NÔ C OT YLÉD ON ES PERIS P EU MÉES · texte numérisé non relu

M 0 NÔ C OT YLÉD ON ES PERIS P EU MÉES

compacte, très-dur, brunâtre et comme résineux. Elle est inodore ; sa saveur est fade et farineuse.

La Squine a joui d’une grande célébrité, comme sudorifique, mais elle est à peu près inusitée aujourd’hui. Elle entre dans les quatre bois sudorifiques, avec le Gayac, la Salsepareille et le Sassafras.

Parisette ( Paris quadrifolia L.). Plante qui croît dans les bois couverts, et du rhizome de laquelle s’élèvent des sortes de hampes Portant quatre feuilles verticillées, qui entourent une fleur solitaire , à segments périanthiques isolés, lancéolés, accumulés, verdâtres. Baie noire. Le rhizome est vomitif; les feuilles sont purgatives; les fruits vénéneux.

Aux États-Unis, on emploie, comme émétique , les rhizomes de plusieurs Irillium , et la racine du Medeola virginica L., qui est diurétique et vomitive, est vendue sous le nom de Indian-Cucum ber-root .

MOXOCOTYLÊDOMES PÉRl^PEHMÉEâ A OVAIRE INFÈRE.

DiÛSCÛRÉËS.

Plantes â rhizome en

Fig. 450. — rBige d'igname Balaie , d’après P. Ducliartre.

général volumineux, ligneux ou féculent et à tige volubile ; feuilles alternes ou opposées, souvent cordiformes, à nervures anastomosées et réticulées ; fleurs généralement dioïques, petites, jaune verdâtre; fruit: baie ou capsule triloculaire , quelquefois réduite à une loge par avortement.

Cette famille a été établie par Rob.

Brown, pour les Asparaginées à ovaire infère. Elle formait, avec les Smilacées et les Taccacées, la classe des Dictyogènes de Bindley.

Le genre Bioscorea Plum. , qui en est le type, est important, au point de vue économique, par les rhizomes et les tubercules féculents de plusieurs de ses espèces (Ignames, fig. 450), qui servent à l’alimentation.

Le genre Tamus L. fournit une espèce, le T. communis L.; connue sous le nom Taminier, Racine de femme battue etc. , qui croît en Europe, dans les haies. Cette plante est volubile , longue de" plusieurs mètres, pourvue de feuilles alternes, pé-

ÀMARYLLlhEES.

liolées , molles , cordiformes , luisantes ; la base des pétioles porte deux petits corps cylindriques et d’apparence glanduleuse , que l’on doit regarder comme des stipules ; Heurs dioïques , en grappes axillaires ; baies rouges, ovoïdes , triloculaires. Son rhizome est gros comme le poing, très-amylacé, et possède une saveur âcre et amère. On l’employait jadis comme purgatif.

Guibourt rapporte à cette famille , les Tctcca , plantes non volubiles, herbacées, à racine tubériforme, à feuilles radicales pédalées, simples ou pinnatifides. Les genres Taccct Forster et Atciccia Presl. forment la famille des Taccacées.

Le tubercule des Tctcca renferme beaucoup de fécule. Les Anglais tirent de Taïti la fécule du Tavoulou (Taccapinnatifida L.). Cette fécule, connue sous le nom d’Arrow-root de Taïti, est blanche, pulvérulente, insipide, inodore, très-analogue à celle du sagou, mais à grains plus courts, plus arrondis et souvent pourvus d’un hile étoilé.

AMARYLUDÉES.

Cette famille ne diffère des Liliacées que par son ovaire infère. Les fleurs sont enveloppées, avant l’anthèse , par une spathe scarieuse.

Quelques Amaryllidées sont de violents poisons ; telles sont 1A1maryllis Belladona L. des Antilles, YHœmanthus toxicarius Ait., du Cap. Presque toutes ont des bulbes âcres et émétiques ; le bulbe du Pancratium maritimum L. paraît avoir les mêmes propriétés que celui de la Scille.

La plus importante de toutes , parce qu’elle est indigène et fort active, est le Narcisse des prés (. Narcis&us pseudo-Narcissus L.

Cette plante est pourvue d’un bulbe tuniqué ; ses feuilles sont allongées, aplaties, étroites, un peu plus courtes que la hampe; celle-ci est glauque, très-comprimée, haute d’environ 20 centim. et terminée par une fleur jaune , un peu penchée, odorante, qui sort d’une spathe scarieuse, monophylle. La fleur est doublée intérieurement par une sorte de couronne tubuleuse, pétaloïde, à bord frangé et comme glanduleux , dépassant la longueur des divisions du périanthe et d’un jaune plus foncé.

Le Narcisse des prés croît dans les lieux humides et ombragés ; ses fleurs et ses bulbes semblent en être les parties les plus actives ; on y a signalé la présence d’un principe particulier, la Narcitine , qui aurait les mêmes propriétés. Le Dr Jourdain, qui a découvert la Narcitine, prétend que les squames desséchées du bulbe en contiennent presque la moitié de leur poids.

Il est probable dès lors que la Narcitine n’est pas très-active,

MONOCOTYLÉDONES PÉRISPERMÉES.

car le bulbe sec et pulvérisé, pris à la dose de 36 grains, n’a pas produit de vomissement.

Les fleurs en poudre ou leur extrait ont été administrés avec succès, dit-on, contre les névroses. M. Michéa assure avoir guéri des épileptiques, avec la poudre des fleurs, à la dose initiale de 3 décigr., que l’on augmente peu à peu jusqu’à celle de 15 décigr. , dose qu’il ne faut point dépasser, parce qu’il survient des vomissements.

Le Narcisse des prés est administré en poudre , en extrait , en sirop, en vinaigre, en oxvmellite. On l’emploie d’ailleurs quelquefois comme émétique. | •

Les feuilles de Y Agave americana L. fournissent un suc qu’on emploie frais, au Mexique, comme révulsif cutané. Il produit une vive douleur et des démangeaisons cuisantes , autour de taches proémiminentes , comme dans l’urticaire. Ce suc fermenté produit le Pulquê , dont l’usage immodéré occasionne un exanthème souvent très-rebelle, et de même espèce que celui produit par le suc de la plante. Le môme phénomène se produit après l’absorption du suc par les voies digestives.

BROMÉLIACÉES.

Cette famille est formée de plantes toutes exotiques, qui diffèrent des Amaryllidées par leur port et par les caractères suivants : divisions du périantlie disposées sur deux rangées, l’externe presque foliacée , l’interne pétaloïde ; stigmates accolés et ordinairement tordus en spirale; fruit généralement charnu; graines à périsperme farineux.

La plante la plus importante peut-être de cette famille est l’Ananas comestible (Bromelia Ananas L.), dont le fruit si recherché est, au dire des voyageurs, le meilleur des fruits connus.

(RIDÉES

Plantes généralement herbacées , vivaces , à rhizome tubéreüx ou bulbeux ; feuilles étroites, comprimées latéralement, ensiformes, distiques , équitantes, rectinerviées ; hampes simples ou ramifiées ; inflorescence variable ; fleurs hermaphrodites, rarement solitaires, enveloppées dans une spathe avant l’anthèse ; périantlie à six divisions régulières ou irrégulières : trois extérieures , trois intérieures ; 3 étamines , libres ou monadelphes, cxtrorses , opposées aux divisions extérieures du périantlie. Ovaire infère à trois loges polyspermes; style simple, terminé par trois stigmates opposés aux étamines, quelquefois pétaloïdes et généralement très-développés.

llUDÉES.

Le fruit est une capsule trigone à déhiscence loculicide, Les seuls genres Iris L. et Crocus Tourn. fournissent quelques produits actuellement usités en médecine.

g. Iris L.

Rhizome horizontal; pèrianthe à six divisions, dont trois externes réfléchies et trois internes dressées ; style divisé supérieurement en trois lanières pétaloïdes , recourbées en voûte au-dessus des étamines , et présentant deux lèvres : la supérieure grande , bifide , l’inférieure très-courte, recouvrant la surface stigmatique.

Iris de Florence (Iris Florentina L.) : fleurs grandes, blanches, odorantes , au nombre de 2 ou 3 sur la hampe ; périantlie à tube plus long que l’ovaire et à divisions extérieures munies d’une ligne barbue.

Cet Iris est recherché à cause de son rhizome, qui a une odeui* prononcée de Violette.

Le rhizome d’Iris ffig. 451) est gros comme le pouce, articulé, rameux, horizontal, d’un blanc jaunâtre extérieurement, charnu et blanchâtre intérieurement. Sur une coupe longitudinale, ce rhizome se montre divisé, par une ligne jaunâtre, en deux parties inégales : une inférieure, blanche , étroite, de laquelle naissent des racines cylindriques ; une supérieure , beaucoup plus grande , parsemée de faisceaux. La face supérieure porte ds demi-anneaux, qui sont les restes des points d’attache des feuilles.

Dans le commerce , l’Iris de Florence est mondé de son écorce , et ne présente plus, sur l’une de ses faces, que des ponctuations, seuls restes de l’insertion des fibres radicales ; il est blanc, aplati, long de près de 10 centim.; sa saveur est âcre et amère. On en fait des Pois à cautères; le rhizome luimême sert de hochet aux enfants , dès la première dentition ; sa

-ÎVÎÔNÔCOTÏLÈDONES PÉRISPERMÉES.

poudre est surtout employée comme cosmétique. Il doit son odeur à une huile volatile ; à l’état frais , il est violemment purgatif.

Iris commun ou Flambe ( Iris Germanica L.) : fleurs grandes , d’un bleu violet et à divisions extérieures pourvues de poils glanduleux, jaunes. Son rhizome a une odeur faible de violette ; il est émétique et drastique ; inusité.

Iris fétide ou Glayeul puant (Iris fœclitissima L.) : fleurs assez petites, d’un bleu sale et violacé, à divisions extérieures dépourvues de raie barbue ; feuilles fort longues , étroites , d’un vert foncé et d’une odeur désagréable, quand on les écrase. Son rhizome présente une très-grande âcreté ; on l’a employé contre l’hydropisie. M. Lecanu en a retiré une huile volatile extrêmement âcre.

Iris jaune ou Glayeul des marais (Iris Pseudo-Acorus L.) : Heurs jaunes, à divisions extérieures dépourvues de raie barbue ; rhizome inodore , très-fort , devenant rougeâtre à l’intérieur par la dessiccation. Récent, il est très-âcre et purgatif.

g. Crocus L.

Safran ( Crocus sativus L.), bulbes solides, arrondis et déprimés, superposés ; feuilles linéaires , à bords réfléchis , blanches en dessous , réunies en un fascicule par une gaine ; fleurs à périanthe violacé , régulier, longuement tubuleuses, paraissant avant les feuilles, en septembre et en octobre; trois étamines; trois stigmates, crénelés , creusés en cornet et portés sur un style filiforme très-long (fig. 452). Ges stigmates desséchés avec soin constituent le Safran du commerce.

Un bon Safran doit être formé de filaments longs , souples , élastiques, de couleur rouge orangé foncée, pur de tout mélange, bien sec, d’odeur forte, vive, pénétrante, caractéristique, colorant la salive en jaune doré, et produisant une poudre rutilante. Le Safran doit sa couleur à une matière spéciale , la Saf canine ou Polychroïte , et son odeur à une huile volatile, qui lui donne ses propriétés médicinales. On l’emploie en médecine sous forme de poudre, de teinture, de sirop, d’alcoolé etc. Il entre dans la thériaque, le sirop de Delabarre, le caustique safrané de Yelpeau (ou mieux de Rust), le laudanum de Sydenham etc.

On falsifie le Safran avec plusieurs substances :

1° Le Safran , féminel , qui est constitué par les styles privés de stigmates et colorés avec la teinture de vrai Safran.

2° Les fleurons de Garthàme également colorés par le Safran ; les fleurs de Grenadier hâchées ; celles du Souci découpées en lanières trilides et teintes en rouge. Ges dernières falsifications seront recon-

IRIDÉES.

nues à ce que les corolles sont minces et de largeur à peu près égale dans toute leur étendue. On les évitera surtout, en examinant à la loupe un peu du Safran, que l’on a étalé sur une feuille de papier. « A l’exception de quelques étamines isolées de Crocus, qui peuvent s’y trouver, tous les brins doivent être composés d’un style filiforme partagé à l’une de ses extrémités en trois stigmates aplatis , creux , vides à l’intérieur, s’élargissant peu à peu en forme de cornet , jusqu’à l’extrémité , qui est comme bilabiée et frangée » (Guibourt).

3° Des fibres musculaires desséchées, qui donnent une odeur désagréable par la combustion.

4° De l’eau, de l’huile , faciles à discerner, en pressant le Safran dans ctu papier sans colle.

5° Le Safran épuisé pressé entre les doigts ne les tache pas et ne colore pas ou colore peu la salive.

6° Le sable, le plomb etc. sont décelés en soulevant le Safran , avec les doigts écartés, et le secouant au-dessus d’une feuille de papier.

Il y a quelques années, on présenta, à l’hôpital civil de Strasbourg, un Safran absolument dépourvu des parties jaunes, que les meilleurs Safrans présentent toujours. Ce Safran étant traité par l’acide sulfurique , une bonne partie de ses filaments ne se colora pas en bleu. En faisant chauffer ces filaments , ,

avec l’ammoniaque, M. Hepp les vit prendre Safran, d’après Moquiula teinte jaune propre aux styles de Safran Tandon (*). et reconnut qu’ils avaient été colorés en rouge par le bois de Campêche. Après un triage attentif, on arriva à constater que les styles ainsi colorés existaient dans le Safran , dans la proportion de 40 p. i 00.

La Safranine est peu soluble dans l’éther, aussi ce dernier ne se colore-t-il pas au contact du Safran ; l’acide sulfurique la colore en bleu foncé, puis en violet, enfin en brun; l’acide azotique lui donne une teinte verte, qui s’altère peu à peu. Ces deux acides se comportent de la même manière au contact du Safran.

(*) a) De grandeur naturelle. — b) Grossis.

MONOCOTYLÉDONES PÉRISPERMÉES.

En Amérique, les bulbes des F err aria pur g ans Mart. et catliartî'ca Mart. sont réputés purgatifs ; ceux du Morœa collina du Gap sont très-vénéneux, et agissent à la manière des Champignons,

MUSACÉES.

Plantes herbacées, souvent très-élevées, non ramifiées, vivaces; feuilles engainantes, longuement pétiolées , finement penninerviées, quelquefois très-grandes ; fleurs hermaphrodites irrégulières, toujours enfermées dans des bractées avant Panthèse ; périanthe à six divisions souvent très-inégales ; cinq (rarement six) étamines ; ovaire triloculaire ; style simple, surmonté de trois stigmates ; fruit : baie indéhiscente, ou capsule à déhiscence loculicide.

Les fruits des Bananiers ( Musa sapientum L. , M. paradisiaca L.), connus sous le nom de Bananes , sont très-estimés en raison de leur saveur sucrée acidulé, très-agréable.

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