L’HABITATION , MILIEU RESPIRATOIRE
0«no 355
la section totale des orifices intérieurs d’appel devra être égale à (j — 0m<l»443.
Et, s’il doit y avoir un orifice tous les deux lits, la section pour chaque orifice 0mM 443
sera — £ — = 0m<i,0ao3, qui peuvent être obtenus par 0m,23 sur 0m,23;
2° Les deux premiers collecteurs verticaux devant réunir l’air vicié de 8 lits, soit 0mo, 177, avec une vitesse do lm,20 par seconde, auront chacun une section
Qmo [77
de — = 0mo,li75. On pourra donc leur donner 0m,33 sur 0m,4Ej ;
3° La vitesse de l’air dans la cheminée générale d’évacuation devant être de 2 mètres par seconde pour un volume total de 2,560 mètres cubes (deux salles) par
Qmo 7| j ...
heure, on lui donnera à la base ^ ^ — 0""i,355; c'est-à-dire 0m,59 sur 0m,60 ou
1 mètre sur 0m,3o.
La section libre des orifices d’arrivée de l’air nouveau s’obtient de même, en divisant le volume total de l’air à admettre en une seconde par la vitesse fixée pour l’arrivée; ce qui donne, pour les salles, à raison de d ,280 mètres cubes à l’heure, ou 0mo,3a50 par seconde et d’une vitesse de 1 mètre, 1 mètre sur 0m,35 = 0mq,3oo0, pour la section du conduit principal que l’on peut ensuite subdiviser très facilement.
La nature de cet ouvrage ne nous permet pas d’entrer entièrement dans l’étude physique et mathématique des cheminées. On en trouvera la théorie complète dans le savant Traité de la chaleur de Péclet et Hudelo, ainsi que les modifications que fait subir au tirage des cheminées l’influence des vents, de la température extérieure, de la pression baromélrique, de l’état hygrométrique de l’air, des rayons solaires.
Si l’on dispose d’une cheminée suffisamment haute et que l’on y maintienne en permanence, tout exprès, un foyer allumé, on ne risque rien de
Fig. 107. — Ventilateur d'Amott.
faire arriver à la cheminée ou à son foyer, directement, le canal collecteur de l’air extrait des locaux, en le dirigeant toutefois de bas en haut (Hudelo) ; c est ce qui se pratique à 1 hôpital de La Charité, de Lille, comme à l’hôpital militaire de \incennes et quelques autres. Mais, lorsque réchauffement de la cheminée, par la destination môme de celle-ci, est intermittent,
DES ABRIS ET DU VETEMENT
[Hygiène
il est maladroit d’y faire déboucher directement les gaines de ventilation
des appartements, les tuyaux d’évent des latrines, etc. Les soupapes que l’on a imaginées pour prévenir les courants renversés ne paraissent pas une garantie suflisante. Celles qui fonctionnent automatiquement, comme le « self-regulating chimney-ventilator » d’Arnott (fig. 107), ne laissent pas que d’inspirer une certaine défiance; la pratique est si loin de la théorie et les mécanismes qui fonctionnent tout seuls sont si vile dérangés ! Cependant, on ne reproche encore rien au ventilateur Renard , placé, depuis deux ans, dans les chambres de nos casernes, et qui est exactement le même que le précédent, sauf que la soupape est un petit rideau de soie, s’ouvrant de dedans en dehors, mais s’appliquant sur une grille verticale, lorsque la pression est de l’extérieur vers l’intérieur. Quant aux dispositifs confiés à la vigilance des habitants eux-mêmes, ils courent tous les risques de l'oubli et de l’indifférence qu’on rencontre dans les classes les plus éclairées. On devra n'en pratiquer jamais de pareils dans la demeure des soldats. C’est pourquoi le ventilateur figuré ci-après (fig. 108), et queBertin-Sans'attribue ;\ Munde, nous semble médiocrement recommandable. Wiel et Gnehm,
qui le regardent comme approprié aux habitations particulières, le décrivent ainsi : « 11 se compose d’un tube qui part du plafond de la pièce à ventiler, se dirige obliquement à travers la muraille pour aller s’aboucher dans un tuyau de cheminée. L’ouverture située dans la pièce est munie d’un opercule » que l’on rabat sur l’orifice lorsque l’air de la cheminée vient à être plus froid que celui de l’appartement. Un appareil de ce genre, dont l’orifice circulaire a 20 centimètres de diamètre (ou 0mi,03l4 de section), avec une vitesse de l’air égale à 2 mètres par seconde, évacue en une heure 224 mètres cubes, c’est-à-dire environ la quantité de renouvellement suffisante pour 3 à 4 personnes.
Le chiffre d’évacuation ne prouve pas, on le sait,
i ig. ios. Ventilateur a j> ajr intérieur a été renouvelé d’autant; il se
opercule . 1 , .
peut qu’il y ait, le long des murs, des courants
qui ne servent guère à la masse dans laquelle les habitants respirent.
Mais, un défaut capital, c’est que ces ventilateurs de maisons particulières
doivent être fermés pendant la nuit, puisqu à ce moment on ne fait pas de
feu dans les cheminées; c’est-à-dire qu’ils suspendent leur service juste
au moment où l’on en a le plus de besoin.
11 en est, d’ailleurs, de même des ventouses ménagées dans les chambres de casernes, les unes au plafond pour l’entrée de l’air neuf, les autres au ras du plancher, formant l’orifice d’une gaine d’évacuation qui va rejoindre la cheminée des cuisines. En hiver, pendant la nuit, le leu des cuisines étant éteint, l'air de la cheminée devient plus froid que celui de la chambre que la présence des hommes échauffe, et le courant se met à 1 inverse du
général!) j. L'HABITATION, MILIEU RESPIRATOIRE.
sens voulu. Si les orifices d’évacuation sont, au contraire, vers le plafond et les prises d’air au ras du plancher, les soldats obturent do leur mieux ces ventouses, qui leur amènent tout d’abord du froid. Eu été, tout oiiiice est bon, pourvu qu’on l’ouvre.
Poêles et calorifères ventilateurs. — Ces appareils, qui ont précédé les machines il extraction ou à propulsion, peuvent se diviser en trois classes . les poêles qui agissent uniquement sur l’air intérieur ; — ceux qui appellent l’air extérieur et le chauffent dans la pièce même, calorifères d'ap parlement: — les grands calorifères , ou chauffage central , qui en\ oient dans les locaux de l’air chauffé il distance.
Le plus simple poêle de corps de garde est un ventilateur, puisqu il use
Fig.' 109 et 110. — Modèle
de cheminée adopté par la ville de Paris et construit par MM. Geneste et Herscher frères.
une portion de l’air intérieur pour s’alimenter et qu’il en entraîne, dans son tuyau de fumée, une autre portion par l’appel de son foyer. Mais, môme avec des orifices d’accès convenablement disposés, ce qui est rare dans ces circonstances, le poêlé à enveloppe simple est un ventilateur de peu de puissance, sans compter d’autres inconvénients positifs, dont il sera parlé (Voy. Chauffage). Un poêle de ce type et d’une taille moyenne n’évacue que 60 mètres cubes il l’heure, par une différence de 12 degrés entre la température intérieure et l’extérieure; à peine ce qui est nécessaire à deux personnes saines. Enfin, l’air introduit, d’ordinaire par les pores et joints naturels, est froid et enveloppe les pieds des individus présents.
Il est clair que les poêles à double enveloppe, encore qu’ils remédient il quelques-uns des défauts du précédent, ne ventilent pas beaucoup plus par cela seul qu’ils ont une enveloppe double, si l’on se borne à faire passer l’air de la chambre dans l’espace annulaire vide, ménagé entre les deux
388 DEB ABHIS ET DU VÊTEMENT. [Hygiène
manchons, pour lo déverser par en haut par des bouches de chaleur. Mais il en est tout autrement si l’on fait arriver dans cet espace de l’air pris à l’extérieur, à l’aide d’une gaine convenablement disposée et calibrée. C’est ce que l’on a réalisé do diverses manières. 11 a suffi de reprendre l’idée de Gauger, Belmas, Péclet, Douglas-Galton, et d’appliquer aux poêles ce que l’on avait fait pour les cheminées.
Michel Lévy a décrit des « calorifères » établis sur ce type dans les pavillons alors récents du Val-de-Gràce, et qui étaient loués par Guérard. « Les prises d’air extérieur ont lieu par des ouvertures de 20 centimètres carrés de section. Cet air, après avoir passé par des conduits qui enveloppent le foyer, se déverse dans la salle par
Fig. lit. — Poêle ventilateur.
Poêle ventilateur
des bouches de chaleur, s’élève vers le plafond en vertu de sa moindre densité et refoule par son élasticité les couches d’air dont il prend la place et que l’appel du foyer sollicite à descendre; la rapidité du renouvellement de l'air est réglée par celle de la combustion. » C’est-à-dire que l’orifice d’évacuation n’est autre que le poêle lui-même.
Tous ces poêles-ventilateurs possèdent, autour du foyer, du poêle et quelquefois du tuyau de fumée, ce qui est une bonne condition, un espace annulaire ou « chambre de chauffe », limité extérieurement par un manchon ( Mantelofen ) de structure variable; à la partie inférieure de la chambre de chauffe débouchent les canaux de prise d’air extérieur; à sa partie supérieure, sont des bouches par lesquelles l’air neuf, chauffé, se déverse dans la salle. Ces figures 109 et 110 repré-
générale.] L’HABITATION, MILIEU RESPIRATOIRE. 589
sentent le poêle Geneste, construit sur ce principe, qui est adopté dans certaines écoles municipales de Paris.
« Ces calorifères chauffent moins par rayonnement qu’en versant dans la classe de l’air pur pris à l’extérieur et dont ils ont élevé la température. L’appareil de fonte où le coke est brûlé est placé au centre et à la base du calorifère; il est enveloppé d’abord d’une large colonne d’air en mouvement, qui met à l’abri du rayonnement, puis d’un manchon de tôle à doubles parois, entre lesquelles est une épaisse couche de sable » (Riant). On ne saurait mieux préciser une erreur.
Il est facile défaire bénéficier de ce mode de ventilation, sans grands frais, môme les vieux bâtiments. Le Dr Bôhm a installé des poêles d’un type analogue à l’hôpital général de Vienne, en multipliant les prises d’air du dehors. On peut, d’ailleurs, à l’aide de registres, régler soit l’activité du foyer, soit l’accès de l’air extérieur.
Selon les ressources particulières, la dimension des pièces, le mode de construction, l’on varie ces dispositifs assez aisément. Les figures 111 et 112, empruntées à Péclet-Hudelo, indiquent deux des modes qu’on peut adopter. Dans la figure 111,1a gaine A introduit l’air du dehors, DD est purement évacualrice; dans la figure 112, la gaine B amène l’air extérieur; l’air vicié s’échappe par CD, qui est plutôt une cheminée d’appel.
Les pavillons (système Tollet) de l’hôpital militaire de Bourges sont chauffés et ventilés par des calorifères locaux entourés d’une enveloppe en tôle, divisée en deux parties par une cloison également en tôle. L’une est la chambre de chauffe; l’air extérieur vient s’y chauffer avant d’être versé dans la salle. L’autre est une chambre de ventilation par appel; elle est surmontée d’une gaine d’évacuation allant jusque par-dessus le toit et reçoit d’autre part un canal qui est le collecteur de l’air vicié recueilli au niveau du sol par des conduits nombreux et courts. Il a semblé, dans l’hiver de 1879-1880, que ce système chauffait mal, parce que l’air passe trop vite sur le calorifère; mais qu’en revanche, il ventilait peu efficacement, parce que l’air pur, à peine sorti de la bouche de chaleur, se précipite directement dans les orifices d’évacuation. (Communication épislolaire du DrDauvé, médecin en chef de l’établissement.)
En été, on produit la ventilation à l’aide d’une rampe de becs de gaz, placée dans la chambre de ventilation de chaque calorifère.
Un certain nombre des hôpitaux de Berlin et spécialement l’hôpital militaire du Tempelhof sont ventilés au moyen d’un poêle à enveloppe de la fabrication de Gropius et Schmieden, que l’on nous a assuré, surplace, être aussi efficace que simple. Il est, d’ailleurs, disgracieux par sa masse. Deux poêles de fer à double enveloppe, cylindriques, sont placés au milieu de la salle, à une faible distance l’un de l’autre, sur une ligne perpendiculaire à la longueur du pavillon. Celui de gauche est un poêle de circulation; 1 air de la salle entre dans l’espace annulaire qui sépare.les deux enveloppes par des orifices ménagés dans le socle et sort chaud, par en haut, à travers une couronne de bouches de chaleur. L’autre est le poêle de ventilation; il reçoit dans sa double enveloppe 1 air extérieur, qui lui est amené par un canal sous le plancher, et le verse chaud dans la salle par sa couronne de bouches de chaleur, comme le précédent. Entre les deux, une vaste gaine en tôle s’élève du plancher jusqu au-dessus du toit ; elle est traversée par les tuyaux de fumée des deux poêles, qui se réunissent en un seul, au centre de cette gaine; le tuyau de fumée la dépasse un peu par en haut. Le pied de cet énorme manchon est percé d’une couronne de trous allongés par lesquels l’air vicié est supposé être attiré pour s’élever dans la gaine, qui est, par suite, d’évacuation (voy. fig. 113).
Il est probable que ce procédé mérite les mêmes reproches que la ventilation de 1 hôpital de Bourges. Nous ne savons si l'air évacué par les orifices de la gaine forme un volume proportionné au cube de la salle, ni s’il ne se fait pas là de cou-
o90 DUS ABRIS ET DU VÊTEMENT. Hygiène
ranls. Dans tous les cas, nuus ne sommes pas persuadé que cetle évacuation par en bas serve à purifier entièrement l’air du local; l’air chaud, léger quoique vicié, peut bien rester en une couche assez épaisse dans la partie supérieure de l’espace. Pour mémoire, ajoutons que la circulation d’air Vicié par l’un des poêles ne nous parait pas conforme à la propreté intérieure.
En outre, il ne semble pas qu’on ait prévu la ventilation pour le moment où le chauffage cesse, c’est-à-dire la ventilation d’été.
Ee docteur W. Roth adécriL (1878) un système de ventilation et chauffage, installé par 1 ingénieur Kelling dans l’une des nouvelles casernes de Dresde. En hiver, l’air pur, chauffé par un calorifère en sous-sol, arrive dans les chambres un peu au-dessus de la demi-hauteur du mur; l’air vicié, qui est naturellement au pla-
Fig. 113. — Poêle ventilateur de Gropius et Schmieden.
fond, doit néanmoins s’en aller par une ouverture au pied du mur opposé, répondant à une gaine d’évacucalion oùrien ne fait appel. En été, l’air d’entrée pénètre par en bas et s’échappe par la partie supérieure des fenêtres. Tl nous a paru inutile de figurer cet appareil médiocre. Mais Kelling a fait mieux pour les hôpitaux de garnison, ainsi qu’on en peut juger par les figures 114 et llo, qui n’ont pas besoin d’explication. Nous signalons seulement le foyer et le tuyau de chaleur destinés à faire appel dans la gaine d’aspiration (à gauche des figures) et qui assure bien la ventilation d’été.
Ea «maison d’accouchement» de Saint-Pétersbourg reçoit un air échauffé par neuf calorifères situés au rez-de-chaussée et où l’on brûle du bois de pin. Celte
générale.] L’HABITATION, MILIEU RESPIRATOIRE. S91
installation a été établie sous la direction du baron de Derschau, qui depuis s est cependant prononcé (au Trocadéro, 1878) contre l’introduction d air chauffé au préalable, l’ne bonne précaution, c’a été do construire ces appareils en briques réfractaires.
En France, un assez bon nombre de maisons particulières de quelque importance sont encore chauffées et ventilées par des calorifères à charbon, placés dans le sous-sol. L’air vicié s’en va comme il peut, ou ne s’en va
Air froid extérieur.
Air vicié. Air chaud.
pas du tout; on n’y a pas songé. Je crois qu’il y a surtout un mélange des bouffées d air chaud, que le calorifère envoie d’en has, avec les portions antérieures du même air, qui se sont refroidies en redescendant le long des murs et des fenêtres. Le renouvellement est laissé au hasard et se fait tant bien que mal par les joints des fenêtres et des portes et à travers les murailles. A l’hôpital de la Charité de Lille, il y a au moins une haute cheminée dans laquelle se rendent les gaines d’évacuation, dont l’orilicc est au pied des murs des salles; cet énergique appel permet de supposer que
(*) Le foyer V est en activité. La soupape c est ouverte, ainsi que K et a, b est fermée.
'") Le calorifère est allume. Les soupapes K, «, b, sont ouvertes ; c est fermée.
592 DES ABRIS F, T nu VÊTEMENT. [Hygièno
l’air chaud, débouchant sous plafond, se diffuse et descend dans la salle avant que elétio îefioidi. Dans tous les cas, en été, lorsque le calorifère est éteint, la cheminée d appel remplit un excellent office,... quand elle fonctionne.
Comme on le voit, tous ces systèmes sont à double fin et prétendent obLenii le chauffage par la ventilation et la ventilation parle chauffage. 11 y a
là d’autres dangers encore que celui de voir l’un des deux buts incomplètement atteint. Mais c’est une question de principe sur laquelle il sera nécessaire de revenir et dont on trouvera la discussion plus loin. Ce que nous pouvons dire ici, c’est que les plus tolérables de ces appareils sont ceux dans lesquels l’air est le moins actionné par le foyer de chaleur et où il passe assez vite pour n’ètre que très modérément chauffé ou plutôt pour cesser d'être froid.
Le dispositif que la maison Kâuffer (Berlin et Mayence) intitule Paragon, et que nous avons vu fonctionner à l’Exposition d’hygiène de Berlin, en 1883, nous paraît satisfaire particulièrement à cette condition. On peut môme y supprimer tout chauffage de l’air et n’employer la chaleur que pour l’extraction par appel de l’air vicié.
L’air frais pénètre par une gaine en tôle dans la caisse V, d’où il s’élève, par un système de tuyaux dans le canal collecteur Z. Une partie de cet air se rend dans le tambour T, d’où il rejoint l’autre portion, après avoir été chauffé par un bec de gaz ou une lampe à pétrole. En été, comme il est inutile d’échauffer l’air, on ferme, au moyen de la valve K, l'accès du tambour et tout l'air se rend dans l’espace Z, d’où il se répand dans la pièce. L’air vicié est repris au ras du sol, grâce à l’appel par la chaleur, traverse les canaux R, et, par le tube intérieur A, se rend dans une gaine au-dessus du toit (Voy. flg. 113 bis).
Fig.
115 bis. — Paragon de Kiiuffer.
d’évacuation qui débouche
Le paragon s’applique aisément aux maisons particulières; mais l’on conçoit qu’en le plaçant dans le plafond au-dessus d’un lustre, il fonctionnera avantageusement dans une salle de réunion, dans un théâtre.
Appel thermique et chauffage à l'eau ou à la vapeur. — Nous comprenons sous ce titre les grands appareils qui, tout en acceptant le fâcheux principe de la connexité du chauffage et de la ventilation, évitent cependant le calorifère, vrai ou atténué. On les exécutait naguère dans les hôpitauxmonuments du milieu du siècle et dans les palais législatifs.
generale.] L’HABITATION, MILIEU RESPIRATOIRE.
L’appel par la chaleur se fait directement sur l’air do la salle, que 1 air extérieur vient naturellement remplacer. 11 y a la double raréfaction de ’Wolpert ; la raréfaction relative par la chaleur et la dilatation de. l’air dans les chambres et cheminées d’appel, et la raréfaction absolue dans la salle, par soustraction d’une certaine quantité d’air. Si cette dernière n’est pas simplement virtuelle, elle est au moins insignifiante, comme le reconnaît Bertin-Sans.
Dans la construction, on distingue l’appel en contre-haut et l’appel en contre-bas.
Le premier mode, qui n’est pas le premier en date, se trouve réalisé dans la ventilation des pavillons de gauche de l’hôpital Lariboisière. « Des chambres à air, chauffées par des poêles d’eau chaude, sont disposées dans les combles de chaque pavillon, sous une cheminée d’appel; elles communiquent par des conduits verticaux ménagés dans les murs et par des bouches d’appel avec les salles de malades. L’air frais pénètre dans les salles par des conduits horizontaux qui s’ouvrent au dehors au niveau du plancher; il s’échauffe, en hiver, au contact d’un système de tuyaux et de poêles d’eau chaude, et sort par les bouches d’appel pour se rendre dans la chambre h air et de là dans la cheminée qui le disperse dans les couches supérieures de l’atmosphère. » (Ch. Sarazin.) Léon Duvoir et Leblanc ont attaché leur nom à ce double système de ventilation et de chauffage qui, dans le temps, passionnait Boudin et se trouve, paraît-il, être un des plus coûteux et l’un des moins efficaces (Grassi). La figure 116 représente la partie qui a trait à la ventilation.
Quand on lit avec soin les appréciations, généralement sévères, qui ont été formulées à l’endroit du système Duvoir-Leblanc, il semble que le tort le plus sérieux de ces ingénieurs ait été de vouloir absolument faire servir le chauffage à la ventilation, ce qui, personne n’en doute, enlève à celle-ci beaucoup de l’uniformilé qu’elle devrait avoir et diminue la puissance de l’appel, puisque la température de l’eau ne dépasse guère 100°. Mais il y a là un agent sérieux de ventilation; c’est la chambre d’appel; à tel point que, quand on a trouvé que le système fonctionnait bien, on a soupçonné que quelque tuyau secret, réservé pour les occasions d’épreuve, échauffait mystérieusement, au degré voulu pour un appel énergique, la chambre à air des combles. A notre avis, ce serait une note favorable, sinon poulie constructeur, au moins pour le système. Nous pensons qu’il faut chercher à extraire plutôt que diluer l’air intérieur; donc l’appel nous paraîtra toujours bon, à la seule condition qu’il ait lieu indépendamment des variations thermométriques du dedans ou du dehors.
Le second mode, qui porte aussi le nom de système Grouvelle (fig. Il”), a été appliqué à 1 un des pavillons de 1 hôpital militaire de Vincennes jusqu en 1875. Ch. Sarazin le décrit de la laçon suivante : « Le foyer de deux chaudièies a vapeur destinées au chauffage des salles, des bains, de la buanderie, etc., aboutit à un tuyau de tôle vernissée qui monte par une cheminée d appel a environ 27 mètres du sol. De celte cheminée partent des conduits qui se ramifient dans les murs du bâtiment et qui s’ouvrent Arnould, Hygiène. 2e édit. ;irç
°y4 DES ABRIS ET DU VÊTEMENT. [Hygiène
dans les salles par deux séries de bouches d’appel, à 0tn,28 et à 2m,50 du parquet, au milieu de chaque trumeau. L’air vient des caves dans des conduits placés dans les murailles et sous le plancher; en hiver, il est
Fig. 1 1 G. — Appareil de ventilation par Fig. 117. — Système de ventilation par appel en contre-haut . appel en contre-bas.
(D'après A. Morin, Manuel pratique du chauffage et de la ventilation, pl. II.)
échauffé par les tuyaux de vapeur et les poêles à eau chaude des salles. Grâce à son excès de température, il monte vers le plafond, descend en se refroidissant, sort parles bouches d’appel et suit les conduits verticaux qui se réunissent et forment un égout collecteur qu’il traverse pour monter dans la cheminée d’appel, chauffée par le tuyau de fumée des chaudières. » Ce système fonctionne bien en hiver et fournit 70 mètres cubes à l'heure par malade; en été, la chaudière de chauffage étant éteinte, le tuyau de fumée ne développe plus assez de chaleur pour déterminer un appel suffisant. On y supplée en partie en allumant un foyer ouvert au point de jonction de l’égout aspirateur et de la cheminée.
générale.] L’HABITATION, MILIEU RESPIRATOIRE. SOI)
La raison qui a fait renoncer au mécanisme Grouvelle, c'est que le système de poêles à eau chauffée par la vapeur no valait rien et était dangereux. La maison Geneste et Herscher l’a remplacé par une circulation de vapeur mieux entendue, mais en conservant les gaines et collecteurs d’appel en contre-bas. Seulement on a établi une petite machine de pulsion pour les pavillons extrêmes de l’aile gauche, et l’on a substitué, à la prise d’air des caves, des prises d’air dans le jardin.
Ce sont là des perfectionnements avantageux; mais le tuyau do fumée des deux générateurs ne peut toujours pas faire appel quand on y fait peu ou pas de feu, c’est-à-dire quand le chauffage chôme.
Voilà des mécanismes bien compliqués et bien coûteux, pour être passibles de tant de justes critiques. Même en les supposant bien entendus, ils sont voués à un fonctionnement inégal, en tant que ventilateurs, sans parler du chômage accidentel par dégradations spontanées, par ignorance ou incurie des employés, etc. On ne s’est pas nettement aperçu, du reste, que leur installation ait décidément abaissé la mortalité des hôpitaux, et, pour ce qui regarde l’hôpital de Vincennes, il esL à croire que son emplacement joue un plus grand rôle dans sa salubrité que ses appareils ventilateurs.
Dans les habitations collectives, lorsqu’il n’y a pas une situation urgente, comme elle peut l’être dans les théâtres, les ateliers, on recourt également, aujourd’hui, à la ventilation par appel thermique , mais en séparant le chauffage de la ventilation. C’est ainsi que Geneste-Herscher ventilent par appel les écoles de la ville de Paris, en utilisant la chaleur perdue par les tuyaux de fumée; la maison de santé de Charenton, l’hôpital de Saint- Germain, l’hospice de Château-Thierry, au moyen de foyers d’appel spéciaux; le lycée Michelet, à Vanves, avec un appareil d’appel à vapeur; le Conseil d’État, avec un appareil à gaz.
Ventilation par appel mécanique. — Il est des circonstances dans lesquelles l’indication d’extraire l’air vicié est bien plus urgente que celle de diluer par l’arrivée d’air neuf les impuretés qu’il contient ; ou bien encore l’appel que l’on obtient par l’inégalité de température est non seulement insuffisant, mais dangereux. Les deux pas se présentent dans l’industrie. Tantôt ce sont des poussières qu’il faut aspirer par un courant énergique, tout près de l’endroit où elles se forment; tantôt ce sont des gaz qui sont dangereux, môme étendus, et qu’il est urgent d’extraire comme irrespirables, mais surtout comme inflammables et explosibles (grisou). Dans ce dernier cas, 1 appel par un foyer réalise quelquefois l’explosion que l’on voulait éviter.
C est pour cela que dans les filatures, dans les ateliers où l’on travaille les meules, dans ceux où 1 on alfile les aiguilles, les armes blanches, on a installe des aspirateurs mécaniques, dont la partie essentielle se rapproche toujours des quatre ailes perpendiculaires sur un axe, du tarare vulgaire ; pour cela, surtout, que Ion a substitué, dans la ventilation des puits de mines, aux cheminées d appel par des foyers, dont le fonctionnement n’est ni assez énergique ni assez invariable, de puissants ventilateurs à aubes, mus par une machine à vapeur, d’un effet irrésistible et constant, en môme temps qu étranger à toute éventualité d’accidents formidables. Nous
o96 DES ABRIS ET DU VÊTEMENT. | Hygiène
avons vu une machine de ce genre, à Anzin, et en avons reconnu les heureux résultats dans les galeries du fond. Le plus usité actuellement de ces appareils est le ventilateur centrifuge Guihal (Péclet-Hudelo). Quand il est besoin d’une dépression encore plus grande, on a recours aux appareils pneumatiques de Fabry et de Lemielle (J. Bez).
Jusqu’à présent, rien de pareil n’a été essayé dans les habitations même collectives : üegen conseille l’aspiration mécanique à la vapeur dans tous les établissements qui abritent au delà de cent individus. Cependant on ne la trouve que dans certains ateliers spéciaux ; encore a-l-on en vue l'extraction de corps étrangers véritables plutôt que le renouvellement de l'air respiré. Il semblerait donc que nous nous fussions écarté de notre sujet. Mais la réflexion suivante nous y ramène.
Les machines à propulsion d’air sont, comme on le verra, passibles de diverses critiques au point de vue de la ventilation seule; mais, dans tous les cas, un fait semble incontestable: c’est quelles sont à la fois aspirantes et foulantes et, par conséquent, fournissent un double travail dont le refoulement est la partie la plus pénible. Ne pourrait-on pas, de ce seul fait, réaliser une économie en consacrant tout l’etfort de la machine à l’aspiration? Pour cela, il suffirait de renverser l’effet que l’on s’obstine à produire et le courant de l’air; on aspirerait mécaniquement l’air des salles d’hôpital; une fois dans le tambour d’aspiration, la propulsion le rejetterait au dehors. Mais alors, il n’a plus besoin d’être poussé à l’extérieur, il y va de lui-même par diffusion; quant à l’air frais, il se précipite par tous les pores qu’on lui ménage pour venir compléter l’atmosphère dans laquelle on a opéré la raréfaction absolue. Dans les mines, il rentre par les puits d’extraction, dont le puits de ventilation est tout à fait distinct.
Des ventilateurs de ce genre pourraient aisément être adaptés à des ateliers, à poussières ou non, mais très peuplés. Là, il y a un arbre de mouvement, animé par une machine à vapeur, et il semble facile de prélever un peu de cette force pour mouvoir, dans le local approprié, un mécanisme d’aspiration. C'est à peine s’il serait utile de dissimuler les gaines d’évacuation en rapport avec le tambour du ventilateur.
B. Ventilation par propulsion. — Les appareils d’injection d’air paraissent être les plus anciens dans l’histoire de la ventilation, et il semble étonnant que notre siècle savant ait cru réaliser un progrès en reprenant ces procédés, «primitifs» à plusieurs égards. Dans l’ouvrage de George Agricola, publié à Bâle en 1657 (Ch. Joly), on trouve décrit un vaste soufflet, adapté à l’entrée d’une galerie de mine et que l’on manœuvrait par un levier. Jusqu’en 1820, la Chambre des communes, à Londres, fut ventilée par le tarare deDésaguliers, qui opérait, selon la volonté du président, l’aspiration ou la pulsion. Ch. Joly propose encore le moyen assez singulier de ventiler les salons, pendant que le beau monde des deux sexes y danse, à l’aide de la machine représentée fig. 118, dont la manivelle est conliée a un manœuvre ; l’injection d’air a lieu par le gros tube qu’on aperçoit au bas de la figure et qui est mis en communication avec un réseau de gaines d’arrivée dissimulées dans les corniches.
La plupart des ventilateurs à propulsion consistent essentiellement en un axe horizontal portant des ailes perpendiculaires et dont le plan est parallèle à la direction de l’axe; cet appareil est installé dans un tube a
générale.