ORGANES DES SÉCRÉTIONS FOLLICULAIRES MUQCEUSES
§ Ier. Membrane muqueuse des organes sexuels.
Les organes génitaux de l'homme et de la femme, dans leurs parties recouvertes par les membranes muqueuses , sont le siège d'une sécrétion odorante destinée à lubréfier ces parties.
L'abondance de cette sécrétion exige des soins de propreté dont la négligence peut, dans certaines circonstances avoir des inconvénients. Si Ton n'en remarque pas chez les habitants de la campagneet les sujets robustes , il n'en est pas ainsi chez les individus mal portants , chez les femmes atteintes de gastralgie presque toujours compliquée de leucorrhée.
C'est sans doute pour obvier à des accidents qui pouvaient être fréquents dans les climats chauds , que les législateurs des Égyptiens d'abord*, puis ceux des Juifs, et enGn ceux des Mahométans, prescrivirent au nom de la religion plusieurs pratiques de propreté, et qu'une opération même, la circoncision, fut imposée à quelques-uns de ces peuples.
1° Moyens d'hygiène relatifs à la propagation et à la transmission des maladies contagieuses des organes sexuels, — C'est par les membranes muqueuses qui font ici l'objet de notre examen, que se communiquent le plus communément les affections syphilitiques. Pour preudre la question au point de vue convenable , il conviendrait de dire quelques mots sur les maisons de prostitution, que l'on peut jusqu'à certain point considérer comme des foyers permanents de ces maladies ; mais les limites de cet ouvrage s'opposent à toute discussion sur cet objet, et nous nous bornerons à dire que, liés et inhérents à toutes les grandes réunions d'hommes , les établissements de prostitution ont existé chez tous les peuples ; que les législateurs de tous les temps en ont reconnu la nécessité , et les ont introduits ou tolérés dans les pays soumis à leur autorité , circonstance qu'on pourrait opposera ces personnes qui , s'appuyant sur des considérations morales mal entendues, voudraient les proscrire entièrement.
Nous n'avons pas davantage à rechercher si la prostitution nuit à l'accroissement de la population ; et si nous avions à traiter cette question, il conviendrait peut-être de savoir préalablement s'il suffit aux hommes de naître et s'il ne faut pas aussi qu'ils vivent ; arrivons donc à la seule considération que nous ayons en vue, le moyen de diminuer la propagation des affections syphilitiques, le moyen même de préserver de ces affections, car nous aborderons encore cet objet malgré les déclamations de quelques auteurs dont les intentions sont meilleures que le jugement.
On pourrait reconnaître que pour restreindre la contagion syphilitique, il n'y aurait que des avantages à maintenir les établissements de prostitution sous la surveillance de l'autorité, si les mesures prescrites par les règlements étaient exécutées d'une manière plus conforme a l'esprit qui les a dictés.
On pourrait reconnaître encore l'avantage des visites médicales auxquelles sont soumises les femmes qui se livrent à la prostitution dans les grandes villes de France, si l'inspection de ces femmes était faite par des hommes dont les connaissances spéciales fussent établies par des garanties suffisantes, si le choix des médecins fait par l'autorité était dirigé par des hommes capables d'apprécier leur capacité; si enfin ces visites étaient plus fréquentes et faites par plusieurs médecins à la fois et en secret.
Maisàces moyens d'hygiène publique pourquoi n'ajouterait-on pas ceux d'hygiène privée qui ont pour but de prévenir le développement de la maladie? Les moralistes peu judicieux qui se sont élevés contre les tentatives faites dans ce but, ont prétendu que c'était donner l'impunité au vice , et par conséquent l'encourager. "Si leurs raisons avaient le moindre fondement , il faudrait se garder de donner les moyens de reconnaître les falsifications des vins et d'en préserver les consommateurs, par la raison que les ivrognes iraient s'enivrer dans les cabarets et ne craindraient plus que le vin dont ils abusent puisse nuire à leur santé. Mais de pareils motifs sont sans valeur , et l'intérêt des enfants qui pourraient devenir victimes du libertinage de leurs pères et se trouver punis de fautes qu'ils n'ont pas commises, doit l'emporter sur toute autre considération. Les moyens indiqué* pour prévenir la contagion syphilitique ont pour but de rendre la membrane muqueuse imperméable au virus. Les onctions avec l'onguent mercuricl ou simplement avec l'axonge produisent ce résultat. D'autres moyens paraissent plus spécialement destinés à enlever le virus des surfaces avec lesquelles il est en contact , et à en détruire les plus minimes quantités ; ce sont , outre les soins ordinaires de propreté, les lotions avec l'eau mêlée au chlorure de soude, et pra. tiquées immédiatement après le coït $ enfin un moyen beaucoup plus