‹ Nouveaux éléments d'hygièneChapitre 7 sur 106 · PREMIÈRE SECTION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SECTION

HYGlEME DES SENS EXTERNES.

Les sens externes sont au nombre de cinq : le tact, le goût, Yodorat, Vouïe, la vue. Ils sont destinés à avertir l'homme de ce qu'il doit fuir ou rechercher. Leur usage commun est de recevoir et de transmettre au cerveau les impressions propres à lui faire juger les qualités des corps de l'univers. Ces sens doivent être perfectionnés , non dans le dessein d'augmenter directement la somme de l'intelligence, comme le croient les métaphysiciens et beaucoup de physiologistes, mais dans le dessein de servir cette intelligence avec plus de prestesse et de précision, ou tout au plus de lui apporter plus de matériaux. Ils . ne sont guère plus, à l'égard du cervean, que ce que sont les muscles à l'é-

gard du même organe. L'athlète, dont les muselés sont bien exercés, n'a pas plus d'intelligence qu'un autre homme ; seulement, quand il veut courir ou sauter y ses muscles servent mieux sa volonté. Il en est de même des sens : le sauvage de l'Amérique, dont les sens , continuellement exercés, sont si parfaits , n'a pas pour cela plus d'intelligence que l'Européen civilisé. Les sens ne sont donc, pour le physiologiste, que de simples instruments mis en œuvre par le cerveau. On conçoit que s'il en était autrement, que si la perfection des sens entraînait celle de l'intelligence, bien des idiots seraient des hommes de génie, car entre les sens de ceux-ci et les sens des premiers on ne remarque nulle différence : c'est dans le cerveau seul qu'existe celle-ci. Ce que nous pourrions dire sur l'hygiène des sens, considérée d'une manière générale , ne pouvant être qu'une répétition de quelques-uns des principes généraux émis dans nos prolégomènes, nous passons à l'hygiène particulière de chaque sens.

Page 1