DES RÊVES
Si Tune des parties encéphaliques , moins fatiguée que les autres , se trouve plus tôt reposée pendant le sommeil , elle conserve de la tendance à entrer en action ; si elle y entre , il y a réve. La même chose a lieu si l'encéphale conserve de l'état de veille quelques traces d'excitation , ou bien encore que cette excitation lui soit transmise , pendant le sommeil , par un organe , siège d'un état de gêne ou d'un vif besoin , comme l'estomac trop plein d'aliments , la vessie agacée par la présence de l'urine, etc.
Dans tous les cas , si une partie cérébrale entre en action pendant que les autres reposent , il n'y a plus sommeil complet , il y a rêve.
Les autres causes des rêves tiennent à la susceptibilité nerveuse.
Les rêves roulent ordinairement sur les objets qui nous occupent le plus , sont le plus en rapport avec notre organisation ; ce sont ordinairement les parties encéphaliques les plus excitées qui produisent les rêves.
Si , pendant le sommeil incomplet , la portion cérébrale qui veille, qui entre en action , met en jeu les membres , et perçoit les impressions que lui transmettent quelques sens restés éveillés , il y a somnambulisme.
Comme le sommeil est d'autant plus réparateur qu'il est complet , il s'ensuit qu'il est du ressort de l'hygiène d'indiquer le moyen de prévenir les rêves et le somnambulisme , états pendant lesquels l'exercice des organes de relation est souvent assez pénible pour influer sur les fonctions intérieures.
Pour cet effet , il faut avoir égard à la cause qui les fait naître. Dans le premier cas que nous avons cité , c'est-à-dire celui où le rêve dépend de ce qu'un organe s'est plus vite reposé que les autres , le rêve n'a aucun inconvénient : Forgane n'entre en action que parce qu'il n'est plus fatigué. A cette espèce de songes appartiennent ceux du matin , ceux qui précèdent le réveil.
Dans les divers autres cas, on prévient les rêves en éloignant toutes les causes productrices que nous venons d'indiquer , et en suivant les préceptes d'hygiène relatifs au sommeil. Ainsi, inaction de certains travaux intellectuels trop habituels, comme ceux qui roulent sur les mathématiques , la musique , la philosophie , etc., quand ces travaux font l'objet des rêves ; répressions de certains penchants trop déve-
loppés, comme l'ambition, la cupidité, l'instinct de la propagation , etc., quand ces penchants entrent pour quelque chose dans la nature des
songes , enfin satisfaction, avant de se mettre au lit , des besoins qui se feraient sentir dans les viscères : tels sont les moyens propres à prévenir les rêves, et ces moyens , comme on peut le voir, ne sont que l'application bien dirigée des préceptes d'hygiène.
Les rêves qui dépendent d'une cause passagère sont faciles à prévenir, puisqu'il suffit d'éloigner cette cause ; mais comme ils prouvent delà part de l'individu une certaine susceptibilité cérébrale , il faut joindre à l'éloignement de la cause du rêve tout ce qui peut remédier si la susceptibilité individuelle, comme les exercices de corps sagement combinés avec les bains , les aliments doux , etc.