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L’HABITATION, MILIEU RESPIRATOIRE

air et mis en mouvement par la vapeur, par des chevaux, par 1 eau, p.u des hommes. 11 pousse Pair derrière lui de la même façon que les roues d’un bateau à aubes projettent l’eau en arrière d’elles. Les ailes peuvent avoir la disposition inclinée en hélice; on emploie même des hélices véritables fort analogues h celles des navires à vapeur qui, à vrai dire, n’utilisent qu’une faible fraction de la force produite. La figure 119 fait comprendre le type général de ces mécanismes.

A l’époque où l’on croyait que la ventilation artificielle est la seule solution du problème, la grande

Fig. 118. — Ventilateur des salons. Fig. 119. — Ventilateur à propulsion.

question que l’on agitait était de savoir si la propulsion est supérieure à l’appel. La ventilation actuelle de l’hôpital Lariboisière, où l’appel fonctionne à gauche et la propulsion à droite, est comme un souvenir monumental des vives discussions auxquelles on se livrait alors et de l’embarras dans lequel les hygiénistes eux-mêmes plaçaient les architectes. Ceux-ci ont reconnu depuis qu’il n’ont fait « pas grand’chose de bon » (Ém. Trélat). Et pourtant les machines font entrer , c’est certain, les 100 mètres cubes que les médecins demandaient.

L’appareil à propulsion de Lariboisière a été construit par Farcot, suivant le système fusionné des ingénieurs Thomas, Laurens et Grouvelle; il est mil par une machine à vapeur de la force de S à 10 chevaux et injecte de l’air amené du haut de la tourelle de la chapelle (où on le suppose plus frais et plus pur), que des conduites de vapeur échauffent en hiver, par voisinage. Son fonctionnement a survécu à des critiques graves, émanées d’hommes fort compétents, puisque parmi

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eux l’on compte le général Morin. Ce qu’il y a de certain, c’est que la pulsion fail entrer de l’air aussi régulièrement qu’on le veut et quelle que soit la température intérieure ou extérieure. Reste à savoir si cette supériorité n’est pas plus apparente que réelle vis-à-vis du renouvellement de l’air des salles. Les ingénieurs et les chimistes onl quelque tendance à se contenter des renseignements de l’anémomètre. « A Lariboisière, il y a un compteur sur le ventilateur ! » (Hudelo.)

Un mécanisme à pulsion, moins coûteux que le précédent et que l’on prétendait devoir utiliser mieux une force moindre, fut installé, en 185b, aux hôpitaux Beaujon et Necker, par l’ingénieur Van Hecke; la machine n'avait qu’une force de 2 chevaux. Cet appareil a eu son moment de vogue et ses admirateurs engoués; mais il n’a pas trouvé d’imitateurs et, pour des raisons péremptoires, est tombé dans un juste dédain.

On avait cependant démontré qu’il ventilait aussi, bien que les ailes de l’hélice fussent flexibles. Ne serait-ce pas qu’un appel auquel on ne songeait point, par quelque cheminée ou autre orifice dans les salles, déterminait un réel mouvement de l’air dans lequel le propulseur n’était à peu près pour rien? Ou sera tenté de le soupçonner si l’on se rappelle que le général Morin trouvait que la meilleure besogne, dans le mécanisme propulseur de Lariboisière, étail en réalité le fait de l’aspiration. Sans doute des chiffres contradictoires et des expériences lui ont été opposés ; mais on n’en a pas moins, « postérieurement à l’installation première, établi dans la cheminée d’évacuation de chaque pavillon, un foyer de chaleur alimenté par la vapeur de fuite de la machine, afin d’aider à la sortie de l’air vicié au moyen de l’appel limité. » (Hudelo.)

En effet, le motif, croyons-nous, pour lequel l’insufflation d’air ne séduit pas les médecins, c’est que tant d’efforts soient dépensés, non pour renouveler l’air, mais pour diluer l’air des salles. Sans cheminée d’appel, l’air vicié ne peut arriver aux orifices de sortie que par déplacement sous l’influence de l’air introduit ; or, pour que ce déplacement ait lieu, il faudrait à celui-ci une vitesse sensible, ce qui est contre la règle ; et, s’il n’a pas de vitesse, il ne se produit guère que de la diffusion et une sorte de pénétration réciproque entre l’air vicié et l’air nouveau.

Le système de pulsion a été repris au théâtre de la Monnaie, à Bruxelles, et à l’Opéra de Vienne, au nouvel Hôtel-Dieu de Paris, à l’hôpital JNlénilmontant ; pour l’Hôtel de ville, la grande maison de détention de Nanterre, etc. Mais nous remarquons que l’on paraît avoir définitivement systématisé l’association de l’appel avec la pulsion. Ainsi la ventilation artificielle de l’hôpital Tenon (Ménilmontant) réunit, dit-on, les avantages de la machine à propulsion d’air pur et de l’appel d’air vicié dans les cheminées d’évacuation. Elle permet un renouvellement d’air continu à raison de 100 mètres cubes à l’heure et par lit. L’injection a lieu par deux ventilateurs centrifuges, placés chacun dans une galerie d’arrivée d’air distincte et actionnés par une machine de G chevaux ; l’appel se fait par des coffres d’évacuation situés sur le faux plancher du comble, communiquant avec une cheminée centrale de G mètres de hauteur et de 4m,50 de diamètre, â la base de laquelle se trouve un calorifère à tuyaux de vapeur.

On ne saurait disconvenir que l’administration ne se soit mise en frais pour procurer à ses malades un large apport d’air urbain. Peut-être était-il

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possible de leur procurer un air plus pur, sans tant de complication, avec un hôpital sans étages, tout à fait excentrique.

Le « John’s Hopkins Hospital » de Baltimore est ventilé par la réunion de deux cheminées d’appel avec un ventilateur à propulsion (Lincoln).

On ne saurait entièrement appliquer les réflexions précédentes aux théâtres, qu’il faut bien conserver en pleine cité, qui sont un besoin intellectuel et quelquefois moral, et que nos habitudes ni nos climats ne permettent de faire retourner au type grec ou romain, à ciel ouvert. C’est pourquoi, vu l’urgence et la situation passagère, l’hygiène peut admettre l'application de l’injection d’air à la ventilation des théâtres, bien qu’on ne comprenne pas trop la raison pour laquelle, du moment qu’il s’agit de ventilation mécanique, on n’emploie pas ici les ventilateurs d’extraction qui font merveille dans une situation plus urgente encore, les mines.

L’Opéra de Vienne (Autriche) possède un système d’aération par propulsion et de chauffage qui a, dit-on, l’approbation de tout le monde. Au moins faut-il lui compter le témoignage favorable de Ch. Joly, Em. Trélat, Hudelo. La composition d’ensemble appartient au docteur Bôhm, et le professeur Auguste Sicard von

S'Ccydsbourg en a été l’un des architectes et l’historien. On a conservé, dans ce heatre (fig. 1-0), 1 emploi du lustre comme moyen d’appel, et l’on s’est servi de la pu .ion comme mo\en de ventilation. L’introduction de l’air neuf est déterminée au mojen c un ventilateur de Heger, actionné par une machine de 10 chevaux eL qui est a vis, avec une série d’aubes directrices comme dans les turbines. L'air trieui aiii\e pai deux puits creusés dans le sol du jardin et se rend dans deux

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Hygiène

longs corridors souterrains où l’air se rafraîchit un peu en été et se réchauffe en hiver. De là, il se rend au ventilateur qui l’envoie dans une chambre (de compression) d’où parlent trois canaux aboutissant eux-mêmes à trois chambres placées sous le parterre, les loges et les côtés. Des « chambres de chaleur » chauffées à la vapeur sont ménagées aux étages et au centre; l’air envoyé par le ventilateur vient s’y échauffer, puis s’en dégage par des gaines où arrive également, à volonté, de l’air froid venu d’en bas, de telle sorte que le courant définitivement distribué aux spectateurs soit ramené, à l’aide du jeu des registres, à la température qu’on veut avoir. D’ailleurs, l’air neuf débouche au plus près des auditeurs. L’air vicié s’évacue par le trou du lustre, surmonté d’une cheminée d'appel. Pour la ventilation d’été, indépendamment des accès d’air indiqués, on peut faire arriver de l’air froid par le haut, à travers le plafond. Km. Trélat fait remarquer que des thermomètres placés aux différents points de la salle et en communication avec des fds électriques avertissent incessamment le chef de marche de l’étât des diverses températures locales de la salle; de telle sorte qu’en conséquence de ces renseignements télégraphiques il modère ou active les distributions dans la chambre d'air comprimé. — Il importe de noter que, depuis les essais du début, on a ajouté un ventilateur à hélice à la cheminée d’appel pour assurer l’aspiration (Wazon).

Comme on le voit, ce dispositif d’aération est, en réalité, autant en rapport avec l’état de la température du théâtre qu’avec sa ventilation. D’ailleurs, les théâtres présentent, à ce point de vue, une difficulté particulière : celle de les ventiler sans compromettre les propriétés acoustiques. Or les grands mouvements d’air vers le plafond, sous l’appel du lustre, emportent positivement la voix des acteurs.

Notre Théâtre-Lyrique et le nouvel Opéra sont ventilés par appel, suivant les indications du général Morin, avec des calorifères disposés pour que l’air soit introduit chaud en hiver.

Tous les ventilateurs par pulsion sont munis d’accessoires qui projetentde l’eau en pluie ou en poussière sur les ailes pour assurer l’humectaLion de l’air. A Tenon, il ne passe qu’après filtrage à travers le charbon et une toile mouillée. A l’Exposition de Berlin (1883), un aspirateur-propulseur, mù par une machine à gaz de 3 à 6 chevaux, avait été installé par Rietschelet Ilenneberg dans le sous-sol du café Bauer. L’air était lancé dans une caisse à compartiments filtrants, susceptible d’èlre chauffée ou refroidie, selon la saison. A l’époque de notre visite, au mois d’août, c’était le refroidissement qui s’exécutait, au moyen d'une cinquantaine de kilogr. de glace par jour. L’air rafraîchi passait à travers un rideau de fine pluie et était aspiré dans la salle au moyen d’aspirateurs mus par une machinedynamo-électrique.

Le système de Bôhm, avec sa chambre de compression entre le propulseur et les conduites de distribution de l’air, semble prévaloir aujourd’hui dans la ventilation des théâtres. Il a été appliqué à celui de Genève, par Geneste-Herscher, et à l’Opéra de New-York (1883). — Il convient de remarquer que la chambre de compression de ce système ne le fait pas rentrer dans la méthode de ventilation par l’air comprimé. Celte chambre n’est en réalité qu’un compartiment de colleclionnement et de mise en réserve de l’air, pour en faciliter la distribution aux diverses parties de l’édifice. La pression n’y dépasse la normale que de la quantité nécessaire pour mettre cet air en marche. C’est un moyen ingénieux d’emmagasiner, au passage, une partie de la force employée à la propulsion et de la reprendre au fur et a mesure des besoins.

A notre époque, on ne discute plus guère sur la prééminence de la ventilation par appel ou de la ventilation par injection, et « l’irritant problème qui avait si fortement agité nos pères», comme dit Bertin-Sans qui, d ail-

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leurs, montre clairement que chacun des deux systèmes a ses inconvénients et ses avantages, ce problème se réduit à une question de convenance pratique. On installe volontiers des ventilateurs propulseurs ; mais l’on n'hésite point à les aider de l’aspiration thermique ou mécanique dans un autre point du bâtiment. Quant â la force motrice, elle est empruntée aux sources les plus variées ; seulement on s’efforce de construire des appareils qui en exigent le moins possible. Les ingénieurs Geneste-Herscher emploient leur ventilateur hélicoïdal , les ventilateurs du système L. é>e/'tûg. 121 et 122) et les souffleries à air comprimé. Le mouvement est donné ici par transmission électrique, là par des moteurs hydrauliques, ailleurs par l’air comprimé ou même par la main de 1 homme.

Ventilateurs à eau. — Quelques-uns de ces appareils agissent par entrai-

Fig. 121. — Ventilateur hélicoïdal Fig. 122. — Ventilateur centrifuge , système L. S.

de Geneste-Herscher. de Geneste-Herscher.

nement. La plupart, au point de vue du mode dont ils ventilent, sont mixtes, c’est-à-dire produisent à la fois l’appel et la propulsion, ou l’un ou l’autre à volonté.

Le plus simple est la trompe à eau, dont Berlin-Sans décrit l’application à la ventilation. 11 se compose « d’un tuyau de bois vertical surmonté d’un entonnoir dans lequel on fait tomber l’eau. Une veine liquide se forme dans l'entonnoir et tombe de là dans le tuyau sans remplir le calibre de ce dernier et entraînant avec elle, dans une caisse placée au dessous, l’air que lui fournit l'ouverture supérieure de l’entonnoir ainsi qu’un certain nombre d’ouvertures latérales. Arrivée dans la caisse, cette colonne formée d air et d’eau se brise en tombant sur une tablette disposée de façon à faciliter la séparation de l’eau et de l’air. L’eau s’écoule par un orifice spécial ; quant à l’air, il s’accumule et se comprime dans la partie supérieure de la caisse et, en vertu de la pression qu’il y acquiert, peut être lancé, par une conduite, dans les points où il est utile. »

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Il esl facile de reconnaître dans les « Æolus » d’Auchner une forme de celte trompe à eau. L’eau tombe en éventail de la pomme d’arrosoir A dans le cylindre B et aspire l’air par l’ouverture G. En bas du cylindre, l’air est refoulé dans le manchon extérieur D, remonte et se répand dans la salle par l’orifice supérieur. E est le tuyau d’écoulement de l’eau; F, le canal d’amenée. On peut faire varier! selon les besoins, la disposition de ce mécanisme.

On voyait encore, à l’Exposition d’hygiène de Berlin en 1883, le Kosmos-Ventüutor (fig. 124) de Schâffer et Walcker, petite turbine sur l’axe de laquelle est fixé un ventilateur a ailettes. L eau de la distribution municipale, avec la pression qu’elle possède, met en mouvement ce ventilateur centrifuge, qui peut servir à

Fig. 123. — Æolus d’Auchner.

Fig. 121. — Ventilateur Cosmos de Schàffer et Walcker.

l’extraction, ou à l’injection. Dans ce dernier cas, un disque fixé à l’axe de la roue à ailettes et sous celle-ci pulvérise de l’eau qui rafraîchit et humecte l’air d’entrée.

Les figures 12o el 12t5 montrent les dispositions que l’on peut donner à celte ingénieuse machine selon qu’il s’agit d’introduire de l'air neuf ou simplement d’expulser l’air vicié. La première porte, en Z, le disque de pulvérisation ; D est la gaine d’amenée de l’air frais; A, les orifices par où il se répand dans le local.

Sous le nom d'adrophore, Treuller el Schwarz, de Berlin, exposaient, à la même époque, un ventilateur à eau et à pulvérisation, appliquant d’une autre façon les mêmes principes.

Ces ventilateurs, qui peuvent revêtir quelque élégance de construction, sont ît coup sûr excellents, tant parce qu’ils peuvent fournir beaucoup d’air que parce qu'ils le lavent du même coup, l’iiumectent el le rafrai-

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chissent (au moins ceux qui procèdent par introduction). GePe^daJlt n0‘^ ne voyons pas sans quelque inquiétude la tendance qu ils ré\ en c

“ ployer en force motrice les eaux de dis-

tribution municipale, qui ont une tout autre destination, qui sont, comme 1 air, un milieu nécessaire, et que beaucoup de familles urbaines n’ont pas en quantité suffisante (ou n’ont pas du tout).

Fig. 125. — Cosmos pour l’introduction d’air.

Fig. 12G. — Cosmos pour l’extraction d’air.

Ventilation par l'air comprimé. — Quand on perce un tunnel, il est d’ordinaire possible de ventiler les galeries, dans lesquelles travaillent les ouvriers, à l’aide de puits perpendiculaires, descendant du sol jusqu’à la galerie et pouvant servir de cheminées d’appel. Mais lorsque l’épaisseur de terrain qui recouvre la percée s’élèv.e à des centaines de mètres et que le sol, à la surface, est recouvert de neiges perpétuelles, il faut renoncer à ce moyen. C’est ce qui arrive dans les travaux gigantesques entrepris de notre temps, en vue de faire passer une voie de fer à travers le mont Cenis, le Saint-Gothard et d’autres.

Le percement des tunnels de la ligne de Bologne à Florence (Berlin-

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Sans) a donné lieu à 1 application d un système de ventilation proposé par Piarron de Montdésir et réalisé par lui pour l'aération du palais do 1 Industrie a 1 Exposition de 180/. C’est la ventilation par l'air

comprimé.

On sait que l’air comprimé par une force naturelle, une chute d’eau par exemple, est une force que l’on peut transporter à distance à l’aide de tuyaux de conduite, comme on distribue l’eau et le gaz d’éclairage. Celte force a précisément été et est encore employée à manœuvrer des instruments qui attaquent la roche dans ces percements de tunnels sous des montagnes énormes. Il devait venir a l’esprit d’en détourner urfe part pour l’entretien respiratoire des ouvriers au fond de ces culs-de-sac de plusieurs kilomètres, où l’action de l’air extérieur devient â peu près nulle et où la température et l’humidité s’élèvent à un degré extraordinaire. C’est ce qu on a tenté, non sans succès, mais sans atteindre aux résultats espérés. Dans le procédé de Piarron, le jet d’air comprimé, après avoir produit son travail mécanique, passait, dit Bertin-Sans, à travers une sorte d’injecteur Giffard au centre d’un tuyau disposé pour l’évacuation ou pour l’appel et dans lequel il entraînait avec lui une colonne d’air considérable. Quand on a ainsi de l’air comprimé pour un autre travail, il est permis d’employer à la ventilation ce qui en reste ; mais il ne serait pas rationnel de dépenser à le comprimer dans ce but une force qui servirait mieux à l’injection d’air et surtout à l’extraction par appel, véritable mode, selon nous, de ventilation des cavités souterraines. C’est dire que la ventilation par l’air comprimé ne semble pas devoir être jamais appliquée aux habitations privées ou collectives.

Quant aux galeries profondes des tunnels en voie de percement, on les ventile par appel mécanique. Un long tube va s’ouvrir au fond de la galerie, d’où un ventilateur puissant (tel que le ventilateur centrifuge L. Ser), à l’autre extrémité du tube, aspire l’air méphitique qui entoure les travailleurs, avec les gaz du sol que le pic met en liberté, ceux de la poudre de mine, etc. L’air du dehors se précipite naturellement dans la galerie pour combler le vide, avec une force irrésistible. Non seulement on reçoit de l’air normal au fond du cul-de-sac, mais les gaz dangereux sont extraits et rejetés au dehors. Ce résultat, selon J. Bez, fui obtenu par Colladon, dans le tunnel du Saint-Gothard, par l’adjonction à l’air comprimé d’un système d’aspiration consistant en deux cloches plongeantes, reliées par un balancier et mues par une colonne d’eau de 80 mètres de haut. Tandis que l’un des gazomètres montait et aspirait l’air du tunnel, l'autre descendait et refoulait au dehors l'air extrait. Ce mécanisme a été reproduit en petit parla maison Walter-Lécuyer, pour la ventilation des habitations, comme on pouvait le voir à l’Exposition d'hygicnc urbaine de Paris (18S6).

Ventilation par l'éclairage. — Ce procédé rentrant dans l’appel thermique est annexé, sous une certaine forme, aux appareils de propulsion dans les nouveaux théâtres (Vienne, Genève, Bruxelles, New-York), où l’on compte formellement sur l’appel par les lustres à gaz. Nous n'y reviendrions pas, si l’on ne commençait à utiliser, dans quelques constructions modernes, pour la ventilation, la lampe à flamme renversée, lampe Siemens, lampe

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Wenham, Regcneralie-Brenncr , dont nous reparlerons à l’article Eclairage, et qui se prête très bien à déterminer l’évacuation de l’air vicié des locaux, de réunion. Il suffit d’entourer, sous le plafond, le tuyau de gaz auquel est suspendue la lampe Wenham d’un manchon ornementé, percé d’ouvertures sur son contour et s’ouvrant par son extrémité supérieure dans une gaine horizontale, ménagée entre les deux doubles du plafond, laquelle rejoint elle-même un tuyau vertical d’évacuation dissimulé dans un pilier. On fait cette gaine et ce tuyau en grès, vernissé à l’intérieur, et le dernier déborde suffisamment le toit. L’entrée de l’air a lieu par des ventouses munies de registres, placées à des hauteurs variables ; pour l’hiver, on le fait entrer par une cheminée Douglas-Gallon. Dans des circonstances urgentes, on injecte de l’air au moyen de ventilateurs mus par un moteur h gaz, ou encore on a recours i\ l’entraînement d’air par le mécanisme de l’injecteur. S. Elslcr a décrit une installation de ce genre qui fonctionne à Londres, à Y Examination Hall for Sludcnts of medicine.

Ventilation par refroidissement. — Ce système, dont nous ne connaissons pas d’application, a été proposé par l’architecte Suffit. En considérant que le départ de l'air vicié, mais chaud, par la partie supérieure des locaux est une perte de calorique et que les fenêtres sont les points des parois où l’air intérieur se refroidit essentiellement, l’inventeur propose d'établir, dans l’épaisseur de l’allège de la fenêtre, entre le bord inférieur du châssis mobile et le parquet, un conduit en forme d’entonnoir, se terminant en bas dans un canal d’évacuation chauffé par le voisinage d’une cheminée. En face des fenêtres, sur la paroi qui n’en a pas, une ou deux ventouses, percées à 12 ou 15 centimètres au-dessus du plancher, introduiraient l’air neuf, froid : en s’élevant à la hauteur de lm,50 à 2 mètres, cet air s’échaufferait suffisamment pour n’être plus désagréable; d’ailleurs, on peut le chauffer au passage, ne tul-ce qu’en le faisant passer derrière la plaque d’une cheminée Douglas-Galton. Comme le dit Yallin, il y a là une idée assurément originale.

Appréciation et indications des divers systèmes. — NOUS avons, au cours de cet article, laissé voir nos préférences, au moins en principe, à l’égard des systèmes et des appareils de ventilation. Nous plaçons en première ligne la ventilation par appel et., parmi les formes de celle-ci, nous serions tenté de préférer Y appel thermique, parce qu’il use des forces naturelles et de conditions de pression qui se présentent d’elles-mêmes, si l’on n était porté à chercher cet appel dans des procédés qui subordonnent la ventilation au chauffage. Mais, hors de là, presque tous les systèmes et même la plupart des appareils nous paraissent bons, pourvu que i’on sache s en ser\ir, cest-à-diro choisir, dans chaque situation, la méthode qui répond le mieux au besoin spécial. La ventilation par appel se passe presque toujours d appareil ; au moins n’cntraîne-t-ellc pas la réalisation de dispositions compliquées. C’est une supériorité. L’appel mécanique est moins simple et, au point de vue de l’outillage, se rapproche de la ventilation par injection ; néanmoins il nous a semblé que le premier assure

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mieux Ig déplacement de 1 aii v i ci (5 , 1 autre paraissant produire surtout la pénétration réciproque de l’air primitif et de l’air neuf. Nous ne sommes pas très sensible au reproche que l’on a fait à la ventilation par appel d’aspirer l’air des cabinets d’aisances, des cuisines, des éviers, du sol, et même de l’égout, aussi bien que celui des tourelles de ventilation. Il' est entendu, aujourd’hui, qu’il n’existe plus de communication entre l’atmosphère des tuyaux d’évacuation des immondices et celle de la maison ; les siphons obturateurs doivent servir à quelque chose. Sans eux, nous ne sommes point convaincu que l’air propulsé lui-même refoulerait les gaz d’égouts, au lieu de s’en laisser pénétrer. Et, d’ailleurs, si la propulsion déplace dans un certain sens l’air des pièces habitées, il faut bien qu’il sorte une part de cet air ; d’où un courant qui entraînerait très bien l’atmosphère d’une pièce voisine, s’il y a une communication. En dehors de 1 obturation hydraulique, il convient aussi de séparer par un palier le cabinet d’aisances des locaux d’habitation et de le ventiler à part: faire communiquer le tuyau de chute ou la voûte de la fosse, s’il y en a une, avec une cheminée est ce que l’on peut conseiller dans ce cas.

Il est inutile de comparer la dépression de la ventilation par appel avec la compression de l’air injecté par les propulseurs, attendu que l’une et l’autre n’existent qu’à des degrés qui ne peuvent avoir aucune influence sanitaire.

Les fenêtres montant jusqu’au plafond, à châssis mobile, les vitres basculant isolément, les chapeaux ventilateurs, les cheminées ordinaires et même les anciens poêles à large entrée d’air et à fort tirage, suffisent dans la plupart des habitations privées. Peut-être faut-il une ventouse ouverte sur la cheminée, vers le plafond, dans la chambre à coucher, dans le cabinet de travail. Sans parler des fenêtres, nombreuses et bien construites, les habitations collectives d’individus sains, les écoles, les casernes, exigent des arifices de ventilation permanente ; les prisons, où le séjour se prolonge davantage, les réclament plus impérieusement encore. Mais l’on peut, sans doute, se borner aux procédés simples d’appel par la chaleur; faire entrer, au bas des murs, l’air très divisé et modérément chauffé, s’il y a lieu ; lui fournir des orifices d’évacuation sous le plafond, où il se collecte naturellement, et aider par un foyer de chaleur son ascension dans les gaines de sortie.

Si la situation est urgente et la condensation humaine aiguë, en quelque sorte, comme dans les théâtres, les concerts, les salles d’assemblée, nous admettons sans peine l’injection d’air avec un léger excès de pression. Dans tous les cas, il y a lieu à quelque procédé de ventilation mécanique, par appareil propulseur, ou par aspirateur centrifuge.

La même urgence ne semble pas exister, pour les malades, à qui l'on a dû déjà mesurer largement l’espace; il leur faut, sans conteste, un renouvellement d’air généreux, mais continu, égal, insensible, comme on 1 obtient, sans mécanisme coûteux, par une grande multiplication des orifices de ventilation, répartis sur une grande surface, de telle sorte que chaque lit soit à peu près ventilé pour son propre compte, sans être influencé par

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l’air du voisin. Si l’hôpital est topographiquement bien placé, 1 air d entrée sera sans soupçon. Dans le cas contraire, il est indiqué de le filtrer et de le laver au passage, ce qui se pratique en divers points et même pour les théâtres.

Des situations spéciales (mines, ateliers, navires, tunnels de chemin de fer, wagons, etc.) réclament des dispositifs également spéciaux, dont il sera question en temps convenable.

Purification de l'air extrait par la ventilation. — L’air extrait ou expulsé par les appareils ventilateurs est impur, quelquefois même très suspect, comme quand il sort des hôpitaux, et certainement contaminé quand il provient de locaux où des contages ont pu se mêler aux poussières, ainsi que le font les squames de la variole, les crachats tuberculeux desséchés, etc. Ces impuretés se diluent rapidement dans la masse atmosphérique libre, et ne tardent pas à devenir inoffensives, tant par ce degré extrême de dilution que par les modifications qui les attendent de la part des actions météorologiques. Cependant, les faits que nous avons reconnus antérieurement (page 332) sur le transport des microorganismes par l’air autorisent quelques soucis relativement aux environs immédiats d’un établissement qui déverse tout autour de lui un air usé, imprégné de matière animale et véhiculant peut-être des agents pathogènes. C’est dans cette préoccupation que l’on a imaginé de faire passer à travers un foyer ardent l’air rejeté par les systèmes ventilateurs (des hôpitaux, spécialement), ou de le traiter, la sortie, par une nappe de liquide désinfectant, tel que le bichlorure de mercure.

L'appareil représenté en coupe clans la figure 127 amène l’air intérieur, parla gaine E, sur le ventilateur qui l’expulse par la gaine L. Pendant le jeu du mécanisme, le tuyau S verse au centre du ventilateur de l’eau pure, si l’on ne veut qu’humecter l’air; une solution désinfectante, si l’on veut tenter l’antisepsie atmosphérique.

11 est clair qu en renversant le mouvement, on peut avec le même appareil propulser de 1 air dans un local et 1 humecter au passage. Le volume d’air varie de 350 à lo00m3 à l’heure.

Mesure «les courants de ventilation. — Il ne faut pas se borner, ainsi qu il a été dit, à chercher le rendement de la ventilation aux orifices d’en-

Fig. 127. — Ventilateur humecleur cl’air, construit par E. et P. Sée, de Lille.

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Irée ou de sortie de l’air. C’est dans l’intérieur des pièces qu’il est intéressant de reconnaître son mouvement. Les instruments appelés anémomètres renseignent mieux dans le premier cas que dans le second. Cependant leurs indications ne sont pas à dédaigner.

tl y a deux espèces cl 'anémomètres. Les uns, comme ceux de Combes, de Recknagel, donnent le nombre de tours opérés par l’appareil compteur, et il faut calculer la vitesse de l’air au moyen d’une formule spéciale à chaque instrument. Les autres, tels que ceux de Caseila, Füss, Wolpert, permettent de lire directement la vitesse du courant d’air exprimée en mètres, dans l’unité de temps.

Dans l’anémomètre de Combes (fig. 128), un axe d’acier, AB, mince, à extrémités effilées, repose sur des supports en agate. Vers l’une de ces extrémités, l’axe porte

quatre bras perpendiculaires terminés par autant d’ailettes V,V, en mica, inclinées sur l’axe d’une façon égale. Au milieu de l’axe est pratiquée une vis sans (in C. qui, à chaque tour de l’axe, fait avancer d’une dent la roue D. Celle-ci porte 100 dents avec une division de 10 en 10. On compte les dents à partir de l’une d’elles, pourvue d’un signe, que l’on met en face d’un index fixe, en commençant l’expérience. Le petit axe qui porte la roue D est muni d’un levier qui, à chaque tour de cette roue, fait avancer d’une déni une autre roue E, à bO dents, numérotées de b en b, à partir d’un zéro que l’on met également en regard de l'index, au début de l’expérience. Un système de cliquets empêche les roues de tourner en sens contraire et d’avancer de plus d’une dent à la fois. Les deux roues donnent le chiffre des tours qu’ont faits les ailettes dans un temps déterminé ; sur la roue D, on lit les unités et les dizaines; sur la roue E, les centaines; de sorte que l'on peut compter de 0 à b, 000 tours des ailettes. Un mécanismetrès simple permet d’établir ou de rompre l’engrenage de la vis avec la roue D; le .jeu du levier qui préside à

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ce temps de l’expérience s’accomplit par une légère traction sur l’un des deux rubans, colorés d’une façon différente, L, L.

Pour se servir de l’instrument, on commence par placer les zéros de chaque roue en face de 1 index fixe; on le transporte, la vis n’étant pas engrenée, sur le trajet du courant d air que l’on étudie, en ayant soin de placer l'axe des ailettes parallèlement à la direction du courant. Après quelques minutes, lorsque les ailes ont pris leur mouvement régulier, on établit l’engrenage, on compte 50 secondes sur une montre a secondes, puis l’on rompt la communication de la vis avec les roues. Il est alors facile de compter sur celles-ci le nombre de dents qui ont passé et par conséquent de calculer le nombre des tours qu’ont accomplis les ailettes par chaque seconde.

La formule de l'anémomètre Combes, n° 579, de mon laboratoire est la suivante : V=a + 6xn, dans laquelle V est la vitesse cherchée, en mètres par seconde; n le

Fig. 129. — Anémomètre de Casetla.

nombre de tours exécutés par les aileLles en une seconde; a et 6 deux quantités constantes, déterminées expérimentalement et d’une valeur : « = 0,142 ; 6 = 0,107.

L’anémomètre deCasella, très employé en Angleterre et recommandé par Vallin, a ses ailettes contenues dans un anneau de G8 millimètres de diamètre. Elles font mouvoir une aiguille qui marque sur un cadran principal, divisé en 100 unités ou mètres, la vitesse par seconde de l’air auquel les ailettes font obstacle. Cinq autres cadrans plus petits, portant 10 divisions, indiquent les centaines, les mille, les dizaines de mille... L’instrument, numéroté et exactement contrôlé, évite à 'peu près toutcalcul; il suffitde chercher, par les dimensions de l’orifice exploré, lasurface de la colonne d’air qui a une vitesse de tant de centimètres, ou de mètres, par seconde. Cet anémomètre (fig. 129) est assez sensible pour traduire des vitesses de o a G centimètres par seconde, tandis que la plupart des autres se déplacent à peine dans un courant d air de 10 centimètres.

On peut adapter aux anémomètres un appareil enregistreur, comme a fait Recknagel.

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Voy. aussi la Bibliographie de l’article suivant.

Y. — L’habitation, milieu thermique.

Les matériaux qui constituent les parois de nos demeures absorbent, conduisent, rayonnent, réfléchissent nécessairement du calorique, comme tous les corps; c’est-à-dire qu’ils tendent à se mettre en équilibre avec la température extérieure et à faire participer à cet équilibre l’atmosphère intérieure de nos habitations. D’autre part, celle-ci a des communications obligées avec l’air du dehors ; la ventilation, qui vient d’être étudiée, n’a même pas d’autre but que celui d’assurer ces communications. L’atmosphère des locaux habités s’associe donc forcément aux oscillations de la climatologie extérieure et, encore que les parois de ces locaux les atténuent pour les habitants, ceux-ci sont exposés à ressentir, sous leurs abris, les extrêmes de température, le froid et le chaud.

Nous avons indiqué précédemment (p. 349 et suiv.) les conséquences physiologiques ou morbides de la chaleur et du froid et quelques-uns des moyens dont l’économie dispose pour se défendre contre les extrêmes de température (respiration, évaporation, mouvement, vêtement, alimentation). Nous allons examiner ici un autre ordre de moyens, essentiellement artificiels et adaptés à l’existence sous abri, le chauffage et la réfrigération.

A. Du CHAUFFAGE.

Le chauffage est le moyen d’élever artificiellement la température des locaux qui servent de demeure à l'homme.

générale.

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