‹ Nouveaux éléments d'hygièneChapitre 85 sur 106 · SÉCRÉTIONS FOLLICULAIRES MUQUEUSES · texte numérisé non relu

SÉCRÉTIONS FOLLICULAIRES MUQUEUSES

certain est l'interposition d'un tissu particulier entre les membranes saines et les membranes suspectes.

§ II. Sécrétion de la muqueuse nasale.

Dans l'état de santé la quantité du mucus nasal n'excède pas ce qui est nécessaire à la lubréfaction de la membrane olfactive : mais, chez quelques personnes , par suite d'un état congénial ou acquis , cette sécrétion dépasse les limites ordinaires et devient quelquefois trèsabondante. Les causes qui paraissent favoriser cette surabondance sont, après la disposition organique, le froid, particulièrement celui de la tète ou des pieds , une nourriture plus considérable qu'elle ne doit être pour la réparation des organes, une action de la peau insuffisante , due à la négligence des pratiques indiquées dans le chapitre précédent, trop peu d'exercice musculaire, enfin une excitation artificielle, portée directement sur la membrane nasale à l'aide du tabac.

Le mouchoir, pièce d'étoffe qui sert à recueillir et dérober les produits de la sécrétion nasale, doit être en tissus de lin ou de chanvre, préférablemenf à ceux de colon ou de soie , lorsque cette sécrétion est considérable et qu'il existe un coryza.

§ III. Sécrétion des muqueuses buccale, œsophagienne, gastrique,

intestinale , etc.

1° Muqueuse buccale (voyez )e chapitre Bouche, p. 261.) — On peut contracter des maladies par la membrane qui recouvre les lèvres et la langue. Ce ne sont pas seulement des baisers lascifs et d'un contact prolongé qui communiquent la syphilis ; le baiser le plus innocent imprudemment donné sur la bouche d'un enfant , et j'en ai vu un de trois mois se trouver dans ce cas, amène le même résultat; par la même raison, les lèvres et la langue de l'enfant peuvent, dans la succion du mamelon, infecter une nourrice. Si l'on en croit Gullerier , un verre, une cuiller, une pipe, communs à plusieurs individus, peuvent être aussi des intermédiaires de contagion , mais il est nécessaire que l'objet quitté par l'infecté ait été pris de suite par un homme sain. M. Richerand rapporte un cas dans lequel une plume a servi de moyen de transmission pour la syphilis ; il s'agit , je crois , d'un banquier, qui porte à sa bouche , en achevant un calcul commencé par son commis atteint de cette maladie , une plume que ce dernier avait préalablement mise à la sienne.

Mais une maladie bien plus redoutable que la syphilis , la peste elle-même, parait pouvoir se transmettre par cette voie : telle est, du moins, l'opinion exprimée par Desgenettes: «Je crus, dit-il, à l'occasion de son inoculation de la peste, avoir couru plus de danger avec un but d'utilité moiiiâ grand lorsque , invité par le quartier-maître de la soixante-quinzième demi-brigade , une heure avant sa mort , à

boire dans son verre une portion de son breuvage , je n'hésitai pas à lui donner cet encouragement. Ce fait, qui se passa devant un grand nombre de témoins, fit notamment reculer d'horreur le citoyen Durand, payeur de la cavalerie , qui se trouvait dans la tente du malade

« Le citoyen Berthollet me dit un jour qu'il était porté à croire que la contagion se communiquait souvent par les organes de la déglutition, et qu'elle avait pour véhicule l'humeur salivaire, etc. (i).»

On voit par ce qui précède, qu'il est dangereux , et qu'on doit s'abstenir d'embrasser sur la bouche les personnes sur l'état de santé desquelles on peut avoir quelque défiance; que la propreté, d'accord avec la prudence, interdit l'usage de porter aux lè vres les objets qui viennent de servir à de pareils individus; enfin, qu'on doit éviter aux enfants les caresses trop familières des inconnus.

2° Muqueuses œsophagienne , gastrique et intestinale. — Elles ont été examinées ailleurs (voyez Appareil digestif).

3° Excrétion des matières fécales. — Dans l'état sain l'évacuation de ces matières est subordonnée à la quantité des aliments, à la température, à l'exercice, au plus ou moins d'activité des fonctions de la peau. Nous avons indiqué tous les objets qui influent sur cette excrétion. Si les modificateurs naturels ne suffisaient pas pour vaincre une constipation chez un individu dont l'estomac est sain , mais dont l'âge a rendu obtuse la contractilité intestinale, i} faudrait avoir recours à des moyens thérapeutiques , tels que les lavements , ou l'enlèvement des matières fécales , au moyen d une curette. Sans cet expédient , elles pourraient distendre l'intestin et amener des accidents de la nature la plus grave.

Les femmes , dans l'état de grossesse plutôt encore que dans l'état ordinaire, doivent céder sans retard au premier besoin qu'elles éprouvent de rendre leurs excrétions. S'il tarde trop à se faire sentir, elles préviendront l'accumulation des matières fécales , par l'emploi des lavements émoliients ou à l'aide d'un régime laxatif tel que des légumes herbacés, des fruits cuits. Elles ne doivent pourtant pas faire abus de ce régime, sous prétexte d'entretenir la liberté du ventre, car alors elles s'affaibliraient réellement.

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