A M 0 M É ES
Plantes vivaces , à rhizome ordinairement tubéreux ou charnu ; feuilles engainantes, à nervures latérales et parallèles; fleurs en grappe ou en panicule , rarement solitaires ; périanthe double : l’externe formé de trois divisions égales, courtes, peu colorées; l’interne à trois divisions plus grandes, colorées, régulières , soudées en un tube à la base. Au dedans du périanthe , on trouve trois appendices pétaloïdes, inégaux, dont un généralement plus grand, appelé Labelle , et qui représentent autant d’étamines transformées ; une seule étamine fertile à anthère uniloculaire ou biloculaire ; filet staminal plane ou cylindrique ; style grêle , cylindrique ou plan , à stigmate latéral, ou terminal et en forme de coupe ; fruit : capsule 1-3-loculaire , monosperme ou polysperme, à déhiscence loculicide. Embryon droit ou courbé , inclus dans un périsperme simple ou double.
On divise assez généralement les Amomées en deux sous-familles : 1° les Cannées ou Marantacées : étamine (fig. 453) latérale, à anthère uniloculaire ; périsperme simple ; 2° les Scitaminces ou JZingibéracêes : étamine antérieure, à anthère biloculaire ; périsperme double. (*)
Fig. 453. — Etamine et style du Canna pedunculata , d’après P. Duchartre (*).
(*) v) Stigmate. — a) Anthère. — fl) Filet.
AMODIÉES,
Arrow-root.
Les Amomées fournissent quelques fécules connues sous le nom générique d’ Arrow-root. La plus répandue de ces fécules est tirée du Maranta arundinacea L., plante originaire des Antilles et transportée par les Anglais dans l’Inde.
Cette fécule, appelée Arrow-root des Antilles (fig. 454), est blanche, craque sous les doigts et donne à l’eau moins de consistance que l’amidon du blé. Elle est généralement inodore , insipide , et souvent aglomérée en morceaux irréguliers , qui se divisent à la moindre pression. Ses granules sont nacrés , transparents , égaux entre eux , souvent fissurés , triangulaires comme ceux de la fécule de pomme de terre, mais plus petits, de même grandeur que les plus gros grains d’amidon ; leur hile est punctiforme et entouré de zones concentriques.
Les rhizomes du Canna coccinea Mill. et du C. edulis Ker fournissent une sorte d’ Arrow-root , connu sous le nom de fécule de Tolomane. Cette fécule est remarquable par le volume de ses grains, qui sont généralement elliptiques et très-minces.
L’Arrow-root de Travancore , produit par le Curcuma rubescens Roxb. , est formé de grains assez gros , ovoïdes, ellipsoïdes ou trigones arrondis , dépourvus de hile et de couches concentriques (Moquin-Tandon) .
L’Arrow-root de l’Inde , retiré du Curcuma angusti folia Roxb. et du C. leucorrliiza Roxb., a ses grains un peu plus allongés que ceux de l’Arrow-root des Antilles, plus grands et pourvus d’un hile plus petit, arrondi, situé à l’une des extrémités, qui est appointie; les zones d’accroissement sont unilatérales plutôt que concentriques.
Enfin l’Arrow-root de Calcutta, qui paraît être YIndian Arrow-root, est fourni par le Maranta indica Tussac,
Fig. 454. — Fécule d'Anovj-root , d’après Moquin-Tandon.
Galanga.
On trouve dans le commerce, sous le nom de Galanga , trois sortes de rhizomes coupés en tronçons et qui se ressemblent assez.
1° Le Galanga officinal ou Galanga de la Chine, produit par le Hellenia chinensis Willd., présente deux variétés (le petit et le
MONOCOTYLÉDONES PÉRISPERMÉES.
moyen Galanga, fig. 455) : rhizomes cylindriques, ramifiés, brun rougeâtre, et marqués de franges circulaires de couleur jaune fauve; leur tissu est uniformément fibreux, d’un fauve rougeâtre,
et déborde , en général , dans les surfaces de section ; odeur aromatique ; saveur âcre e t brûlante ; poudre rougeâtre , colorant l’alcool et l’eau.
2° Le Galanga léger diffère surtout du précédent par sa plus grande légèreté ; son épiderme est lisse , luisant , d’un rouge jaunâtre ; ses articulations présentent des renflements tubéreux , et il offre des articles finis , ovoïdes , longs d’environ 27 milliiu. On ne connaît pas la plante qui le produit.
3° Le grand Galanga ressemble assez au Galanga léger ; il est plus gros que les deux autres espèces, rouge orangé, avec franges circulaires blanches, assez tendre, blanc grisâtre à l’intérieur; sa poudre est presque blanche , son odeur moins aromatique et plus âcre que celle du vrai Galanga ; il provoque l’éternuement , pourtant sa saveur n’est point brûlante. Concassé et agité dans l’eau, il laisse déposer de V amidon , ce que le vrai Galanga ne produit pas. On l’attribue au Marania Galanga L. ( Alpinia Galanga i Swartz).
Gingembre.
On connaît dans le commerce , sous le nom de Gingembre , deuxsortes de rhizomes, le Ging. gris et le Ging. blanc , qui paraissent être l’un et l’autre produits par le Zingiber officinale Roscoe , et sont peut-être deux variétés obtenues par la culture.
Selon Pereira, ces deux sortes diffèrent surtout par le mode de préparation : la première {Ging. noir des Anglais, ou avec épiderme) est obtenue en triant et nettoyant les rhizomes , qui sont ensuite échaudés dans l’eau bouillante et puis séchés au soleil ; pour la seconde sorte , les rhizomes sont choisis morceau par morceau , lavés et râclés, puis séchés au soleil et à l’air libre.
Les rhizomes les plus foncés sont quelquefois blanchis , par un lavage dans une solution de chlorure de chaux, ou par l’exposition aux vapeurs d’acide sulfureux. Ce traitement donne au gingembre une couleur blanc de chaux , mais rend sa surface plus ou moins rugueuse. On l’appelle alors Gingembre blanc lavé .
AMOMÉES.
Dans le commerce anglais, on connaît sept sortes de gingembre , distinguées par leur qualité et leur provenance : 1° G. de la Jamaïque, sans épiderme: 2° G. des Barbades, avec épiderme; 30.40 (j ciu Malabar , avec et sans épiderme ; 5°-6° G. du Bengale, avec et sans épiderme ; 7 0 G. de Sierra-Leone , avec épiderme.
En France, on ne connaît guère que les deux sortes ou types cidessus mentionnés, et dont voici les caractères.
Le Gingembre gris (fig. 456) est formé de morceaux longs de 3 à 5 centim. , plats, articulés, couverts d’un épiderme ridé, gris jaunâtre, manquant sur les parties proéminentes du rhizome, qui sont alors noirâtres. Il est blanc jaunâtre àl’intérieur; sa saveur est brûlante, son odeur forte et camphrée.
Le Gingembre blanc est plus long , plus grêle, plus aplati et plus ramifié , ordinairement privé de son écorce fibreuse jaunâtre, et alors blanc à l’extérieur et à l’intérieur. Il est plus léger, plus tendre et plus fibreux que le précédent ; sa saveur est beaucoup plus brûlante, son odeur moins aromatique.
Le Gingembre et le Galanga sont des excitants très-puissants.
Curcuma.
Fig. 456. — Gingembre gris , d’après Guibourt.
Le Curcuma ou Terra-merita (fig. 457) est le rhizome du Curcuma tinctoria Guib. ( G . long a L.).
Fig. 457. — A. Curcuma rond. — B. Curcuma oblong , d’après Guibourt.
MONOCOTYLÉDONES PÉRISPERMÉES.
On en connaît deux variétés, dont Rumphius avait fait deux espèces, sous les noms de Cure, domestica major et Cure, domestica minor ; ces deux variétés diffèrent seulement par quelques caractères peu importants.
Ce rhizome se compose d’une sorte de souche plus ou moins arrondie, d’où partent beaucoup d’articles allongés et digités. Il est donc facile de comprendre l’origine des deux sortes de Curcuma {long et rond) du commerce. Les Curcuma rond et oblong sont jaunâtres à l’extérieur, compactes et d’un jaune brun à l’intérieur.
Le Curcuma long est à peu près cylindrique ; gris ou verdâtre , rarement jaune ; sa cassure est compacte et de couleur rouge brun foncé.
Ces deux sortes de Curcuma ont une odeur analogue à celle du Gingembre, et une saveur aromatique , un peu amère.
Le Curcuma est stimulant et diurétique ; on l’emploie, dans l’Inde, comme assaisonnement. Il est principalement usité à cause de sa matière colorante , qui est de nature résineuse et nommée Curcu mine.
La curcumine est en lames minces , transparentes , de couleur cannelle ; elle donne une -poudre jaune. Les acides sulfurique, phosphorique et chlorhydrique la dissolvent avec une couleur cramoisie ; l’acide acétique la dissout, et l’acide azotique la décompose. Les alcalis la dissolvent avec une teinte brun rouge. La teinture de Curcuma étant additionnée d’acide borique , puis évaporée , laisse un résidu orangé; le papier de curcuma prend une teinte orangée, dans un soluté alcoolique d’acide borique.
La poudre de Curcuma est souvent falsifiée ; quand on plonge un morceau de tissu de soie dans une infusion de Curcuma, la curcumine se fixe sur l’étoffe et la liqueur se décolore, si la poudre essayée était pure; dans le cas contraire, la liqueur reste colorée,
Zédoaire.
On distingue trois substances du nom de Zédoaire : 1° la Zédoaire ronde , qui provient du Curcuma aromatica Roscoe.; 2° la Zédoaire longue, fournie par le Curcuma Zedoaria Roscoe; 3° la Zédoaire jaune, dont Rumphius a décrit la plante-mère, sous le nom de Tommon bezaar , et que l’on pourrait peut-être appeler Cure. Bezaar. Cette plante est voisine du C. tinctoria , dont elle diffère par l’énorme grandeur de ses feuilles , et par sa racine , qui a l’odeur de la Zédoaire, avec la couleur affaiblie du Curcuma.
La Zédoaire longue est sous forme de tubercules de la grosseur du petit doigt, allongés , cylindriques ou fusiformes , compactes, gris
AMOMÉES. G9
à l’extérieur et â l’intérieur. Odeur aromatique ; saveur amère , camphrée.
La Zédoaire ronde est en tubercules ovoïdes , entiers ou divisés par segments, garnis extérieurement de débris de radicelles, et souvent pourvus d’anneaux circulaires peu marqués. Elle est compacte et lourde , grisâtre en dehors , plus ou moins blanche à l’intérieur ; elle a l’odeur et la saveur de la sorte précédente.
Amome, Cardamome et Maniguette.
DF
— Petit Cardamome du d’après Moquin-Tandon.
On trouve dans le commerce, sous les noms d ' Amome, de Cardamome et de Maniguette , des fruits et des semences, sur l’origine botanique desquels on paraît ne pas être entièrement fixé. Nous en décrirons quelques-uns seulement.
L’ Amome en grappe , attribué à YAmomum racemosum Lamk. (.4m. cardamomum Roxb.), est constitué par des fruits réunis en grappes ou isolés, de la grosseur d’une cerise, ronds, paraissant formés de trois coques soudées , à parois fermes, minces, blanchâtres, et à semences brunes , cunéiformes. Leur odeur est pénétrante , térébinthacée ; leur saveur âcre et piquante.
Petit Cardamome ou petit Cardamome du Malabar (fig. 458). Coque ovoïde un peu arrondie , à trois côtes , longue d’environ 1 centim. , blanc jaunâtre , de consistance ferme ; semences brunâtres, irrégulières, d’odeur et de saveur très-fortes , térébinthacées. C’est le Cardamome officinal ; il est produit par VA Ipinia Cardamomum Roxb.
Moyen Cardamome ou long Cardamome du Malabar (fig. 459) simple variété du précédent, plus allongé , blanc cendré ; semences rougeâtres très-aromatiques.
Grand Cardamome ou Gard, de Ceylan (fig. 460). Sa capsule peut avoir de 2 à 4 centim. de long et 7 à 9 millim. de large ; elle est gris brunâtre et rétrécie à ses deux extrémités. Les semences sont anguleuses, blanchâtres, irrégulières, de saveur et d’odeur plus faibles que celles des précédentes. Tl est produit par VElletaria major Smith,
Fig. 459. — Long Cardamome du Mal a bar , d’après Moquin-Tandon.
APÉTALES DICLINES GYMNOSPERMES.
Tous ces fruits étaient autrefois fort employés en médecine , en raison de leurs propriétés stomachiques et sudorifiques. Ils sont
inusités aujourd’hui et servent seulement en parfumerie ou comme condiments.
La Maniguette ou Graine de Paradis , nous vient de la côte de Guinée ; elle est constituée par des semences grosses comme celle de Fenugrec, anguleuses, rougeâtres, mais contenant une amande blanche, âcre et brûlante, très-odorante. Elle est due # à YAmomum Afzelii Rose.
La Maniguette et plusieurs de ses congénères (71. ciiriodorum , A. Melerjueta Rose, etc.) servent à donner de la force au vinaigre. Selon Pœppig, les Péruviens emploient les feuilles odorantes des Renealmia , en topique , contre les douleurs rhumatismale.