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CHAPITRE III

DE LODOttAT.

L'odorat a pour organe la membrane olfactive ou pituitaire, qui revêt les fosses nasales. Cette membrane a pour excitant propre les molécules des corps odorants appelés odeurs. Ces molécules, portées par l'air dans le mouvement d'inspiration, vont impressionner la membrane et sont la cause de la sensation. Les molécules odorantes peuvent être en suspension dans un liquide, et déposées immédiatement sur la membrane olfactive sans le secours de l'air. L'exercice du sens de l'odorat est soumis à l'empire de la volonté, car les fosses nasales sont abritées antérieurement par le nez , espèce de chapiteau destiné à recueillir les odeurs. Ce chapiteau , fixe dans sa partie supérieure ou racine, est, dans sa partie inférieure, mobile et pourvu de petits muscles propres à ouvrir ou à resserrer le passage destiné à l'entrée des odeurs. On peut croire que la nature a placé l'odorat sur la route de la respiration, pour que ce sens juge des qualités de l'air qui va être introduit dans les poumons, comme elle a placé le goût sur la route que parcourent les aliments, afin que, sentinelle vigilante, il ne laisse passer que ceux qui sont convenables à l'économie. Dans l'état naturel, en effet, les substances qui répugnent à l'odorat et au goût ne conviennent guère aux poumons et à l'estomac. Sans l'odorat, l'homme exposé à des émanations délétères, serait frappé par la mort avant de savoir par quel chemin elle est arrivée jusqu'à lui.

Ce sens rend aux organes de la respiration et à l'ensemble de l'organisme un service marqué et de tous les moments, dans certaines professions, notamment dans celle des égoutiers, qui semblent avertis des dangers qu'ils courent (défaillances, ophthalmies, asphyxies, etc.),

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tantôt par une odeur fade, tantôt par l'horrible et repoussante odeur d'hydrogène sulfuré, d'autres fois par une odeur putride analogue à celles des pièces anatomiques macérées ; d'autres fois enfin, par des odeurs spéciales, mais toujours repoussantes, appartenant aux divers produits altérés qui peuvent être apportés à l'égout.

L'odorat ne se borne pas à apprécier les qualités de l'air qui doivent servir à la respiration , il prête encore son aide au goût pour l'appréciation des aliments , et ajoute encore aux jouissances de celui-ci.

Les effets de l'exercice bien dirigé de l'odorat sont le perfectionnement de ce sens. Les chiens de même race ont l'odorat plus ou moins fin, selon qu'on les laisse plus ou moins de temps sans les faire chasser. Des nègres sont, dit-on, parvenus, par l'exercice de ce sens , à distinguer leurs semblables des hommes blancs. L'aveugle dont parle Cheselden, s'apercevait si sa fille s était livrée aux plaisirs de l'amour , et les sauvages de l'Amérique sentaient , dit-on , les Espagnols à la piste , comme auraient pu le faire les chiens doués du nez le plus sûr.

Les odeurs fortes émoussent l'odorat ; elles peuvent enflammer la membrane pituitaire. Un trop long exercice épuise également ce sens ; mais il recouvre sa finesse par le repos.

Le tabac émousse l'odorat en épuisant l'excitabilité de la membrane pituitaire et en recouvrant cette membrane d'une crasse épaisse; cependant il ne blase pas l'odorat comme le font les odeurs fortes, sans doute parce que cet excitant agit plutôt sur le système vasculaire de la membrane que sur son système nerveux (voyez Sécrétion nasale).

L'exercice du sens de l'odorat porte aussi ses effets sur le reste de l'économie, principalement sur l'encéphale, et de là sur le cœur, l'estomac, les muscles, etc. Le flair do certaines odeurs réveille la vie près de s'éteindre, arrête ou produit des mouvements nerveux désordonnés. Le premier de ces deux effets est causé par les odeurs fortes et pénétrantes ; le second est dû aux émanations de pétales et étamines qui portent une odeur fade et nauséeuse, telles que les lis, les narcisses, les tubéreuses, le safran et la plupart des liliacées; beaucoup d'autres fleurs, telles que la rose, l'œillet, le chèvrefeuille, la violette, le jasmin et le sureau, sont dans le même cas. L'olfaction de plusieurs végétaux, comme la jusquiame , le stramonium, le pavot, le noyer, cause, dit-on, une espèce de sommeil et souvent de la céphalalgie ; l'olfaction de la bétoine, l'ivresse ; les plantes de la classe des labiées ne causent, au contraire, aucun effet malfaisant. L'expérience apprend assez à fuir les odeurs nuisibles.

11 est des cas où les émanations odorantes agissent pendant le repos

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