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des avantages particuliers. On aura soin de renouveler souvent cet coussins. Les matelas de laine , et surtout les lits de plumes , doivent être interdits : ces substances animales, qui conservent trop de chaleur et retiennent trop fortement les émanations animales perspirées, conviennent moins encore dans l'enfance que dans tout autre âge, parce qu'après les premières années , l'enfant dégage beaucoup de calorique ; parce que l'enfance est l'époque de la vie où doit commencer l'apprentissage d'habitudes propres à éloigner une complexion délicate. Il faut avoir soin de disposer le lit de l'enfant de telle façon que la lumière lui arrive par devant , et que les objets sur lesquels il pourrait exercer sa vue se trouvent placés devant lui. On saura que ce précepte a pour but de prévenir le loucher, si l'on se rappelle ce qui a été dit dans le chapitre où est traitée l'éducation de la vue. Il serait encore mieux de ne placer l'enfant dans son lit que quand il dort , et de l'en èter aussitôt qu'il s'éveille , pour le déposer sur la grande natte ou tapis qui doit servir à ses premiers jeux. Ce dernier Conseil ne peut être mis à exécution qu'après les premières semaines qui suivent la naissance.
6° Position la plus convenable pour se livrer au sommeil.
J'ai interrogé sur la position qu'ils gardent pendant le sommeil beaucoup de gens dont les épaules sont placées sur une ligne parfaitement droite , sont , comme on le dit , parfaitement effacées : tous m'ont répondu qu'ils se couchent habituellement sur le dos ; j'ai fait l'épreuve contraire, en interrogeant ceux dont les épaules font saillie en avant et rendent le dos convexe : ils m'ont répondu qu'ils se couchent habituellement sur le côté. Je ne tirerai pas de ce fait une conclusion absolue , parce que l'exercice des muscles thoraciques a certainement plus d'influence que n'en a la position , pour ramener les épaules en avant , de même que l'exercice des muscles dorsaux en a davantage pour les reporter en arrière ; d'un autre côté , il ne dépend pas toujours de la volonté de pouvoir se coucher de telle ou telle façon : celui, par exemple, qui a les clavicules longues, conséquemment les épaules effacées , ne peut pas se coucher sur le côté, et se couche plus facilement sur le dos ; tandis que celui qui a les épaules rondes , les clavicules courtes , supporte moins facilement cette position. Cependant je ne crois pas que l'habitude continuelle d'une bonne position, même pendant le sommeil, soit à dédaigner pour conserver de belles formes. La position qui doit tendre le mieux à ce but est celle dans laquelle le corps est étendu horizontalement sur le dos et la tête un peu relevée par un traversin dur et peu volumineux. Quelques auteurs avancent que le coucher sur le côté droit
facilite le passage des aliments de l'estomac dans le duodénum, tandis que, dans le coucher sur le côté gauche, le foie comprime l'estomac. D'autres affirment que, dans cette dernière position, les mouvements du cœur doivent être moins libres , et que la circulation doit être gênée. Cependant, comme il est des personnes qui dorment parfaitement , couchées sur le côté gauche , on peut dire que la meilleure position pour se livrer au sommeil est celle qui est la plus commode, qui n'exige , pour qu'on s'y maintienne, aucun effort musculaire. Les personnes disposées aux congestions cérébrales devront avoir, dans le lit, la tête suffisamment élevée: ce précepte est de rigueur pour les vieillards ; c'est chez eux particulièrement que les parties les plusdéelives sont les plus exposées aux congestions. Nous ne rappellerons pas, en preuve de cette assertion, la préférence que, chez eux, la pneumonie affecte pour le bord postérieur du poumon, plutôt que pour le bord antérieur.
7° De quelques moyens propres à amener le sommeil.
J'ai exposé ce qu'il faut faire pour se procurer un bon sommeil , en indiquant précédemment les causes qui l'éloignent, celles qui le font naître, le rendent nécessaire, etc. ; je ne dirai plus que quelques mots à ce sujet. L'homme de cabinet doit suspendre, quelque temps avant de se mettre au lit, ceux de ses travaux qui excitent fortement le cerveau. II ne faut prendre un livre au lit que dans le cas où l'on ne peut s'endormir, et que cette veille est causée par une forte excitation du cerveau, une idée intellectuelle dominante ou quelques chagrins : dans ce cas , comme il ne peut arriver pire , le livre qu'on lit peut faire une utile diversion à l'idée dominante et amener le sommeil. Il faut prendre garde qu'au lieu d'amener cette utile diversion , le livre ne soit de nature lui-même à causer une excitation nouvelle aussi puissante que la première.
Il est un moyen plus rationnel que l'usage du livre. Lorsque quelque idée dominante , la recherche de quelques causes ou le plaisir qu'amène la solution d'une question longtemps travaillée , viennent à exciter le cerveau au point d'empêcher l'arrivée du sommeil , il faut se lever et s'habiller ; on ne tardera pas à éprouver que la position verticale fait déjà une puissante diversion aux idées, dont la position horizontale favorisait l'affluence. Ensuite, pour n'être pas tourmenté, en se remettant au lit, par la crainte de perdre les idées dont on était préoccupé, il faut les écrire avant de se recoucher. Quand même l'insomnie serait due à toute autre cause, il n'en faut pas moins encore quitter le lit, car il n'existe rien de plus fatigant que l'excitation qu'on y éprouve la nuit, lorsqu'on ne dort pas.
REfOS DES ORGANES DE RELATION
8* Remarque d'hygiène publique relative à répoque du sommeil dans Us
grandes tilles.
On ne manquera pas d'opposer à ce que nous avons dit sur les heures qui doivent être consacrées au sommeil, que nos préceptes ne peuvent être appliqués qu'à l'homme oisif, occupé seulement du soin de sa santé , ou vivant à la campagne ; mais qu'ils ne peuvent être suivis par l'habitant d'une grande ville , enchaîné à des occupations dont les heures sont fixées par un ordre établi, qu'il n'est pas au pouvoir des individus d'intervertir. Cette objection est grave ; l'obstacle au bien est réel , mais cependant on peut le détruire. Si les dangers que nous avons signalés comme devant résulter nécessairement des habitudes actuelles ne sont pas illusoires, si les moyens que nous avons indiqués pour les combattre ont une valeur incontestable, il est du devoir des gouvernements, auxquels le pouvoir n'est jamais confié qu'à la condition de veiller au bien-être des masses et d'assurer leur bonheur par tous les moyens possibles, il est, disons-nous, du devoir des gouvernements , de changer une organisation qui produit des résultats aussi nuisibles. Cette idée , qui , au premier abord , peut paraître étrange , parce qu'elle conduit à bouleverser des habitudes acquises , à changer complètement un ordre de vie régulièrement suivie chaque jour, est cependant toute simple, et, pour peu qu'on y réfléchisse , on verra que cette intervention que nous demandons ici dans l'intérêt de la santé publique, le gouvernement en a usé dans le but de sa propre conservation. Toutes les fois , par exemple , qu'il a cru utile, dans son intérêt, de changer à Paris l'heure des spectacles, il l'a fait sans scrupule , et , disons-le aussi , sans jamais rencontrer d'obstacles, et l'on sait pourtant combien, de tout temps, les Parisiens ont tenu à l'inviolabilité de tout ce qui touche à leurs plaisirs. Ce que nous proposons n'est pas plus difficile: qu'on change l'heure où entrent en mouvement ces axes principaux autour desquels roulent toutes les affaires, et qui semblent fixer par leur marche la durée des travaux, les heures des plaisirs, etc.; que l'ouverture des tribunaux et de la bourse soit avancée de trois heures ; qu'il en soit de même de toutes les administrations publiques, et le mal que nous avons signalé sera effacé, et une amélioration réelle sera réalisée. L'on comprend que si nous faisons porter d'abord nos modifications sur ces pivots de la vie sociale, c'est que, par suite de l'influence qu'ils exercent sur l'ensemble , les changements arriveront de proche en proche , et sans eflbrt, aux extrémités, et que cette réforme si précieuse pour la santc passera, pour ainsi dire, sans secousse, des gens de loi, des employés, delà classe si nombreuse des négociants, à toutes les classes delà société-